Je l'ai déjà écrit: Si certain(e)s sont passionnés de littérature, de broderies, d'avions, de voitures ou par la vie des phoques en Alaska, moi, c'est l'info qui me botte. Je suis passionné par l'information, l'actualité et plus que par la politique par le jeu du même nom. Et il se trouve que j'ai les moyens de satisfaire ma passion: J'ai du temps, j'ai deux télévisions, internet, la radio et deux abonnements à des news magazines. Autant dire que je ne loupe pas grand chose... Alors quand vint le temps de la primaire des gauchistes, d'avance je me régalai de tout ce qu'il y aurait à voir, à entendre et donc à commenter. Mais plus le temps passe et l'échéance du premier tour approchant, je dois le reconnaître: j'ai faim. Je crève la dalle ! Il ne se passe rien.
On aurait pu croire que la démission le renoncement de Président donnerait du piment à leur primaire, aiguiserait l'appétit des prétendants à la succession de Guignol, stimulerait les journalistes, les zeksperts et les chroniqueurs et me donnerait de quoi me sustenter, comme en 2011 où pas un jour ne passait sans que l'on ne bouffe plus que de raison. Elle fut riche et bien grasse la primaire des socialistes d'antan et là, c'est vache maigre et pain rassi.
On a quoi ?
Valls, quand il était Premier, on se marrait, on ironisait sur ses coups de menton, on le comparaît à Périclès Soupalognon y Crouton. On le fustigeait quand de son doigt tremblant il pointait les bans de l'opposition et déclarait, ivre de colère,: " Le retour du terrorisme, c'est vous ". On applaudissait ses 49-3 qui mettaient le feu à son camp. On ne loupait rien de ce qui rendait ce caudillo de pacotille insupportable. Et là, on a quoi, à 3 semaines de leur gigue ? Un petit bout de bonhomme tout doux qui prône aujourd'hui ce qu'il démontait hier, qui nous pond des slogans de campagne soit incompréhensibles, soit limite de droite. On attendait un programme clair, construit, qui parle tout seul tant il aurait été chiadé à l'avance, des propositions qui feraient valser ses compétiteurs, enragerait la droite et régalerait les commentateurs. Mais rien, rien ne vient, rien ne sort. Encéphalogramme de campagne plat. J'ai faim et rien à ronger.
Montebourg ? Mielleux, fielleux, beau parleur, paraît-il. Il propose quoi ? Avec quoi fait-il bander son éventuel électoral ? Il me donne quoi pour que je le démonte ? Il propose un service civique obligatoire, dit-on. Oui, comme Valls. Il nomme sans le nommer tout en le nommant,,mais surtout sans le prévenir, Guy Bedos, directeur de son comité de soutien. Même pas drôle. Il a un " Projet France " et " souhaite remettre le citoyen au cœur de la République ", c'te bonne blague, le truc éculé proposé par tous les candidats de droite comme de gauche depuis au moins vingt ans. Il accordera le droit de vote pour les étrangers aux élections locales... comme Tonton et Pépère en leurs temps. Même sur son site de campagne, y a rien à grailler, on se croirait sur le minitel tellement c'est moche.
Hamon ? Benoît ? Lui, il veut " Faire battre le cœur de la France ". Le slogan de la mort qui fera venir à lui tous les gauchistes à gauche de Montebourg et à droite de la Méluche. Mais à part ça ? Il veut " renforcer le syndicalisme ", " abroger la loi travail ", " créer une taxe sur les robots intelligents, " stopper les perturbateurs endocriniens, " une république bienveillante et humaniste ", " un 49-3 citoyen " quand ils se propose de " limiter l'utilisation du 49-3 parlementaire ", " L'élimination des barrières à l'intégration des réfugiés ". Il aurait pu me faire lever un cil avec son " septennat unique ", lui qui autrefois militait pour le quinquennat. Vraiment pas de quoi nourrir la bête.
De Rugy ? Lui c'est le candidat écolo de la bande. Son plan ? " Pour faire de l'écologie, il faut avoir de bonnes propositions ". Avec lui, ce sera " La France de tous les progrès ": dynamos pour tous et éoliennes dans les jardins. Une ambition: Une production d'électricité 100% renouvelable d'ici 2050 et 0% de transports carbonés d'ici 2025. En clair, il se chatouille et nous, on se marre. Point.
Sylvia Pinel. La taupe de Baylet, rien que cela, ça coupe l’appétit. Elle a sans doute un site internet de campagne, comme tous les autres, un truc genre " Pinel 2017 ", je n'ai pas trouvé, ce n'est donc pas avec elle que je vais calmer ma faim.
Peillon. Que n'ais-je pas déjà écrit sur Peillon. Le plus idéologie de la bande, le candidat que les amis de pépère ont été chercher en Suisse, le laïcard, le bouffe-curé, le Robespierre en carton-pâte. Philosophe, dit-on. Lui aussi, il a des " Propositions pour la France ", ce qui est tout de même la moindre des choses quand on candidate à la candidature. Il veut " que l'on gouverne autrement, pour et avec les Français ", la belle affaire, on nous promet cela depuis 1945. Il veut " placer la culture et les artistes au cœur de notre vie commune ", c'est-y pas formidable, ça ? Et à part cela ? Il nous met de l'Europe partout et pour tous, " la création d'un outil financier européen dédiée à la crise migratoire ", lui aussi un service civique obligatoire, comme Valls augmenter le budget de la Défense, lutter contre le terrorisme (non, sans dec' ?), la priorité à la Justice, à l’éducation, au respect de la laïcité, à l'économie, à la compétitivité équitable... Bref, Peillon, c'est le candidat des priorités à gauche. Un esprit tordu dans un costume impeccable. Tu lis son projet, t'as l'impression de lire le rapport de fin d'étude d'un candidat au BTS Pro. Rien à bouffer pour l'instant.
Et puis, faudrait pas l'oublier, il y a Bennahmias, le gars il a un nom si compliqué à écrire que toutes les rédactions s'affolent les rares fois où il faut écrire sur le bonhomme. Aucun intérêt si ce n'est d'essayer de compter le nombre de fois où il a changé d'étiquette politique. Pas assez de temps à lui consacrer, donc.
Voilà, j'ai fait le tour et il faudrait que cela soit avec ça qu'on se régale ? Va falloir qui se réveillent les cocos parce que pour l'instant, y a tout qui rentre d'un côté pour sortir aussitôt de l'autre. Si seulement, ils avaient gardé Filoche, au moins avions-nous l'assurance de bien rigoler, même pas, les salauds !
Non, cette primaire des gauchistes s'annonce fade, sans saveur et quasi inaudible à l'exception des trois débats télévisés et des deux soirées électorales qu'on nous imposera. Il en sont à faire des pronostics sur le nombre de votants qui se déplaceront: " à peu près le même nombre qu'en 2011, ou moins ? " Perso, je tablerais sur le nettement moins.
Même ça, leur primaire, Pépére leur aura bousillé. Il aura tout bousillé. Comment le lui reprocher quand il s'agit de son propre camp. Ceci dit, en attendant, on reste sur notre faim !
Folie passagère 3409.