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samedi 27 avril 2019

Le retour des peuples

Vous attendiez peut-être un billet sur la prestation de Macron... Hélas, comment commenter la médiocrité... J'ai préféré un peu de Bercoff.



Le retour des Peuples, par André Bercoff pour RT France:

" La politique se meurt, la politique est morte. Mais non. Fake news. Ce sont les politiques, comme on les pratique et comme ils se vivent, qui vont de moins en moins bien. Depuis des années, en effet, comme ils font leurs dénis, ils se couchent. Ils n’ont pas voulu voir que la représentation parlementaire, voire présidentielle, l’un des fondements de la démocratie, est devenue peu à peu un théâtre d’ombres sur la scène duquel les marionnettistes ne tiennent plus grand compte des spectateurs. Sécession des élites, en leur oubli volontaire et organisé des populations soi-disant non productives à qui, faute de pain et d’avenir, on propose de la brioche et du minimum vital. Un peu partout, en Europe en particulier, et jusqu’aux frontières de l’Occident, des millions de laissés-pour-compte, d’invisibles et de «gens de peu» ne se demandent même plus à quelle sauce ils sont mangés puisqu’on leur a expliqué  qu’au fond ils ne servent pas à grand chose mais que dans leur grande générosité et leur indéfectible humanisme, les princes qui nous gouvernent ne vont pas leur indiquer tout de suite le chemin des abattoirs. Ils continueraient à être nourris, logés, blanchis, à la condition expresse qu’ils rabotent définitivement leurs exigences et qu’ils se contentent de survivre.

Et voilà-t-il pas que ça et là, des brèches apparaissent, des failles se creusent, des coups de canifs se multiplient dans les contrats léonins qui régissent le système. Un humoriste italien, Beppe Grillo, crée le mouvement Cinq Étoiles et organise un VaffanculoDay. Déjouant tous les pronostics, sondages et autres clichés plus ou moins avariés, il conquiert en quelques années un électorat qui, aujourd’hui, avec la Ligue de Matteo Salvini, a pris le pouvoir dans la péninsule. Ce qui aurait été considéré comme une impossibilité délirante il y a encore quelques années.

Et il y a quelques jours, en Ukraine, un humoriste qui n’avait jamais touché à la politique et ne brillait que dans les séries télévisées et le one man show, remporte la présidence de la république avec 73% des votants. À des milliers de kilomètres de là, il y a plus de deux ans, un magnat de l’immobilier qui lui non plus n’avait jamais fait de politique active et se partageait entre les caméras de la téléréalité et les milliards de dollars par lui investis dans la construction de gratte-ciels, remporte, contre toute attente, et contre la quasi totalité des médias, les élections présidentielles américaines. Un peu plus au sud, fatigués de la corruption et surtout de l’insécurité quotidienne, les Brésiliens ont plébiscité un ancien général, à la surprise catastrophée des sachants, experts et autres spécialistes auto-proclamés de phénomènes qu’ils n’ont même pas vu venir. Si l’on complète le tableau avec l’Europe de l’Est qui célèbre sa liberté retrouvée en faisant de la Frontière, jadis considérée comme une régression frileuse, le concept essentiel de leur survie, et d’une Angleterre qui ne sait plus à quel Brexit se vouer, force est de constater qu’un grand basculement a commencé : celui du retour des peuples. Il ne s’arrêtera pas.

Les raisons de cet ébranlement des plaques tectoniques, on les connaît : une mondialisation heureuse pour les uns, tragique pour d’autres. Libre circulation des hommes et des armes, de l’argent et des produits, lutte de tous contre tous dans les eaux glacées du calcul égoïste, comme l’écrivait l’ancêtre Karl Marx. Diminution incontestable et bienvenue de la pauvreté dans les pays dits du Tiers monde, prospérité foudroyante des élites productives des grandes métropoles planétaires, où se situent toutes les innovations et les créations startuppeuses des nouveaux territoires de la ruée vers l’or ; migrations de masse, voulues par les uns, subies par les autres ; fuites aussi éperdues que luxueuses dans les paradis fiscaux de la part de ceux qui protègent leurs fortunes et leurs manoirs à l’aide de hauts murs et de polices privées ; glorification, par ceux qui considèrent le monde comme leur résidence principale, du nomadisme, du multiculturalisme, de la perte d’identité considérée comme l’un des beaux-arts. Les nouveaux maîtres de l’univers prônent évidemment la société ouverte, l’accueil permanent sans quotas ni filtres, l’Occident comme passoire et l’Europe comme maison de tolérance. Qu’importent les malaises dans la civilisation pourvu que les salaires restent les plus bas possibles. Une nouvelle lutte des classes naît ainsi qui n’oppose plus gauche et droite réconciliées depuis longtemps dans la soumission aux lois de la finance, mais ceux d’en haut et ceux d’en bas. Toute la question désormais est de savoir si les premiers sauront tendre la main aux seconds afin que ceux-ci ne se transforment pas en bombes à retardement.

Aujourd’hui, nous sommes entourés d’hommes et de femmes qui ne savent plus où ils habitent, qui ont perdu leurs repères et qui se demandent si leur avenir et surtout celui de leurs enfants sera fait de sang, de sueur et de larmes, ou des couleurs arc-en-ciel d’un horizon encore possible. Une chose est sûre, ils ne se tairont plus. Et ne se terreront plus."

Une chose est sûre, ils ne se tairont plus. Et ne se terreront plus." J'aimerais être aussi optimiste qu'André Bercoff...

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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

vendredi 2 novembre 2018

30 secondes de propagande...

Et bien, pour une fois, Macron et le gouvernement font l'unanimité... contre eux. Parce que hormis les 21% de benêts qui font encore confiance à cette équipe dirigeante (dernier sondage Yougov/Cnews en date), de l'extrême gauche à l'extrême droite,  tout le monde s'accorde pour dire que ces trente secondes de Propagandastaffel propagande , financées avec vos sous et multi-diffusées, sont scandaleuses.



Mise en ligne sur le compte YouTube du gouvernement le 26 octobre dernier, cette courte vidéo au montage alarmiste égrène les enjeux des prochaines élections sur un ton qui n'a en effet rien de neutre. "Immigration: maîtriser ou subir? Climat: agir ou ignorer? Emploi: partenaires ou concurrents? Europe: union ou division?", assène ce clip mêlant des images d'actualité sur lesquelles on peut reconnaître les dirigeants nationalistes et eurosceptiques Matteo Salvini et Viktor Orban. 

A force de nous l'avoir répété sans relâche, non sans un certain mépris pour qui ne pense pas comme lui, nul ne peut ignorer que Macron s'est placé, pour les élections européennes à venir, comme le principal opposant  à Salvini et Orban; vous savez, cette "lèpre nationaliste" qui menace l'Union et nos démocraties, cette "lèpre" dont seraient atteints des millions d'électeurs européens, représentée en France par le RN, DLF, et tant qu'à faire Wauquiez. Alors, forcément, faire apparaître ces deux affreux fait indubitablement de ce clip un "tract de campagne" pro-En Marche.

La technique est simplissime et trouve ses origines contemporaines sous l'ère mitterrandienne. Il s'agit d'opposer sans relâche là aussi le Bien (dont Macron et En Marche se font aujourd'hui les représentants) au Mal, les progressistes aux extrémistes, les européens aux nationalistes, de rabâcher sans cesse qu'il y a ceux qui maîtrisent et ceux qui subissent, ceux qui unissent et ceux qui divisent, que la bête immonde est de retour, que le fascisme est à nos portes... le tout afin de placer l'électeur face à une évidence: pas d'autre choix que de voter massivement contre tous ces vilains populistes, donc pour En Marche. Cela a parfaitement fonctionné lors des deux dernières élections présidentielles, aucune raison, estiment-ils sans doute, que cela ne fonctionne pas en mai prochain.

Sauf que là, nos apprentis politiciens jouent une fois encore avec le feu. Macron aurait-il oublié les résultats France de 2014 qui firent du FN le premier parti du pays en obtenant le plus de sièges (24) à Bruxelles ? L'enjeu des Européennes, globalement, l'électeur lambda, chauffé à blanc par la politique menée depuis 18 mois, il s'en fout; lui ce qu'il voit, c'est que ce scrutin va lui permettre de sanctionner l'exécutif et toutes ces élites qui n'ont toujours pas compris ce qui peut pousser tant de gens à voter si "mal".

Marine en frétille d'avance quand Mélenchon appelle à un référendum anti-Macron et que Wauquiez... (on ne sait pas trop pour Wauquiez). Ma main à couper que c'est ce qui va se passer: Le République En Marche va se prendre une déculottée et les extrêmes, tant honnies par le camp des progressistes, vont faire carton plein. Et la déculottée sera d'autant plus sévère que ce coup-ci, ainsi que l'a voulu Macron, il n'y aura que des listes nationales et non plus, comme en 2014, des listes régionales.


Le CSA a été saisi ainsi que la commission des comptes de campagne par le groupuscule Générations de Benoît Hamon, gageons là aussi qu'aucune suite ne sera donnée...


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lundi 11 juin 2018

Qui va remplacer Lampedusa ?... Zemmour avait encore raison !

L'Italie et Malte ont courageusement refusé d'accueillir le bateau Aquarius, chargé de 629 migrants. C'est finalement l'Espagne avec son nouveau gouvernement socialiste qui l'accueillera. On peut parier que Mariano Rajoy, renversé par les socialistes du PSOE il y a peu, n'aurait pas accepté cela.

Mais que disait donc Eric Zemmour, il y a tout juste trois jours dans le Figaro Vox ? Voyons voir, ou plutôt lisons-le...




«Le bon temps pour les clandestins est fini ; préparez-vous à faire les valises.» Le patron de la Ligue, Matteo Salvini, a le sens de la formule qui fait mouche. Ce n'est pas un hasard s'il a choisi le poste de ministre de l'Intérieur, laissant à ses alliés du mouvement M5S les ministères sociaux. À ce poste, on peut encore montrer qu'un État déterminé a les moyens d'agir. Encore faut-il qu'il le soit.

C'est toute la question posée par l'affaire italienne. Celle de la légitimité démocratique est derrière nous. Elle s'est réglée par un compromis à l'italienne: les vainqueurs des élections ont renoncé à «leur» ministre des Finances europhobe ; le président de la République italienne et les milieux européens de Bruxelles qui le soutenaient ont renoncé à empêcher une majorité «populiste» de gouverner.

Désormais, c'est à Salvini de jouer. D'abord parce que l'immigration fut le thème qui l'a porté au pouvoir. Ensuite parce qu'il doit montrer qu'il peut expulser massivement les clandestins (il a promis 500.000 renvois) et arrêter la déferlante migratoire sur les côtes italiennes. Salvini s'en est déjà pris aux ONG qui, sous couvert d'humanisme, sont les complices des passeurs. Il devra utiliser la marine italienne non pour sauver les migrants mais pour les arrêter, voire détruire leurs barques. Il devra enfin tenir tête aux juges européens qui ne manqueront pas de dénoncer des pratiques contraires aux «droits de l'homme». Osera-t-il? Il devra aussi faire pression sur les pays de l'autre côté de la Méditerranée - Tunisie, Maroc et, au-delà, les autres pays d'Afrique pour qu'ils reprennent leurs ressortissants. Au temps de Ben Ali en Tunisie et de Kadhafi en Libye, ces pays bloquaient les migrants pour qu'ils ne se déversent pas sur l'Europe - preuve que c'est possible. L'Algérie n'hésite pas à renvoyer brutalement les migrants qui essayent de s'installer chez elle. 

On croit toujours en France que l'immigration est un phénomène qu'on ne peut maîtriser, une sorte de fatalité qu'on doit subir. C'est faux. Les mouvements démographiques sont une guerre qu'on veut gagner ou qu'on accepte de perdre. Comme le note l'historien Pierre Vermeren, le milliard de Chinois pauvres n'a jamais débarqué dans le Japon riche parce que l'État japonais s'est organisé pour qu'il en soit ainsi. Aux États-Unis, depuis l'arrivée de Trump, l'immigration venue du Mexique s'est beaucoup réduite. 

Emmanuel Macron et les dirigeants de l'Europe répètent que chaque nation ne peut rien faire seule et que la question migratoire ne pourra être résolue qu'ensemble. C'est exactement l'inverse. Ensemble, les Européens ont prouvé qu'ils ne font rien. Les États qui l'ont décidé ont bloqué toutes les routes migratoires - la Hongrie en est le meilleur exemple. Et la Pologne montre qu'il est possible d'accueillir une immigration choisie: ils ont accepté des Ukrainiens et refusé les musulmans. Un pays peut s'inquiéter de la révolution «populiste» italienne: c'est l'Espagne.

Qui va remplacer Lampedusa? Cadix? Malaga?


Eric Zemmour
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France, 2019.