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jeudi 5 juillet 2018

Hey, Aboubakar, t'as voulu jouer avec le feu ? T'as perdu. C'est ainsi.


Il s'appelait Aboubakar Fofana et de l'avis de ses amis et voisins, c'était un jeune homme de 22 ans fort sympathique, "une crème", "un gars hyper gentil" qui ne faisait pas parler de lui dans les técis de Nantes. Un brave garçon en somme... comme d'habitude en pareille situation.

T'as qu'à croire ! Le gars - dont on n'ironisera pas sur les origines car, après tout, c'est pas de sa faute, toussa, c'est la faute à la société qui stigmatise et qui ne donne pas de taf à ces jeunes - il avait un casier judiciaire aussi long qu'un jour sans pain et était sous le coup d'un mandat d'arrêt pour vol, trafic de drogue, association de malfaiteurs en vue d'un crime et autres petites broutilles dont ces chances pour la France ont l'habitude. Sa voiture était sous surveillance...

Alors, qué passa ? Pas de bol, le voici victime d'un contrôle de police; oui madame, parfaitement, victime , le mot est juste parce que ce sont toujours les mêmes qu'on contrôle... Hep, monsieur, contrôle du véhicule, vos papiers, permis de conduire et carte grise du véhicule, s'il vous plaît ! La routine quoi !

Sauf que Fofana, il ne donne pas son vrai nom et pendant que les keufs vérifient son identité, le voilà qu'il enclenche la marche arrière, direction les flics et une fillette qui circulait en bicyclette. Pour un peu, le con, il écrasait flics et fillette avant de tenter de prendre la fuite. Le con (bis), il a affaire à des flics, des CRS et il y en a un qui tire: légitime défense, paraît-il. Et Fofana, il meurt. C'est aussi simple que cela. Il a voulu jouer avec le feu, il s'est brûlé les ailes et le cerveau avec ! Fin de l'histoire. En principe.

Sauf que dans les quartiers qui craignent, quand y a un brother qui se fait descendre, c'est tout de suite l'émeute: La police assassine ! Justice pour Aboubakar ! Racisme ! Accusé, levez-vous ! Pas toi Fofana, toi le flic (dont la photo est diffusée sur les réseaux sociaux), toi la police ! Allons casser du flic, enfin pas trop, sont armés, mettons plutôt le souk dans le quartier, le feu aux bagnoles des voisins, smicards pour la plupart, jets de parpaings, cocktails Molotov et tutti ! Il fait déjà chaud, faisons monter la température. Vengeons-nous du manque d'amour de la société.... Fofana n'est plus qu'une excuse, un prétexte pour que la violence se déchaîne, ça distrait, y avait rien à la téloche, pas de clients pour la dope et fait trop chaud dans les apparts... 

Fofana, vivant, tu ne servais déjà pas à grand chose; mort, tu sers de soupape de sécurité: libérer, un temps, toute cette violence contenue dans le quartier...

Et tout ça donne quoi dans les médias, comme par exemple Le Parisien, "Aboubakar, 22 ans, tué par la police". Notez l'emploi du prénom et la notification de l'âge, ça fait tout de suite plus sympa, plus attendrissant, plus dramatique... ou comme Le Monde qui parle "d'un quartier où les habitants pleurent la mort du jeune homme tué par la police, un jeune homme respectable et respecté". Émotion, les amis, émotionnez-vous ! 22 ans, c'est bien trop jeune pour mourir... et tant pis si le lascar, il avait tout de la graine de Rédoine, un Saïd en devenir...

On aura droit à la marche blanche, programmée pour aujourd'hui alors que le cadavre d'Aboubakar n'est même pas encore froid, tout le monde portera des t-shirts blancs floqués dans la nuit avec le portrait de la défunte racaille et la famille appellera la population au calme et au recueillement.

Quant aux autorités ? Réactions classiques, habituelles: La mairesse de Nantes n'aura pas un mot pour les flics, ces salauds de flics, le préfet, les ministres dont le Premier, diront que toute la lumière sera faite (et tant pis si les faits l'ont déjà apporté) et que force doit rester à la loi, les gauchistes diront que c'est la faute à la ghettoïsation de ces quartiers blablabla... Cela fera la Une avec Maëlys et Alexia, histoire de meubler l'antenne, de faire de l'audience et accessoirement diversion... Rien de neuf, que du déjà vu.

On aura une nuit d'émeute, une deuxième, une troisième, peut-être et puis ça se calmera, on passera à autre chose sauf.... sauf si, comme disent les syndicalistes, une convergence des luttes se met en place: Que les quartiers (1) s'enflamment ! Les étés caniculaires sont propices à ce genre de bordel. Et ce bordel, là aussi, c'est bon pour l'audience, ça fait de belles images...  c'est beau un quartier qui crame la nuit...

Aboubakar Fofana avait 22 ans, il a joué avec le feu, il en payé le prix, victime d'un chemin qu'il emprunta librement. Tant pis pour lui.


(1): - Hier soir, nuit d'émeute à Garges-les-Gonesses dans le Val d'Oise d'où était originaire Fofana...
Ce soir, rassemblement à Bordeaux à l'initiative de Solidaires Etudiant-e-s Bordeaux " en soutien a Aboubakar, mort d'une balle policière hier soir à Nantes. Justice pour Zyed, Bouna, Théo, Adama et toutes les autres victimes de violences policières." Autre rassemblement, Samedi à Toulouse à l'initiative du comité Vérité et Justice ( voir le flyer ICI, ça vaut le détour)

(2): je vous invite à aller sur twitter, taper "Aboubakar" ou "Fofana" et lire la multitude de messages de soutien à la victime, de haine contre la police et les "babtous"...


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

lundi 12 mai 2014

Deux racailles de banlieue. Tout simplement.

J'aurais pu vous parler de cette pauvresse qui assimile La Marseillaise à un karaoké d'estrade mais elle n'en vaut vraiment pas la peine. Elle n'aime pas la France, ne l'a jamais aimé et n'aimera sans doute jamais la République qui l'a adoubée, on se demande bien pourquoi, ministre. Qu'elle aille se faire voir ailleurs, le plus tôt sera le mieux.


J'ai préféré revenir sur ce qui aurait presque du rester qu'un simple et triste fait divers. Rappelez vous cette agression homophobe qui survint en plein "débat" sur le mariage zinzin. La photo ci-dessus va vous remettre en mémoire l'histoire. Deux gays se baladent et se font sauvagement agresser. Il n'en faut pas plus pour que tout ce qui compte de pro-mariage zinzin entonnent le même refrain: les opposants ne sont que des homophobes et leur discours génèrent ce genre de drames. Blogueurs gauchistes, politocards de gauche (et pas des moindres), figures LGBT, tous tombent d'accord - je m'en souviens très bien; forcément - cet acte ne peut venir que de salopards de droite ou d'extrême droite, de cathos intégristes, de jeunes cons défendant les valeurs ringardes de la famille traditionnelle. Peut-être, sans doute, certainement même, les agresseurs étaient-ils du Front National ou membres de groupuscules identitaires. J'ai tout entendu (et pas son contraire) sur cette agression. Les médias s'en donnèrent à cœur joie et Le Nouvel Observateur osa même "impliquer" astucieusement Henri Guaino dans cette agression. Un éditorialiste à la petite semaine écrira:"il faudrait être sourd, aveugle ou sacrément de mauvaise foi pour refuser d’admettre que Wilfred et Olivier sont des victimes collatérales de ce pourrissement de la folle lutte des opposants." Les coupables se situaient donc à deux niveaux: des couillons qui ont cassé du pédé et tous ceux qui par la supposée violence de leurs propos contre la loi Taubira avaient relancé la machine à donner des baffes aux pédés. Les deux agressés, Wilfried et Olivier, n'avaient pas contredit. Pour eux, il y avait obligatoirement un rapport entre leur agression et l'atmosphère tendue du moment.

Et puis, et c'est tant mieux, les agresseurs furent arrêtés et viennent d'être jugé. Et l'on s'aperçoit que ce n'est pas tout à fait la même mayonnaise que l'on nous avait servi à l'époque. Le jugement a été mis en délibéré au 3 juin; Malik, oui Malik, et Taïeb, oui, Taïeb, ont écopé d'une peine de 18 et 24 mois de prison ferme. Peines que personnellement, je trouve bien légère.

Malik et Taïeb, voilà deux prénoms qui sonnent mal le catho intégriste, deux prénoms qui n'ont rien à voir avec ceux que pointaient les progressistes du camp du Bien, deux prénoms qui ne collent pas avec les petits gars du Front, deux prénoms de gens comme on en voyait peu dans les manifs. 

Taïeb, 20 ans est un multi-récidiviste avec 7 condamnations pour vols, faits de violences diverses et agressions. Au tribunal, pour l'affaire qui nous concerne, il déclarera: "J'étais bourré, j'étais avec des amis, j'ai frappé les deux types, j'ai honte." Il niera toute motivation à caractère homophobe. 

Malik, 19 ans seulement, condamné lui aussi à plusieurs reprises, six, pour vols et violences. il a reconnu avoir cogné mais parce que: "J'avais un peu bu et j'ai cru que c'était une embrouille." Et puis, Malik a des excuses, des circonstances atténuantes comme on dit: "Une enfance difficile entre un père algérien éboueur à Paris et des grands-parents qui le récupèrent en Algérie à la mort de sa mère, à l'âge de quatre ans.

Ne sont-ils pas merveilleux nos soi-disant réacs anti "changement de civilisation" ? En fait, visiblement, de simples racailles de banlieues qui n'auraient pas dépareillés parmi la foule de connards qui mirent le souk au Trocadéro lors de la victoire du PSG. 

Mais non, à l'époque, on accusa les manifs pour tous d'être responsables mais pas obligatoirement coupables du climat pourri qui régnait et donc de cette atroce agression; encore que... Pourquoi je me souviens si bien de tout ce qui avait été dit à l'époque ? Simplement parce qu'en tant que participant actif à ces manifs,  j'ai été indirectement accusé d'avoir participé à cette agression et cela m'était insupportable. 

On sait aujourd'hui qu'il en est tout autrement. Cette agression était juste un odieux fait divers presque banal dans lequel deux racailles sans intérêt, des primates décérébrés, ont tabassé deux pédés qui passaient. 

Avec le recul, je pense que mon aversion définitive pour les gauchistes bas du front qui n'hésitent pas à raconter n'importe quoi date de cette époque. Le problème étant que du n'importe quoi, on sait faire bon usage... 

Folie passagère 2277.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.