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samedi 25 novembre 2017

"Les nations islamiques mènent le combat contre le terrorisme". Non, sans déconner ?

Ce matin, j'ai failli recracher mon café en lisant la dernière page du Figaro ! Qu'apprends-je ? Qu'a été créée une nouvelle et très sérieuse organisation internationale regroupant 41 pays ! Et pas n'importe quels pays... Oui, j'en ai avalé mon café de travers en voyant cette 4ème de couverture:



Mais j'ai tout de même voulu savoir qui avait bien pu provoquer mon étranglement...

Tenez-vous bien, cette organisation s'appelle la Coalition Militaire Islamique Contre le Terrorisme (IMCTC) ! Ouais, carrément, un grand machin international regroupant que des pays muzz et qui sera chargée de lutter, militairement s'il le faut, contre le terrorisme !

Et pour bien lutter contre les méchants qui terrorisent, cette organisation va se baser sur 4 domaines d'action:

- l'idéologie: en gros, faire en sorte que ne soit véhiculée qu'une image positive d'un Islam forcément modéré. " Construire un avenir meilleur pour les générations futures, à travers un message cohérent et global qui réaffirme les principes Islamiques de modération, de tolérance et de compassion, et qui lutte contre un discours Idéologique extrémiste violent tout en représentant la vraie nature de l'Islam ainsi qu’en soutenant des réformes Ideologique, psychologiques et sociologiques."

- La communication: " Produire et diffuser des contenus attractifs fondés sur des éléments factuels et des études scientifiques, dans le but de prendre le contrepied de la rhétorique et des allégations diffusées par les idéologies extrémistes, de dénoncer les contre-vérités et les dérives doctrinales qu’elles contiennent, d’insuffler de l'espoir et de l'optimisme, et de mesurer l'impact sur les mentalités et comportements."

- La lutte contre le financement du terrorisme: " Collaborer et coordonner avec les autorités compétentes des Etats membres dans le domaine de la lutte contre le financement du terrorisme afin de promouvoir les meilleures pratiques, élaborer les cadres juridiques, réglementaires et opérationnels, faciliter l'échange d'information et soutenir les opérations de prévention, de détection et de capture."

- L'action militaire: " Selon la demande, soutenir la coordination des ressources et la planification des opérations militaires des pays membres ainsi que faciliter le partage sécurisé des informations militaires et encourager le renforcement des dispositions militaires anti-terroristes et leur capacité à réduire les agressions et la violence ".

Avouez que, déjà, vous êtes tordus de rire si cela n'était aussi hypocrite. Parce que à bien y regarder, on trouve qui parmi ces 41 pays ? On trouve qui en pointe de ce nouveau machin qui veut porter la lutte contre le terrorisme partout dans le monde et particulièrement dans le monde musulman ?

Pêle-mêle, on y trouve:


Ils y sont tous. Tous les pays finançant le terrorisme sont membres de cette organisation.  Tous les pays musulmans dont les pouvoirs centraux utilisent la terreur ou le terrorisme pour se maintenir en place sont membres de cette organisation. Tous les pays musulmans imposant la Charia à leur population sont membres de cette organisation. Le Yemen, l'Afghanistan, l'Arabie Saoudite, le Qatar, la République islamique du Pakistan, l'Etat Palestinien (sic), la Libye, la Somalie, la République islamique de Gambie, la Turquie, ils y sont tous ! Et aucun de ces 41 pays qui puissent être qualifié de démocratie ! 

Et à la tête de ce machin ? L'Arabie Saoudite qui depuis deux ou trois ans bombarde à qui mieux-mieux le Yemen dont la population est majoritairement chiites, pourtant également membre de l'IMCTC.  On y trouve aussi " L'Etat Palestinien " à majorité sunnite qui depuis des lustres finance le terrorisme (quand il n'y recours pas lui-même) et toute organisation terroriste qui taille des croupières aux chiites. La Libye dont les deux provinces principales se livrent un combat sans merci à coup d'attentats et de guérillas urbaines. La Turquie du dictateur Erdogan, celle qui enferme les journalistes, prône la restauration de la Charia et dézingue autant qu'elle le peut la diaspora kurde est l'un des principaux financiers de cette organisation.

Et puis en fouillant plus avant, on s'aperçoit que la quasi totalité de ces pays sont majoritairement sunnites mis à part le Bahreïn, le Liban et le Yémen, pays où le nombre de chiites et sunnites s'équilibre plus ou moins. Rien d'étonnant donc si l'Iran (fouteur de merde s'il en est au Liban et soutien indéfectible de la Syrie d'Assad l'Alaouite) n'est pas membre de cette organisation.

Ainsi donc, pour résumer, l'Islam sunnite - nul part sur le site de l'organisation, vous ne trouverez ce mot, ni même l'expression terrorisme islamique - a mis sur pied, et avec quels moyens..., une organisation pour lutter contre le terrorisme provenant des pays chiites ! Fallait oser, ils l'ont fait !

Le 21 mai dernier, l'IMCTC organisa sa première conférence internationale intitulée: Forum de Riyad pour combattre l’extrémisme (on se marre) et le terrorisme (idem). Le Prince Turki Faycal débutera non sans rire son discours par ces mots: " Le terrorisme n’a aucune relation avec l’Islam. Ce n’est qu’un outil utilisé par des criminels pour légitimer leurs crimes, tout comme ils l’ont fait par le passé, en se cachant derrière le communisme ou même le nationalisme "

Vous l'aurez compris " les criminels ", en l’occurrence, ce sont les chiites, les gentils, les sunnites et leurs alliés. Rien donc d'étonnant si l'un des invités d'honneur de cette première conférence fut Ashton Carter, l'ancien secrétaire d'Etat à la défense des USA sous Obama, qui commencera son discours ainsi: " La coalition Islamique Militaire pour Combattre le Terrorisme possède une légitimité par laquelle elle peut nier les prétentions terroristes. C’est cette légitimité qui manque pour toutes les forces occidentales. "

Demain, 26 novembre, en présence des 41 ministres de la Défense des pays membres, se tiendra à Ryad, la conférence inaugurale de l'IMCTC, conférence durant laquelle devrait être entériné la devise de l'organisation: " Alliés contre le terrorisme ! ". Ou comment tenter de se refaire la cerise dans le monde sur le dos... des chiites !

On aurait presque envie d'en rire !


IMCTC French
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

vendredi 11 novembre 2016

Satisfait par l'élection de Trump ? Faut voir.


Satisfaits ? Faut voir:

151 467 internautes ont voté sur le site du Figaro: 56% d'entre eux sont satisfaits de l’élection de Donald Trump.

1 015 personnes représentatives de la population française sont interrogées par Ipsos pour Le Parisien: 70% des Français se disent inquiets de l'élection de Donald Trump

998 personnes interrogées par Elabe pour BFM: 78% des Français pas satisfaits de l'élection de Donald Trump.

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vendredi 28 octobre 2016

Il faut sauver le soldat Piquemal

Cas unique dans l'armée Française, qui plus est en temps de paix, le Général Piquemal, a été, par décret présidentiel et pour des raisons politiques, radié des cadres de l'armée. Le Général Mercier, ancien Chef d'Etat-Major de l'Armée de Terre (2S) prend, là aussi du jamais vu à ce niveau, dans la tribune ci-dessous publiée le 25 octobre par  le Figaro, la défense du Général Piquemal.


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" 23 août 2016. Les Français sont en vacances, les journalistes aussi : c’est le bon moment. Par mesure disciplinaire prise par décret, signé par le président de la République, le général Christian Piquemal est radié des cadres de l’armée. La décision, qui ne sera pas publiée au Journal officiel, tombe dans l’indifférence générale… ou presque. Car pour ceux qui connaissent et estiment Christian Piquemal et qui suivent l’« affaire », ce qu’ils se refusaient à imaginer est bel et bien arrivé.

Bref rappel des faits : le 6 février, le général Piquemal est arrêté de façon brutale, à Calais, à la fin d’une manifestation interdite par le préfet. Placé en garde à vue, il est libéré 48 heures plus tard et son jugement en comparution immédiate est reporté au mois de mai. Le 26 mai, le tribunal de grande instance de Boulogne- sur-Mer prononce la relaxe sans que le parquet fasse appel. Dans sa sagesse, que nous dit la justice ? C’était beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

L’affaire semblait donc close. Eh bien non ! Quelle mouche a donc piqué les autorités politiques et militaires pour en rajouter en lançant une procédure administrative susceptible de déboucher sur la radiation des cadres, sanction tellement grave qu’elle n’a pas été prononcée depuis des décennies ? À supposer qu’il faille marquer le coup, un bon « remontage de bretelles » de la part du ministre n’aurait-il pas suffi ?

On imagine la suite : sous forte pression du cabinet du ministre, l’armée de Terre réunit son Conseil supérieur. Christian Piquemal comparaît devant ses pairs, qui se prononcent pour la radiation.

Cette décision de l’armée de Terre, dont on pourrait dire qu’elle s’est piégée « à l’insu de son plein gré » en se substituant au pouvoir politique pour faire le sale boulot, est évidemment navrante à plus d’un titre. Elle fait peu de cas du principe de solidarité qui constitue l’un des piliers de l’institution militaire, mais là n’est pas l’essentiel ; elle est inique et disproportionnée ; elle témoigne enfin d’une interprétation frileuse, si ce n’est désuète, du droit expression.

Voilà donc un officier général respecté de tous, qui a servi son pays pendant quarante ans de façon exemplaire, qui a fait partie du cabinet militaire du premier ministre et commandé la Légion étrangère et qui, brutalement, se voit signifier qu’il n’appartient plus à la communauté militaire. Mesure-t-on bien l’humiliation ressentie par un officier qui n’a ni péché contre l’honneur ni vilipendé la République et ses représentants ?

Alors, pourquoi cet acharnement ? Le crime du général Piquemal, c’est d’avoir manqué au sacro-saint devoir de réserve auquel sont tenus les militaires. La Grande Muette doit se taire : « Circulez, il n’y a rien à dire », nous ont rappelé des bonnes âmes de tout bord. On pourrait d’ailleurs s’interroger sur la solidité des fondements juridiques du devoir de réserve. Mais surtout, à une époque où tout le monde, dans les médias et sur les réseaux sociaux, donne son avis sur tout, où le secret de l’instruction est régulièrement bafoué, où le manquement au devoir de réserve est aujourd’hui une réalité au plus haut niveau de l’État, les militaires n’ont de leçons à recevoir de personne dans ce domaine. Faudrait-il que les officiers généraux, qui ont le plus souvent acquis une expertise et une expérience reconnues au gré des responsabilités qu’ils ont exercées aussi bien au sein qu’en dehors de l’institution militaire, demeurent des citoyens de seconde zone, privés de toute expression publique et cantonnés à leur pré carré professionnel et encore à condition qu’ils n’y exercent pas leurs critiques ?

Manifestement, les officiers généraux ne l’entendent pas de cette oreille. Comme cela se pratique dans d’autres pays, ils estiment être en droit de donner leur avis sur les affaires du pays. Ainsi, des experts de talent contestent-ils certains choix opérés en matière de défense et de sécurité, ainsi, de hauts responsables exposent-ils à des élus ce que ceux-ci ne veulent surtout pas entendre… Bref, ils pensent, ils écrivent, ils sont présents sur les plateaux de télévision… Tout cela dérange. Déjà, le ministre de la Défense avait adressé des lettres de mise en garde à plusieurs officiers généraux. Récemment un élu avait demandé au chef d’état-major des armées, à l’occasion d’une audition devant la commission de la Haute Assemblée, comment il entendait faire taire tous ces généraux

Intimidation, menace, sanction, tout cet arsenal au service de la pensée unique n’est plus de mise. Il conviendrait d’en prendre acte.

On comprend mieux, dès lors, le dénouement de l’affaire Piquemal. Il fallait donner un coup de semonce. Le véritable tort de Christian Piquemal, qui n’en a dit ni fait plus que d’autres, est d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Il fallait un bouc émissaire, et ce fut lui.

On a connu la République plus généreuse, dans des affaires autrement graves qui visaient à la déstabiliser. À juste raison, elle avait su, le temps venu se montrer magnanime. Souhaitons qu’elle le soit encore.

Oui, il faut sauver le soldat Piquemal."

Général Philippe Mercier (5*), ancien Chef d'Etat-Major de l'Armée de l'Air


NB: Le Général Piquemal a annoncé avoir déposé un recours contre cette décision auprès du Conseil d'Etat. Un comité de soutien présidé par le Gal Martinez a été crée: ICI

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mercredi 4 mai 2016

Vous vous fiez encore aux sondages ?

Vous vous fiez encore aux sondages, à ceux qui les pondent et à ceux qui vous les présentent ? Et vous auriez bien tort, la preuve en trois images:

- Le Huffington Post, aujourd'hui. Hollande remonte!: 

Capture

- Le Figaro, sur le même sujet, aujourd'hui, avec pour titre: " L'impossible remontée de Hollande dans les sondages ". Hollande continue de plonger:


- Et BFM, sur un autre sujet, hier: 103% intentions de vote, rien que ça !


Allez, c'est pas le tout, je m'en vais préparer le repas. Bonjour chez vous !

Folie passagère 3163.
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vendredi 21 mars 2014

La riposte de Nicolas Sarkozy : «Ce que je veux dire aux Français»

C'est toujours mieux de lire avant de commenter... (ou pour ceux qui n'auraient pas eu accès au Figaro)


«J’ai longuement hésité avant de prendre la parole. D’abord parce que je sais qu’il existe des sujets prioritaires pour nos compatriotes, à commencer par l’explosion du chômage. 

Ensuite, parce que, depuis deux ans, je me suis tenu à la décision de silence et de retrait que j’avais annoncée au soir du second tour de l’élection présidentielle de 2012. Contrairement à ce qui s’écrit quotidiennement, je n’éprouve nul désir de m’impliquer aujourd’hui dans la vie politique de notre pays. Je ne suis animé par aucune velléité de revanche et ne ressens nulle amertume à l’endroit des Français qui m’ont fait l’immense honneur de me confier, durant cinq ans, les rênes de notre pays. J’ai par ailleurs trop conscience des peines, des souffrances et des inquiétudes qu’endurent chaque jour tant de nos compatriotes pour ne pas mesurer la chance qui m’a si souvent accompagné tout au long de ma vie. Cette réalité mêlée à mon tempérament fait qu’aussi loin que je m’en souvienne je n’ai jamais aimé me plaindre. À 59 ans, il est sans doute trop tard pour changer. En tout cas, sur ce point… 

Et pourtant, je crois qu’il est aujourd’hui de mon devoir de rompre ce silence. Si je le fais, c’est parce que des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupule sans précédent. Si je le fais par le moyen de l’écrit et non celui de l’image, c’est parce que je veux susciter la réflexion et non l’émotion. 

Qui aurait pu imaginer que, dans la France de 2014, le droit au respect de la vie privée serait bafoué par des écoutes téléphoniques ? Le droit au secret des conversations entre un avocat et son client volontairement ignoré? La proportionnalité de la réponse pénale, au regard de la qualité des faits supposés, violée? La présomption d’innocence désacralisée? La calomnie érigée en méthode de gouvernement? La justice de la République instrumentalisée par des fuites opportunément manipulées? 

Que chacun réfléchisse à ce bref inventaire car demain il pourra, à son tour, être concerné. C’est de moi qu’il s’agit aujourd’hui. Je ne suis pas une victime. Je peux me défendre. Je peux en appeler au bon sens des Français, de gauche comme de droite. Tous n’auront pas et n’ont pas cette chance. 

Ancien président de la République, je suis devenu un citoyen comme les autres. C’est la règle démocratique. Qui d’ailleurs pourrait prétendre que je l’ai, si peu que cela soit, enfreinte? En vingt mois, j’ai subi quatre perquisitions qui ont mobilisé trois juges et quatorze policiers. J’ai été interrogé durant vingt-trois heures parce que l’on me suspectait d’avoir profité de la faiblesse d’une vieille dame! Des milliers d’articles rédigés à charge ont été publiés. Sur le sujet, que reste-t-il de cette boue complaisamment répandue? Rien, si ce n’est une décision de non-lieu après que toutes les investigations possibles ont été engagées. J’ai eu envie de crier: «Tout cela pour cela.» Mais je n’ai rien dit au nom du devoir que me créent les responsabilités qui furent les miennes. J’ai tout accepté, confiant dans la justice et surtout dans la vérité. 

Et que dire de la prétendue affaire Karachi où, après des années d’enquête, les magistrats ont fini par découvrir que je n’y avais, au final, assumé aucune responsabilité. Là aussi, cela n’a pas empêché des centaines d’articles à charge. 

Puis l’on s’est aperçu que j’avais été le seul de tous les candidats à avoir dépassé, durant la campagne présidentielle de 2012, les montants de dépenses autorisés! De ce fait, je fus reconnu fautif d’un dépassement de 2,1 %. La sanction fut, pour la première fois dans l’histoire de la République, la suppression de 100 % des financements publics. Le 9 juillet 2013, il nous a fallu rembourser 11,3 millions d’euros, dont j’étais caution à titre personnel. Grâce aux soutiens de 137.000 Français et à la mobilisation de ma famille politique, ce fut réalisé en deux mois. Comment leur dire mon immense reconnaissance? Cette fois encore, je n’ai rien dit. J’ai tout accepté. 

Sans l’ombre d’une preuve et contre toute évidence, me voici accusé d’avoir fait financer ma campagne de 2007 par M. Kadhafi. On a parlé d’un virement de 50 millions d’euros! Un détail… Après des mois d’enquête, des dizaines de commissions rogatoires, la justice n’a trouvé ni virement, ni banque de départ, ni banque d’arrivée. Toute l’accusation repose sur les témoignages «crédibles» du fils de M. Kadhafi et de son entourage, sans doute une référence morale, et de celui de M. Takieddine, dont on connaît aujourd’hui le passif judiciaire. 

J’ai déposé plainte contre Mediapart pour faux et usage de faux à la suite de la publication d’un faux grossier. Ma plainte a paru suffisamment crédible pour que ses dirigeants soient placés par la justice sous statut de témoin assisté. 

Le simple bon sens devrait amener à considérer que la guerre que nous avons conduite en Libye a duré dix mois. Durant cette période, si M. Kadhafi avait eu le moindre document à utiliser contre moi, pourquoi ne l’a-t-il pas fait, alors même que j’étais le chef de la coalition contre lui? 

Or voici que j’apprends par la presse que tous mes téléphones sont écoutés depuis maintenant huit mois. Les policiers n’ignorent donc rien de mes conversations intimes avec ma femme, mes enfants, mes proches. Les juges entendent les discussions que j’ai avec les responsables politiques français et étrangers. Les conversations avec mon avocat ont été enregistrées sans la moindre gêne. L’ensemble fait l’objet de retranscriptions écrites dont on imagine aisément qui en sont les destinataires! 

Ajoutant l’illégalité à l’illégalité, on n’hésite pas à publier des extraits tronqués et mensongers de ces mêmes enregistrements. Qui a donné ces documents alors même qu’aucun avocat n’a accès à la procédure? Les seuls détenteurs en sont les juges ou les policiers… Sont-ils au-dessus des lois sur le secret de l’instruction? 

On me met sur écoute en septembre 2013 pour des faits supposés de corruption qui auraient été commis en 2007! On le fait, non parce que l’on dispose d’indices, mais parce que l’on espère en trouver. Aujourd’hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu’elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n’est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l’Allemagne de l’Est et les activités de la Stasi. Il ne s’agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l’endroit de ses opposants. Il s’agit de la France. 

Suis-je en droit de m’interroger sur ce qui est fait de la retranscription de mes conversations? Je sais, la ministre de la Justice n’était pas au courant, malgré tous les rapports qu’elle a demandés et reçus. Le ministre de l’Intérieur n’était pas au courant, malgré les dizaines de policiers affectés à ma seule situation. De qui se moque-t-on? On pourrait en rire s’il ne s’agissait de principes républicains si fondamentaux. Décidément, la France des droits de l’homme a bien changé… 

Heureusement, des milliers d’avocats, quelles que soient leurs sensibilités, ont décidé que trop, c’était trop. Avec le bâtonnier à leur tête, ils veulent faire entendre cette vérité qu’un avocat dans l’exercice de ses fonctions doit être protégé de la même manière qu’un journaliste. Dans la République, on n’écoute pas les journalistes, pas davantage que les avocats dans l’exercice de leurs fonctions! 

Mais cela n’est pas tout. Mon propre avocat se trouve accusé d’avoir abusé de son influence auprès de notre juridiction suprême. Cette fois, fini de rire, car c’est à pleurer d’indignation. Son «crime»: être l’ami depuis trente ans d’un avocat général à la Cour de cassation, un des plus fameux juristes de France, à qui il a demandé des avis sur la meilleure stratégie de défense pour son client. Le problème, c’est que le client, c’est moi. Alors «le conseil» devient un «trafic d’influence» supposé. Peu importe que ce magistrat ne puisse exercer la moindre influence sur une chambre criminelle dans laquelle il ne siège pas. Détail, encore, que le gouvernement monégasque ait solennellement déclaré qu’il n’y avait jamais eu la moindre intervention. Dérisoire, le fait que le poste, auquel ce magistrat postulait pour après sa retraite, ait été pourvu un mois avant qu’il ait pensé à en signaler l’existence à mon avocat. 

Tout ceci ne résiste pas à l’évidence. Eh bien, cela n’a pas empêché trois juges et vingt policiers de multiplier les perquisitions aux domiciles et au bureau de mon avocat, quatorze heures durant! Après avoir démonté sa machine à laver et exigé, qu’au moment de sa douche, à 6 h 30 du matin, il laissât la porte ouverte. La juge en charge est repartie avec ses téléphones. Dois-je considérer comme une anecdote le fait que cette magistrate soit membre du Syndicat de la magistrature? Ce syndicat désormais célèbre pour avoir affiché dans ses locaux le tristement fameux «mur des cons», où j’occupe une place de choix! Dois-je considérer qu’il s’agit d’un exercice serein et impartial de la justice? Augmenterai-je la gravité de mon cas en informant mes lecteurs que l’un des juges qui enquêtent sur le prétendu financement Kadhafi est celui-là même qui a signé, en juin 2012, l’appel des quatre-vingt-deux juges d’instruction, dont le ciblage de ma personne et de ma politique est transparent? Au moins dois-je être tranquillisé sur la clarté des opinions politiques d’un magistrat dont le devoir est pourtant d’enquêter à charge et à décharge. Pour la charge, je crois que l’on peut être confiant, mais pour la décharge… Quel justiciable voudrait connaître une situation semblable? 

Et pourtant, envers et contre tout, je garde confiance dans l’institution judiciaire, dans l’impartialité de l’immense majorité des juges, dans la capacité de la justice à ne pas se laisser instrumentaliser. 

Mon propos n’est pas de me plaindre. Je ne demande à personne de s’apitoyer sur mon sort. Ce texte est un appel à la conscience, aux convictions, aux principes de tous ceux qui croient en la République. 

Aux Français qui n’ont pas voté pour moi, je demande d’oublier mon cas personnel et de penser à la République et à la France. Au nom de leurs propres convictions, peuvent-ils accepter ces violations répétées de nos principes les plus chers? 

À ceux qui me sont attachés, je veux dire que je n’ai jamais trahi leur confiance. J’accepte tous les combats à condition qu’ils soient loyaux. Je refuse que la vie politique française ne fasse place qu’aux coups tordus et aux manipulations grossières. 

Je veux affirmer que je n’ai jamais demandé à être au-dessus des lois, mais que je ne peux accepter d’être en dessous de celles-ci. 

Enfin, à tous ceux qui auraient à redouter mon retour, qu’ils soient assurés que la meilleure façon de l’éviter serait que je puisse vivre ma vie simplement, tranquillement… au fond, comme un citoyen «normal»!» 

Nicolas Sarkozy (pour Le Figaro

Dans quel pays vivons-nous pour qu'un ancien président de la République soit obligé de se fendre d'une pareille lettre, lettre que j"approuve dans sa totalité. Les réactions des ténors de l'actuelle majorité et de Président à cette lettre étaient prévisibles: Ridicules ou pitoyables. Au choix !

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.