Affichage des articles dont le libellé est gare du Nord. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est gare du Nord. Afficher tous les articles

samedi 22 avril 2017

Les aventures de Corto à la gare du Nord...

Quand je prends le train de banlieue, je suis sûr et certain que j'aurais quelque chose à raconter en rentrant.

Revenant d'un sympathique déjeuner entre blogueurs, j'arrive donc gare du Nord et tout de suite je sens qu'un truc bizarre a du ou est en train de se produire. L'ambiance est inhabituelle. Côté grandes lignes, je vois plusieurs valises par terre sans personne autour. Au loin, un bruit bizarre, de l'agitation, des cris. Je vois des flics courir, quelques uns l'arme au poing. Mais que se passe-t-il donc ? Hélas rien que du désormais presque habituel: un divers à la peau pas franchement blanche, à la différence de la calotte qu'il portait sur la tête, a voulu, armé d'un grand couteau, s'attaquer aux gendarmes et policiers qui vadrouillaient. Plus de peur que de mal: Le mec a été séché par terre par la police qui hélas n'a pas eu l'opportunité de le zigouiller. Après quoi, ils l'ont emmené au poste. Fin de l'histoire... quelques images et un petit film...

 



Bref... me voici pouvant enfin prendre mon train de retour direction Persan-Beaumont. Comme d'habitude, il est bondé. J'ai la chance néanmoins de trouver une place assise. Je m'y pose donc. Le train part. Je m'aperçois au bout de cinq bonnes minutes que debout, à côté de moi, dans le couloir, se tient un couple. La trentaine environ et visiblement amoureux. Elle est voilée, lui barbu. Je réalise que la jeune femme est enceinte jusqu'au cou. Vu la grosseur de son ventre, je me demande même comment je n'ai pas pu le voir plus tôt... N'écoutant que mon grand cœur et parce qu'on m'a inculqué quelques règles élémentaires de savoir-vivre, avec un beau sourire, je me lève et propose à la femme de prendre ma place. Elle me rend la politesse en me faisant elle aussi un joli sourire, sourire limité néanmoins à l'espace que son voile autorisait. Elle s'adresse alors à son barbu et lui dit rapidement quelques mots en arabe, du moins le supposais-je. 

Et là, je vous le donne en mille... C'est le barbu qui va s’asseoir à ma place ! 

Passé un bref instant de surprise et rassemblant tout mon courage (on ne sait jamais, des événements récents me laissent à penser que ces gens-là ont parfois des couteaux avec eux), je m'adresse au barbu et lui fait remarquer poliment mais fermement (à ce moment là, j'ai bombé le torse et me suis bien redressé afin de paraître plus costaud) que c'est à la dame, parce qu'elle était enceinte, que je cédais ma place et non à lui puisqu'il semblait en pleine forme. Et bien vous le croirez peut-être pas mais il a fallu palabrer un moment pour obtenir gain de cause. 

Gain de cause que j'ai obtenu puisque le barbu a finalement accepté de se lever et de me rendre ma place... puisqu'il était arrivé à sa destination ! 

Nous nous sommes donc quittés, naturellement sans un au revoir; lui se contentant de m'adresser des borborygmes dont je ne doute pas un instant qu'ils étaient sympathiques. Inutile de vous dire que tout aussi naturellement, personne n'a bronché mais que tout le monde a tourné les yeux ailleurs... 

Quelle aventure, n'est-il pas... 

Ce monde part en couilles, je vous le dis ! 

Sur ce bonne soirée, même, et encore pour quelques jours, en Socialie...


Folie passagère 3519
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

vendredi 17 février 2017

Discussion à Théo rompu


Hier, sur le coloré parvis de la gare du Nord, je fus accosté par un charmant jeune homme desouche. Il avait un tract à me donner: un tract pour aller faire le guignol samedi à Paris pour soutenir Théo !

- Viendez soutenir Théo, qu'il me dit en me tendant son tract.

Je le pris, le tract, pas le jeune homme, le lus et éclatais de rire. Moi, voyez-vous, un truc qui est signé du SNES-Fsu, du Cran, du Mrap, de la CGT et de SOS Racisme, ça m'éclate. Le jeune homme me demande pourquoi je ris. Je lui réponds: Non mais vous y croyez aux conneries écrites là-dessus ?: " Lorsque les agents ayant autorité outrepassent leurs droits et violent ceux des autres, ils menacent le pacte républicain. Il est temps d'y porter un coup d'arrêt, c'est l'ordre public qui est mis en cause. (...) C'est pour ça que nous appelons tous ceux qui ont à cœur les valeurs d'humanité et blablabla, vivre-ensemble  et joie de la diversité, à participer au rassemblement unitaire de solidarité et de protestations en soutien à Théo et contre les violences policières, blablabla, non au racisme ! "

- Et le gars de me répondre: ben oui, c'est trop grave ce qui se passe [Et là, je le sentais venir gros comme une maison], la police assassine impunément, en France !
- Ben mon colon, avoir à tout casser 25 ans et être aussi lobotomisé, c'est pas permis, lui répondis-je.
- Ah, parce que vous vous en foutez que la police commettent des exactions ? me rétorqua-t-il.
- C'est pas que je m'en fous, je m'en contrefous, perso, je n'ai jamais cherché de noises à la police et en retour, elle ne m'a jamais fait chier. Tu respectes les règles, tu marches droit, t'as pas de problème. Je peux vous demander où vous habitez (son allure bien mise m'interpellait)  ?
- En quoi ça vous regarde ?
- C'est juste pour savoir, comme ça.
- à Marly le Roi !

Et me voilà repartir à rire de plus belle !

- A Marly-le-Roi, c'est sympa comme ville, j'aime bien, y a de belles fontaines, c'est vert et un restaurant extra, je ne me souviens plus du nom...
- Ah, oui, Les Chevaux de Marly, qu'il me répond du tac au tac !

Les Chevaux de Marly, c'est Le gastro de Marly, pas de bon repas à moins de 150 euros ! J'y suis allé une fois, il y a 4 ou 5 ans...

- Oui, c'est ça, on y mange super bien, t'y as déjà été ? lui demandais-je.
- Ouais, une fois ou deux, avec mes parents...

C'est seulement là que le gars a commencé à comprendre qu'il était sur un terrain glissant...

- Faudrait que tu demandes à tes parents d'y inviter Théo, ce serait sympa en guise de soutien, lui montrer que le monde ne s'arrête pas à Aulnay et à un coup de matraque mal ajusté, quoi !

Le gars essaie de se ressaisir...

- Non mais c'est pas là le problème, c'est à Aulnay, le problème, avec la police. Et le racisme, et l'antisémitisme.
- Qu'est-ce que vient faire l'antisémitisme dans cette histoire de Théo ?
- C'est pareil, c'est comme le racisme.
- Au fait, lui dis-je, pourquoi  vous distribuez ça ici et pas à Marly ?
- Parce qu'ici, y a la clientèle pour, qu'il me répond.

Et moi de me marrer encore plus...

- Alors me dit-il, un brin perdu, vous viendrez au rassemblement ?
- Ben oui, si tu veux mais à une condition, c'est que d'abord on aille rendre une visite de soutien et de solidarité aux flics de Viry, tu sais ceux qui se sont fait cramer dans leur bagnole de service, t 'es ok ?

Un blanc... si j'ose dire en ce lieu...

- C'est pas pareil, Théo, les flics qui sont au service de l'ordre et de la population, lui ont mis une matraque dans le cul
- Ah oui, quand même, effectivement, cépapareil... C'est  vrai, c'est pas pareil, entre une matraque dans le cul et être quasi brûlé vif, en grande partie défiguré pour l'un, le choix est vite fait, moi, je prends la matraque ! Alors, on va les voir, leur dire bonjour aux flics ?

C'est à ce moment précis que ce jeune homme aussi charmant que con m'a sorti son arme fatale avant de faire demi-tour et de partir distribuer ses tracts à cette clientèle choisie:

- Pauvre con !

Et voilà, fin de la blague.  Une petite tranche de vie, moins de cinq minutes de conversation relatée de mémoire... On se marre bien sur le parvis de la gare du Nord.

- Il y a quelques jours, un collectif d'artistes a fait paraître une tribune en Une de Libération: Soutien à Théo. Parmi ces artistes, un certain Patrick Bruel condamné récemment à 10 000 euros d'amende pour... outrages et blessures sur agent dépositaire de l'autorité. On se marre.


- Heureusement, pour résoudre cette crise " Théo ", nous avons Thomas Guénolé, auto-désigné politologue. Celui-ci a LA solution: qu'il soit strictement interdit, sous peine de révocation, aux policiers de contrôler les personnes ne troublant pas l'ordre public. Et d'ajouter: " A cela s’ajoute une exigence extrêmement claire et répétée, venue des quartiers populaires eux-mêmes. Cette exigence, c’est la justice. Il faut que le centre-ville comprenne que la banlieue a désormais sa propre société civile." Sa propre société civile...

Sur le parvis de la gare du Nord, ils sont des dizaines, issus de la diversité. Ils sont seul, par groupe de deux ou trois, jamais agressifs, ont tous de beaux smartphones et aucun ne trouble l'ordre public. Aucun. Par contre, pour qui ouvre l’œil, c'est une des places to be si vous voulez acheter herbe, cocaïne, crack, ecstasy et autres substances illicites, sans compter les (très) jeunes yougos qui, pour quelques euros, vous vendent leurs culs... Et pourtant, ils ne troublent pas l'ordre public... alors, autant ne pas les contrôler, n'est-ce pas ?

Folie passagère 3456
Résultat de recherche d'images pour "théo"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr


Et n'oubliez pas d'apporter votre contribution... Cinq ans d'Hollande, ça se fête !

dimanche 18 décembre 2016

Le Grand Remplacement en 43 ans et 20 centimètres




Cela fait quarante trois ans que j'utilise régulièrement cette ligne de train, train de banlieue parisienne, ligne H. Elle va de Paris-Nord à Persan-Beaumont, via Montsoult ou via Valmondois. Et hier encore, je l'ai emprunté, via Montsoult ayant laissé ma voiture au parking de cette gare.

Les premières fois que je l'empruntais, c'était en 1973, j'avais dix ans, un temps où des parents pouvaient laisser raisonnablement leur gamin prendre seul le train. Nous habitions à la hauteur du 9ème centimètre et je faisais deux allers-retours par semaine pour aller à l'école à Paris où j'étais en semi-internat. A l'époque, c'était les bons vieux trains de couleur verte, les banquettes étaient encore en bois. Les gens étaient tous des habitués, si habitués que la plupart s'étaient attribués des places qu'il convenait de ne pas s'approprier. Des groupes se formaient, les uns discutaient, d'autres jouaient aux cartes, on pouvait fumer sans que personne ne se plaigne, on y lisait le journal ou on révisait ses cours avant d'aller en classe. La vérité si je mens, je me souviens même avoir vu un groupe se faire des crêpes sur un petit réchaud Bleuet à la chandeleur. L'ambiance était généralement conviviale sauf les jours de grève; il n'y avait pas alors de service minimum, ces jours-là, dans les rares trains circulant, c'était une infernale cohue, tous debout serrés, pire que dans le métro aux heures de pointe: l'horreur. 

La gare du Nord, large d'une centaine de mètres, porte d'entrée sur la France et la capitale pour des centaines de milliers de banlieusards et de touristes du nord de l'Europe était vieillotte et secure. Il y avait une trentaine de voies. Aujourd'hui, elle a doublé de surface tant en largeur qu'en profondeur, comporte 45 voies et deux cent dix millions de personnes s'y bousculent chaque année. Le nouveau commissariat de police fait 300m² quand l'ancien faisait à peine 80m² et pas moins de 600 caméras de surveillance ont été installées.

Quarante trois ans plus tard donc, les vieux trains verts et leurs successeurs, les " vieux gris ", ont été remplacés par des " Bombardier " avec écrans télé, éclairage d'ambiance et caméras de surveillance. 

J'habitais au 18ème centimètre lorsque ado j'allais au sympathique collège sans nom de Persan, collège dont 98% des élèves étaient de souche, il s'appelle maintenant collège Georges Brassens et j'aurai vendu père et mère pour ne pas avoir à y envoyer mes enfants, si enfants j'avais eu. J'habite maintenant à la hauteur du 17ème centimètre.

Si aujourd'hui, le billet aller-retour Paris coûte 15 euros, il était d'environ 15 francs lorsque nous nous installâmes en 1976 à hauteur du 18ème. Avec 40 francs, je pouvais, avec les copains, prendre le train, passer une excellente journée à la capitale, sandwich grec ( on ne disait pas kebab à cette époque ) boulevard St Michel et ciné compris.  

Aujourd'hui, finie la bonne ambiance, les gens ne se connaissent plus, ne serait-ce que de vue, ne se parlent plus, ne lisent quasiment plus; la grande majorité ont les yeux rivés sur leur smartphone ou écoutent de la musique, casques greffés sur les oreilles et l'on s'assoit là où il y a de la place. On se regarde en chien de faïence. On se défie parfois ou l'on s'évite.

En 1973, au 9ème centimètre et avant, nous étions en terre de  France; la France telle que la décrivait De Gaulle, repris par Nadine Morano bien des années plus tard, il fallait attendre le 4ème, voire le 3ème, que le train passe dans le 9-3 pour que sa population se diversifie. Quelques personnes d'origine maghrébine montaient à Epinay-Villetaneuse ou à La Barre-Ormesson et lorsqu'un black entrait on ne voyait que lui tellement c'était pittoresque presque extravagant pour nous, de souche. Et petit à petit, au fur et à mesure que les années s'enfilèrent les unes aux autres, c'est au sixième, au huitième, au neuvième centimètre que la population d'origine étrangère était de plus en plus nombreuse. Progressivement, la ligne H changeait, la tendance s'inversait au fur à mesure que l'on s'éloignait de Paris; de blanche au début des 70's, sa population devenait majoritairement d'origine étrangère. Cette partie de la banlieue parisienne mutait inexorablement. Voir des blacks n'a plus rien d'étonnant, on ne voit que ça.

Hier, samedi, revenant de Paris, je pris le train de 16h34 pour Persan-Beaumont via Montsoult. Impressionnant, suffisamment en tout cas pour que j'en fasse un billet, Il me faudra attendre d'arriver à mon domicile pour me sentir... en terre de France.

Sur la ligne H, le Grand Remplacement s'est fait progressivement, inexorablement, indubitablement. Le temps a fait son oeuvre.

Folie passagère 3391.
Résultat de recherche d'images pour "escalators de la gare du nord"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

France, 2019.