mardi 20 juin 2017

Je voudrais vous parler de mon député...

Résultat de recherche d'images pour "axel poniatowski vuilletet" Résultat de recherche d'images pour "vuilletet"

Après ces législatives, je voudrais vous parler de mon député...

Parce que " je suis " blogueur politique, parce que je suis ( pour encore combien de temps ?) membre d'un parti politique et que quitte à l'être autant jouer le jeu, parce que je voulais voir comment cela se passait, je souhaitais participer de près à cette campagne électorale.

J'avais pris part à la campagne des régionales, puis à celle de la présidentielle mais là, c'était différent, je participais à la campagne d'un bonhomme que je connais, un gars du coin, pas un mec du microcosme parisien.

Mon député est un type bien. Certes un juppéiste, mais un juppéiste bien.  Il est maire de la ville depuis deux ou trois mandats et se présentait ce coup ci pour un quatrième mandat de député. Que ce soit au plan local ou national, il a fait du bon boulot. Sa ville, très agréable à vivre, est bien tenue et jouit d'une certaine notoriété. En tant que député, idem, du bon boulot, il s'est investi dans diverses commissions dont celle des affaires étrangères et fait partie des députés que l'on n'épingle pas pour leur absentéisme.

Dans sa famille, l'investissement en politique est de tradition: son père fut maire, député et ministre, son frère est aussi député, sans doute son fils prendra-t-il la suite. Localement, il jouit d'une bonne réputation, est connu et reconnu de tous et ne perd jamais l'occasion de faire le marché, période électorale ou pas. En clair, maire ou député, le gars fait le job depuis des années (un handicap ?). Une des raisons pour lesquelles j'ai bien voulu jouer le jeu.

Campagne du premier tour, j'ai tracté trois ou quatre fois à la gare de bon matin, fait les marchés et participé aux réunions politiques. Lui, mon député, n'a pas ménagé ses efforts: tractage matinal dans les gares, près de cinquante opérations de porte à porte, affichage, marchés, supermarchés, hypermarchés, supérettes, sorties d'écoles, réunions publiques; toute la circonscription fut écumée. Du bon boulot, vraiment. Un bon boulot qui n'aurait pu être fait sans une équipe aussi efficace que motivée. M. et C. si vous me lisez...

Et voilà que patatras, La République en Marche met face à mon député un candidat quasi inconnu, tout juste conseiller municipal du village voisin. Un gars qui a réussi la performance d'avoir adhéré à pas moins de 7 partis politiques en quinze ans de "carrière politique". Bref un opportuniste de première qui n'a jamais prouvé politiquement, à quelque niveau que ce soit, de quoi il était capable si ce n'est de prendre le train En Marche, il y a environ un an.

Les résultats du premier tour ne nous surprennent guère: la magie Macron a opéré. Le gars obtient 4 000 voix de plus que mon député, 10 points d'écart ! Tout était-il perdu pour autant ? Mon député nous donna l'impression que non, tout était encore possible, qu'il fallait mobiliser les abstentionnistes et les troupes; ne pas se démobiliser.  

Mais c'est à cet instant que je n'ai plus rien compris...

Quand avant le premier tour, on me téléphonait pour monter d'urgence un tractage matinal, ce fut silence radio entre les deux tours. Quand nous faisions une gare, un porte à porte, un marché et une sortie d'école, le candidat d'En Marche en faisait dix fois plus ! Quand le macronien inondait les réseaux sociaux de clips vidéos, de photos et de commentaires, nous, nous en étions totalement absents. Il paraît que cela ne sert pas à grand chose les réseaux sociaux, qu'il m'a dit mon député... Quand le macronien écume la circonscription grâce à un logiciel de géolocalisation de la population, notre député demandait, seulement 6 jours avant le deuxième tour, d'aller éplucher les listes d'émargements de la présidentielle et celles du premier tour. Quand la moyenne d'âge des candidats d'en face devait être de 45 ans, la notre devait avoisiner les 55 ans, etc, etc, etc...

Et ce qui devait arriver arriva, mon député fut battu de 550 voix au deuxième tour. On se consolera avec cette belle remontada, mais on aura perdu et mon député n'est plus que mon ex-député. Et cet inconnu, cet homme dont on se sait rien, cet opportuniste dont la principale qualité fut de porter la marque " En Marche " est, depuis dimanche, mon nouveau député. La force d'En marche d'un côté sans que je sache très bien quoi mettre en face de l'autre... La macronien s'est formidablement bien battu, j'aimerai être convaincu que, de notre côté, nous avons tout fait... je n'en suis pas sûr. Pourquoi ce relâchement entre les deux tours ?

Alors pas de véritable déception de ma part; j'ai bien profité de tous ces moments de campagne, rencontré de nouvelles personnes et ne regrette rien de ces rencontres avec les électeurs, bien au contraire.

Pas de véritable déception ? Si, finalement, voir que les gens sont capables de miser sur un cheval neuf qui n'a jamais couru plutôt que sur l'expérience et la reconnaissance des résultats. Dommage... ou tant pis. Au choix. Et une certitude, Les Républicains sont très mal barrés pour les années à venir. Mais de cela nous débattrons un autre jour...

Folie passagère 3362.
Résultat de recherche d'images pour "législatives 2017"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

Législatives: Chapeau l'artiste ! Chapeau les Moutons !



Bon et bien les résultats de ces élections législatives confirment ceux de la présidentielle: Il y a bien un malaise démocratique dans notre pays. Il suffit de regarder les chiffres ci-dessus. Une abstention record, signe évident que les électeurs ne sont pas ou plus intéressés par la politique. Un parti socialiste, nous dit-on au fond du gouffre, mais qui avec près de 600 000 voix de moins que le FN remporte 21 sièges de plus que la bande à Marine. Quant aux nouveaux maîtres du pays, LREM et Modem réunis, ils raflent la mise avec au total 348 sièges quand ils ne représentent que 18,88% des inscrits ! Bref, on nage en plein délire démocratique, un pays où près de 61% des électeurs inscrits (ne parlons même pas des 9 millions de non inscrits ou mal inscrits) ne se retrouvent pas dans l'offre politique qui leur a été proposée.

Et comme d’habitude, en moins de deux jours, tout a été dit par les commentateurs et les politiciens: il faut prendre en compte l'abstention, nous avons entendu le message, il faut se remettre en question, le pouvoir en place devra ceci ou cela, blablabla... Les élections passent, rien ne change, pis le malaise s'aggrave et nos politiciens, force est de le constater, se satisfont d'un pays qui politiquement se barre en sucette ! Ils obtiennent leur siège, les postes et les prébendes qui vont avec... finalement, un peuple quelque part complice de ce naufrage démocratique. Jusqu'à quand ? Jusqu’à quel niveau de déliquescence politique faudra-t-il plonger pour qu'il y ait (enfin?) un sursaut à la fois populaire et politique ? Et si tant est qu'il y ait rebond, quel forme celui-ci prendra-t-il ?

Faut-il mettre deux baffes aux abstentionnistes et rendre le vote obligatoire (avec forte amende à la clé) comme le suggérait un commentateur sur RMC ?  Mais comment ne pas comprendre ceux qui, n'ayant au second tour de cette élection que deux candidats aux antipodes de leurs aspirations, ne sont pas allés voter ? Ils auraient sans doute du aller voter, voter blanc... encore faudrait-il que celui-ci soit pris en compte, dans les suffrages exprimés. Doit-on d'ailleurs réfléchir à intégrer le vote blanc dans les suffrages exprimés ? ce serait logique, motivant pour une partie des pêcheurs à la ligne mais quel parti politique osera se lancer ? Aucun, et il suffit de reprendre les chiffres de la présidentielle ou de ces législatives pour comprendre pourquoi cela ne se fera pas ...

Enfin, nous voici donc avec une nouvelle assemblée nationale macronienne dont la première caractéristique est qu'elle n'est absolument pas représentative de la population française... Quand je vous dis que rien ne change...

La seconde caractéristique est que, comme jamais, le groupe majoritaire est composé de novices, de branquignols pour bon nombre, de recasés du socialisme et d'opportunistes. Et pour la première fois, celui-ci aura un président de groupe non élu mais désigné d'office par Jupiter: Ferrand-la-magouille échappera ainsi, pour un temps souhaitons le, à la justice. En clair, un groupe majoritaire à la botte de l’exécutif.

La troisième caractéristique c'est que les arrivées de Melenchon et de sa bande et d'un FN renforcé permettront sans doute d'animer un peu plus les séances avec, et c'est bien, un peu moins de ce politiquement correct qui depuis des décennies régissait l'hémicycle.

La quatrième, c'est que le premier groupe d'opposition d'aujourd'hui, Les Républicains est en train de se scinder en deux: une partie qui ouvertement se déclarera macron compatible quand l'autre s’affirme déjà d'opposition sans concessions. Bref, une première opposition qui n'en sera pas une.

Macron et ses équipes, reconnaissons leur cela, ont sacrément bien manœuvré. Chapeau l’artiste ! Et... chapeau  les Moutons !

Un cycle électoral aussi interminable que vérolé s'est donc achevé dimanche soir, il ne reste plus qu'à patienter et voir venir... Je crains néanmoins qu'au moins politiquement la France n'en sorte pas grandie. Bien au contraire.

Breaking News: J'apprends que la Goulard, éphémère ministre des Armées, est virée pour cause d'emplois fictifs... J'attends avec impatience l'éviction de cette pourriture de Bayrou et de Sarnez. Que Macron s'y atèle, voilà qui lui redonnerait un demi point dans mon échelle de confiance...

Folie passagère 3361
Résultat de recherche d'images pour "peuple de moutons"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

samedi 17 juin 2017

Désolé...

Agenda surchargé, trop de boulot et une eau à 26°, désolé les amis, pas de billet aujourd'hui...





A demain, peut-être...

Et bonne soirée à tous... même en Macronie !

Folie passagère 3360
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

vendredi 16 juin 2017

Dans les yeux d'Emmanuel Macron...

Tout est dans le regard...

La Une du Figaro magazine de ce week-end est, à mon sens, particulièrement bien choisie. Elle résume ce que m'inspire notre nouveau président. Dans ce regard, il y a de la suffisance, du dédain et une absence totale de sincérité et d'empathie.

Résultat de recherche d'images pour "Une du figaro magazine"


Je ne le sens vraiment pas ce bonhomme, vraiment pas...

Folie passagère 3359
Résultat de recherche d'images pour "sceptre"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

jeudi 15 juin 2017

Ainsi va la vie en Macronie... (3)



- Ce n'est pas parce que nous sommes en Macronie que le cour des choses doit s'arrêter, ramadan ne saurait se passer dans la discrétion. Ci-dessus, début de soirée " ramadan " à Barbès. C'est ainsi, pas tous les soirs, mais presque... dans l'indifférence des médias... Il se dit que Barbès serait devenu le plus grand aéroport du monde: un vol chaque minute.

- Quand on vous dit que les Français sont des veaux... Premier tour des législatives: 51% d'abstention. quatre jours plus tard, 51% des Français sont mécontents du résultat et 61% souhaitent, au deuxième tour, rectifier le résultat du premier. Nous verrons quel sera le taux de participation dimanche prochain...

- LREM présente en tout à ces législatives 529 candidats. 73,9% des 249 candidats ayant déjà eu un mandat électoral (conseiller municipal, départemental, maire, députés,...) l'étaient sous une étiquette de gauche (54,7%) ou Modem (19,2%). Pour les 284 autres candidats n'ayant jamais eu de mandat électif, 20,2% viennent de la gauche, 64,8 sont LREM et 6,3% se réclament du Modem. Au global, sur ces 529 candidats, seuls 15% viennent soit des Républicains, soit de l'UDI. Sur l'ensemble des 529 candidats LREM à la députation, seuls 14 sont ou ont été déjà députés.

- Conclusion de l'enquête approfondie faite par Cevipof/Science-Po sur la composition des candidats LREM: " L’analyse prosopographique des candidats LREM montre que leur recrutement s’est conformé en grande partie à la sociologie de l’électorat d’Emmanuel Macron, caractérisé par son appartenance majoritaire à une bourgeoisie moderniste, diplômée, libérale sur le plan culturel comme sur le plan économique "...

- Conclusion de Corto: En gros, les candidats de LREM à la députation sont pour la plupart des gens venant de gauche (toutes tendances confondues), des bobos, des CSP+ ou des bleu-bites.

- Des bleu-bites incompétents, la preuve en image (vous n'êtes pas obligés d'aller jusqu'au bout, c'est assez pénible à supporter):


- Edouard Philippe, premier ministre, à propos de Ferrand dont le train de casseroles au cul ne cesse d'augmenter: " Ce sont les Français qui jugeront ". Et bien désolé mon con, ce ne sont pas les Français qui jugent, ça, c'est ce qu'on appelle un tribunal populaire, c'est à la Justice de juger. Pas de bol, le big boss de la justice, Bayrou-le-fourbe, a autant de casseroles...

- Que disait le Macron le 28 février dernier ?: " Est-ce que quelqu’un peut penser raisonnablement que, élu Président, il aura une majorité présidentielle uniquement avec son parti ? Moi, je n’y crois pas. Mais non seulement ça n’est pas possible, mais ça n’est pas souhaitable, parce que ce serait un hold-up ! ".

- Qu'a dit Christophe Castaner, ministre de je ne sais quoi et porte-parole du gouvernement, hier sur RMC ?: " Je rappellerai sans cesse aux parlementaires qu'ils doivent leur score à E. Macron ! " . De futurs députés godillots, donc, qui ont été tenus de s'engager par écrit à ne pas faire ièch le boss. Beaucoup de candidats LR se plaignent de ne pas pouvoir débattre dans leur circonscription avec le candidat d'En Marche. Normal, ceux-ci ont reçu l'ordre de ne pas le faire sas autorisation préalable du staff Macron.

- Selon mon propre décompte, à ce jour, près de trente candidats LREM se révèlent, pour une raison ou pour une autre, vérolés: affaires immobilières, agressions sexuelles, propos homophobes, inéligibilité, malversations, abus de bien sociaux, emplois fictifs, fraude fiscale, travail dissimulé, compte offshore non déclaré, etc... Il semblerait que le recrutement par internet a ses limites...

- Compte-tenu de ce que l'on sait déjà du cas Ferrand et de l'affaire " Bayrou-Modem-emplois fictifs " on peut s'étonner que ces deux-là soient encore ministres. Mais bon, ils sont du Macron land, alors...

 " Candidat majorité présidentielle ", " Candidat majorité pour la France ", tout cela devient très compliqué, non ?

- NKM, légèrement bousculée par un quidam lors d'une distribution de tract, est tombée par terre. Elle a perdu connaissance quelques instants mais son pronostic vital n'a été à aucun moment engagé. Elle va bien. Le monde politique, toutes tendances confondues, est en émoi; Edouard Philippe qui n'a rien d'autre à faire lui a rendu visite à l'hôpital.. Je propose donc le hashtag suivant: #JesuisNKM ! Ceci dit, si elle pouvait se ramasser la tronche dimanche prochain, voilà qui serait pour me réjouir.

Les péripéties de notre boboïde nationale ont inspiré l'ami Koltchak: "Quand à ce qui est soi-disant arrivé à NKM, on ne m'ôtera pas de l'idée qu'elle a pitoyablement voulu rééditer le coup de l'observatoire, mais n'est pas Mitterrand qui veut. Remplacer des coups de feu par un jet de tracts au visage, assortis de quelques insultes bien senties, c'est tout ce que pouvait imaginer une babtou fragile, une li-li bobo ridicule. Et en plus c'est mal fait. Pour peu que l'on veuille bien observer attentivement les clichés de la pôv victime, pas la moindre ecchymose, pas le moindre bleu. Étonnant pour quelqu'un qui est tombé au sol suite à une syncope. Et voilà que le ban et l'arrière-ban de la chiennerie féministe, politiciennes comme journalopes, monte au créneau pour hurler son horreur et son dégoût. C'est à mourir de rire. " 

- Brigitte Macron sait écarter les pattes, nous en avons la preuve ICI

- Une rumeur circule: Marisol Touraine postulerait à la présidence de l'Assemblée Nationale si elle est élue député dimanche prochain. Le Macron ne serait pas contre cette idée... Misère... Seigneur qu'avons-nous donc fait ?...

- Après avoir été éjecté de Paris Première, par simple courrier, Natacha Polony a appris ne pas être reconduite sur Europe 1 à la rentrée.

- Art contemporain à Paris: Chaque année, la bignole accorde 8,5 millions d'euros de subvention au " 104 ", ancienne halle des pompes funèbres municipales devenue depuis " fabrique artistique ". La dernière exposition en date: " Mécaniques remontées ". De quoi s'agit-il ? D'une quarantaine de bétonnières (les machins qui font du bruit et qui fabriquent du béton) qui tournent. Explication de l'artiste: " Dans mon travail, vous entendez ce que vous voyez et vous voyez ce que vous entendez. Un aspect de ma pratique est l’étude de microstructures vibratoires. L’œuvre explore le rythme et le flux mécaniques de dispositifs préparés. À la fois sonores et visuelles, des unités d’intense activité forment la base des compositions, dont la durée et les contours sont déterminés in situ. ". L'important n'est pas de comprendre ce qu'il dit ni ce qu'il montre, c'est incompréhensible; l'important est de savoir que c'est le contribuable qui paie. Compris ?


Allez, c'est tout pour le moment, portez vous bien, même en Macronie !

(et n'oubliez pas d'aller voter dimanche !)

Folie passagère 3359.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mercredi 14 juin 2017

Parlez-vous le Macron ?

Résultat de recherche d'images pour "macron meeting"

Tribune de Michel Geoffroy, le 6 juin 2017.

" Emmanuel Macron, parmi les premiers bienfaits qu’il nous apporte, nous donne déjà l’occasion de parler une langue nouvelle : la macronlangue, dont il nous a appris les rudiments lors de la campagne présidentielle.

Pour être un winner comme lui, parlez la macronlangue en toute circonstance ! La macronlangue repose sur quelques principes simples.

1) D’abord, dites « je veux, je souhaite ou je crois que » à tout propos

Il s’agit d’un vieux tour de politicien qui vise à faire croire qu’il suffit de déclarer vouloir quelque chose de bénéfique pour que celle-ci entre effectivement dans les faits. Il s’agit donc d’une sorte d’incantation malheureusement rarement suivie d’effet. Rappelez-vous tous ceux qui nous promettaient la croissance économique, la fin du chômage ou le changement !

Prenez exemple sur notre Emmanuel national qui, lorsqu’on l’interrogeait sur la crise des réfugiés, répondait « Je crois que si cela est fait dans le bon ordre, de manière intelligente, c’est [l’accueil des réfugiés| une opportunité pour nous (1)». Une façon d’esquiver le fait que, justement, l’arrivée des « migrants » ne se passe pas du tout comme cela !

Exercez-vous : si on vous demande l’heure qu’il est, répondez : « Je souhaite d’abord que chaque Français puisse disposer d’une montre qui donne l’heure exacte ». Si, dans la rue, un SDF vous demande une petite pièce, déclarez haut et fort « Je souhaite la fin de la pauvreté dans notre pays » et… continuez votre chemin.

Si vous vous trouvez en groupe vous pouvez également hausser le ton en fin de phrase, voire crier un peu avec une voix de fausset : cela renforcera l’impression que vous croyez ce que vous dites, que vous êtes un homme de conviction comme Emmanuel durant ses meetings !

2) N’hésitez jamais à dire les choses d’une façon compliquée, ce qui vous fera toujours paraître plus profond que vous ne l’êtes

Ainsi, par exemple, ne dites pas « j’ai parlé avec Donald Trump du climat » mais « j’ai noté la capacité d’écoute de M. Trump et sa volonté de progresser avec nous sur le sujet climatique » (2), ce qui, vous en conviendrez, a une tout autre allure, même si au cas d’espèce notre président s’est mis le doigt dans l’œil !

Ne dites pas « je suis pas très croyant » mais « j’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais, en même temps, elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité (3) ». Nettement plus clair, n’est-ce pas ?

Ne dites pas « je suis pour l’Union européenne » mais « l’Europe ne pourra avancer que si nous la pensons dans le monde (4) ».

Vous avez compris comment faire ? Sinon apprenez par cœur quelques phrases d’Emmanuel Macron que vous pourrez répéter en société avec un air pénétré.

3) Surprenez vos interlocuteurs en devenant subitement familier ou agressif

Cela permet de « casser » votre interlocuteur, comme disent les jeunes. Comme Emmanuel Macron à Lunel, lorsque vous discutez avec un syndicaliste dites, par exemple, d’un seul coup : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre T-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler (5)». Ou, comme Emmanuel en présence du président Poutine, dites que les médias russes en France sont des agences de désinformation !

Attention cependant : Emmanuel Macron peut se permettre ces saillies périodiques – qui dénotent un certain mépris vis-à-vis de la France d’en bas et d’une façon générale une attitude intolérante d’enfant gâté à l’encontre de ceux qui ne pensent pas comme lui – parce qu’il bénéficie d’une totale impunité médiatique et judiciaire ; et aussi parce qu’il dispose de riches soutiens et d’un service d’ordre efficace.

Si tel n’est pas votre cas, faites preuve de prudence quand même, surtout si votre interlocuteur est manifestement plus gros et plus musclé que vous.

4) Adoptez l’en-même-tempisme !

L’en-même-tempisme est une composante essentielle de la macronlangue.

Cela consiste à affirmer successivement des propositions contraires ou sans rapport évident entre elles, comme nous l’a appris Emmanuel durant la campagne présidentielle, mais en les liant par la locution adverbiale « en même temps ». Ce qui permet de contenter tout le monde en évitant de prendre clairement parti. L’en-même-tempisme correspond au vieux « balancement circonspect » que l’on apprenait à Science Po : faire croire que l’on pourrait associer des points de vue contraires dans une démarche cohérente (on dit inclusive en novlangue) : il donne donc de vous l’image d’une personne sympa, ouverte à la prise en compte du point de vue des autres.

Cela ne correspond pas tout à fait au ni-ni des politiciens de droite : car la macronlangue ne repose pas sur l’exclusion des contraires mais sur leur inclusion, au contraire, comme aurait dit le Capitaine Haddock. Vous n’avez pas bien compris la nuance ? C’est que vous n’êtes pas encore assez macronien !

Prenons donc un exemple pédagogique :

Emmanuel Macron a ainsi affirmé en Algérie que « la colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité (6) », mais en même temps il a indiqué aux représentants des Rapatriés « Je n’ai pas dit que vous aviez fait un crime contre l’humanité ni que tous les Français qui y étaient avaient commis un crime contre l’humanité (7) », et il a loué en même temps le « travail formidable » fait à l’époque de l’Algérie française par des gens « formidables (8) ». Conclusion : il y a eu un crime mais pas de criminels : encore plus fort que Le Mystère de la chambre jaune (9). Sacré Emmanuel !

On peut aussi obtenir un effet comparable en affirmant deux propositions qui s’annulent, comme nous le montre Emmanuel lorsqu’il disait « La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas ». Conclusion : on ne sait pas ce qu’il en pense, mais circulez il n’y a rien à voir ! Ou lorsqu’il a déclaré, après la décision de D. Trump de se retirer des Accords de Paris sur le climat : « Ce soir, les Etats-Unis ont tourné le dos au monde mais la France ne tournera pas le dos aux Américains (10) », ce qui revient à lier deux propositions qui n’ont pas de rapport direct entre elles.

Vous avez compris, l’en-même-tempisme permet de parler pour ne rien dire. Comme le slogan qu’a choisi Emmanuel, « En marche ! », pour sa campagne électorale. Marcher vers quoi exactement ? Peu importe, on vous dit de marcher, alors marchez !

5) Enfin parlez anglais !

Cela montre que vous n’êtes pas un franchouillard replié sur lui-même, un cartésien dépassé ou, pire encore, un électeur du Front national, mais au contraire un homme (ou une femme) ouvert sur le monde et sur les autres. N’hésitez donc pas à parsemer votre propos de mots et de phrases en anglais. Car c’est toujours mieux quand ce n’est pas dit dans la langue de Molière.

La preuve, tout le microcosme médiatique français s’extasie sur la colossale finesse d’Emmanuel déclarant à l’intention du président Trump « Make our planet great again ». Imaginez un instant qu’Emmanuel ait dit cela en français : « Faites que notre planète soit à nouveau grande ». Une phrase ridicule en français, mais tellement géniale en anglais !

Si vous vous entraînez régulièrement à appliquer ces cinq principes simples, vous parviendrez rapidement à maîtriser les rudiments de la macronlangue. N’hésitez cependant pas à compléter votre formation par l’écoute régulière des médias de propagande (notamment BFMTV) et, bien sûr, par la lecture de toutes les déclarations d’Emmanuel Macron, consultables sur le site de l’Elysée.

Vous pourrez alors marcher en cadence, comme les autres !

Michel Geoffroy
6/06/2017

Notes :
Interview sur la chaîne israélienne i24 news le 25 décembre 2016.
E. Macron lors du G7 le 27 mai 2017.
Interview sur France Info mars 2017.
Le 5 août 2016.
A Lunel le 28 mai 2016.
Interview accordée le 14 février 2017 à la chaîne privée algérienneEchourouk News.
A Carpentras le 17 février 2017.
A Toulon le 18 février 2017.
Pour les moins de 20 ans, célèbre roman policier de Gaston Leroux paru en 1907.
Le 2 juin 2017.


Folie passagère 3358
Résultat de recherche d'images pour "macron"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

France, 2019.