samedi 19 janvier 2019

Emmanuel Macron, probable champion du monde du temps d'antenne occupé !



Mardi, c'était le premier d'une longue, très longue série de débats entre Macron et les maires de France.

C'était à Bourgtheroulde et ça a duré 7 heures  ! Oui, oui, 7 heures. Pour Macron, 7 heures d'auto-promotion au milieu de 600 maires quasiment tous acquis à sa cause, en tout cas très polis et gentils avec leur président. Donc 7 heures diffusées en direct et en intégralité sur pas moins de 4 chaînes de télévision soit 28 heures de temps d'occupation d'antenne  pour un président de la République! Du jamais vu depuis que la télévision existe !

Hier, devant un autre parterre de maires un  peu moins disciplinés mais tout aussi bien sélectionnés (pas de maire RN), Macron a remis ça à Souillac pendant 6 heures et trente minutes. Nous arrondirons à 7 heures pour faciliter les calculs. Et, pareil, 7 heures de "débats" télévisés sur, là aussi et encore, 4 chaînes de télé: CNews, BFM, LCI et France Info. Et donc, rebelote, à  nouveau 28 heures d'occupation d'antenne pour le Macron, sans compter les reportages avant sur ses visites alentours et les reviews après diffusion...

Ainsi en moins d'une semaine, Macron s'est offert, gratos (pour lui, pour le contribuable, c'est autre chose...), 56 heures d'antenne ! 56 heures soit 2, 36 jours ! Qu'un chef d'Etat soit ainsi "présent" pendant plus de 2 jours sur les écrans, c'est encore une fois du jamais vu. Seuls Brejnev, Castro et Chavez auraient pu rivaliser, heureusement pour nous, ils ne sont plus de ce monde.

Bien, maintenant imaginez que ces "performances" macroniennes se reproduisent encore 11 fois et que ces 11 autres fois soient elles aussi télévisées de la même manière. Pourquoi encore 11 ? Parce que 11 + 2 = 13 et qu'en France nous avons 13 régions administratives et que Macron a annoncé qu'il irait faire le show dans chaque région. Ça nous donne quoi ?

Calculons: 11 "débats" x 7 heures x 4 chaînes de télévision = 308 heures d'occupation d'antenne + les 56 heures de Souillac et Bourgthemachin = 364 heures ! Soit l'équivalent d'un chouïa plus de 15 jours complets !

Macron "occuperait" ainsi l'antenne pendant 15 jours !  Par délicatesse, nous ne compterons pas les heures additionnelles: debriefs des commentateurs, rediffusions, extraits (sur TF1, France 2, etc...), etc...

15 jours d'antenne, 364 heures et, heu.... personne ne dit rien, tout le monde semble se satisfaire de cela. A à peine 3 mois des élections européennes, le CSA change de patron mais ne dit rien, Ruth Elkrief, Laurent Neumann et Echarpe Rouge semblent satisfaits et la macronie n'en finit plus de se pâmer devant son homme !

Campagne électorale, auto-promotion, exercice narcissique, besoin de se faire comprendre, pédagogie,... appelez cela comme vous voulez, il n'en demeure pas moins que... 364 heures ! L'histoire ne dit pas "quel pognon de dingue" les pérégrinations du Macron vont nous coûter, une chose est certaine, cela ne sera pas imputé aux comptes de campagnes de la République en Marche pour les élections européennes. Elle n'est pas belle la vie de Président ? On s'incruste dans vos lucarnes, on rassemble à chaque fois, en cumulé toutes chaînes, plus de 1 million de téléspectateurs (presque autant que Hanouna !), on vous bourre le mou avec des "pipes", des petites blagues et un brin de pédagogie (à sa décharge, le gars maîtrise bien ses dossiers, c'est la moindre des choses) et tranquilou, on anesthésie le peuple, les maires et si possible les gilets jaunes. Chapeau l'artiste !

Que le jeune président se méfie tout de même: trop de Macron pourrait tuer le Macron et puis, quand on se lance dans un marathon, même bien entraîné, on n'est jamais à l'abri d'un gadin... De là à le souhaiter, il n'y a qu'un pas... que je franchis allègrement !

Deux mois de débats avec les maires, deux mois de débats citoyens, au moins deux mois pour synthétiser tout ce bazar... et pendant ce temps-là la terre continue à tourner, le chômage ne baisse pas, les retraités et précaires galèrent toujours, la dette continue d'augmenter, la France s'isole de plus en plus,... la vie quoi... la vie en Macronie.



D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 15 janvier 2019

Le Grand Débat ou l'arrêt de mort des gilets jaunes...



Et bien c'est donc aujourd'hui que le Grand Débat commence, tadam !!  Hier, nous avions la lettre de Président dans les journaux et aujourd'hui c'est au tour des grandes babelles de se délier. On va pouvoir parler de tout, absolument de tout (même de l'immigration, mais pas trop); bon okay, pas tout à fait, on pourra parler de tout, proposer tout et n'importe quoi sauf ce que le gouvernement et Macron refuseront d'aborder ou de prendre en compte et à condition que cela se fasse sans violence. Stop à la violence !

En tout cas, perso, comme l'a écrit l'autre, je suis fier d'être Français, fier d'appartenir à un pays ou que c'est-y que le Président quand il est à court d'idées pour résoudre une crise et ben il fait appel au peuple pour débattre. C'est chouette, non ? C'est dé-mo-cra-ti-que ! Et puis en plus, pour cela, on va passer par les maires qui sont aux plus proches de la populace. C'est pratique les maires,  quand on a besoin d'eux, ils répondent présents quand bien même on les aurait snobé depuis 19 mois. Les pauvres, ils ne savent toujours pas comment sera compensé la suppression de la taxe d'habitation; même pas grave, y a qu'à les mettre à contribution avec ce grand débat, ça les divertira.

3 mois de débat, c'est bien. Pendant 3 mois, plus le temps de dépouillement et d'analyses nécessaires, ça va en occuper plus d'un. Et vu comment les médias se sont saisis de la chose, on va en causer de ce débat; le reste, les autres sujets d'importance, on pourra les occulter ou les traiter en douce. Pratique, là aussi.

Y a un gars, hier sur BFM, qui disait que ce grand débat, c'était avant tout la victoire des gilets jaunes... Mouais, perso, j'y vois plutôt une belle opération de diversion et de com, gagner du temps ! De plus, et puisqu'il est ouvert à tout le monde, les gilets jaunes vont être noyés dans la masse des 4 millions de personnes qui, nous dit-on, sont prêts à y prendre part. Dilution, donc. Un grand débat qui devrait sans doute dans l'esprit de Macron signer l'arrêt de mort des gilets jaunes. Enfin 4 millions, ça reste à voir, c'est sur BFM parce que sur CNews, c'est un peu différent, eux ils annoncent, sondage à l'appui, que 73% des Français ne comptaient pas prendre au débat... Passons...

Macron a beau ne jamais avoir été élu avant de devenir président, il n'est pas moins dans l'action publique depuis 7 ans: deux ans comme conseiller d'Hollande, deux ans comme ministre de l'économie, un an de campagne électorale et depuis deux ans à la tête de l'Etat et pourtant il n'a pas vu venir les gilets jaunes, il n'a rien vu venir bien au contraire il a maintenu son cap... C'est dire la déconnexion d'avec le réel; croit-il que c'est avec ce grand débat qu'il  va se rabibocher avec ceux qu'il n'a cessé de prendre de haut depuis deux ans ? Croit-il que cette France qu'il a , lui (et nos z'élites), si bien ignoré se contentera de ce blabla institutionnalisé ?

Moi, ce grand débat, je le vois avant tout comme la preuve flagrante de l'échec de la classe dirigeante actuelle et de sa majorité, la preuve évidente qu'ils n'ont rien compris à la France de 2019, la preuve que, malgré 19 mois aux responsabilités, une campagne présidentielle et un "projet" pour la France, ils ne connaissent pas les Français. Ils n'ont rien vu venir de cette colère (à moins qu'ils aient préféré l'ignorer, ce qui serait encore plus grave et plus débile). Ils ont cru, les idiots, que tout passerait, qu'on ferait avaler tout et n'importe quoi à la France périphérique. Ils ont cru qu'on pourrait continuer à la pressurer, à là charger d'impôts et de taxes, à l'ignorer. Ils ont cru qu'on pouvait continuer de laisser de côté la France rurale, la France qui n'est pas à Paris, la France des petites gens et des retraités sans que tous ceux ci, un jour, exaspérés par 30 années d'abandon et deux ans de suffisance et d'arrogance gouvernementales, ne se révoltent, quitte à en payer le prix lourd, quitte à subir une répression féroce: plus de 6 000 arrestations, 1 700 GAV, 3 000 blessés dont 400 grièvement, 12 yeux crevés, 5 mains arrachées. La gueuse n'aime pas le désordre, Castaner et Macron non plus.

Plus de 300 députés LaRem, une petite centaine de sénateurs, un gouvernement au complet et un Président, tous censés représenter les Français, n'ont rien vu venir et n'ont donc pas pu désamorcer la bombe avant qu'elle n'explose en un bouquet de gilets jaunes... Voilà qui en dit long justement sur ce devoir de représentation. Qui représentaient-ils nos élus nationaux de LaRem ?  Grosso merdo, les 20% de Français qui soutiennent Macron depuis le début, mais à part ça? Nada !

Et que donnera-t-il ce grand débat, à part un peu de répit à Macron et à sa clique ? On verra bien mais je doute qu'il soit la solution à la crise des gilets jaunes. Passé le temps du débat, il y aura les élections européennes (qui verront la victoire éclatante de la "France haineuse"), on passera à autre chose. Et nos Marcheurs, Macron en tête, retomberont dans leurs mauvais travers; Macron nous l'assure par avance: "Ma détermination n'a pas changé", le cap sera maintenu. Et si les manifestations se poursuivent ? Macron aura beau jeu de dire: Mes chers compatriotes, voyez, je vous ai donné la parole mais cette même France haineuse, ses illettrés et ses sans-rien, ne veulent rien entendre. Il suffit !

C'est officiellement aujourd'hui qu'à Grand Bourgtheroulde, transformée en place forte, s'ouvre ce grand débat, inauguré par Macron lui-même devant un parterre d'élus et de maires triés sur le volet de l'Elysée. Macron ne fera pas de discours et se contentera de répondre à des questions préalablement sélectionnées. Aucun gilet jaune n'a été invité... Drôle de manière de vouloir renouer le dialogue.


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

jeudi 10 janvier 2019

Dans ma tête, c'est le grand chamboule tout.



Si je ne suis pas contre un petit peu de bordel de temps en temps, j'ai toujours - enfin, disons, depuis très longtemps - été un fan de la police et de la gendarmerie;  j'aime que l'ordre règne et que l'autorité soit respectée. Que l'ordre règne, c'est à dire que personne ne m'emmerde quand je sors en ville, que je puisse aller et venir, quelque soit l'heure, en me sentant en sécurité, bref que ma liberté n'empiète sur celle de personne et que personne ne vienne empiéter sur ma liberté de me promener (ou de penser). Que l'ordre règne, c'est à dire que le fonctionnement de la vie de tous les jours ne soit pas altérée par des blocages, des grèves qui s'éternisent ou par une poignée de syndicalistes ringards (pléonasme) semant le chaos dans les transports en commun. Que l'autorité soit respectée, c'est à dire que quelque soit le détenteur légitime d'une autorité légitime, celle-ci ne puisse être discutée ou pis, remise en cause. Ainsi, l'élève turbulent qui ne respecte pas son prof: out !  Le gars qui fait un bras d'honneur à un flic: out ! Quant à celui, quelque soit son âge, qui brave l'autorité légitime tout en foutant le bordel en ville et en cassant du flic: au gnouf, direct !

C'est pour toutes ces raisons et quelques autres que, par exemple, je n'ai pas aimé les manifestations contre la loi Travail, que je n'ai pas aimé les zadistes de NDDL, que je n'aime pas les antifas, les pouilleux de Sud Rail, les blacks blocs, la France Insoumise et autres perturbateurs "endocriniens" de notre vie quotidienne. En clair, je soutiens la police, force doit rester à la loi, ordre républicain et respect de la légitimité acquise par le suffrage universel.

Et puis sont arrivés Emmanuel Macron et les gilets jaunes. Autant (ou si peu) pour me chambouler la tête.

Comment accepter et respecter un gars sorti de nulle part, aussi mal élu, arrogant, suffisant, hors-sol, inexpérimenté et supposé incarner l'autorité suprême ? Comment respecter une autorité dont on a du mal à croire qu'il puisse ramener l'ordre (sans parler du reste) ? Too much, trop difficile. Impossible. Et comment respecter ses sous-fifres dès lors que l'on ne respecte pas celui qui les a nommé.  Là aussi, impossible. Le premier pilier de mes convictions s'effritait. 

Les gilets jaunes auraient du m'énerver. Qu'ont-ils apporté depuis qu'ils se sont mis en branle ? Des perturbations à tous les niveaux de notre vie quotidienne, des violences, des destructions, une occupation médiatique quasi permanente; des perturbations qui feraient passer celles des grèves dures d'Air France ou des cheminots pour des chicailleries de cours d'école. L'ordre ne règne plus les samedis, l'ordre ne régnera pas samedi prochain. Et pourtant, je n'arrive pas à leur en vouloir puisque je les comprends ( les gilets jaunes, pas les casseurs) et que faute de participer, je les soutiens totalement. Et parce que j'ai vu la totalité de la scène en vidéo, je n'arrive pas à en vouloir vraiment à Christophe Dettinger.  Me voici soutenir "la chienlit". Le deuxième pilier de mes convictions, lui aussi, s'effrite.

Soutenir les forces de l'ordre, la police et la gendarmerie, cela devrait être. Mais là aussi l'effort est difficile. Comment les soutenir lorsque l'on constate, de visu, de quelle manière elles répriment le mouvement des gilets jaunes. Depuis quand n'avions nous pas vu lors d'un mouvement social une si sévère répression, autant de morts (12), autant de blessés et autant d'arrestations pour la plupart arbitraires ? Vous me direz, ils ne font qu'obéir aux ordres, certes, mais quelque autorité aurait ordonné expressément de viser à la tête ? Non, aucune. Réprimer ferme, certes, mais je n'ose pas croire que la chaîne de commandement ait pu ordonner de tirer au flashball, en tir tendu, délibérément, dans la tronche des gars d'en face. Je ne veux pas croire que les autorités ait pu permettre que les goldoraks de la police se déchaînent, sans ménagement, à coup de tonfas, de coups de poing,  de grenades de désencerclement et de gaz lacrymo sur des milliers de manifestants pour la plupart pacifiques (et non pacifistes comme on l'entend si souvent ces jours-ci). Les forces de l'ordre que je vois à l'oeuvre dans cette histoire de gilets jaunes ne me plaisent pas,  ce ne sont pas les forces républicaines que je chéris d'habitude, ce n'est pas la police que j'aime. Le troisième pilier, à son tour se lézarde.

Avouez que tout cela à de quoi tournebouler. Dans ma tête, c'est le grand chamboule tout.

Résultat de recherche d'images pour "répression policière gilets jaunes"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 8 janvier 2019

Ils veulent se venger !

Une autre vision du mouvement des Gilets Jaunes qui n'est pas pour me déplaire...



Par Ulysse Lorn, sous le titre : "Gilets Jaunes: Tisiphone Edition"

" Ce qui se produit est fascinant, non parce que c'est complexe, mais parce que c'est terriblement simple. Après 40 années passées à tenter par tous les moyens de dissoudre le peuple français en le soumettant à des superstructures technocratiques impersonnelles seulement indexées à de vils intérêts financiers, à organiser sa submersion par le tiers-monde islamisé en une sorte de rite expiatoire à échelle continentale, à avoir systématiquement favorisé les facteurs objectifs précipitant son abrutissement, son abêtissement, sa dévirilisation, à avoir par tous les moyens tenté de lui faire intérioriser le caractère souhaitable et-ou inéluctable de sa propre disparition, à lui avoir fabriqué un terrifiant Surmoi d'esclave en forme d'équation (-se défendre = mal = fascisme = nazisme = poubelles de l'Histoire = vous avez de la chance d'être en vie = fermez-la-) voici donc qu'en deux mois, ce qui demeure du peuple français aura eu démontré son caractère infracassable, irréductible, insubmersible. C'est fascinant, parce que c'est simple, que c'est laid, et que c'est inexorable. Ils avaient prévu l'habile combine du putschiste éduqué, les tours spéculatifs du conspirateur, les magouilles paramilitaires de l'Identitaire, ils avaient fabriqué l'épouvantail populiste en forme de parti à flamme tricolore... Mais voilà, ils n'avaient pas prévu la vaillance du Smicard. Ni son insurrection hebdomadaire en forme d'exutoire, lorsqu'il ne peut pas aller faire ses courses au Super-Casino. 

On touche à l'os désormais. 

On touche à une forme de présence qu'on ne peut pas conditionner. Ni intimider, ni manipuler, ni ignorer. La techno-oligarchie inhumaine fait face à une forme de présence minimale, misérable, humaine elle, dans son désespoir, qu'elle ne pourra que TUER. Exterminer purement et simplement si elle veut s'en débarrasser. Mais cela s'effectuera alors au risque d'agréger dans une même haine tous les groupes insurrectionnels et de précipiter une Révolution ou une sécession. Les Gilets Jaunes ne sont ni essoufflés, ni radicalisés. De facto minoritaires, ils sont la racine du peuple autochtone historique qui ne veut pas être arrachée, et ils ont le second souffle que donne seulement la fureur de vivre. Ils sont le peuple français compris dans sa forme immanente la plus pure, non civilisée, inculte, non calculatrice, et donc non manipulable.

Facteur aggravant pour ce gouvernement d'autistes et de novhommes à processeurs intégrés : les Gilets Jaunes ont pris goût à la violence. Et cela, les conseillers de Trogneux-Premier feraient bien d'y penser. Semaine après semaine, les manifestants ont intériorisé l'idée que la violence était nécessaire et ils ont pu jouir de succès non négligeables. C'est absolument décisif : une part importante d'entre eux aime ce qui advient - aime le danger, aime la confrontation, l'adrénaline, le frisson de la fin de semaine, comme des gosses trop longtemps privés d'attention et d'amour et qui, dans le déploiement de la colère injuste, trouvent le remède à la frustration et à l'aigreur d'avoir été méprisés. Et cela, à mon sens, compagnons, est un paramètre capital qu'apparemment personne n'aperçoit : en cherchant une demi-mesure occidentaliste minable, c'est-à-dire en faisant comme s'il laissait faire les manifestations (et se contentait d'en contenir les éventuels débordements), ce gouvernement a favorisé la croissance d'une joie tapageuse et d'un plaisir subjectif à défier son ordre. Incapable d'admettre qu'il aurait dû s'incliner immédiatement en authentifiant une crise de régime, et en mettant en place une alternative à la mascarade de la représentation post-démocratique, il a endurci ses adversaires. Mais surtout, il leur a donné ce gain d'autant inestimable qu'ils ne l'attendaient sans doute pas : la joie d'éprouver qu'un homme libre peut tout abandonner et mettre sa vie en péril s'il pense que c'est l'instant propice et que sa survie l'exige. La HAINE ne faiblira pas, parce qu'au fond, (ainsi qu'en toutes les occurrences où elle advient comme la passion brûlante qui annonce le retour du refoulé), elle fait du BIEN. La digue a cédé. Les chantages moraux ne fonctionnent plus. Les intimidations juridiques ou racailleuses s'écrasent contre l'esprit borné de celui qui n'a plus rien à perdre. Et qui, à tout prendre, préfère flamber que flancher, attaquer à mains nues un CRS casqué, tout foutre en l'air, quitte à s'enterrer.

Ces gens, ce peuple auquel j'appartiens, n'ont rien de radicaux. De factieux, de fascistes, ou autres balivernes béchamelliennes.

Il est complètement imbécile de vouloir théoriser ou intellectualiser le mouvement de la Bile Jaune en sériant ses demandes, ses représentations, ses attentes, ses désirs, ses exigences... On entend un peu partout que les Gilets Jaunes aspireraient à plus de justice sociale, d'équité, de pouvoir d'achat etc. Tout cela est exact, mais n'est pas vrai. Ces gens ne veulent pas débattre, entamer un dialogue, ou entretenir des conversations sur la hiérarchie axiologique des modes de distribution de la richesse. On ne débat pas avec Gros-Jean-Louis, et on ne partage pas des vues métaphysiques avec Nadine-Legging. Non, mon compagnon d'Odyssée : ils s'en branlent de l'ISF, ou bien de savoir s'il faut augmenter ou diminuer la CSG, si le mariage homosexuel est une bonne chose qui authentifie l'assomption des droits de l'homme, ou bien une abomination qui en accuse l'imposture...

Ces gens veulent tout autre chose que la Justice bien comprise...

Quelque chose de beaucoup plus simple.

Ils savent que rien du mal qui leur a été infligé pendant des décennies et que j'évoquais au début du texte ne sera soulagé. Qu'aucune des épreuves que leurs familles ont traversées -la haine raciale des immigrés qu'on leur a imposée chez eux en leur demandant de la fêter, les vexations gouvernementales, les coups de poignards fiscaux- ils savent bien que JAMAIS ils n'obtiendront réparation pour tout cela, que JAMAIS les institutions qui ont causé sciemment leur perte pourraient comme par magie vouloir décidément leur bien... Ces gens ne veulent pas la Justice, au sens où celle-ci ne peut s'établir que moyennant la reconnaissance et l'obéissance à un ordre institutionnel posé comme légitime. 
Ils savent bien que celui qui vous a passé à tabac ne risque pas de vous dédommager et de demander pardon.
Ces gens ne veulent pas la Justice.

Ils veulent se VENGER.

_____________


C'est l'animal maltraité qui détruit le salon.
Le chien dénutri qui mord la main qui va pour le caresser.
Le clébard qu'on n'a pas sorti qui défèque sur le lit.
Les Gilets Jaunes sont un esprit vengeur - un égrégore sorti tout droit des inter-mondes entre banlieue et campagne que personne ne visitait plus. On lui propose un grand débat, il annonce le grand débarras. On lui annonce qu'on va taper plus fort, il répond d'accord, à la semaine prochaine.
C'est extrêmement dangereux, et comme tout ce qui implique le spectre du péril, potentiellement salutaire.
Entre celui qui lutte pour maintenir son existence, et celui qui lutte pour se venger de la destruction de la sienne, je ne crois pas, toutefois, qu'il y ait le moindre doute -à long terme- sur l'issue du combat.
"



Ulysse Lorn
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

lundi 7 janvier 2019

La question cinéma du jour...

L'inspecteur Javert était-il noir ?


Après Anne d'Anjou, après Lancelot du Lac, après Achille, au tour de l'odieux inspecteur Javert d'être mis au (dé)goût du jour...

Vous verrez qu'un jour, il nous feront un petit Jésus noir comme l'ébène...

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

dimanche 6 janvier 2019

Pour une dissolution immédiate de l'Assemblée Nationale


Alors que depuis quelques jours les gars qui nous servent de ministres nous annonçaient un mouvement des gilets jaunes en train de s'essouffler, force est de constater que ces derniers ont encore une fois pris de court les autorités et la police. Parce qu'hier, que ce soit à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux ou dans de nombreuses villes, ce sont les gilets jaunes qui ont , dans un premier temps, mené la danse...

Trêve des confiseurs terminée, retour de vacances, ils étaient là par milliers, tellement nombreux que Castaner a eu du mal à les compter: 25 000 à 18h00, 50 000 à 19h00, dommage qu'on ne lui ai pas reposé la question à 20h00... Une chose est certaine, les vidéos vues sur les réseaux sociaux ne laissent aucun doute: les chiffres sont scandaleusement bidonnés. Mais de cela on a l'habitude...

Ce dont on a moins l'habitude, c'est de voir avec quelle violence la police riposte, avec quelle hargne les CRS frappent, avec quelle brutalité les gardes mobiles chargent. Du jamais vu, je pense, depuis l'épisode Malik Oussekine en 1986. Alors, vous me direz, les flics ripostent à hauteur de ce que les gilets jaunes leur font endurer; c'est vrai mais pas seulement comme le prouve la vidéo ci-dessus, une parmi tant d'autres, où des gilets jaunes à terre et somme toute pas bien méchants se font tabasser sans vergogne par des CRS. Et c'est bien cela qui me chiffonne: non pas d'en vouloir aux keufs, ils font le boulot pour lequel ils ne sont pas lourdement payés, mais cette certitude qui est la mienne qu'ils ont reçu l'ordre de ne pas se ménager pour casser du gilet jaune. Et cet ordre ne peut venir que du plus haut niveau... Après tout, me direz-vous là aussi, le kéké de Forcalquier, Griveaux, Nunez avaient prévenu: la radicalité allait changer de camp. Sus aux gilets jaunes et pas de quartier ! Ou comment attiser la colère et la haine...

Et bien forcément, quand on les tape, les plus hardis, les plus courageux, les plus radicaux des gilets jaunes, aidés en cela par des casseurs et des flics en civils, ripostent à leur tour et à leur façon et cela donne ce à quoi on a assisté hier: 

L’image contient peut-être : feu, ciel, nuage, crépuscule et plein air L’image contient peut-être : feu et plein air

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, feu et plein air L’image contient peut-être : feu et nourriture

Résultat de recherche d'images pour "passerelle leopold sedar senghor gilets jaunes" Résultat de recherche d'images pour "passerelle leopold sedar senghor gilets jaunes"
(les 4 premières photos: C. Demassieux pour Riposte Laïque)

Une fois encore, la France défigurée aux yeux du monde: du feu, du sang, des larmes, des scènes d'émeute, des violences partout et ce sentiment qui laisse aussi amer qu'inquiet: rien ne semble pouvoir endiguer les choses, rien ne semble pouvoir faire entendre raison aux uns ou aux autres. La rupture est totale entre les gilets jaunes et le pouvoir. Une police totalement dépassée hier: seules 34 arrestations à Paris hier ! Et un Castaner, un Griveaux, un Nunez et un Delpuech pour courir les écrans télés et nous dire que force doit rester à la loi (poil au doigt). Et un Macron absent si ce n'est par  l'émission d'un pet sur les réseaux sociaux pour s'élever contre ces casseurs de République.

Griveaux dont les bureaux ont été attaqués et qui a du être exfiltré manu militari a osé déclarer: "Ce n'est pas moi qu'on a attaqué, c'est la République !". Mon con, heureusement que la République ce n'est pas toi, on serait mal barré. Mais quelque part, il n' a pas tort: que des gars, gilets ou pas gilets, s'en prenne ainsi à un symbole si petit soit-il de la République (les bureaux d'un ministre) montre à quel point le malaise est grand, à quel point la colère est grande, à quel point le divorce est acté entre le " pouvoir " et une bonne partie du peuple.

Alors comment sortir de l'impasse ? Comment retrouver le calme ? Comment apaiser les choses ? Comment contenter les gilets jaunes ? Visiblement, tout ce qui leur a déjà été accordé n'a pas suffi. L'espèce de débat national que veut entamer le Macron semble avoir avorté avant même d'avoir commencé. Dans les mairies les cahiers de doléances se noircissent à vue d’œil avec moultes propositions aussi intéressantes que nulles pour certaines sans que l'on sache très bien ce qu'il adviendra de ces cahiers et de leurs contenus. La violente répression policière ne suffit pas non plus. Alors ? Si rien de ce qui a été fait , accordé et ordonné ne suffit à calmer la fronde, c'est bien la preuve que la solution est ailleurs. Laquelle ?

La démission de Macron ? Il n'y a actuellement personne de suffisamment crédible et costaud pour prendre sa place. Une liste Gilets Jaunes aux Européennes ? Pour quoi faire si ce n'est diluer les voix et puis, une fois à Bruxelles, ils feront quoi  les éventuels gilets élus (loin de Paris, loin du cœur. remember Edouard Martin.) ? Le retour de l'ISF, l'un des impôts les plus stupides qui soit ?

Non, la solution radicale me semble être la dissolution immédiate de l'Assemblée Nationale. Procéder à de nouvelles législatives. Pas besoin de proportionnelle intégrale, la déliquescence des partis actuels devrait se traduire de fait par une proportionnalité des résultats. Le résultat de celles-ci donnant forcément une plus juste représentativité du peuple et mettrait fin à la domination écrasante de cette majorité LaRem composée de bric et de broc, d'amateurs, d'imposteurs, voire de débiles totalement incapables de composer avec des gilets jaunes. L'élection de cette nouvelle assemblée entraînerait la nomination d'un nouveau gouvernement que l'intelligence, certes complexe mais réelle, d'Emmanuel Macron voudra plus ouvert et plus représentatif de la population.  Un gouvernement qui devra nécessairement être bien plus expérimenté que la ribambelle de clampins que nous avons actuellement. La suffisance, l'arrogance, le mépris, l'amateurisme n'ont jamais fait de bons politiques, tout cela génère l'incompréhension et la colère de ceux (i.e.: le peuple) qui doivent subir les orientations prises par les autorités. Un gouvernement qui, là aussi, devra être bien plus représentatif de la population que celui que nous avons actuellement.

Parce qu'à bien écouter les gilets jaunes, de quoi souffrent-ils en dehors de tout ce qui a été déjà dit ici ou ailleurs ? Que veulent-ils de plus que ce qui leur a déjà été accordé ? Ils veulent être entendus, compris, pris en compte. Ils veulent exister. Ils ne veulent plus être ignorés. Ils veulent être représentés. Tout simplement.

Une chose est sûre, sans décision radicale du petit prince, le pays court à une catastrophe certaine, catastrophe qui fera passer mai 68 pour de la gnognotte.


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mardi 1 janvier 2019

Ayez la positive attitude et soyez rock'n roll !



Mes chers amis,

Je vous la souhaite, cette nouvelle année, bonne et heureuse avec tout plein de bonnes choses dedans. Vous verrez, ça va aller, on va se marrer encore une fois car après tout il vaut mieux se fendre la poire que de pleurer. Ça va swinguer, c'est normal avec des branques au gouvernail, ça ne peut que valser.  Alors en attendant des jours meilleurs, je vous adresse mes meilleurs vœux à vous tous et à vos proches. Que 2019 vous apporte tout ce que vous désirez: amour, argent, gloire et beauté, la santé aussi !

Ayez la positive attitude et soyez rock'n roll !

La Bise !


Europe, ton soleil revient