lundi 6 octobre 2014

Ainsi va la vie en Socialie...(10)


- Valls est allé à la City, on s'en fout mais pour qui s’intéresse à cette "révolutionnaire" visite d'un socialiste à Londres, il faudra lire Le Monde pour apprendre que notre premier ministre est confiant, il est bien le seul, pour que le budget 2015 soit adopté et ne soit pas rejeté par Bruxelles, puis Les Echos pour savoir qu'il annonce l'ouverture sous peu de tous les magasins le dimanche à Paris et Le Parisien pour apprendre que la taxe à 75% sur les très hauts revenus sera supprimée dès janvier 2015. Il voudrait redonner un petit coup de,fouet aux Frondeurs et autres cocus du Bourget qu'il ne s'y prendrait pas autrement.

- De l'avis général si j'en crois les médias (ouvriraient-ils les yeux?), le projet de budget français 2015 sera retoqué par Bruxelles et Moscovici, à peine nommé à la Commission, serait sur un siège éjectable. Mézavi que cela doit négocier sec et discrètement, en ce moment, entre Paris et Bruxelles.

- Hier, la Manif pour Tous était de retour, et de quelle manière, à Paris et à Bordeaux. A Paris, 70 000 manifestants selon la préfecture, 500 000 selon les organisateurs, coupons la poire en deux et proclamons qu'ils étaient 250 000, ce qui prouve que le mouvement ne s'affaiblit pas et qu'on ne lâche rien. En plus, que le succès soit encore au rendez-vous emmerde les progressistes nœuds-nœuds, et ça, c'est toujours bon à prendre. Valls qui en son temps était pour la GPA a eu beau l'avant-veille proclamer qu'il était maintenant contre et que la GPA ne serait jamais légalisée en France, histoire de démotiver les manifestants, rien n'y fait, ils étaient tous là et le fait que le gouvernement français n'ait pas fait appel de l'arrêt de la CEDH condamnant la France pour ne pas avoir retranscrit les actes de naissance des enfants nés de GPA à l'étranger prouve que ses paroles sont du flan et qu'il nous prend pour des cons.

- Mais où est donc passé Président ? Cela fait bien quelques jours qu'il ne nous a pas fait rire (ou pleurer). 

- Le moins que l'on puisse dire c'est que Jacques Attali, éminence de gauche s'il en est, n'a confiance ni Hollande ni en Valls pour redresser le pays: "Quant aux réformes, très peu sont engagées. Encore moins annoncées. A moins d’un sursaut peu probable, aucune ne pourra être désormais menée sérieusement dans les 2 ans qui restent avant le début de la prochaine campagne présidentielle. Pire encore, on ne remet en rien en cause le paritarisme, devenu la forme supérieure du gaspillage, du corporatisme et du conservatisme, négation de l’intérêt général, dont sont victimes les électeurs et les travailleurs." Lui, Maître Attali a la solution, il vous la donne sur son blog: "N'attendez plus rien de personne !", ce sera bien pour tous. 

- Une Suédoise, qui avait reçu une greffe d'utérus, est parvenue à mettre au monde un enfant. Il parait qu'il faut saluer avec joie cette nouvelle prouesse médicale. Notre spécialiste français de la PMA, le professeur Frydmann le dit: "C'est la première fois qu'un enfant s'est développé dans l'utérus d'une autre dame porté par celle qui va être la mère de cet enfant et ça, c'est quand même chapeau". Rien que sa phrase fait peur. "Chapeau" ? J'aimerai en être sûr. On n'arrête pas le... progrès. 

-  Je n'ai jamais compris le succès de Jean-Marie Bigard. Le voici sortir une blague pleine de pipi et de caca et tout le monde, dans le poste de s'esclaffer et d'applaudir ce qui permet à l'animateur Cyril Hanouna de dire qu'il faut remercier Bigard pour ses blagues avec lesquelles "il nous régale"... Je ne comprends pas plus le succès de Hanouna. 

- Malgré les bombardements ciblés de la coalition, la ville de Kobane, en Syrie, est tombée aux mains des islamo-terroristes. Cela contredirait-il les confidences d'un militaire de haut rang qui me disait avant-hier: "L'utilité des frappes aériennes en Syrie et en Irak est de déranger Daesh, de perturber leurs plans, de contrer leurs avancées..." 

- En bas d'écran, sur LCI, je lis: "Quelles pistes pour améliorer le modèle français". J'aurais plutôt écrit: Quelles pistes pour qu'il ne s'effondre pas... 

- Ce blog a réalisé en septembre son deuxième meilleur mois en terme de fréquentation. 125 014 pages vues ( +43% vs septembre 2013). Au classement ebuzzing Blogs Politiques, il perd une place mais en gagne 14 au général. Merci à toutes et tous. 

- La recrudescence de commentaires dégueulasses provenant de personnes toutes aussi dégueulasses m'oblige à mettre en place la modération des commentaires ce qui pourra retarder quelque peu la publication de vos commentaires quant à eux bienvenus.

Folie passagère 2484.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

Le suicide français


Le nouveau livre d'Eric Zemmour commence par ces mots:

"Jean-Français Revel eut la formidable intuition que la révolution ne viendrait pas de Moscou, de Cuba, de Pékin ou bien encore de La Havane. La révolution serait libérale ou ne serait pas. La révolution serait américaine même si, comme au XVIIIème siècle, la révolution française parvint à capter tous les regards. Revel vit dans Woodstock, la révolution des individus; et dans les mouvements féministes, noirs et gays, la révolution des minorités. Il comprit que la convergence des deux forgeait, dans les universités américaines des années 60, ce politically correct qui balaierait la société traditionnelles et patriarcale (...).

Notre époque a été tout entière dessinée par mai 68. Non les événements eux-mêmes, copie plutôt médiocre et souvent parodique des grandes heures révolutionnaires; mais le récit épique qui en a été forgé, les leçons qui en ont été tirées, les élites qui s'y sont révélées, les slogans qui y ont été scandés ( "Il est interdit d'interdire", "CRS-SS", "Nous sommes tous des juifs allemands", etc.), l'univers mental, culturel, idéologique qui en est sorti ont façonné le nouveau visage de notre pays. Comme les révolutionnaires parisiens de 1789 leurs foucades idéologiques à une province fascinée et passive, les Enragés de 68 ont enseigné leur vision du monde et de "ce pays", comme ils disent, à un peuple rétif mais résigné. Nous sommes tous les Enfants de Mai 68, ou plutôt des quarante ans qui ont suivi. Les "événements" auront été nos "trompettes de Jéricho"; pendant quelques jours, les rebelles tournèrent autour des remparts qui, depuis lors n'ont jamais cessé de s'effondrer. Et nous chérissons nos ruines davantage que les plus beaux édifices.

Il est temps de déconstruire les déconstructeurs. Année après années, événement après événement, président de la république après président de la république, loi après loi, élection après élection, intellectuel après intellectuel, unes des médias après unes des médias, réforme scolaire après réforme scolaire, traité après traité, patron après patron, livre après livre, film après film, chanson après chanson. L'histoire totale d'une déconstruction joyeuse, savante et obstinée des moindres rouages qui avaient édifiés la France; histoire d'une dépossession absolue, d'une désintégration inouïe; d'une dissolution dans les "eaux glacées" de l’individualisme et de la haine de soi. "

Du 9 novembre 1970 avec la mort du "père de la Nation" au 13 décembre 2007 "Voir Lisbonne et mourir" en passant par le 17 janvier 1975 "La femme est l'avenir de l'homme", le 4 novembre 1984 "Canal+ le temple cathodique du bien", le 19 octobre 1985 "Et le Crif tua Napoléon", le 12 juillet 1998 "Black, blanc, beur" ou bien encore le 1er novembre 2003 " Trichet ou le triomphe romain de l’oligarchie impériale", Zemmour nous dissèque ces quelques cent journées qui ont suicidé la France.

Attention, quand on commence le bouquin, on a du mal à s'arrêter.

Eric Zemmour, Le suicide français, Albin Michel.
(billet non sponsorisé)

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Parce qu'un troll dont l'adresse IP est 10 223 111 77 vient depuis plusieurs jours souiller ce blog avec des commentaires tout aussi dégueulasses que racistes, homophobes et insultants, j'ai été amené à prendre deux décisions: La première est d'activer la modération des commentaires, vos commentaires apparaîtront donc avec un peu de décalage. La seconde fut d'aller ce matin, chargé des photocopies de l'ensemble de ses commentaires, déposer une main courante auprès de la gendarmerie, plainte suivra si besoin.

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samedi 4 octobre 2014

Capitalisme de connivence, petits fours et gâteau au chocolat


Parce qu'un commentateur de ce blog me parle souvent de capitalisme de connivence et de ce qui pourrait apparaître comme un curieux mélange des genres sans jamais vraiment les définir, je vais, avec un exemple bien concret, vous expliquer à quoi ces trucs peuvent ressembler...

Hier donc, j'étais invité au cinquantième anniversaire du premier vol militaire avec La Bombe sous le ventre. C'était très chouette, d'autant plus que si la cérémonie était placée sous le Haut Patronage de ce qui nous sert de Président, celui-ci n'avait pas fait le déplacement; il faisait donc beau, très beau dans ce coin du sud-est de la France.Charlot Ier n'étant pas là, il délégua ses pouvoirs de représentation à l'un de ses conseillers les plus proches, un obscur notable breton balayé aux dernières municipales ce qui en soi n'a pas d'importance puisque personne ne savait qui il était. Par contre, il y avait du beau linge, des huiles étoilées, des huiles sans étoile, au final, pas grand monde, une chtiotte fête en petit comité, tout au plus un millier de personnes (bidasses du rang et serveurs en gants blancs compris).

Pour les VIP, dont je faisais partie pour d'obscures raisons, deux avions nous attendaient au départ de Paris. Pas de bol, j'ai pris le deuxième et n'ai donc pas pu constater de visu que dans Air Sarko One devenu Air Hollande One, il n' y avait pas de four à pizzas comme les gauchiasses en firent circuler le bruit du temps où Air Hollande One était Air Sarko One. Mais ayant toute confiance en la personne qui m'a confirmé la chose pour avoir pris le premier avion, je peux l'affirmer haut et fort: Il n'y a pas, il n'y a jamais eu de four à pizzas dans A.H.O. Les passagers de l'avion que je pris, un A310 aux couleurs de la République: tout plein de militaires galonnés ou étoilés et tout plein de civils cravatés. Deux rangs devant moi, le seul rang à ne compter que deux fauteuils, les autre en comptant huit, un cinq étoiles que tout le monde saluait avec déférence, le chef-chef de l'armée de l'air et sur le siège d'à côté un monsieur en civil que tout le monde saluait avec autant de déférence; normal, il s'agissait du président d'une entreprise qui fabrique des avions supers que personne veut nous acheter. Le rang suivant, trois députés écolos bien connus, un député communiste moustachu, deux députés socialistes (dont un Français de fraîche date) et 2 députés de la future majorité, celle que nous aurons quand Président aura dégagé. Mon rang: des étoiles sur le retour accompagnées de leurs épouses et moi, puis, derrière le rideau de séparation, un savant mélange de galons et de civils donc: Pour un galonné, un président de ceci, un directeur général de cela, la fine fleur des industries d'armement, français ou étrangers, pas peu fiers les garçons d'être invités à la fête.

Une heure plus tard nous voici arrivés à destination. tribune officielle et gradins, l'armée de l'air nous fait son show mettant ainsi en valeur la qualités des équipements fournis par cette volée d’industriels tous plus enchantés les uns que les autres d'être ainsi valorisés par le son, l'image, le bruit et les discours. Un petit défilé militaire a été organisé avec fanfare et Marseillaise, deux drapeaux décorés par le chef du chef-chef, le frère d'un célèbre fou du Puy, venu tout exprès de la capitale dans son petit jet bleu-blanc-rouge et pour finir un défilé aérien qui n'avait rien à envier à celui du 14 juillet, démonstration en vol des prouesses que peut faire l'avion que personne veut nous acheter et, cerise sur le gâteau, Patrouille de France en ouverture... et en clôture !

C'est après que les choses sérieuses commencent: le cocktail suivi du repas. Aux tables d'honneur, le chef du chef-chef, le chef-chef, les députés et les industriels, tous placés astucieusement à table: un député, un général, un député, un industriel, un député, un général, un industriel, etc... et de temps en temps une épouse de service, si possible ravissante, ou un pékin comme moi pour boucher les trous. Petits fours, entrées délicates, noix de Saint Jacques pêchées du jour (enfin, ça, c'était ce qui était marqué sur le carton ), médaillon de veaux sauce foie gras et morilles, petits légumes du marché, salade, fromage et un putain de gâteau au chocolat livré par 6 porteurs avec feux de Bengale et illuminations. le tout arrosé des meilleurs vins et Champagne. Puis le café servi dans les salons, et là, de mes yeux amusés mais guère surpris, j'assiste au ballet: des couples formés d'industriels et de députés, de députés et de généraux, de généraux et d'industriels déambulant et discutant de choses que l'on imagine sérieuses tant leurs mines sont graves ou inspirées; des dossiers sortent, des stylos aussi. Tout le monde a quelque chose à vendre, tout le monde est à convaincre. C'est là que cela se passe, le business est en train de se faire, tout le reste n'est que décorum et mise en valeur de chacun.

A vingt heure trente précises, le chef-chef siffle la fin de la récré et comme avec l'armée de l'air, on est nettement mieux servi qu'avec Air France, à vingt et une heure et quinze minutes, tout le monde a ré-embarqué, direction Paris. Le vol retour est plutôt calme, quelques conciliabules plutôt discrets se poursuivent mais une chose est sûre, évidente, militaires, députés et industriels (tous ont reçu la petite pochette cadeau qui va bien) sont enchantés.

Tout le monde est content. On se demande bien pourquoi...

Moi aussi, je suis content de ma journée, il y a des spectacles qu'il serait dommage de louper.

Folie passagère 2483.
Image search: Patrouille De France
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 2 octobre 2014

Devinette (niveau difficile)


Demain, vendredi 3 octobre, le cinquantenaire de quelque chose sera célébré. Quelque part en France, dans un lieu que le grand public ne connaît pas vraiment; c'est tout juste si l'évocation du nom de la ville la plus proche fera lever un cil à ceux qui aiment le soleil. La cérémonie sera sans aucun doute à la hauteur de l’événement: des gens du monde entier y sont conviés et une grande partie du gratin national et international du complexe ................... aura fait le déplacement. Il se dit qu'une dizaine de députés et quelques sénateurs seront là, toutes tendances confondues, les édiles locaux auront mis leurs plus belles écharpes. Il y aura du canapé et des rosettes à foison et la certitude que les invités présents auront été triés sur le volet (devinette secondaire: d'où vient l'expression "trier sur le volet"?, indice: 74). Vers midi, d'un aéroport parisien un peu spécial, deux avions décolleront pour amener après une heure de vol moins d'une centaine de personnes sur les lieux mêmes de l’événement. 

Cette cérémonie, cet anniversaire, se fera sous le Haut Patronage de Président - les majuscules ne sont pas de moi, elles ont été ainsi imprimées sur le carton d'invitation (210x148mm, grammage:320g/m², impression: pantone métallic or Pms872c) - mais personne ne sait encore si l'occupant du Château fera le déplacement; ce qui n'est pas sans poser problème à ceux qui, présents pour l'Histoire ou par obligation, n'auront qu'une angoisse, celle d'avoir à lui serrer la paluche (que chacun suppose moite).

C'est parce que l'homme (pas Hollande, ça va de soi) était grand et visionnaire que dès le début des années 50 il fut convaincu qu'il fallait consacrer à ce qui sera célébré demain les investissements nécessaires et engager le pays dans cette voie, la seule qui pouvait donner  à la France une certaine autonomie et imposer le respect.

Aussi curieux que cela puisse paraître et malgré l'importance qui est donné à cet événement commémoratif, aucun grand média national ne fera le moindre reportage, rien n'en sera dit aux JT.

Devinette: De quel cinquantenaire s'agit-il ?

La vie fait que votre serviteur y sera et peut-être vous racontera-t-il, par le menu, le déroulé de cette journée promise pour être aussi haute en couleurs que certainement très coûteuse... si tant est qu'on ne lui interdise pas.

Folie passagère 2482.
Istres
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

République exemplaire. Vraiment ? Les cas Thévenoud et Andrieux.


Une République exemplaire. Etre exemplaire, montrer l’exemple, être irréprochable, être envié pour le bien que l'on fait et l'image de probité que l'on véhicule... Etre fier et serein du système qui nous dirige parce nous aurions la certitude que ceux qui nous gouvernent sont irréprochables... et que ceux qui fauteraient serait éjectés du système... Moraliser mais aussi faire preuve d'autorité et se donner les moyens de ne plus prêter le flan à la critique...

Affaire Thévenoud où lorsque l'on découvre qu'un député socialiste qui se présente et que l'on nous a présenté comme un parangon de vertu, bombardé à 39 ans à la commission parlementaires chargée d’enquêter sur l'affaire Cahuzac, membre de la mission parlementaire sur la fraude fiscale, vice-président en 2013 du groupe socialiste à l'assemblée, est en fait un je m'en foutiste de première bourre qui ne payait ni ses impôts, ni ses loyers, ni son kiné, ni son électricité... Malgré cela, l'homme reste, parce qu'il le veut, député et vient d'être nommé membre de la commission parlementaire sur le développement durable. Il continue donc de toucher sans vergogne ni honneur la totalité des indemnités auxquelles a droit chaque député...

Et l'homme le plus important de France, le Président de la République en personne, le garant des institutions, aura beau déclarer au cours d'une conférence de presse relayée dans le monde entier que le député en question "n'était pas digne de rester à l'Assemblée Nationale", rien n'y fera, le sieur Thévenoud a décidé de rester député. Le président de la République ne fait pas peur et un simple député vérolé n'en fait qu'à sa tête.

Sylvie Andrieux, député socialiste de Marseille, a été condamnée à quatre ans de prison dont un an ferme, peine qui sera effectuée par simple port d'un bracelet électronique, 100 000 euros d'amendes et cinq ans d'inéligibilité pour détournements de fonds publics à visée clientéliste. Elle est toujours député avec tous les avantages et rémunérations dus à la fonction et déclare publiquement "qu'elle ne lâcherait rien et serait au travail à l'Assemblée quoiqu'il arrive".

Deux cas emblématiques qui pourrissent une république qui se voudrait exemplaire et un personnel politique qui par son immobilisme face à ce genre de cas se décrédibilise, prête le flan à la critique et au tous pourris.

Dans un système exemplaire, dans d'autres démocraties, Thévenoud et Andrieux auraient été jetés depuis longtemps aux oubliettes de l'histoire. Pas en France.

Vous disiez République exemplaire ?

Folie passagère 2481.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 1 octobre 2014

Ma liberté de fumer vs Le plan anti-tabac de la folledingue



" Afin de bien clarifier que son plan anti-tabac n'est pas motivé par un souci de santé publique mais par une vision étroite de la morale, Marisol Touraine a poussé le zèle jusqu'à interdire le vapotage dans la plupart des lieux publics. Et ce, non afin de prévenir un risque sanitaire qui fait toujours discussion dans la communauté médicale, mais pour «éviter de banaliser l'attitude du fumeur.» Jamais il n'a été énoncé aussi clairement que le gouvernement s'employait à corriger les comportements et à redresser les esprits. Le citoyen est réputé assez responsable pour se prononcer sur le budget de la nation, mais l'individu est jugé trop immature pour effectuer ses propres choix de santé. Quant au «paquet neutre», c'est une insulte à l'intelligence du consommateur. Qui, aujourd'hui, peut ignorer la dangerosité du tabac? Sommes-nous devenus des enfants qui, incapables de s'imposer une règle à eux-mêmes, réclament un maître pour les fouetter?

De deux choses l'une: ou l'Etat considère le tabac comme un poison léthal, et il devrait en interdire purement et simplement la fabrication et la consommation ; ou il le traite comme un des innombrables plaisirs dangereux que nous prenons tous les jours, et il lui faut alors remplir son devoir d'information auprès du public et protéger les tiers (en luttant par exemple contre le «tabagisme passif»), tout en laissant l'individu majeur arbitrer les risques qu'il souhaite prendre.

En adoptant au contraire la posture vicieuse de la nounou permissive («tu peux le faire, mais je ne suis pas contente»), le gouvernement s'emploie à «dégrader les hommes sans les tourmenter», pour reprendre l'expression de Tocqueville. Dans un passage archi-classique que visiblement nos dirigeants n'ont pas bien en tête, l'auteur de la Démocratie en Amérique redoute ainsi l'avènement d'une forme nouvelle de despotisme, parfaitement compatible avec la démocratie parlementaire. «Un pouvoir immense et tutélaire (…) absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux», s'élèverait insidieusement au-dessus des hommes pour «les fixer irrévocablement dans l'enfance» en anticipant leurs craintes et leurs besoins. «Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre.» La vision noire de Tocqueville est-elle en train de se réaliser, deux siècles plus tard? On imagine aisément Marisol Touraine prenant Françoise Sagan et M. Hulot par la main, et leur demandant d'abandonner leur clope et leur pipe, pour leur bien.

C'est ainsi que l'Etat renonce progressivement à son rôle de garant des libertés individuelles, pour devenir leur pire ennemi. «Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, continue Tocqueville, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes ; (…) il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige.» L'abondance de normes, donc chacun se plaint pourtant, n'est que l'envers de notre appétit de protection.

Un détail, la cigarette? «C'est surtout dans le détail qu'il est dangereux d'asservir les hommes», répond Tocqueville. Gardons-nous de jamais abdiquer notre liberté, y compris et surtout sur des sujets marginaux et peu populaires.

Ôter la morale des mains de l'Etat lui redonnerait paradoxalement tout son sens. Ainsi Tocqueville, dans sa correspondance, déplore-t-il que son ami le député Lamorici «se tue à force de fumer»… On peut, à titre privé, mettre en garde et conseiller ses concitoyens, d'autant mieux qu'à titre public, on s'abstient de les juger. Battons-nous contre les fumeurs, et pour le droit de fumer."

Gaspard Koenig, pour le FigaroVox, sous le titre: " Pourquoi le plan anti-tabac nuit gravement à la liberté "

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.