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dimanche 15 juin 2014

De François Hollande aux visites de sex-shops


- De partout, on nous serine que l'UMP est au bord de l'implosion et de la banqueroute, ce que je veux bien croire. On nous dit même que l'UMP n'aurait plus QUE 150 000 militants à jour de leur cotisation. Soit aussi. Mais pourquoi faut-il aller lire le presse régionale pour apprendre que le PS a radié, faute de cotisations payées, en deux ans, 25 000 de ses militants soit environ 10% de ses adhérents et que selon Stéphane Bretout, responsable des adhésions au bureau national du PS, cette désaffection est due au "déçus de la politique gouvernementale menée depuis deux ans".

- Président, co-Prince d’Andorre, a parlé à propos de la grève des cheminots. Il a dit: "Il y a un moment où il faut savoir arrêter un mouvement et être conscient des intérêts de tous; à un moment c'est le travail qui doit reprendre". Pour un peu, on dirait du Sarkozy... Valls, premier ministre du co-Prince d’Andorre, a sur le même sujet déclaré: "La grève pénalise beaucoup d'usagers, il n'y a aucune raison qu'elle se poursuive et doit s'arrêter". Michel Sapin, ne cherchant sans doute pas à apaiser les tensions, a dit ce matin: "Il n'y a aucune raison d'ajourner la réforme ferroviaire" et d'ajouter: "Ce mouvement de grève n'a aucun sens". Et bien visiblement, ils ont été ni entendus, ni craints; les quelques 17% de grévistes ont décidé de poursuivre la grève lundi, premier jour des épreuves du baccalauréat. Le pouvoir aurait-il un léger problème d'autorité ... Si j'étais cheminot gréviste (pléonasme?), je me souviendrais de l'exemple donné par les Bonnets rouges et ne songerait pas à un instant à cesser le mouvement. Aux dernières estimations , cette grève coûte, au bas mot, 20 millions d'euros par jour à la SNCF. 

- Tiens, voici que Edwy Plenel et Mediapart ont des éclairs de lucidité: "De la nomination à l’Elysée d’une conseillère économique ultralibérale à la proposition en Défenseur des droits d’un grognard chiraquien, sans oublier une surdité sociale face aux intermittents et aux cheminots, la semaine écoulée confirme qu’avec un tel président de la République le pouvoir socialiste n’a pas besoin d’ennemis pour trébucher. Car le chemin de François Hollande n’est pas seulement à rebours de tous ses engagements. Il est aussi devenu illisible et incompréhensible, y compris pour les siens". 

- A propos de Président, quelqu'un lui a-t-il dit qu'il se passait quelque chose de très grave en Irak ? Parce que sur le sujet, on attend toujours, avec angoisse, de savoir ce qu'il en pense et ce qu'il compte faire. C'est vrai cependant qu'il ne doit pas être simple de critiquer ceux qui mettent le bronx en Irak après avoir soutenu les mêmes en Syrie... 

- En Suisse, ils sont terriblement embarrassés par une économie qui se porte à merveille: Le chômage atteint le seuil, estimé incompressible, de 3%. Avec si peu de chômeurs, il devient difficile pour les entreprises de virer les salariés incompétents. Sauf à oublier la votation de février dernier qui a interdit "l'immigration de masse", en particulier celle des travailleurs frontaliers. 

- Pour protester contre la montée du FN, Benjamin Biolay a ressorti le Chant des Partisans, "imaginant probablement le retour de la Waffen SS, des déportations, du couvre-feu et des cartes de rationnement". Excellent article du Figaro sur ces chanteurs qui, moyennant tout de même pépètes et royalties, en ont après le FN. A lire ICI

- La coupe du monde de football a donc commencé. Tout le monde est content et s'accorde pour dire que la nouvelle équipe de France est merveilleuse avant même que celle-ci n'ait joué le moindre match. J'ose espérer que cette bienveillance durera si d'aventure les Bleus ne gagnait pas ce soir. 

- Heureusement que l'on n'agit pas avec les humains comme avec les arbres. Sur les 12 pommiers que j'ai dans le jardin, 5 sont malades, incurables et possiblement contagieux, ils seront abattus demain. 

- A partir de mardi 17 juin, l'Association AIDES organise sa quinzaine des sexualités à grand renforts de publicité et de subventions. Au programme, une exposition dite décalée, surprenante et tout public intitulée:" le trou du cul pour les enculé-e-s", des ateliers pour "les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes" (HSH), un apéritif: " l'amour selon Saint jean", une journée sur "la santé sexuelle des femmes africaines", un autre atelier: " Le Fist pour les nuls" et enfin, "un parcours érotique dans Pigalle" avec visites organisées de sex-shops... Vous l'aurez compris, semaine prochaine, c'est sexe à donf à Paris ! Çà ou le foot, après tout... 

Voilà, c'est tout pour le moment, bonne soirée à tous, même en Socialie! 

Folie passagère 2330.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

dimanche 16 février 2014

Les Suisses ont mis le brin dans l'Union


Après la votation qui préfigure une fermeture de la Suisse aux travailleurs étrangers, les réactions se multiplient avec ou sans diplomatie. Parce que présenté comme une atteinte à la libre circulation des personnes en Europe, malgré les accords passés par le passé entre l UE et la Suisse, le résultat du vote inquiètent nos z'élites européennes qui n'ont pas de mots assez forts pour condamner la confédération helvétique.

Pour Cohn-Bendit: "Il faut faire un exemple". Pour Viviane Reding: " La Suisse ne peut pas se réserver la meilleure part du gâteau". Pour le chef du Parti Populaire Européen, Joseph Daul (conservateurs): "il n'y a pas de place pour la négociation, car les règles ne peuvent être changées unilatéralement. La Suisse doit accepter et garantir la libre circulation de tous les citoyens de l'UE". Pour Angela Merkel: "La liberté de circulation est pour nous un bien de haute valeur", sous-entendu cela ne l'est pas pour les Suisses. Pour Fabius (PS): "Il faut revoir nos relations avec la Suisse. La Suisse toute seule ne représente pas une puissance économique considérable", demandant même que "le couperet tombe", faisant ainsi allusion à la clause guillotine qui veut que si la Suisse renonce unilatéralement à un accord passé avec l'UE, tous les autres accords sont annulés. Etc... je pourrais vous en recopier des dizaines...

Première constatation amusante, qu'ils soient de droite ou de gauche, ils entonnent tous le même refrain: Ou la Suisse revient dans le droit chemin ou bien les sanctions tomberont. Droite et gauche, même combat ? De quoi donner de l'eau au moulin des frontistes européens.

Deuxième constatation, cette pluie de condamnation occulte, intentionnellement je suppose, le fait que ce n'est pas la Suisse d'hier, celle qui a signé les accords, qui a voté dimanche dernier, mais bien le peuple d'aujourd'hui. Un peuple a choisi, le gouvernement confédéral se plie à la volonté du peuple. On comprend que les z'élites européennes désapprouvent: Un gouvernement qui satisfait aux exigences de sa population, à Bruxelles et dans les gouvernements nationaux, on avait oublié que cela fut possible. On imagine que tous les partis politiques anti-européens en feront un de leurs arguments lors de la campagne à venir.

Troisième constatation, ces condamnations multiples sont trop bien orchestrées, trop nombreuses et trop spontanées pour ne pas trahir la véritable inquiétude qui a saisi nos z'élites. Les Suisses, quand bien même ne sont-ils pas membres à part entière de l'UE, ont prouvé à toutes les populations de l'Union qu'il était possible de revenir sur des accords passés et que la libre circulation des biens et des personnes n'était pas une fin en soi. A un mois des élections européennes, ça fait plutôt désordre. La marche en avant de l'Europe compromise par un pays... non-membre. De quoi encourager les populations membres à réfléchir: Oui, on peut revenir en arrière, ou plus positivement, choisir une autre voie.

Quatrième constatation, on doit se demander, à l'avenir, si l'UE doit continuer à passer des accords avec des pays non-membres, pays qui pourront à l'aune d'un changement de majorité ou d'un référendum balayer d'un revers d'urne les dits-accords. Que l'UE s'occupe déjà de ses moutons pour l'instant dociles !

Cinquième constatation, une interrogation en fait, et pas la plus agréable, l'UE et les gouvernements qui la composent ne vont-ils pas être tentés de brider plus encore les souverainetés nationales en renonçant définitivement à toutes consultations populaires ? Il ne faudrait tout de même pas que les peuples, s'inspirant de la votation suisse, viennent contrecarrer les desseins de la Commission. Bref, la tentation est grande d'ériger Bruxelles comme seul décisionnaire de notre avenir; en admettant que cela ne soit pas déjà le cas... De quoi abreuver les partisans d'un fédéralisme à tous crins. De quoi inquiéter les souverainistes de tous bords.

Nous le voyons, le coup de canif que les Suisses ont donné dans le contrat avec l'Union a des conséquences qui vont bien au delà de leurs propres frontières. Ont-ils eu raison? Nous verrons. ce qui est sûr, c'est qu'ils ont montré non pas l'exemple mais un exemple: On ne peut impunément aller contre la volonté des peuples, un jour ou l'autre ça se paye et pas uniquement sur le plan national.

Tenez, au fait, c'est quand la dernière fois que l'on vous a demandé directement votre avis sur un projet majeur européen ? Moi, je ne sais plus, ça remonte a tellement loin...

Et que l'on vienne pas me dire que les élections européennes sont là justement pour élire des gens qui me représenterons. Nous l'avons vu plus haut, droite et gauche, pour l'Europe, même combat !

Folie passagère 2143.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

lundi 10 février 2014

Bravo les Suisses ! Ça fait rêver ... Référendum ! Référendum !


La Suisse a donc voté contre l'immigration massive. Est-ce bien ? Est-ce mal ? Une bonne idée ? A vrai dire, je ne sais pas trop. Par ce vote, les Suisses disent avant tout non à l'immigration de masse en provenance... des pays européens puisque la grande majorité des migrants permanents, temporaires ou frontaliers provient des pays membres de l'UE. Mais ce faisant, les Suisses disent aussi non a toute immigration non contrôlée venant de pays hors UE.

Le résultats fait sensation. Certains crient au populisme, d'autres au droit de choisir avec qui on veut vivre et travailler, d'autres encore disent bravo les Suisses !

Et moi je dis que je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée compte tenu du faible taux de  chômage dans le pays et du déficit chronique que la Suisse connait en main d'oeuvre qualifiée pour certaines professions: Santé, finances, services à la personne, informatique, commerce international etc...  Lorsque l'entreprise française pour laquelle je travaillais s'est installée en Suisse, à Genève, elle rechercha dans un premier temps à recruter localement: acheteurs, négociateurs internationaux, juristes, contrôleur de gestion... Après 6 mois de recherche intensive, l'entreprise recruta deux secrétaires de direction suisses, 1 contrôleur de gestion suisse et... les 40 autres personnes furent mutées de France ou de Bruxelles, impossible qu'il était de recruter sur place. 

Avec qui feront-ils tourner leur économie s'ils en venaient à instaurer des quotas trop contraignant ? Mystère. Bon ceci dit, no panic, l'Etat suisse a trois ans pour mettre en conformité la législation du pays avec le résultat de cette votation. D'ici là, il leur faudra résister aux pressions de l'Union Européenne et du marché... Nous verrons.

Non, la seule chose qui retient mon attention, c'est que les Suisses ont quand même une sacrée bonne idée de la démocratie. Là-bas, on n'hésite pas à faire appel au peuple pour prendre les bonnes - ou les mauvaises - décisions. Ainsi en 2014, deux votations, assimilables à des référendum, sont organisées. Celle d'hier amenait les Suisses à se positionner sur l'immigration mais aussi sur l’aménagement ferroviaire du pays ou sur la poursuite du remboursement par la sécu de l'avortement ! La prochaine votation en mai les positionnera sur les soins médicaux, la pédophilie, les salaires minimum ou ... l'achat de l'avion militaire Gripen!

Alors certes, en France, notre système est différent et nous admettons déléguer nos pouvoirs à des représentants (députés et sénateurs) pour une période théorique de 5 ans ou .6 ans Entre les deux ? Rien ne donne véritablement la parole au peuple sur les grands sujets en particuliers sociétaux. De mémoire, la précédente réforme de la Constitution prévoyait de rendre plus facile les référendums d’initiative populaire; dans les faits, c'est terriblement compliqué. Aucun référendum ne s'est tenu depuis cette réforme. Le président pourrait en organiser, encore faudrait-il que sa popularité le conforte dans la décision d'en tenir un...

Le mariage pour tous aurait du être une décision référendaire, comme à mon sens tous les grandes réformes sociétales. Sauf que chez nous, la classe politique, une fois aux affaires, est incapable de prendre la mesure de la volonté populaire tant elle est déconnectée du réel. Il parait qu'un climat de défiance maximum s'est installé entre le peuple et la classe politique ? Faire appel au référendum sur certains sujets ne serait-il pas une bonne manière de nous rabibocher ? Sans  aucun doute.

Encore faudrait-il que Président ose...  Et encore faudra-t-il que nos politiques acceptent de se plier aux résultats...

Folie passagère 2131.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

lundi 4 mars 2013

Referendum, votation citoyenne, droit de veto: Bravo les Suisses !

Que les Suisses sont des gens curieux. Je le sais, j'ai bossé à Genève quelques années. Là-bas, tout est beau, tout est propre... à condition de ne pas trop regarder sous les tapis. Mais bon, à part cela, la Suisse est une belle démocratie. Ils ont un truc très chouette: cela s'appelle la votation citoyenne ou en Français de par chez nous, le referendum d'initiative populaire, parfois populiste. Ils ont une tellement haute opinion de la démocratie, les Suisses, qu'ils ont même instauré, comme les Italiens ou les Californiens, le droit de veto à opposer à une loi déjà adoptée par le parlement.

Ainsi, ce week-end, ont-ils voté pour qu'une loi vienne dorénavant réglementer la rémunération des patrons des entreprises cotées. Que les gros salaires lèvent le doigt, qu'on leur coupe ! Et donc, 68% des Suisses ont décidé que oui, il fallait punir les patrons qui gagnent trop, redonner du pouvoir aux assemblées d'actionnaires, réélire chaque année les membres du Conseil d'administration et valider l'enveloppe globale des rémunérations de l'équipe dirigeante et du dit-conseil. Sanction pénales lourdes pour les vilains patrons qui ne respecteront pas ce processus.

Que c'est beau mais que c'est con ! La nouvelle loi, pas le processus, voulais-je dire. Au moins ont-ils la possibilité de s'exprimer, hors les grands scrutins nationaux, eux ! Notre premier sinistre, Jean-Marc Ayrault, ne s'y est pas trompé jugeant que cette loi adoptée par le système de votation citoyenne était " une excellente expérience démocratique où les Suisses montrent la voie et personnellement je pense qu'il faut s'en inspirer. "

Signalons donc à Ayrault que ce qui est bon pour les Suisses peut éventuellement être bon pour nous. Je parle bien sûr du système de votation. Il suffit pour pouvoir adopter un projet de loi que celui-ci soit présenté aux électeurs après avoir rassemblé, par pétition, 100 000 signatures. Une fois la pétition signée, le projet de loi est soumis aux électeurs, ils n'ont plus qu'à voter. Simple et démocratique ! Le peuple est content et le pays avance...

Nous, en France, patrie des Lumières, des Droits de l'Homme et donneuse de leçons, c'est différent. Lorsque, par exemple, un collectif rassemble 700 000 signatures pour dire non à un projet de loi, il va déposer ensuite cette pétition au CESE, 3ème assemblée de la République et celui-ci, après avoir pris ses ordres du gouvernement, enterre cette pétition: Coucher, pas bouger !

Le peuple français, on fait appel à lui de temps en temps, on le gave de promesses démagogiques et/ou intenables et roule ma poule: Elections valent quitus et blanc-seing donnés à des branquignols qui, une fois élus, se permettront de faire tout mais aussi n'importe quoi !

Alors, admettons et partons du principe que Ayrault est un homme d'engagement qui ne parle pas pour ne rien dire et puisqu'il juge excellente cette expérience démocratique suisse, chiche, allons-y et mettons cela en place ici.

( note: à lire, referendum d'initiative populaire, droit de veto " populaire ", ici )

Folie passagère 1603.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.