vendredi 16 mars 2018

Ainsi va la vie en Macronie... (17)

Pensioners demonstrate along with striking EHPAD (Establishment for the Housing of Elderly Dependant People) employees, on March 15, 2018 in Rennes, as part of a nation-wide movement of retired workers to protest against a new hike in a tax taken from their pensions, while EHPAD workers call for more resources.

- J'en lis et en entends certains qui disent que ce qui se passe à Mayotte, c'est de la faute de Sarkozy; celui-ci n'avait pas à faire de Mayotte un département français. C'est mal connaître l'histoire de ce territoire. J'invite donc ces nœuds-nœuds à lire ne serait-ce que la page wikipédia "Mayotte" pour essayer de comprendre... Mais passons...

- Les Mahorais ont tout de même beaucoup de chances. Ils peuvent ouvertement crier " Non à l'immigration, marre des étrangers", ils peuvent dire tout haut: "Ras le bol de l'insécurité!", ils peuvent, les affreux, faire tout aussi ouvertement le lien entre immigration et délinquance sans que quiconque, à Paris, ne les qualifie au mieux de frontistes, au pis de "fachos" tant sont les évidences qui crèvent les yeux ! Hé, tout de même ! Parce qu'imaginez que je m'amuse à aller sur un plateau TV et que je dise la même chose, aussitôt le tribunal médiatique me clouerait au pilori de la bienpensance et du politiquement correct, non ? Ou bien que façon Zemmour, on m'expédie illico à la XVIIème chambre !

- Il y aura bientôt une élection législative partielle à Mayotte et La Marine qui n'a pas de candidat FN en lice, aussi roublarde que son père, a décidé d'apporter tout son soutien au candidat LR (le seul député LR à avoir voté la confiance au gouvernement Philippe en juillet 2017) en demandant aux électeurs frontistes locaux de voter pour lui. Si il était élu, ce qui est fort probable, imaginez ce que l'on entendra alors... Il ne manquerait plus qu'elle fasse la même chose en France lors d'une prochaine législative... Y a pas mieux pour accréditer l'idée que nombreux sont ceux chez LR à vouloir s'allier avec le FN ou comment faire rebondir l'idée d'une alliance des droites contre les "progressistes" de tous bords. Et tant pis si la Marine passe sans sourciller de l'UMPS à FNLR...

- Les LR doivent-ils s'allier avec le FN comme le réclament certains, Mariani en tête ? Non ! Les LR et Laurent Wauquiez doivent élaborer un discours et un programme propres à ramener les électeurs frontistes au bercail mais ils ne doivent pas s'accoquiner avec l'appareil du FN dont l'amateurisme, le manque d'expérience, les incohérences et la non maîtrise des organes du pouvoir ou des arcanes institutionnelles ne pourraient que nuire à une future alternance.

- Les députés qui marchent ont fait une standing ovation pour fêter l'adoption de la loi visant à limiter à 80km/h la vitesse sur les routes secondaires, mesure rejetée par une grande majorité des Français. Ne doit-on pas voir dans ces applaudissements la marque d'un profond mépris pour la volonté des Français ?

- Hier, les retraités étaient dans la rue pour protester contre la baisse de leur pouvoir d'achat et la hausse de la CSG. Je les comprends qui plus est quand on entend les Macron, Le Maire et Darmanin discourir sur le sujet avec ce qui s'apparente à un certain mépris là aussi pour nos anciens. " Transfert transgénérationnel " qu'ils osent dire... Ceci étant dit, Macron ne les a pas pris en traître, cette hausse de la CSG avait été annoncée; fallait pas voter pour Macron! En attendant, le choix de Macron est clair: la hausse de la CSG rapportera 4,5 milliards d'euros à l'Etat soit quasiment le même montant que le cadeau fiscal fait aux riches avec la suppression (partielle) de l'ISF...

- A plusieurs reprises hier, le journaliste Eric de Riedmatten qui, sur son profil twitter, se définit comme " Journaliste, économie et expert Innovation sur CNews" a annoncé que la CSG augmenterait d'1,7 % au lieu d'annoncer  de 1,7 point. Dire la vérité aurait du l'amener à annoncer que 1,7 point, cela fait 25% d'augmentation et non, 1,7 % ! Un hasard ? Je ne le crois pas. Amateurisme, incompétence ou propagandiste macroniste ? A voir...

- François de Rugy, macroniste, a invité le rappeur plusieurs fois condamné par la justice (pour, entre autres choses, violences faites aux femmes), leader du groupe de rap Nique Ta Mère et consommateur compulsif de cannabis,Joey Star, à venir jouer une pièce de théâtre à l'Assemblée Nationale...

- En 2012, le parti socialiste, premier parti politique en nombre d'adhérents (plus de 240 000) avait tout: Un président de la République, un gouvernement, les grandes villes, l'Assemblée Nationale, les régions, le Sénat et un magnifique hôtel particulier comme QG. 7 ans plus tard, ce sont moins de 40 000 adhérents qui ont voté pour élire le nouveau secrétaire général de ce qu'il reste du PS. Avec un peu plus de 50% des suffrages, soit en gros 20 000 voix, Olivier Faure est élu secrétaire général d'un parti qui n'a plus rien.

- Paris Match ose tout. Évoquant la visite de Brigitte en Inde, il titre: " Même les chèvres de la capitale s'inclinent devant elle", quant à Emmanuel, il devient carrément: " le majestueux ".

- Dans la France de Macron, celle du nouveau monde, un boulanger qui, outrepassant une loi datant de 1920, se permet d'ouvrir 7 jours sur 7 son commerce est condamné à une amende de 3 000 euros.

- Si Sarkozy recevait en grande pompe Khadafi, Macron recevait hier en loucedé (aucune mention sur son agenda officiel) le sulfureux président du Kosovo, Hashim Thaçi,  ancien leader de l'organisation terroriste UCK, poursuivi pour crimes de guerre, impliqué dans de nombreuses activités mafieuses et dans le trafic d'organes. Bernard Kouchner avait été convié par Macron à cette rencontre... Une simple visite à Jupiter suffirait-elle pour s'offrir la respectabilité ? Aucun grand media n'a relayé cette visite pour le moins scandaleuse...

- Au prétexte qu'un ex agent secret soviétique aurait été empoisonné par la Russie et même si aucune preuve formelle n'a été établie, Macron, en représailles, a décidé de boycotter la visite du stand de littérature russe lors de l'inauguration du salon du livre. Boycotter la littérature russe, l'une des plus remarquable, pourvoyeuse d'auteurs comptant parmi les plus grands, fallait oser le caprice de gamin, Macron l'a fait mais gageons que cela n'a pas fait bouger un cil à Poutine.

- Réforme de la SNCF: On a beau être encore dans le flou quant aux mesures qui seront prises pour tenter de réformer le machin, les syndicats ont décidé d'innover avec un nouveau genre de grève: cessation de travail pendant deux jours tous les cinq jours et ce pendant 3 mois. Comme d'habitude, ce sont les usagers qui trinqueront.

- Puisqu'on en parle quasiment plus, sachez que 5 nouveaux centres vont ouvrir en région parisienne pour accueillir les migrants qui ne cessent d'arriver dans la capitale.

- Dans l'indifférence générale, la Turquie du dictateur Erdogan semble être sur le point d'investir Afrine après avoir bombardé les populations civiles kurdes pendant plusieurs semaines. Les milliers de morts kurdes n'intéressent personne même si c'est en grande partie grâce à eux que Daesh a été laminé. Par contre les centaines de morts de la Ghouta horrifient la communauté internationale et notre Jupiter promet des sanctions et annonce par la voix de son chef d'état major des armées, le général Lecointre que des frappes françaises sur la Syrie sont envisagées avec ou sans résolution de l'ONU...

Voilà, c'est tout pour le moment, bonne soirée et bon week-end, même en Macronie.



D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mercredi 14 mars 2018

Le retour au Moyen-Age de Bertrand Cantat


L'affaire Bertrand Cantat - car il faut bien la qualifier d'affaire vu l'ampleur que cela a pris - a quelque chose de dérangeant. Je n'en aurais pas parlé sur ce blog si ce matin, lors d' une réunion, on ne m'avait pas demandé mon avis à ce sujet... Alors voilà ce que j'ai répondu...

Voilà un homme qui a assassiné sa compagne, Marie Trintignant, qui, pour ces faits, a été jugé et condamné à 8 ans de prison; ce qui semblera bien léger à nombre d'entre nous  compte-tenu de la gravité de l'acte commis. Comme le permet la loi, il a bénéficié d'une remise de peine et a été remis en liberté au bout de 4 ans. Justice a été rendue et peine exécutée. Aux yeux de la Justice et normalement des nôtres, Bertrand Cantat a donc payé sa dette à la société.

Voilà qui normalement devrait permettre à Cantat de reprendre le cour de sa vie, celle d'un chanteur dont le succès, même à l'époque du meurtre, ne s'est jamais démenti. Un succès relatif puisque cantonné à un auditoire assez restreint, mais succès tout de même; n'est pas Johnny qui veut. En toute logique, il a voulu se remettre à chanter. 

Le problème, c'est que la personne qu'il a tué était connue et rencontrait un certain succès en tant qu'actrice; qui plus est fille d'une tribu célèbre du cinéma français: père, mère, frère, ancien petit ami, etc... On ne lui pardonnera donc pas son crime et Nadine Trintignant n'aura de cesse de monter au créneau pour le condamner. On peut comprendre.

Autre problème, l'homme était violent et le serait resté puisque même si aucune action en justice n'a été entreprise, on l'accuse, sans le prouver formellement me semble-t-il, d'avoir poussé au suicide sa nouvelle compagne.
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Lorsqu'il se remit à faire de la scène il y a quatre ou cinq ans et ce après le suicide de sa nouvelle campagne quelques voix s'élevèrent pour protester mais la vague de protestation ne fit pas plus de bruit que celui d'une petite vaguelette s'échouant sur la plage.  Il faudra attendre que le journal Les Inrocks le mette à sa Une, il y a quelques mois, pour que l'on reparle du bonhomme et pour que quelques voix rugissent pour regretter cette Une toute à la gloire d'un meurtrier; la polémique cessa presque aussitôt.

Et c'est là qu'intervient le troisième problème, j'ai nommé: Balance ton porc, Me Too, libérons la parole des femmes. Le tout, peu ou prou au moment où l'artiste s'engage pour une assez longue tournée de festivals et concerts à travers le pays. Et voilà la machine à broyer - j'ai nommé Schiappa, Osez le féminisme et toutes les excitées féministes - se mettre en route: Cantat ne doit plus chanter, l'assassin ne doit plus se produire, le "monstre" doit se taire.

Les salles dans lesquelles il doit se produire sont réservées et les billets quasiment tous vendus, les dates de festivals arrêtées. Pour ne pas nuire à l'organisation des dits-festivals et compte tenu de la polémique, Cantat décide de lui-même de ne pas s'y montrer mais assurera les concerts en salle où il sera seul sur scène. Par peur du désordre public, certaines municipalités, comme Istres, décident de leur propre chef d'annuler les concerts. Les excitées manifestent bruyamment, vulgairement et l'attendent partout où il passe aux cris de "Cantat Assassin ! ". Et ce sera peine perdue quand il décidera, comme hier, d'aller au contact de ces folledingues: elles ne l'écouteront pas. L'une de ces excitées, ce matin sur une chaîne de Tv, dira qu'il ne s'agit pas de lui interdire de chanter, il en a le droit, mais que au regard de ce qu'il a fait et à l'heure où les violences faites aux femmes sont à combattre, il ne doit pas chanter. Allez comprendre !

Le président de la Ligue des Droits de l'Homme prend néanmoins sa défense: Peine exécutée, dette payée, en aucun cas on ne peut lui ôter le droit à la création, à la libre expression et donc de chanter là où bon lui semble.

Alors dérangeante cette affaire ? Oui, car d'un côté on a un homme qui a payé sa dette à la société en purgeant sa peine, base même de notre système judiciaire, et qui veut reprendre le cour de sa vie et de l'autre côté on a des féministes et autres vierges effarouchées qui, s'étant tues il y a 3 ou 4 ans quand Cantat a fait sa réapparition, manifestent bruyamment aujourd'hui au nom de la lutte contre les violences faites aux femmes. Auraient-elles fait autant de bruit si #Balancetonporc n'était pas passé entre temps ? Je n'en suis pas sûr.

Le gars a bien le droit de reprendre son chemin, de refaire sa vie et d'enchanter ses fans, non ? Qu'on lui foute la paix, justice a été rendue après tout. Mais d'un autre côté, ne devrait-il pas se la jouer profil bas et disparaître de la vie publique au nom du simple respect que l'on doit à la victime et à sa famille ? Je ne sais pas. Une chose est sûre, je n'aime pas, mais alors pas du tout, le lynchage dont il est la cible et j'aime encore moins les tribunaux populaires et les exécutions en place publique... comme au " Moyen Age "


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

dimanche 11 mars 2018

Front National: Il faut que tout change...

... pour que rien ne change !

Marine Le Pen a donc fait le show cet après-midi en annonçant quel serait, après approbation des adhérents, le nouveau nom du FN: Rassemblement National !

Quelle similitude avec feu le Rassemblement National Populaire du tristement célèbre collaborationniste Marcel Déat...

Le FN et MLP auraient voulu le faire exprès qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement...

Il faut que tout change pour que rien ne change...

MLP a annoncé vouloir garder la flamme pour logo, moi, je lui aurai bien proposé celui-là:


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jeudi 8 mars 2018

Les brutes et les truands



A propos des élections qui viennent de se dérouler en Italie et plus largement de la poussée des votes "d'extrême-droite" ou "populistes" en Europe ou aux USA, le texte ci-dessous d'Eric Cusas:

" LES BRUTES ET LES TRUANDS

Ça y est, à leur tour, les italiens ont mal voté ! Après que les illettrés et les bas du front anglais ont décidé de faire sécession et de quitter le nirvana de l'Union européenne, après que des mâles blancs américains sous-diplômés, les déclassés de la rust belt, ont choisi de porter au pouvoir un histrion vulgaire, sexiste, raciste, homophobe lunatique et inculte, voici que dans l'un des berceaux mêmes de la civilisation occidentale le peuple retombe dans les errements d'un passé qu'on ne peut qualifier que de nauséabond. Car elle revient la bête immonde, celle dont le ventre est encore fécond et dont le mufle nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire, pour rassembler en une seule phrase tous les poncifs du genre.

Le fascisme, rien moins que cela, s'installe à nouveau dans la botte. C'est en tout cas ce qu'il faut croire si l'on écoute bon nombre de journalistes et de commentateurs dont la méconnaissance de l'histoire n'a d'égale que la propension à utiliser à tort et à travers des concepts datés, au contenu précis, dans le seul but de faire frissonner le bourgeois et de condamner une populace, nécessairement imbécile, frileuse et égoïste qui se laisse séduire par d'abjectes sirènes. À croire que dans la patrie de l'humanisme, celle de Léonard de Vinci, de Dante, de Michel-Ange et du Tintoret, il n'y a plus – ou presque - que des brutes et des truands si l'on ose ce clin d'œil au maître du western spaghetti.

L'analyse du fascisme italien du siècle dernier ou celle des régimes qui, comme le franquisme, lui furent assimilés dépasserait de beaucoup le cadre d'un billet d'humeur. Toutefois, on ne peut se dispenser de revenir schématiquement à ce qui en constitue l'essence si l'on veut faire preuve d'honnêteté intellectuelle, ce qui impose d'éviter de brandir comme un épouvantail à moineau un mot qui ne recouvre en rien la réalité du vote italien.

Selon le professeur Emilio Gentile dont les études font autorité, le fascisme est d'abord un totalitarisme, mot qui désigne le fonctionnement de tout État qui prétend régir non seulement la vie publique mais aussi la vie privée de ses administrés. Il suppose l'existence d'un parti unique, détenteur d'un monopole idéologique, une restriction de la liberté d'expression, totale ou partielle, par le biais d'un appareil de terreur plus ou moins sévère selon les climats et – en tout cas pour ce qui regarde le fascisme des années 30 – une forme de militarisation de la vie de la cité. On pourrait naturellement nuancer ou compléter, citer par exemple les travaux de Raymond Aron ou du regretté Pierre Milza (qui vient de disparaître). On pourrait aussi se référer aux analyses marxistes – parfois contradictoires – du phénomène. Ainsi, lors du VIIème congrès de la III ème Internationale Dimitroff définissait-il le fascisme comme "la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier."

Alors fascistes les italiens de 2018 ? Chauvins peut-être, mais aussi au service du "capital financier" ? Nostalgique des bruits de bottes, de la censure et de la violence d'État le pays du bel canto, du soleil et de la joie de vivre ? Certainement pas à l'aune de ces définitions ! Et la première imposture qu'il faut dénoncer, c'est précisément l'emploi d'un mot si chargé d'ignominie (mot entendu cette semaine encore dans la bouche d'un "expert" invité de la RTBF) pour disqualifier a priori un peuple qui n'a pas l'élémentaire délicatesse d'épouser avec enthousiasme le credo mondialiste qu'on veut à toute force lui imposer. C'est d'autant plus essentiel que bon nombre de journalistes qui répètent en boucle, avec des airs de vierge outragée, les mots d'"extrême droite" ou de "fascisme" sont incapables d'expliquer, de manière intelligible, ce que ces expressions recouvrent en science politique. Elisabeth Martichou (RTL, 6 mars) vient de donner le plus bel exemple de cette ignorance crasse qui, interpellée par Marine Le Pen (pour une fois bien inspirée) sur ce qui l'autorisait à qualifier la Ligue de Matteo Salvini "d'extrême droite" s'est contentée de bredouiller piteusement que c'est ainsi qu'"on" la désigne. Bel esprit d'analyse, en vérité, et remarquable rigueur scientifique !

Je doute personnellement que les Italiens aspirent à un régime totalitaire. Et lorsque j'écris que j'en doute, c'est une formule de style : je suis certain que ce n'est pas le cas, tout comme je suis certain que ceux qui poussent des cris d'orfraie et hurlent au péril brun sont convaincus de l'inexistence du danger. Ce qui semble clair en revanche, c'est que le vote du 4 mars constitue tout à la fois l'expression d'une défiance profonde à l'égard de l'Union européenne telle qu'elle se construit depuis le début des années 90 et d'un rejet de la politique d'accueil consécutive à la crise migratoire de 2015. Or, cette défiance ou ce rejet ne suffisent pas à faire de celui qui les éprouve un "fasciste". Ce sont des points de vues que l'on peut partager ou non, mais dont l'expression demeure en tout cas parfaitement légitime et ne mérite pas les anathèmes ou les condamnations solennelles en chaire de Vérité. La démocratie, c'est d'abord et avant tout le droit au désaccord. Lorsque ce droit disparaît, fut-ce sous l'effet de la contrainte sociale, c'est alors qu'on peut craindre pour la liberté.

Dans un remarquable ouvrage paru l'année dernière, l'iconoclaste Emmanuel Todd qu'on peut soupçonner de tout sauf de sympathies pour l'extrême droite (ou même pour la droite tout court) a brillamment mis en lumière le caractère "dysfonctionnel" de l'Union européenne depuis l'élargissement à l'Est et l'avènement de la monnaie unique. Cette Europe qui se construit contre les peuples ou, en tout cas, malgré eux, écrit le démographe, aurait un sens si les postulats qui la fondent, à savoir ceux de la primauté des déterminations économiques et de la convergence des nations dans la société de consommation s'avéraient vérifiés. Mais ce n'est pas le cas. Ainsi que Todd le démontre de manière convaincante, au terme d'une analyse fouillée et documentée, "des forces plus profondes – éducatives, religieuses et familiales – sous-tendent les évolutions économiques". Selon Todd, au-delà des embrassades entre leurs dirigeants qui n'en finissent pas de célébrer la fin de guerres qui n'ont plus de sens pour les moins de 70 ans, la vérité historique qui se dessine est celle d'une Europe construite autour de l'Allemagne, par l'Allemagne et pour l'Allemagne. Sous couvert d'Europhilie et de défense des "valeurs" qui unissent les pays de l'Union ressurgit le vieux fond nationaliste allemand, mûri sur un fond anthropologique d'autoritarisme, de collectivisme (par opposition à l'individualisme anglo-saxon) et d'inégalité. L'euro, de conception française, et dont le but officiel était de ligoter le mark est devenu une nouvelle ligne Maginot et, pour tout dire, l'instrument de la domination d'un pays qui, par ce biais, prive les économies faibles, dont l'économie italienne, de la possibilité de se protéger d'une concurrence trop efficace en dévaluant. Enfin, l'appel à l'immigration de masse, religion dans laquelle les européens sont sommés de communier au nom d'un universalisme de façade, à peine d'être qualifiés de fascistes, n'a d'autre objectif que de pallier l'effondrement démographique allemand (1,4 enfant par femme !) auquel ont un temps, mais un temps seulement, suppléé la réunification et l'élargissement à l'Est.

Il n'y a pas d'autre raison que celles-ci au vote italien ou aux mouvements d'humeurs qui se multiplient à travers l'Europe, mouvements que l'on qualifie de "populistes" , "d'extrême droite" ou de "fascistes" parce qu'ils contrarient une approche des relations entre les peuples fondée sur le seul primat de l'économie, sans égard aux substrats anthropologiques locaux (la "mémoire des lieux" chère à Emmanuel Todd et à Hervé Le Bras).

C'est pourquoi je pose une question délibérément provocante : est-ce que l'on peut qualifier de fasciste une organisation supra-étatique qui repose sur une idéologie qu'il est interdit de contester sous peine d'être mis à l'index, qui pratique une forme de censure, fut-ce par le biais de la contrainte sociale ou par le dénigrement systématique de l'opposant et qui se nourrit d'autoritarisme et d'inégalité ? Si la réponse à cette question est positive, il me semble que c'est l'Union européenne bien plus que les italiens qui manifeste une dangereuse propension au fascisme."
Eric Cusas


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mercredi 7 mars 2018

La Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones applicable à la France ?



Quand on voit ce que sont devenus certains pays d'Europe occidentale et en particulier le notre, on ne peut que sourire à la lecture des articles 8, 9, 10, 11 et 12 de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones adoptée en septembre 2007 mais que je découvre tout à fait par hasard aujourd'hui. A l'époque, l'ONU, ce "machin" définissait les peuples autochtones comme des "peuples liés par une continuité historique avec les sociétés antérieures à l'invasion..."

La France; les Français ne seraient-ils plus qu'un peuple autochtone ou en voie d'autochtonisation ? A quand l'adoption par la France, pour la France, de ce texte ?

" Article 8:


1. Les autochtones, peuples et individus, ont le droit de ne pas subir d’assimilation forcée ou de destruction de leur culture. 

2. Les États mettent en place des mécanismes de prévention et de réparation efficaces visant :

a) Tout acte ayant pour but ou pour effet de priver les autochtones de leur intégrité en tant que peuples distincts, ou de leurs valeurs culturelles ou leur identité ethnique ; 

b) Tout acte ayant pour but ou pour effet de les déposséder de leurs terres, territoires ou ressources; 

c) Toute forme de transfert forcé de population ayant pour but ou pour effet de violer ou d’éroder l’un quelconque de leurs droits; 

d) Toute forme d’assimilation ou d’intégration forcée ;

e) Toute forme de propagande dirigée contre eux dans le but d’encourager la discrimination raciale ou ethnique ou d’y inciter.

Article 9: Les autochtones, peuples et individus, ont le droit d’appartenir à une communauté ou à une nation autochtone, conformément aux traditions et coutumes de la communauté ou de la nation considé- rée. Aucune discrimination quelle qu’elle soit ne saurait résulter de l’exercice de ce droit. 

Article 10: Les peuples autochtones ne peuvent être enlevés de force à leurs terres ou territoires. Aucune réinstallation ne peut avoir lieu sans le consentement préalable — donné librement et en connaissance de cause — des peuples autochtones concernés et un accord sur une indemnisation juste et équitable et, lorsque cela est possible, la faculté de retour. 

Article 11:

1. Les peuples autochtones ont le droit d’observer et de revivifier leurs traditions culturelles et leurs coutumes. Ils ont notamment le droit de conserver, de protéger et de développer les manifestations passées, présentes et futures de leur culture, telles que les sites archéologiques et historiques, l’artisanat, les dessins et modèles, les rites, les techniques, les arts visuels et du spectacle et la littérature. 

2. Les États doivent accorder réparation par le biais de mécanismes efficaces — qui peuvent comprendre la restitution — mis au point en concertation avec les peuples autochtones, en ce qui concerne les biens culturels, intellectuels, religieux et spirituels qui leur ont été pris sans leur consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause, ou en violation de leurs lois, traditions et coutumes. 

Article 12:

1. Les peuples autochtones ont le droit de manifester, de pratiquer, de promouvoir et d’enseigner leurs traditions, coutumes et rites religieux et spirituels; le droit d’entretenir et de protéger leurs sites religieux et culturels et d’y avoir accès en privé ; le droit d’utiliser leurs objets rituels et d’en disposer; et le droit au rapatriement de leurs restes humains. 

2. Les États veillent à permettre l’accès aux objets de culte et aux restes humains en leur possession et/ou leur rapatriement, par le biais de mécanismes justes, transparents et efficaces mis au point en concertation avec les peuples autochtones concernés."

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

Le PSG, c'est un peu comme Johnny Hallyday: Bon dedans, nul dehors !


Hé, ho, on se calme les gens ! On se calme ! Le match d'hier, ce n'était qu'un huitième de finale. Pas une finale, pas une demie, même pas un quart, tout juste un huitième et un huitième de la ligue, même pas  celui d'une coupe d'Europe; un huitième ou comme prévu par tous ceux qui ont un peu moins de merde dans les yeux que les aficionados décérébrés, le PSG a perdu.

Alors, scusez-moi mais quand je vois le battage médiatique fait autour de ce match depuis 3 jours (sans compter le ramdam lors du match aller), je me dis, vous déconnez les gens ! Non mais c'est vrai quoi, vous rendez-vous compte du temps d'antenne réservé à cette rencontre ? Hallucinant ! Hallucinant pour une équipe sans charisme ni talent, une équipe du PSG qui n'a plus rien de parisienne (pas un joueur parisien de souche, il me semble) ou de saint germanoise depuis longtemps !

Et dire qu'il y a des gens - et pas forcément des fortunés - qui sont allés payer jusqu'à deux mille euros le billet  pour aller voir jouer des gamins millionnaires sans cervelle ! Jusqu'à deux mille euros ! J'hallucine ! Et c'est sans compter les frais de déplacements pour ceux qui viennent de loin !

Le PSG, c'est un peu comme Johnny Halliday, bon dedans grâce au pognon qatari qui lui permet de se payer de bons joueurs et nul à l’extérieur; succès au national et bides à répétition à l'international quand il est confronté à des équipes nettement mieux pourvues en budget, joueurs, entraîneurs et managers.

Oui, comme Johnny, le PSG fait perdre tout sens de la mesure à ses fans français mais laisse de marbre tous les amateurs étrangers de rock'n roll. Va comprendre !

Ne me demandez pas ce qu'un billet sur le PSG vient faire sur ce blog, je n'en sais rien, ça m'a pris comme ça.


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

France, 2019.