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mardi 25 novembre 2014

Navires Mistral: les toilettes seront-elles bouchées en 2017 ?


Je sais bien qu'avec Hollande, nous ne sommes pas à une connerie près mais tout de même... Annoncer qu'il reporte sine die la livraison des Mistral à la Russie, quelle connerie ! Sauf à considérer que sine die dans la bouche de Président signifie date butoir figurant sur le contrat. Parce que dans cette histoire, il y a tout de même quelque chose de surprenant: Personne, pas un journaliste, pas un expert (de ceux qu'on entend sur Itélé) ne connait cette date. 

Dans tous les contrats commerciaux et industriels, qui plus est ce type de contrat, il y a écrit noir sur blanc une date de livraison et une date butoir à partir de laquelle l'acheteur insatisfait peut demander des compensations, elles aussi prévues au contrat. Et que sait-on ? Que nous dit-on ? Que le premier Mistral devait être livré fin octobre, le suivant l'année prochaine. Que constate-t-on ? Que les Russes menacent mais que finalement depuis quelques semaines, cela ne va guère plus loin. Ne serions-nous pas tout simplement dans un jeu d'intox réciproque entre la France et la Russie ?

Admettons, par exemple, que la date butoir de livraison pour le premier Mistral soit fixée à fin janvier. Pas de quoi s'affoler quand à d'éventuelles pénalités. Et Hollande aurait tort de ne pas profiter de notre ignorance pour jouer les gros bras avec Poutine et du même coup montrer aux USA qu'il tient ses engagements: ne pas livrer tant que la situation en Ukraine ne s'améliore pas. Tenez, et qui nous dit que la date butoir n'est pas liée à l’exécution pleine et entière du contrat, à savoir la livraison du deuxième Mistral ?

Bref, nous serions dans un jeu de manipulation de l'opinion publique (et des alliés de la France) parfaitement orchestrée, en l’occurrence et pour une fois, par l'Elysée. Nous ne connaissons pas, journalistes y compris pour l'instant, les tenants et les aboutissants de ce contrat, l'Elysée a donc beau jeu de dire ce qu'il veut et de montrer sa pugnacité, à sa place, j'en ferais peut-être autant.

Sauf que j'ai une toute autre idée de l'importance que j'accorde à ma signature. 

En refusant de livrer le premier Mistral, la France, pardon, Président remet en question un contrat signé, contrat que le client, la Russie, a honoré pour sa part en réglant la facture rubis sur l'ongle. Comment ne pas y voir une remise en cause de la crédibilité de la France? Aux yeux du monde (des affaires), la France n'aura pas tenu ses engagements. Et président prend un triple risque: la décrédibilisation totale de la parole de l'Etat français, le remboursement et/ou des pénalités conséquentes à payer à la Russie. On parle de près de 2 milliards d'euros.

Et un troisième risque dont on ne parle pas ou peu: Le "rétrécissement" de la zone commerciale de la France. Souvenez-vous, je vous parlais récemment de la création d'une banque commune aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud ); imaginer que certains accords exclusifs de fournitures d'armes (ou autres) liant ces 5 pays aient été mis dans la corbeille n'est pas stupide. Imaginer que la Russie séduise l'Inde pour que finalement elle n'achète pas les 126 Rafale à la France, ou que cette même Russie, la Chine, voire l'Inde ou le Brésil choisissent autre chose que notre TGV pour équiper leurs territoires, non plus.  Souvenez-vous comment, quasiment du jour au lendemain, le Brésil laissa tomber les Rafale pour acheter finalement des Gripen suédois.

Alors, oui, Président se la joue belle en suspendant sine die la livraison des Mistral. A court terme. Si in fine, ils ne livrait pas, il faudra qu'il nous explique ce qu'il compte faire de ces deux navires qui ont été spécialement conçus pour les mers froides. A moyen et long terme, la France, en ne respectant pas les délais et sa parole, a beaucoup plus à perdre que ce que peut lui rapporter aujourd'hui cette manipulation politico-médiatique.

Vous me direz que les notions de moyen et long terme semblent étrangères à Président, sa spécialité c'est de laisser pourrir les situations compliquées, il se contentera donc de refiler la patate chaude à son successeur, assuré qu'il est de quitter le pouvoir dans un peu plus de deux ans.

Après tout, en quittant le siège du parti socialiste, n'avait-il pas laissé les toilettes bouchées...

Folie passagère 2550.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 1 août 2014

Combien vont nous coûter les sanctions contre la Russie ?


Çà y est, l'Europe a fait son caca nerveux et a décidé à l'unanimité de prendre des sanctions contre la Russie. C'est vrai, quoi, le méchant, c'est Poutine qui ne cesse de mettre le bazar en Ukraine. Le Diable du Kremlin serait, à en croire nos dirigeants, le seul à avoir quelques responsabilités sur tout ce qui se passe là-bas, même que l'avion de la Malaysian, c'est parait-il un missile donné aux pro-Russes de l'est de l'Ukraine qui l'aurait abattu. Possible, peut-être ben que oui, peut-être ben que non ! 

Alors, ils ont décidé de sanctionner ! Pan ! Et tout un volet de sanctions d'avoir été adopté. Sanctions financières interdisant aux entreprises de l'UE d'acheter des actions ou obligations auprès des institutions financières russes, gel des avoirs de quelques oligarques et quelques grosses banques russes ne pourront plus avoir accès aux marchés financiers européens. Sanctions économiques et industrielles avec embargo sur la fourniture à la Russie de technologies pour les forages pétroliers, ventes de technologies et d'équipements sensibles dans les secteurs de l'énergie interdites ou soumises à approbation des autorités européennes et mise en place d'un embargo (non rétroactif) sur les achats et les ventes d'armes, de matériel militaire et de biens à double usage militaire et civil à la Russie. 

Étonnamment, le secteur du gaz russe que l'Europe consomme avec gourmandise n'est pas inclus dans ce volet de sanctions. 

Tout plein de sanctions donc. On imagine que Poutine va prendre peur et infléchir sa position sur l'Ukraine. Possible... Pas sûr. On verra. 

En tout cas, tout ce beau monde est content que l'Europe ait su enfin se mobiliser ce qui permet au quotidien Le Monde de titrer: "Grâce à Poutine, l'Europe se fâche... et existe !". 

Il y a tout de même un point qui n'a pas été porté à la connaissance du grand public: c'est l'estimation du coût pour chaque pays européen de ces mesures. Si nous ne vendons plus de navires ou d'avions à la Russie, si nous nous privons des milliards russes, si nous ne  pouvons plus lui fournir de foreuses ou d'armes, on imagine bien que d'une part, la Russie ira se fournir ailleurs et que d'autre part, cela fera perdre à l'économie de chaque pays, dont la France, de précieuses rentrées d'argent et de part de marché. Donc des emplois, donc du cash, donc des ressources; je ne savais pas que notre économie fut si florissante qu'elle puisse se permettre ce genre de sacrifices. Mais bon... Droit d'ingérence et toussa... 

Et pourtant ce coût a été estimé. Chaque gouvernement a reçu de Bruxelles une fiche confidentielle lui indiquant combien ces sanctions lui coûteraient. Chaque pays a donc une estimation le concernant mais ne sait pas ce qu'il en coûtera aux autres ! Curieux tout de même comme procédé. Mais bon... Et en ce qui nous concerne, nous, j'ai beau avoir cherché, je n'ai pas trouvé. Il serait pourtant normal que nous soyons informés de ce que va nous coûter cet "effort pour la paix" . Et bien non ! Circulez, ce ne sont pas nos oignons ! 

Au fait, tant que j'y suis, la nouvelle n'a pas fait trop de bruit mais il est tout de même savoureux d'apprendre que la Russie, mise au ban des nations européennes, vient de signer un accord avec les Brics (Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud), accord entérinant la création d'une banque de développement dotée de 50 milliards de dollars ainsi qu'une réserve de changes commune de 100 milliards, le tout devant servir à financer des projets de développement au sein... des Brics ! Le parfait outil pour concurrencer le FMI, la Banque Mondiale et pourquoi pas l'Europe !

Folie passagère 2403.
D'accord, pas d'accord: atoillhonneur@voila.fr


France, 2019.