jeudi 2 août 2018

Booba, Kaaris, rixe tribale à Orly



On ne parle que de cela ce matin, ou presque. Deux racailles rappeurs (pléonasme ?) et leurs bandes respectives, Booba et Kaaris, tous les deux déjà bien connus des services de police et adorés dans les quartiers qui craignent, se sont livrés à une bataille rangée dans le hall 1 de l'aéroport d'Orly. Des pêches, des gnons, des coups de pieds, des coups de canette sur la tête d'untel, des cris et tant qu'à faire, une boutique ravagée. Une rixe tribale, en somme, une bagarre entre primates dégénérés qui sèmera un vent de panique parmi les passagers et autres touristes.

Les fans de ces deux zigotos vont adorer: leurs idoles qui se battent entre eux, ça c'est excellent et puis comme ça, dans la téci, ils vont pouvoir faire pareil; les uns contre les autres. C'est ce qu'on appelle donner l'exemple...

Et tout ça pour le plus grand bien des portefeuilles des deux chanteurs brailleurs parce que quand il y a le buzz sur eux, y a bon pour les ventes de CD ! De là à imaginer que la haine qu'ils se portent soit entretenue voire totalement surfaite, il n'y a qu'un pas à faire. Certains évoquent même une bagarre préméditée... 

C'est aussi cela le rap: de la racaille,  des chansons avec des paroles grossières, provocantes et chargées de haine, du clinquant, du pognon, de la baston et parfois des morts comme aux States où il ne se passe pas une semaine sans qu'un rappeur vedette ne soit assassiné. Bientôt en France ?

L'histoire pourrait être insignifiante tant elle est commune dans ce milieu sauf que là, cela s'est passé dans un hall d'aéroport très fréquenté, que nous sommes toujours sous menace terroriste élevée  et qu'il a fallu plus de quinze minutes pour que la police intervienne.  Quant aux soldats Vigipirate, on n'en a pas vu... On imagine aisément le carnage si des terroristes islamistes... enfin bref, vous m'avez compris... Ce pays devient chaque jour un peu plus un véritable bordel.

Une réaction de Gérard Collomb ? Non, pas encore. Circulez, y a rien à voir. Voyagez tranquille, vous êtes en sécurité, Gégé veille sur vous.

Remarquez, cette histoire, médiatisée comme elle l'est, a aussi un mérite: ça nous change de Benalla et consorts (Macron inclus) dont le cas s'aggrave de jour en jour...

Allez sur ce, les amis, sauf sujet qui le mériterait vraiment, ce blog se met en vacances, le taulier se met au repos. La mer et le bateau dans quelques jours. Retour vers le 18 août.

Bisous et portez-vous bien... même en Macronie !


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

lundi 30 juillet 2018

Macron: L'enfant-roi couronné

" Tout cela finira en farce " (Nicolas Sarkozy)


Un peu long mais excellent texte de Michel Onfray, on se régale à le lire:

" Le candidat Macron avait promis une présidence de rupture avec l’ancien monde, ce fut d’ailleurs son principal argument publicitaire - c’était sans surprise puisque tout aspirant à la fonction effectue ce genre de promesse… De meeting en meeting, il annonçait les qualités de cette présidence d’un nouvel âge. Elle serait, nous disait-il, intègre, jupitérienne, économe d’apparitions, avare de paroles, véritablement républicaine, en un mot : gaullienne.

Dans la réalité, elle s’avère aujourd’hui mafieuse, naine, verbeuse, exhibitionniste, monarchique et narcissique : c’est celle d’un enfant-roi couronné. En fait, ce jeune homme consacré par le suffrage dans les conditions branlantes que l’on sait est un mélange de Chirac pour les affaires et de Sarkozy pour la brutalité, de Mitterrand pour la filouterie et de Séguéla pour le cynisme, ou bien, remontons plus loin encore dans l’histoire, puisqu’elle semble être le modeste horizon qu’il se propose, de Louis XIV pour la mégalomanie – on ne fait pas plus vieux monde...

Macron effectue très vite le chemin qui conduit du capitole à la roche tarpéienne. Le voilà au bord du précipice où la presse, qui l’a porté jadis, semble prête aujourd’hui à le précipiter. La loi fameuse qui donne le mode d’emploi des journalistes - « lécher, lâcher, lyncher » - n’a jamais semblé autant d’actualité…

Notre président soupe-au-lait semble la découvrir, ce qui le fait très vite se mettre en colère ; il est vrai qu’il a pour lui l’excuse de l’extrême jeunesse et de la naïveté, du manque d’expérience et de la candeur juvénile, sinon d’une testostérone bien de son âge.

Mais la colère ne fait pas Jupiter : elle le défait bien plutôt quand elle surgit mal à propos, autrement dit quand le président ne la possède pas, mais qu’il est possédé par elle. Jupiter ne saurait fonctionner avec l’âme d’un enfant, fut-elle celle d’un roi.

Les faits sont connus. Mais dans notre monde devenu orwellien, ils ne sont plus qu’une variable d’ajustement. La perversion va même jusqu’à ce que les producteurs de ce qu’il convient désormais d’appeler des « fake news », autrement dit des « fausses nouvelles », soient ceux-là même qui prétendent affirmer dire vrai au moment même où ils disent faux. Les journaux qui se sont fait une spécialité d’intoxiquer disposent désormais d’une rubrique désintox dans laquelle ils s’évertuent à intoxiquer plus massivement encore.

C’est donc dans ce monde-là que le président Macron fait merveille : celui de la production d’intox. La preuve c’est qu’il envisage, en même temps qu’une loi qui prévoit de réduire le pouvoir du parlement, un texte pour lutter contre les « fausses nouvelles » en temps de campagne électorale ! On mesure combien la vérité n’a plus rien à faire dans ce nouveau monde et combien les éléments de langage des conseillers en communication des politiques s’y substituent nullement pour le meilleur mais certainement pour le pire.

Dès lors, les informations d’abord données par les journalistes sur Alexandre Benalla sont ensuite contredites par les conseillers en communication de l’Elysée qui envoient leurs petits soldats inonder les médias avec des éléments de langage destinés à riposter afin de déstabiliser puis de reconstruire l’opinion publique.

Mais ces nouvelles vérités médiatiques concernant Monsieur Benalla qui semblent de nouveaux mensonges macroniens avancent masqués et sans preuves : sur le nombre de mètres carrés de son logement revus à la baisse, sur le montant minoré de sa fiche de paie, sur ses attributions policières et les noms de ceux qui en sont à l’origine, sur ce que permettent ou non ces accréditations sur le terrain, sur les obscures raisons d’une mission d’observation (observer quoi ? et pour le compte de qui ?), sur la mise à pied pendant laquelle il continue de travailler, sur la nature de la retenue de salaire présentée comme prélevée sur des heures effectuées dans le passé mais non créditées sur un compte, sur sa présence dans le bus des bleus mais, nous dit-on le plus sérieusement du monde, pour s’occuper des bagages des footballeurs, et sur tant d’autres choses, nous ne disposons que d’une seule et même parole présidentielle diversement modifiée. Or chacun sait ce que vaut la parole de ces gens-là – de Celui qui la profère et de ses perroquets…

Si d’aventure une commission d’enquête n’a pas pu être évitée par le roi, sa présidente (qui est député du parti présidentiel, ce qui n’a pas été jugé déontologiquement impossible, c’est dire la moralité…), sa présidente, donc, se montre, comme c’était prévisible, juge et partie. On sent en effet à chaque minute de la retransmission publique de cet interrogatoire parodique la main de fer de l’Elysée dans ce bas de soie – au point que le co-rapporteur de la commission d’enquête quitte son poste, écœuré par ce qu’il y découvre…

L’Elysée a donc mobilisé le ban et l’arrière-ban des communicants, des habitués de cabinet de crise, des personnes habilitées à faire courir les bruits et à créer les rumeurs dans Paris, donc en France, à les lancer aux bons lieux, en présence des bonnes personnes, là où l’on sait que la propagande se répandra en métastases médiatiques. Quelques journalistes qui soutiennent éhontément le président en temps normal activent leurs réseaux et l’intoxication n’a jamais été autant avérée.

Le porte-parole de la présidence, le journaliste Bruno-Roger Petit, qui n’a jamais autant mérité que maintenant son patronyme, intervient, c’est son heure de gloire, mais pas pour longtemps car elle est suivie par une heure de honte qui suffira à en faire toute une vie sous le même signe : tout son laïus se trouve mis à mal par les informations qui suivent et s’enchaînent en cascade – même celles qui proviennent de l’Elysée, c’est dire l’état de panique. A Rome, dans ces cas-là, Monsieur Petit, on cherche de quoi être un peu grand et, pour ce faire, on recours à un poignard ou à du poison – j’entend : pour en user contre soi car, avec cette engeance, on doit toujours préciser… 

Alexandre Benalla, que tout le monde a vu en majesté musclée dans ses actes, apparaît à la télévision, sur TF1, dans « Le Monde », puis dans « Le journal du dimanche » - il manque « Le jour du seigneur » et « France-Inter», mais ne désespérons pas, tout viendra en son heure.

L’homme qu’on a vu sur des vidéos casqué, déambulant comme un animal qui titube, ivre de sang, et qui chercher à empoigner, secouer, taper, cogner, mettre à terre, mais pour le bien de la République et en offrande à son président bien aimé, semble tout droit sorti de l’ENA ou de Science Po, sinon de l’Ecole Normale supérieure : bien peigné, rasé court chez un barbier de l’Elysée peut-être, il porte des lunettes, c’est mieux que la visière, un costume, c’est plus seyant que la tenue sport du milicien, il parle de façon posée en récitant la leçon écrite par les communicants et apprise par cœur, c’est mieux que les vociférations et les hurlements dans lesquels il paraît tellement à l’aise. L’homme qui fait son Joë Starr pour la bonne cause républicaine semble habillé avec un costume du vieux monde qui rappelle ceux de feu François Fillon.

Dans ce qui est présenté par le journal comme un « Entretien exclusif », Le Monde titre : « Alexandre Benalla livre ses (sic) vérités » - tout est dit ! La vérité ayant cessé d’être une, puisqu’on en affiche de multiples, la preuve est enfin apportée que la vérité est morte, qu’elle n’existe plus et que, selon les cas, il y aura un jour les vérités du bourreau, le lendemain les vérités des victimes, ensuite les vérités des amis du bourreau puis, pour faire bonne mesure, et prétendre à l’équité, les vérités des amis de la victime. Voilà pourquoi, dans sa rubrique désintox, après avoir tant donné de place aux vérités multiples, « Le Monde » donnera ses vérités qui seront celles qui permettent à ses actionnaires de se réjouir de faire partie d’une si belle aventure journalistique. 

Mais, comme toujours, ce que l’on apprend n’est pas dans ce que le journal montre et qui est destiné à mieux cacher ce qu’il faut taire mais dans ses coulisses. Dans cet appartement prêté par « un journaliste reconverti dans les affaires », comme le précise sans y voir malice le quotidien du soir, se trouvait alors une certaine Michèle Marchand, dite « Mimi Marchand ». Il n’est pas dit dans l’article mondain, si je puis me permettre un néologisme, que cet homme a été convaincu d’escroquerie aux ASSEDIC (L’Express, 26.VIII.2018).

Cette femme a commencé sa carrière dans la casse de voitures, elle a eu deux maris qui ont fait de la prison, elle a régné sur des établissements bien connus des nuits parisiennes, elle a travaillé pour une revue d’amateurs d’armes, elle a été journaliste à Voici, elle a fourni nombre d’informations people à la presse du même nom, elle a été mise en détention provisoire pour une affaire de fausses factures qui impliquaient des célébrités, elle est aujourd’hui mariée avec un homme qui travaille pour les renseignements généraux. On ne sache pas qu’elle soit chargée de mission à l’Elysée, encore que, mais on sait qu’elle est une amie du couple Macron et qu’elle se trouvait avec Alexandre Benalla dans cet appartement où Le Monde avait été convoqué pour relayer la riposte élyséenne. Il est dit que ladite Mimi est responsable de la communication élyséenne de madame Macron. Du beau monde pour et avec du beau monde…

A la question posée par L’Express : que faisiez-vous dans cet endroit où se trouvait Alexandre Benalla préparant une riposte médiatique dans l’appartement de ce monsieur, elle répond : « A 19h30, j’étais de passage chez Marc Francelet, un ami de quarante ans, pour lui déposer les clés d’une location de vacances à Biarritz. Et j’ai vu le photographe du Monde qui attendait Alexandre Benalla. Je suis tombée du ciel. Je n’ai rien à voir avec tout ça. J’étais là par pur hasard. Et je suis repartie sans assister à rien ! »

Autrement dit : Mimi Marchand était aux côtés d’Alexandre Benalla chez ce journaliste recasé dans les « affaires » qui accueillait, probablement par hasard lui aussi, un journal qui recueillait la riposte médiatique ourdie par le cabinet de l’Elysée, mais tout cela, bien sûr, à l’insu de son plein gré… Qui cela abusera-t-il ?

Mais le plus intéressant dans cette affaire n’est pas qu’il s’agisse de la banale histoire d’un jeune roi qui protège et couvre son favori en l’ensevelissant de cadeaux aux frais de la République, c’est vieux comme le monde et les Mémoires de Saint-Simon regorgent de ces puérilités, c’est ce que tout cela trahit du caractère du petit roi. Faveurs, coucheries, alcôves, prébendes, complaisances, cadeaux, privilèges, avantages, largesses, voilà qui se trouve chez tous les mémorialistes du pouvoir de tous les temps et de toutes les époques.

Ce qui se dessine actuellement c’est, pour l’Histoire dont il semble si friand, la trace et la marque qu’Emanuel Macron risque d’y déposer. Il était écrit qu’il ne la laisserait pas sur le terrain politique : depuis l’abandon de la souveraineté de la France lors du traité de Maastricht en 1992, le président de la République n’est plus que l’un des ministres de l’Etat Maastrichien. Il en est l’homme lige, l’obligé, le serviteur et le domestique. Parfois, pour croire qu’il n’en est pas le valet, il feint d’avoir écrit la feuille de route que Bruxelles lui a donné. La seule façon qu’aurait désormais un homme politique français d’entrer dans l’Histoire, ce serait de faire sortir son pays de cet Etat maastrichien qui l’a dépossédé de tous ses biens et de tous ses attributs. Mais le molosse, on le voit, dispose des armes d’un Etat non démocratique qui, depuis des années, jette au feu les volontés sécessionnistes du peuple stigmatisées comme populistes. Nous n’avons plus le choix qu’entre populistes et populicides. 

Politiquement, Macron sera l’un des hommes de main de l’Etat maastrichien ; historiquement, un jeune roi trop tôt couronné auquel le pouvoir aura monté à la tête, c’était à prévoir dans notre régime de monarchie présidentielle. Lui qui prétend aimer le théâtre, il n’a jamais dû lire Shakespeare ou, s’il l’a lu, ne jamais le comprendre. Il semble plus doué pour Labiche et le théâtre de boulevard. Loin du Roi Lear du premier il joue plutôt dans Deux profonds scélérats du second. 

Car ce qui restera de cette affaire Benalla qu’un crétin de communicant anonyme a résumé en un jeu de mot foireux à la Libé : « Une affaire d’été plus qu’une affaire d’Etat » en estimant que ça suffirait pour calmer le bon peuple, c’est cette sidérante phrase proférée par Emmanuel Macron devant ses affidés, et non devant la commission ou lors d’une communication de son choix à destination des français, ses sujets : « Le seul responsable c’est moi et moi seul » dit-il. (Le Point, 25 juillet 2018).

Quelles conséquences tire-t-il de cet aveu ? Aucune. Bravache, hâbleur, matamore, suffisant, prétentieux, insolent, méprisant, si peu président de la République et tellement Enfant-Roi couronné, il ajoute : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu’ils viennent le chercher ». Or il sait pertinemment que son statut juridique l’immunise : il demande qu’on vienne le chercher alors qu’il sait que l’on ne le peut pas. Courageux mais pas téméraire. Les raisins de ce jeune homme sont trop verts…

S’il avait un peu d’honneur, de bravoure et de vertu, de courage humain et politique, de valeur, mais c’est beaucoup demander à un enfant-roi qui ne connait que son caprice, il se rendrait seul et de son plein gré là où tout le monde l’attend : à la commission qu’il s’honorerait de faire présider par tout autre qu’un élu de son propre camp et il y répondrait aux questions qu’on lui poserait. 

Pour l’heure, ce fanfaron en rajoute. Car, dans le même lieu, la Maison de l’Amérique latine, devant les mêmes élus godillots, il croit bon d’ajouter : « Alexandre Benalla n’a jamais été mon amant » (Le Parisien, 25 juillet 2018). Pour quelle étrange raison s’est-il crû obligé de préciser une pareille chose alors qu’il semble qu’aucun autre président de la Cinquième République n’a eu besoin de préciser ce genre de chose ? Pourquoi, en effet ? « Parce que » répond l’enfant-roi…"

Michel Onfray, 30/07/2018.

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vendredi 27 juillet 2018

Benito, Emmanuel, troublante concordance...

Concordance des temps ?



" Je déclare ici, en présence de cette Assemblée et en présence de tout le peuple italien, que j'assume, moi seul, la responsabilité politique, morale, historique de ce qui s'est produit.

Si les phrases plus ou moins déformées suffisent à pendre un homme, sortez le gibet et sortez la corde ! Si le fascisme n'a été que huile de ricin et bastonnade et non en fait une passion superbe de la meilleure jeunesse italienne, la faute m'en revient ! Si le fascisme a été une association de criminels, je suis le chef de cette association de criminels ! "

Benito Mussolini, dans un discours à la Chambre des députés le 3 janvier 1925. (via R.P.S.)


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jeudi 26 juillet 2018

Affaire Benalla: Une tempête dans un verre d'eau



Bon et bien j'ai regardé presque toutes les auditions devant le Sénat et l'Assemblée et ben mazette, quel bordel. Entre ceux qui mentent,  ceux qui ne savent rien, ceux qui laissent sous-entendre qu'ils savent mais qu'ils ne peuvent rien dire et ceux qui ne disent quasiment rien, si vous, simples lambda, arrivez à vous y retrouver, chapeau, parce que moi, j'ai du mal à suivre.

Au terme d'une semaine médiatiquement délirante et ou tout un chacun, députés, sénateurs, auditionnés, journaleux et commentateurs, a donné sa version, je ne sais toujours pas précisément quelle était la fonction du sieur Benalla. Je sais par contre qu'il n'avait pas les codes nucléaires, qu'il n'était pas l'amant du président, qu'il n'a jamais occupé l'appartement de fonction sur lequel il s'est fait fiscalement domicilier, que c'était une brute épaisse (évacué qu'il fut par Police-Secours du siège d'En Marche pendant la campagne), qu'il sait skier, ...  

Et depuis tout à l'heure, si j'ai bien suivi, je sais qu'il n'était pas chargé de la sécurité du Président mais chargé, plus ou moins, de la coordination de la sécurité du Président et que donc, à ce titre, il n'était pas le garde du corps du Président (même s'il l'a accompagné dans ses déplacements privés) et je sais aussi que, si il n'a jamais été policier, il avait un port d'armes car il pouvait être amené à assumer des missions de police. Bon, et bien c'est pas mal tout ça: On sait tout mais on ne sait rien et si vous voulez mon avis, on ne saura jamais rien de précis... C'est ainsi dans notre système: La transparence tant adorée de nos politiciens, c'est quand ça les arrangent.

Dans un an ou deux, ou plus, Benalla sera jugé, il écopera de quelques mois de prison avec sursis pour avoir cassé du manifestant et pi c'est tout ! 

Mais quelle histoire tout de même... Parce qu'au terme de ces huit jours, où en sommes-nous ?

Un Benalla qui pendant des mois a pu tout se permettre, un homme qui a, selon les propres mots du Président, déçu et trahi mais qu'on l'a tout de même gardé au Palais pendant des mois ( moi, je vous garantis que quelqu'un qui me déçoit et qui, en même temps, me trahit, il prend un coup de pied au cul, et il dégage à jamais),

un Président de la République qui reconnait ne pas avoir d'amants (vous êtes prié de le croire puisqu'il vous le dit) - on croît rêver - et qui assume publiquement être totalement responsable de ce bordel, sachant très bien qu'il ne risque rien,

un Président qui, tel un gamin à la récré, prévient qu'il ne faut pas lui casser les couilles et que ceux qui seraient tentés de la faire n'ont qu'à venir le chercher tout en sachant, bis repetita, que non seulement il ne risque rien mais qu'en plus il a tout un arsenal constitutionnel et militaire pour le protéger,

un bureau du palais présidentiel perquisitionné,

un Président dangereusement immature qui se fout royalement du peuple français.

Et le principal intéressé, Benalla, coaché par la responsable de l'image du couple Macron, preuve s'il en est que les Macron n'abandonnent pas leur protégé, qui donne une maxi interview pour dire sa vérité... et en particulier que, malgré tout, il l'affirme, le Président lui accorde toujours sa confiance.

What'else ?

Un ministre de l'Intérieur menteur et plus ridicule que jamais (et dont le collaborateur et conseiller en communication, Arthur Empereur, s'amuse lui aussi à se promener avec un brassard "Police"),
des hauts fonctionnaires qui mentent ou se taisent,
un Castaner, secrétaire d'Etat tout de même, qui nous prend pour des cons,
une assemblée nationale paralysée,
des députés En Marche qui racontent n'importe quoi quand ils ne se contredisent pas et qui apparaissent plus godillots que jamais,
une extrême droite qui aura fait cause commune avec l'extrême gauche,
une opposition de droite qui aura été lamentable mis à part, peut-être, Guillaume Larrivé, Philippe Bas, Eric Ciotti et Bruno Retailleau (où était Wauquiez?),
des médias qui n'auront pas épargnés, pour une fois, le Macron tout en publiant pas mal de conneries,
75% des Français choqués par toute cette histoire abracadabrantesque, 

et, enfin, hier, un président tout guilleret, pour ne pas dire à moitié bourré, qui s'en va à Bagnères-de-Bigorre dîner avec quelques élus avant de se prendre, aujourd'hui, un super bain de petite foule à la Mongie, bain de foule durant lequel des dizaines d'abrutis lui serreront la main et se feront prendre en photo avec celui qui ne cessent de les prendre pour des cons.

Bref un paysage politique sans dessus, dessous, la confirmation (pour ceux qui en doutaient encore) que l'abolition des privilèges n'appartient plus qu'aux livres d'histoires, la confirmation que le Nouveau Monde n'était qu'une tartuferie électorale n'ayant rien à envier à l'Ancien, la preuve éclatante de l'amateurisme de La République en Marche, une organisation élyséenne à revoir de fond en comble, un ministre de l'Intérieur lamentable, etc...

Et certains voudraient qu'on ne parle pas de scandale d'Etat quand d'autres voudraient n'évoquer qu'une simple affaire Benalla, un épisode de népotisme ordinaire...

Jupiter a tranché: Tout ce bordel ? Juste une tempête dans un verre d'eau !

Quant à vous et moi, si nous jugeons que tout cela est grave, que la France continue à s'enfoncer lamentablement, que nos institutions partent en quenouille, que la Vème République ne tient plus qu'à un fil et que le politique est de plus en plus désespérant, c'est que nous sommes injustes vis à vis de ce jeune Président, circulons, il n'y aura bientôt plus rien à voir.


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nb: à lire en complément: "Le tragique de Cornecul" d'Aristide Renou

mercredi 25 juillet 2018

Affaire Benalla: Emmanuel Macron a-t-il menti hier soir ?

Hier soir, au débotté, Macron est venu prendre la parole devant ses troupes. Je reviendrais sans doute ultérieurement sur ce discours si la chaleur ne finit pas par me bouffer totalement les neurones.

Sa deuxième phrase est la suivante: " Monsieur Alexandre Benalla n'a jamais occupé un logement de 300 m² à l'Alma [i.e. quai Branly]".

Moi, je veux bien croire Macron, après tout il est Président et on imagine mal un Président de la République mentir au peuple. Mais que penser d'un gars qui n'aurait jamais eu de logement de 300 m² quai Branly et qui, pourtant, s'y ferait domicilier fiscalement ? Hein ? Y a un truc, non ?

(source: Le Canard)

Précédente adresse fiscale : Issy les Moulineaux jusqu'au 31/12/2017
Nouvelle adresse fiscale à compter du 9/07/2018: 11, quai Branly, 75007 Paris.

Quelqu'un pour m'expliquer ?

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dimanche 22 juillet 2018

Et que chacun se mette à danser !

Un peu de musique en ce dimanche ensoleillé et pour celles et ceux qui ne l'auraient pas vu: Fête de la musique au Palais de l'Elysée...




(la bonne tenue de ce blog n'autorise pas la traduction en français de cette magnifique chanson)

Et on dit merci qui ? Merci Macron !


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samedi 21 juillet 2018

L'affaire Benalla, une scandale d'Etat. Indubitablement !





L'affaire Benalla, c'est quoi finalement ? C'est çà, tout ça:

Une affaire qui médiatiquement n'a démarré qu'il y a à peine soixante douze heures !

C'est l'histoire d'un gars sorti de nulle part si ce n'est d'une banlieue pourrie d'Evreux qui à 19 ans se retrouve garde du corps de Martine Aubry, garde du corps de Hollande à 20 ans, chauffeur de ministre, brièvement certes, à 21 ans, puis imposé par Manuel Valls pour un stage dans une école d'officiers de gendarmerie à 22 ans et nommé lieutenant-colonel de réserve à 25 ans ! 

Un gars qui malgré ses intenses occupations réussit à obtenir un master en droit,

Un gars qui devient un des plus proches collaborateurs du Président de la République, nommé conseiller spécial et n'apparaissant sur aucun organigramme de l'Elysée. Un gars qui devient donc à 25 ans garde du corps du président alors que ce dernier a déjà une garde rapprochée officielle de 70 bonhommes. Un gars qui s'attribue indûment la fonction et les insignes de policier et qui tabasse des manifestants au su du premier ministre, du directeur de cabinet de la présidence et du Président
Un gars qui est sanctionné pour  ces faits par une mise à pied de seulement quinze jours.

Un gars que le Président réintègre soi-disant pour ne plus s'occuper que de taches administratives mais qui, photos et vidéos à l'appui, continue de s'occuper de sécurité et que l'on retrouve même à Roissy le jour de l'arrivée des Bleus tentant de se substituer aux forces de gendarmerie présentes.

Un gars dont on apprend qu'il  devait s'occuper des Macron lors de leur prochain séjour à Brégançon.

Un gars qui a une carte officielle  de l'Elysée, une superbe voiture de police que même un directeur départemental de police n'aurait pas, voiture avec gyrophare amovible et feux dans la calandre. Un gars qui malgré avoir été sanctionné touche 10 000 euros de salaire et à qui l'Elysée fournit un logement de fonction dans une dépendance de la présidence alors qu'il en possède déjà un dans les Hauts de Seine.

Un gars dont on apprend aussi que l'Elysée voulait lui attribuer le rang de sous-préfet alors que l'âge requis minimum est de 36 ans.

Quoi d'autre ?

Un porte-parole de l'Elysée, Bruno Roger-Petit, qui ment.

Une procédure de licenciement imposée à l'Elysée sous la pression médiatique et politique,

la perquisition de son domicile personnel mais pas de l'appartement de fonction, la mise en garde à vue du dit gars,

la  mise en garde à vue d'un autre "faux" policier, réserviste de la gendarmerie, qui était aux côtés de Benalla pour casser du manifestant le 1er mai, 

la mise en garde à vue de 3 hauts gradés de la police nationale qui fournirent au bonhomme des vidéos auxquelles légalement il n'avait pas accès le jour même où Le Monde divulgue l'affaire,

3 enquêtes ouvertes dont une enquête parlementaire, première étape, théoriquement, pour enclencher une éventuelle destitution du Président de la République,

une assemblée nationale paralysée et qui ne veut plus travailler tant que l'affaire ne sera pas éclaircie,

une majorité parlementaire dans le plus grand des embarras, une opposition vent debout,

un premier ministre convoqué par l'Assemblée,

Un président de la République, un premier ministre, un ministre de l'intérieur et une ribambelle de fonctionnaires de police qui, théoriquement là aussi, risquent une mise en examen pour non dénonciation de délit (art.40),

Un Président de la République, garant de la Constitution, aux abonnés absents...

Quoi d'autre  ?  Et bien je crois que c'est à peu près tout pour le moment.

C'est proprement hallucinant ! Mieux ou pire que l'affaire Cahuzac, au choix... Un scandale d'Etat, indubitablement.

Déliquescence...

Qui sera le fusible ? Parce qu'il en faudra forcément un...

Et personne pour se poser la question de la relation qui lie ce Benalla à Macron parce que, forcément, il y a un truc pour que Jupiter ait tant offert à ce trouble personnage. Une journaliste a bien essayé, hier soir sur BFM, elle a été vite recadrée et prié de ne s'en tenir qu'aux faits...

A suivre...

Addendum: et voilà qu'on apprend que Benalla avait depuis un an un badge d'accès à toute l'Assemblée Nationale avec la plus haute accréditation. Ingérence de la présidence dans le législatif, atteinte à la séparation des pouvoirs ?


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vendredi 20 juillet 2018

Scandale Benalla - Macron: Le Nouveau Monde a du plomb dans l'aile...



Il aura fallu près de trois mois pour que le scandale éclate et à peine 48 heurs pour que l'on sache à peu près tout de cette affaire Benalla. 

Même la clique de BFM se met à taper (pas trop fort mais tout de même) sur Jupiter et l'exécutif, c'est dire si l'affaire est grave... Et elle l'est, tant c'est énorme.

Les deux choses que l'on ne sache pas encore c'est pourquoi Macron s'est laissé parasiter par ce Benalla (au point de l'amener en vacances) et que sait, sur Macron, ce Benalla, depuis deux ans environ qu'il  est à son service, pour avoir été à ce point protégé...

Cela fait un moment que j'écris que l'immaturité et l'arrogance de Macron, ainsi que cette impression de toute puissance dont il s'affuble, l'amèneront à commettre une p'tain de bourde et celle-ci en est une de première ...

Réseau de sécurité parallèle, usurpation d'identité et de fonction, privilèges indus, violence, impunité, passe-droits, police politique, manipulation, non dénonciation de délits, détention illégale d'arme, abus d'autorité, etc... tout y est !

Suis curieux de voir comment Macron va s'en sortir... qui, tout à son arrogance habituelle, n'aura eu, pour le moment, comme seul commentaire que: "la République est inaltérable !". Sous-entendu: " Je suis inaltérable " ?

Inaltérable ? Vraiment ? A suivre...

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mardi 17 juillet 2018

Désolé, cette équipe gagnante, ce n'est pas ma France.

 



J'avais promis 100% sans foot pendant cette coupe du monde, j'ai tenu parole. Celle-ci étant (enfin finie), je peux donc faire un p'tit billet sur ce grand moment de communion nationale (poils aux amygdales).

"On" est en quarts, puis "On"est en demies, puis "On" est en finale et enfin, cherry on the cake, "ON a gagné !! ". Je tenais tout de même à préciser que je n'y suis pour rien dans cette victoire de même que les centaines de milliers de crétins qui ont poireauté des heures durant sous un soleil de plomb pour entre-apercevoir, au mieux dix secondes, un bus passer sur les Champs. Non, je n'étais ni en quart, ni en demies, ni en finale, seule l'équipe de France de football y était. Seule l'équipe de France a gagné. Okay ? Alors, tout le reste, les hourras, les "on", les "We're the champions", vous savez où je les mets....

On me dit que cette équipe est merveilleuse, qu'elle est jeune, qu'elle est soudée, qu'elle est à l'image de la France, blablabla, et bien moi, cette équipe, quand bien même elle a gagné, elle ne m'a pas plu. Elle ne m'a pas plu parce qu'elle est peut-être trop bien à l'image d'une France en pleine mutation, une France multicul, une France en plein remplacement, une France en perte d'identité. Une France qu'on nous change sans notre consentement, de gré si vous êtes "progressiste", de force si vous êtes réac, nauséabonds... lépreux...

J'ai vu ce guignol de Drogba mettre le souk sur le perron de l'Elysée. J'ai vu ce si charmant m'Bappé saluer du balcon le bon peuple de Bondy invité pour l'occasion. J'ai entendu ces Matuidi et autres Giroud massacrer la Marseillaise toujours sur le perron du Château. J'ai vu un Président de la République fort content de cette ambiance déjantée: après les transgenres pour la fête de la musique, des footeux en délire pour la coupe du monde. J'ai vu cette remontée du bus sur les Champs, une remontée aseptisée, sous haute protection, au pas de course, une remontée qui n'avait rien à voir avec celle de 1998: pas de communion populaire, pas de symbiose; vu d'en haut, on aurait dit un cortège funèbre (voir photo ci-dessus). J'ai vu ces soi-disant supporters, cette racaille qu'on ne veut pas voir, mettre le souk dans le rues de Paris ou d'ailleurs.

J'ai entendu tous ces commentateurs et politiciens, Macron en tête, nous dire que cette équipe, c'est la France, l'expression des valeurs de la république et tutti, et Vive la France !, vive la République !, qu'ils ont tous dit ! Pour un ballon ? Grâce à un ballon ? Grâce à onze gamins en culottes courtes qui pendant un mois ont couru après un ballon ? Désolé, cette équipe gagnante, ce n'est pas ma France.

Nombreux sont à la fête: "On est champion du monde !" Ne vous faîtes pas d'illusion, cela ne durera qu'un temps, le temps des flonflons et de l'euphorie passagère, le temps des vacances. Et tout aussi vite la routine reprendra avec son cortège de faits divers, de catas, de coups de sang, de violence, de drames, d'attentats déjoués, ou pas... et de politique politicienne. Les chômeurs et les précaires qui, un temps, auront oublié leurs condition de chômeurs ou de précaires le redeviendront tout aussi vite, la couleur du pognon footballistique, ils ne la verront pas. Vous non plus, moi non plus.

Après avoir flotté aux vents, les drapeaux bleu-blanc-rouge seront jetés à terre, le football-patriotisme ne dure qu'un temps, celui de la compétition.

J'entends déjà les gentils me dire: t'es jamais content, on est champion tout de même, raciste, etc...  Et bien soit ! Désolé de ne pas communier, désolé de ne pas participer à la liesse nationale, c'est ainsi, quand j'aime pas, j'aime pas.



NB: Dans l'indifférence générale, y compris l'élyséenne, l'équipe de France  mixte de triathlon a remporté le championnat du monde ce 15 juillet. Pas de bus à impériale pour elle.


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

jeudi 12 juillet 2018

La vieille dame




" Sans doute habite-t-elle le même appartement ou la même petite maison depuis cinquante ans ou davantage et elle se retrouve dans le plus étranger des pays où, de son vivant même, elle n'a d'autre recours que de s'effacer toujours plus, se rendre invisible, devenir une ombre".
(librement adapté de Renaud Camus)


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mercredi 11 juillet 2018

Ce qu'il ne faut pas dire aux jeunes des cités...



Trouvé par hasard sur le net. Voilà qui date de 2008:

" Cent chrétiens lynchés au Pakistan valent moins, médiatiquement parlant, qu’un mort palestinien. Pourquoi l’injustice commise envers les Palestiniens reçoit-elle vingt fois plus d’écho que celle faite aux Tibétains, aux Tamouls, aux chrétiens du Soudan, aux Indiens du Guatemala, aux Touaregs du Niger, aux Noirs de Mauritanie ? Y a-t-il plus de gens concernés, plus de sang versé, une culture plus menacée dans son existence ? En fait, ce serait plutôt l’inverse. Que la Papouasie soit envahie par des colons musulmans qui massacrent les Papous et trouvent, en plus, inacceptable de voir les rescapés manger du cochon, voilà qui ne risque pas de remporter un franc succès à Mantes la Jolie.

Que des sales Nègres, considérés et nommés comme tels, soient exterminés par des milices arabes au Darfour, les femmes enceintes éventrées, les bébés massacrés, voilà qui ne soulève pas la colère des jeunes des cités. Et c’est dommage : si l’on accorde des circonstances atténuantes à un jeune Français d’origine maghrébine qui s’en prend à un Juif à cause de la Palestine, alors il serait tout aussi logique de trouver excellent que tous les Maliens, Sénégalais ou Ivoiriens d’origine s’en prennent aux Algériens et aux Tunisiens.
Voilà qui mettrait vraiment de l’ambiance dans nos banlieues. Le racisme franchement assumé des Saoudiens ou des Emiratis envers les Noirs, les Indiens ou les Philippins, traités comme des esclaves, ne soulève pas la vindicte de la tribu Ka, ni des Noirs de France. La responsabilité directe des Africains dans la traite des Noirs n’induit pas des pogroms de guinéens par les Antillais. Pourquoi seulement Israël ? À moins que la haine d’Israël ne soit que le paravent du bon vieil antisémitisme ; mais non, cela n’est pas possible, bien entendu.

Israël, 20.000 km2, 7 millions d’habitants, dont 5 millions de Juifs, est responsable du malheur des Arabes, de tous les Arabes, qu’ils soient égyptiens, saoudiens ou français. Israël est l’Injustice même. En le rayant de la face du globe, en massacrant les Juifs, on effacerait l’injustice. C’est bon, de se sentir animé par une juste colère. C’est bon, d’éprouver la joie de frapper et de persécuter pour une juste cause. Voilà pourquoi il ne faut pas dire aux “jeunes des cités” que les deux millions d’Arabes israéliens ont le droit de vote, élisent leurs députés librement.

Ne leur dites pas qu’Israël soutient financièrement la Palestine. Ne leur dites pas que des milliers de Palestiniens vont se faire soigner dans les hôpitaux israéliens. Ne leur dites pas que l’université hébraïque de Jérusalem est pleine de jeunes musulmanes voilées. Ne leur demandez pas où sont passés les milliers de Juifs d’Alexandrie. Il en reste trente aujourd’hui.

Ne leur demandez pas ce qu’il est advenu de tous les Juifs des pays arabes. Ne leur demandez pas s’ils ont le droit au retour, eux aussi. Ne leur demandez pas quelle est la société la plus “métissée”, Israël ou la Syrie. Ne leur dites pas que, s’il y a de nombreux pro-palestiniens en Israël, on attend toujours de voir les pro israéliens dans les pays arabes.

Ne leur dites pas que le négationnisme ou l’admiration pour Hitler ne sont pas rares dans les pays arabes ; que, lorsqu’il s’est agi d’illustrer les différentes cultures par leurs grands textes, la bibliothèque d’Alexandrie a choisi d’exposer, pour le judaïsme, le Protocole des Sages de Sion ; que ce ‘faux’ antisémite est largement diffusé dans les pays arabes. 

Ne leur dites pas que, du point de vue des libertés, de la démocratie et des droits de l’homme, non seulement il vaut mille fois mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, mais sans doute même vaut-il mieux être arabe en Israël qu’arabe dans un pays arabe. Ne leur dites pas qu’Alain Soral, du Front national, qu’ils détestent tant, est allé manifester son soutien au Hezbollah, qu’ils admirent si fort. Si on leur enlève la méchanceté d’Israël, que deviendront ceux d’entre eux qui s’en prennent aux feujs, sinon des brutes incultes, bêtement, traditionnellement antisémites ?

Il ne faut pas désespérer Montfermeil [Bondy, Trappes, Garges, Aubervilliers...]. Mais après tout, on peut tout de même essayer de leur dire tout cela sans trop de risque. Ils traiteront l’informateur de menteur, d’agent du Mossad, de représentant du lobby sioniste ou de raciste. Ils auront raison. Pourquoi se défaire de la commode figure du Croquemitaine responsable de toute la misère du monde ? Elle évite de s’interroger sur ses propres insuffisances. "


Pierre Jourde, " Il ne faut pas désespérer Montfermeil ", Le Nouvel Obs, décembre 2008 (via Jérôme Vallet)

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