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lundi 9 avril 2018

Ça sent pas bon tout ça...


Vous suivez les actualités en ce moment ? Vous arrivez à vous y retrouver ? Compliqué n'est-ce pas... Moi j'ai du mal. Tenez les réformes macroniennes, êtes-vous capables de citer toutes celles qui sont en cours ? Difficile. La santé, les Ephad, la SNCF, le droit d'asile, les institutions et je suis sûr que j'en oublie. Et les mouvements sociaux ? Les étudiants, les cheminots, les avocats, les infirmières, les éboueurs, les retraités... Y a un tel bordel dans ce pays qu'une vache n'y retrouverait pas ses petits. Bon, faut dire que les médias ne font pas grand chose pour nous éclairer parce qu'à part nous causer des grèves de trains et depuis ce matin, en boucle, de l'évacuation de la ZAD de NDDL, y pas grand chose au menu et il faut fouiller soi-même sur internet pour essayer de s'y retrouver.

Tenez, à Munster, on nous a dit, non, on nous a rabâché que le gars avait des problèmes psychologiques - ce qui ne peut pas être faux quand on décide de foncer en camionnette dans une brasserie -  et des tendances suicidaires. Soit la chose, on vous le dit, donc vous devez le croire. Sauf qu'une fois l'émotion passée et que l'actualité relègue cet "incident" en dernière page, on découvre que celui qu'on nous avait présenté comme un Allemand était en fait un citoyen allemand d'origine kurde et de confession musulmane et que chez lui, les keufs ont retrouvé une Kalach et des explosifs; ce qui accréditerait la thèse nauséabonde selon laquelle nous aurions eu droit à un énième attentat à la voiture bélier et non à l'acte fou d'un fou. N'affolons pas les foules...

La réforme de la SNCF... Quelle réforme ? Tout juste une réformette que cégétistes et autres syndicalistes montent en épingle au nom de la préservation de leurs acquis et d'une pseudo défense du service public, service qu'ils ne cessent de torpiller depuis des années, service qu'ils ne sont même pas foutus d'assumer puisqu'en grève tous les 4 matins. Le statut ? Oui, il sera supprimé puisque tous les nouveaux entrants n'y auront pas droit; mais supprimé définitivement vers 2050 quand tous les bénéficiaires actuels seront soit à la retraite soit boufferont les pissenlits par la racine. Me font penser à ces jeunes lycéens qui dès 16 ou 17 ans manifestent parce qu'ils s'inquiètent pour leur retraite. Est-ce que je m'inquiétais pour la mienne quand j'avais 16 ans ? La dette de 50 milliards ? Mais on s'en fout de la dette de la SNCF, tout le monde s'en fout, il y en a même qui s'enrichissent grâce à elle; 50 milliards, c'est quoi ? C'est rien quand le pays en a déjà plus de 2 200 milliards au compteur et puis, au bout du bout, c'est qui qui va payer si tant est qu'on ait à rembourser ? C'est vous, c'est moi, c'est nous. Et qui c'est qu'on met à la manœuvre pour réformer ? Dame Borne, celle-là même qui fut responsable de la stratégie de la SNCF pendant 5 ans à 50 000 euros de salaire mensuel. On croît rêver et on s'en fout, ça passe.

Les étudiants? Une poignée de pouilleux d'extrême-gauche mâtinés de France Insoumise - on parle d'à peine 250 charlots à Tolbiac - bloquent trois facs et l'Etat régalien demande aux recteurs de ne pas recourir à la police de peur que Paris ou Le Mirail s'enflamment comme en 68. Ben, z'ont raison, les pouilleux, puisqu'on les laisse mettre le bordel, ils auraient tort de ne pas se vautrer dans la fange qu'ils semblent si bien apprécier.

Fange, disais-je, et autres pouilleux ? L'Etat envoie 2 500 gendarmes pour expulser deux cents à trois cents gusses. A mourir de rire pour ne pas pleurer. Toutes les précautions ont été prises, les expulsables ont été prévenus à l'avance et, tenez-vous bien, seront relogés (à vos frais), pas question de laisser des gens à la rue qu'il a dit le Collomb. Un Etat craintif redoutant qu'on nous fasse une deuxième Rémi Fraisse. Mais on s'en fout de Rémi Fraisse, tu joues avec le feu et avec la police, faut assumer, y compris le risque de s'en prendre une dans la tronche.

Et pendant ce temps-là, les personnels hospitaliers peuvent suer le burnous, on s'en branle, 8 500 guichets de la Poste sont fermés aujourd'hui pour cause de panne informatique, on s'en branle. 15 000 fichés "S" sont dans la nature, on s'en branle. Vincent Lambert devrait être euthanasié dans dix jours mais on s'en branle.

Le Yémen est bombardé sans relâche par les Saoudiens, on s'en branle pendant que Macron reçoit le prince Saoudien. On préfère accuser, sans preuve, le régime syrien d'une nouvelle attaque chimique sur les rebelles. Et tout le monde d'oublier que celle de 2013 n'a jamais pu être imputée au régime de Damas... faute de preuves.

Hier, tous nos médias nous disaient que la victoire de Viktor Orban n'était pas acquise, il est réélu triomphalement et pas un mot ce matin entre 8h30 et 11h00 sur CNews et BFM. J'vais peut-être bien me mettre à apprendre le Hongrois, un gars qui dit niet à la politique migratoire de Bruxelles, ça me plaît bien.

Tiens, et Macron, il devient quoi ? A part faire du tennis au Touquet, déjeuner avec le peintre Soulages et recevoir en grande pompe Mohamed ? Il va causer à la télé, monopoliser les antennes pendant pas moins de trois heurs en moins d'une semaine: 1 heure chez Pernaud jeudi et deux heures sur BFM/RMC avec en interviewer-guest, dimanche prochain, l'odieux Edwy Plenel. Oui, oui, Edwy Plenel...

Non mais c'est quoi ce souk ? Un pays à vau l'eau, des jours de grèves à répétition, des clients usagers des transports publics traités comme du bétail, des facs bloquées, une contestation quasi générale, des velléités de nous rejouer 68, une autorité régalienne qui recule sans cesse, toujours autant de chômeurs dont on ne parle plus, toujours autant de migrants dont on préfère ne pas parler et l'autre Jupiter va répondre aux questions d'un islamo-gauchiste de première bourre. Non mais allo, quoi ?

El la droite dans tout ça, elle fait quoi ? Elle se branle.

Ça sent pas bon tout ça, ça sent pas bon...

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

jeudi 8 juin 2017

On resquille, on vigile, on délire et on se fout de nous...


Je resquille, tu resquilles, il resquille... Normal, il ou elle sont blanc-blanc...


Je vigile, tu vigiles, il vigile, on vigile... Normal, ils sont black !


Et prenez ça dans les dents !

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Sans transition... Délire:

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" Et puis nous avons porté Emmanuel Macron à la Présidence de la République et directement il est arrivé au G7. Et les Français s'interrogeaient: à 39 ans, n'est-ce pas un peu jeune pour affronter le monde ? Et bien mes amis, vous avez pu le constater: Non seulement, il a affronté le monde mais il a étonné le monde. Il a révolutionné le monde ! "

Gérard Collomb, Sinistre de l'Intérieur, le 8 juin 2017.

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Sans transition... Foutage de gueule:

" Nous augmenterons les moyens de nos armées afin de les rendre plus efficace sur les théâtres d'opérations et contre le terrorisme. Nos dépenses militaires atteindront 2% du PIB "
Emmanuel Macron, campagne présidentielle 2017


" Malgré une menace terroriste permanente, Bercy envisage d'amputer le budget de l'armée de plus de deux milliards d'euros. Selon La Tribune, Bercy prévoit en effet des coupes franches dans le budget du ministère des Armées cette année. 2,66 milliards d'euros, soit un peu plus de 6 % du budget de l'armée. "

Le Point, La Tribune, Les Echos, Le Figaro, Libération,... le 8 juin 2017


Moi, je vous le dis, ce pays part en couilles vrille...

Folie passagère 3355
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

dimanche 18 décembre 2016

Le Grand Remplacement en 43 ans et 20 centimètres




Cela fait quarante trois ans que j'utilise régulièrement cette ligne de train, train de banlieue parisienne, ligne H. Elle va de Paris-Nord à Persan-Beaumont, via Montsoult ou via Valmondois. Et hier encore, je l'ai emprunté, via Montsoult ayant laissé ma voiture au parking de cette gare.

Les premières fois que je l'empruntais, c'était en 1973, j'avais dix ans, un temps où des parents pouvaient laisser raisonnablement leur gamin prendre seul le train. Nous habitions à la hauteur du 9ème centimètre et je faisais deux allers-retours par semaine pour aller à l'école à Paris où j'étais en semi-internat. A l'époque, c'était les bons vieux trains de couleur verte, les banquettes étaient encore en bois. Les gens étaient tous des habitués, si habitués que la plupart s'étaient attribués des places qu'il convenait de ne pas s'approprier. Des groupes se formaient, les uns discutaient, d'autres jouaient aux cartes, on pouvait fumer sans que personne ne se plaigne, on y lisait le journal ou on révisait ses cours avant d'aller en classe. La vérité si je mens, je me souviens même avoir vu un groupe se faire des crêpes sur un petit réchaud Bleuet à la chandeleur. L'ambiance était généralement conviviale sauf les jours de grève; il n'y avait pas alors de service minimum, ces jours-là, dans les rares trains circulant, c'était une infernale cohue, tous debout serrés, pire que dans le métro aux heures de pointe: l'horreur. 

La gare du Nord, large d'une centaine de mètres, porte d'entrée sur la France et la capitale pour des centaines de milliers de banlieusards et de touristes du nord de l'Europe était vieillotte et secure. Il y avait une trentaine de voies. Aujourd'hui, elle a doublé de surface tant en largeur qu'en profondeur, comporte 45 voies et deux cent dix millions de personnes s'y bousculent chaque année. Le nouveau commissariat de police fait 300m² quand l'ancien faisait à peine 80m² et pas moins de 600 caméras de surveillance ont été installées.

Quarante trois ans plus tard donc, les vieux trains verts et leurs successeurs, les " vieux gris ", ont été remplacés par des " Bombardier " avec écrans télé, éclairage d'ambiance et caméras de surveillance. 

J'habitais au 18ème centimètre lorsque ado j'allais au sympathique collège sans nom de Persan, collège dont 98% des élèves étaient de souche, il s'appelle maintenant collège Georges Brassens et j'aurai vendu père et mère pour ne pas avoir à y envoyer mes enfants, si enfants j'avais eu. J'habite maintenant à la hauteur du 17ème centimètre.

Si aujourd'hui, le billet aller-retour Paris coûte 15 euros, il était d'environ 15 francs lorsque nous nous installâmes en 1976 à hauteur du 18ème. Avec 40 francs, je pouvais, avec les copains, prendre le train, passer une excellente journée à la capitale, sandwich grec ( on ne disait pas kebab à cette époque ) boulevard St Michel et ciné compris.  

Aujourd'hui, finie la bonne ambiance, les gens ne se connaissent plus, ne serait-ce que de vue, ne se parlent plus, ne lisent quasiment plus; la grande majorité ont les yeux rivés sur leur smartphone ou écoutent de la musique, casques greffés sur les oreilles et l'on s'assoit là où il y a de la place. On se regarde en chien de faïence. On se défie parfois ou l'on s'évite.

En 1973, au 9ème centimètre et avant, nous étions en terre de  France; la France telle que la décrivait De Gaulle, repris par Nadine Morano bien des années plus tard, il fallait attendre le 4ème, voire le 3ème, que le train passe dans le 9-3 pour que sa population se diversifie. Quelques personnes d'origine maghrébine montaient à Epinay-Villetaneuse ou à La Barre-Ormesson et lorsqu'un black entrait on ne voyait que lui tellement c'était pittoresque presque extravagant pour nous, de souche. Et petit à petit, au fur et à mesure que les années s'enfilèrent les unes aux autres, c'est au sixième, au huitième, au neuvième centimètre que la population d'origine étrangère était de plus en plus nombreuse. Progressivement, la ligne H changeait, la tendance s'inversait au fur à mesure que l'on s'éloignait de Paris; de blanche au début des 70's, sa population devenait majoritairement d'origine étrangère. Cette partie de la banlieue parisienne mutait inexorablement. Voir des blacks n'a plus rien d'étonnant, on ne voit que ça.

Hier, samedi, revenant de Paris, je pris le train de 16h34 pour Persan-Beaumont via Montsoult. Impressionnant, suffisamment en tout cas pour que j'en fasse un billet, Il me faudra attendre d'arriver à mon domicile pour me sentir... en terre de France.

Sur la ligne H, le Grand Remplacement s'est fait progressivement, inexorablement, indubitablement. Le temps a fait son oeuvre.

Folie passagère 3391.
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mardi 6 janvier 2015

Ségolène Royal nous prend pour des andouilles...


Sacrée Ségolène ! Quand elle prend la parole, c'est sûr, c'est pour défendre le bon peuple. Alors quand elle clame haut et fort que la SNCF doit renoncer à la hausse de tarif annoncée de 2,6%, " un très mauvais signal ", tout le monde applaudit. Normal, une ministre socialiste qui vient au secours du pouvoir d'achat, c'est peu fréquent en ce moment, alors il faut applaudir !

Son coup de gueule est sympa mais surtout popu voire totalement démago car en fait, il n'est destiné qu'aux gogos qui se repaissent de la bonne parole de la Madone et/ou qui se satisfont du prémâchage informatif dispensé par les médias. Pourquoi ? Parce que Ségolène a oublié de nous dire un truc. Et ce truc, c'est que c'est son propre ministère (dont dépendent les transports et donc la SNCF) qui a validé cette hausse de tarif. Compte tenu de la quasi absence de progression du pouvoir d'achat des Français et du montant de cette hausse, 2,6%, à comparer avec une inflation à 0,3%, il était évident que celle-ci ne passerait pas inaperçue et il est impossible de croire que le petit personnel du Ministère de l'Ecologie (et des transports) ait accédé aux demandes de la SNCF sans que Ségolène Royal en ait été au préalable informée ! Autrement dit, elle et ses équipes ont validé une hausse qu'elle dénonce aujourd'hui. Elle nous prend donc pour des cons mais ça, on le savait.

Et on fait quoi maintenant ? Que peut-elle y faire ? Peut-elle revenir sur une hausse dont elle est à la fois contemptrice et initiatrice ? Il semblerait que non. D'une part parce que la cartouche a été tirée et que tout a été enclenché pour mettre en pratique cette hausse et d'autre part parce que selon l'Unsa-ferroviaire: "Jamais une hausse de tarifs déjà intervenue n'a été remise en question a posteriori ". Okay, mais ça, c'est sans connaître Ségolène qui quand elle dit... elle exige. Alors elle a trouvé deux solutions, non validées pour le moment: Pour compenser la hausse, faire baisser le taux de TVA appliquée au transport ferroviaire et le ramener de 10 à 7% et pourquoi pas à 5,5% soit le taux des produits de première nécessité et tant pis si cela se traduit par un manque à gagner de 300 millions pour l'Etat ! Vous me direz, en période pré-électorale, nos dirigeants ne sont pas à un cadeau près. La deuxième solution: Compenser l'annulation de la hausse par une diminution drastique du nombre de billets à tarif très réduit émis, les fameux tarifs " Prem's"; ce qui reviendrait, in fine, à augmenter les prix du train mais de manière moins visible. Chapeau l'artiste !

Nous le voyons, Ségolène est prête à tout pour se faire mousser et ré-entrer dans le cœur des Français, elle aurait tort de s'en priver si ceux-ci n'y voient goutte (comme avec Ecomouv'). Elle s'est donc indignée d'une hausse de tarif décidée par une administration dont elle a la charge ! Par contre, la coquine, elle n'a pas pris le temps de s'indigner de la hausse de 3% des tarifs du Pass Navigo décidée par le STIF, l'organisme gérant les transports de la région Île de France (bus, métro, RER, trains de banlieues...). Normal me direz-vous, ce n'est pas de son ressort; normal aussi, cette hausse a été décidé par son ami socialiste Jean-Paul Huchon, président du Conseil Régional de l’île de France ! Il faut bien que celui-ci dont la réélection en décembre prochain semble incertaine finance la généralisation du tarif unique à 70 euros du même Pass Navigo promis (lire à ce sujet: Le déshonneur des politiques) pour septembre prochain !

Vous me croyez maintenant quand je vous dis qu'elle nous prend pour des andouilles ? 3% de hausse des tarifs à la SNCF, ce n'est pas bon pour le pouvoir d'achat des Français, 3% de hausse du tarif du Pass Navigo utilisé par des centaines de milliers de Franciliens, elle s'en tape, ce n'est pas son problème, surtout si cela peut aider un copain tout aussi démago.

Alors par pitié, s'il vous plaît, la prochaine fois que Ségolène pousse une gueulante, attendez quelques jours avant d’applaudir. Merci !

Folie passagère 2600.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 22 mai 2014

Trains trop larges: la polémique (stupide) montée de toutes pièces !


Ce qu'il y a de rigolo avec les médias et par ricochets une bonne partie des Français, c'est que dès qu'on leur donne une connerie à croire et à transmettre, ils y vont gaiement ! Et tant pis pour le grand n'importe quoi.

Il en va ainsi de cette polémique complètement stupide sur cette histoire de trains trop larges ou de quais trop étroits. Le Canard Enchaîné balance une info vierge de toute analyse: la SNCF a acheté des trains qui sont trop larges, il va falloir raboter les quais de mille et quelques gares. Et hop, la machine à conneries débitées au kilomètre se met en branle: C'est un scandale, qui va payer, RFF et SNCF infoutues de se parler, ingénieurs nuls etc... Bouquet final: les politiques s'en mêlent. Le secrétaire d'Etat en charge du secteur depuis 2 ans réclame que des têtes tombent (qu'a-t-il foutu depuis deux ans celui-ci ?). Cambadélis demande la démission de Pepy, le patron de la SNCF et de Rapoport, celui de RFF. Les Grandes Gueules sur RMC en font leur dossier du matin: on est dans un pays de cons (ce qui n'est pas tout à fait faux) ! Elise Lucet trouve cela aussi rigolo que pathétique, la bande à Ruquier se gausse et pour finir la presse internationale se paye de notre fiole: Il n'y a qu'en France que l'on peut faire pareille bévue !

En écoutant les commentateurs "avisés", on se dit que quelque chose a merdé, c'est sûr. Mais en les écoutant bien, on s'aperçoit qu'ils ne disent pas grand chose et qu'ils n'expliquent rien. Pourtant en lisant le communiqué commun émis hier par les deux entreprises, ils auraient du se dire: halte au feu, posons-nous et analysons.  Dans ce communiqué, on lit que les deux entreprises étaient parfaitement au courant de ce problème de centimètres en trop sur les trains ou en moins pour les quais. Lorsque la commande de nouveaux trains fut passée pour répondre au trafic passagers  et aux demandes des régions, la SNCF exigea, normal, que ceux-ci soient adaptés aux nouvelles normes internationales (dont une taille plus large), charge à RFF d'adapter les quais à ces nouveaux trains. Tout était prévu donc. Le plan d'action des travaux d'adaptation des quais a été finalisé en 2012 et les travaux sur les 1 200 gares planifiés pour s'étaler de fin 2013 à fin 2016, au fil des livraisons des nouvelles rames. Le jour où Le Canard lâche sa bouse, 300 quais ont déjà été rabotés. Le coût final, prévu, est estimé à 50 millions d'euros soit à peine 1% des investissements annuels de RFF.

Alors vous allez dire, Corto est léger, il prend pour argent comptant ce que racontent les deux boss des deux entreprises. Que nenni, j'ai été fouiller comme n'importe quel journaliste sérieux aurait pu faire et suis tombé sur différents communiqués ou articles émanant de cheminots, d'ingénieurs et d'autres personnes (toutes non syndiquées apparemment) impliquées ou au fait de ces histoires de trains. Et qu'y lit-on ? 

La confirmation que: "Le souci de gabarit était connu et les rames ont été commandées en toute connaissance de cause. Les travaux de mise aux normes des quais sont donc prévus et tout à fait normaux", "que le rabotage des quais était doublement nécessaire compte tenu de l'arrivée des nouveaux wagons Modalhor servant au transport des remorques de poids lourds" , "que le travail est engagé depuis longtemps, car il s’agit des normes internationales de l’UIC (Union Internationale des Chemin de fer) devant répondre à la nécessaire mise à niveaux des installations concernant les personnes à mobilité réduite, le confort, la compatibilité entre gabarits européens, afin de rendre inter-opérables tous les matériels sur tous les réseaux à terme". Etc... Même le journal Le Monde, après avoir tiré à vue sur les coupables désignés d'office, finira par reconnaître que "à la décharge de la SNCF et de RFF, engager des modifications des infrastructures, souvent vieilles de plus de cinquante ans, à l'arrivée de nouveaux matériels n'a rien d'exceptionnel". J'arrête là les copié-collés, vous pouvez aller vérifier par vous-mêmes et vous documenter.

Alors pourquoi cette polémique et une telle ampleur ? Et bien d'abord parce que l'info vient du Canard qui comme à son habitude balance une info qu'on lui a gentiment fournie sans l'analyser, le buzz avant tout. Ensuite parce que les nouvelles rames ont été commandées par les Conseils Généraux qui, si ils avaient bien suivis leurs appels d'offres, auraient pris connaissance depuis longtemps du changement de normes. Ne l'ayant visiblement pas fait, ils leur faut trouver un  ou des boucs émissaires pour se disculper de leur légèreté. Ensuite toujours, parce que André Rousset, socialiste et Président de l'Association des Régions de France sentant venir la bouse (le non suivi de l'appel d'offre et le surcoût éventuel non provisionné) déclara fin 2013 ne pas vouloir payer le rabotage dans sa région, rabotage que personne ne lui avait demandé de payer. Enfin parce que le gouvernement a dans ses tiroirs un projet de réunification des deux entreprises (SNCF et RFF), réunification que les différents syndicats des deux entreprises ne souhaitent pas (une manifestation engendrant des perturbations sur les réseaux était aujourd'hui organisée pour s'y opposer). Cette polémique de trains trop larges et de quais trop étroits, astucieusement montée en épingle, tombait à point pour démontrer que le souhait du gouvernement était fondé  même si on peut prévoir une réaction de l'UE contre cette fusion, fusion qui donnerait à une entreprise unique le monopole de l’exploitation du réseau ferré, monopole entravant l'entrée d'opérateurs ferroviaires concurrents.

En réalité, cette histoire montre surtout les bagarres politiques qui ont actuellement lieu en matière de décentralisation: les régions s'opposent à l'Etat pour ce qui concerne les aménagements régionaux, et l'Etat tient à maintenir son leadership décisionnel, via la SNCF et RFF, sur ce même aménagement des territoires. 

Gageons qu'avec la réforme territoriale engagée à un train d'enfer par le gouvernement, ce genre de polémiques aussi stupides qu' inutiles devraient se succéder à la vitesse d'un TGV fou.

Folie passagère 2295.
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mercredi 20 novembre 2013

Madame s'appelle Monsieur

J'adore ce genre d'histoires. Elles témoignent de notre absurdité.


Un monsieur qui ne s'aimait pas monsieur est devenue madame. En langage d'aujourd'hui, on vous expliquera que le monsieur en question, indisposé par son corps et sa masculinité, a choisi, on suppose aidé en cela de chirurgiens, de médicaments adéquats et de conseils avisés de psychologues ouverts à la modernité, de devenir femme. Chacun son truc, n'est-ce pas. Là où la chose se corse, c'est que bien évidemment notre administration, aussi lente que peu ouverte au progrès, n'a pas cru bon de valider ces modifications par un changement d'état civil de l'homme devenu femme. Monsieur serait donc psychologiquement et physiquement madame tandis que sur sa carte nationale d'identité madame demeure monsieur.

Vous avez suivi ? ... Bien.

Madame, pour elle, monsieur, pour l'administration, prend le train. Un TGV reliant Lyon à Paris au début du mois de mai de cette année et, banalement, comme dans quasiment tout TGV, elle/il se fait contrôler par un contrôleur. Lors de ce contrôle, elle/il est amené à justifier de son identité. Sa CNI certifiant qu'elle est lui, le contrôleur, constatant  de surcroît que l'apparence physique et vestimentaire de l'individu n'est pas en adéquation avec son état-civil (et un billet nominatif), verbalise elle/il. 

Pour justifier l'amende, 277 euros tout de même, l'agent notera sur le ticket de verbalisation (clique ICI) la remarque suivante: "La personne se présente avec un titre [de transport] et une CNI valable [sans "s"] mais cette dernière se présente vêtue en dame. Cette dame s'appelle monsieur X ". 

Les associations progressistes et/ou subventionnées s'emparent de l'affaire: Horreur, malheur ! C'est un cas manifeste de transphobie et de discrimination. Transphobie, mais c'est bien sûr ! Qui aurait l'outrecuidance de supposer que le contrôleur puisse bénéficier, devant l'étrangeté de la situation, de la moindre circonstance atténuante. Le rustre ! Le pas moderne ! Devrait-il en bénéficier que la faute, parce que c'en est une, obligatoirement, doit en incomber à la SNCF qui n'a pas su ouvrir l'esprit de ces agents aux excentricités de ces congénères à la différence ! Grrrr, saloperie de SNCF rétrograde !

Face au danger que pourrait représenter cette affaire pour son image, vous vous en doutez, la SNCF présentera ses plus plates excuses à madame et lui remboursera intégralement l'amende indûment payée.

A la décharge de la SNCF, celle-ci n'est pas tout à fait rétrograde, il y a belle lurette que les toilettes, dans les trains, ne sont plus genrées. C'est déjà ça de gagné sur les aéroports ...

Folie passagère 2008.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.