lundi 31 août 2015

Des universités d'été à l'image du parti socialiste: Désastreuses !


Dites donc, vous avez vu un peu ce cirque ce week-end aux universités d'été du parti socialiste ? Génial, non ? Tellement génial et mémorable que dès le lendemain, il n'y a plus que moi pour en parler. C'est dire !

Le raout commence le vendredi et qu'est-ce qu'on voit à la télé: ben qu'il n'y avait pas grand monde, ça faisait un peu pitié. Mais bon... Au moins la crème était là: Y avait Cambadélis, Le Foll et quelques ministres, un vert ou deux en recherche de notoriété et d'un éventuel maroquin ministériel, des d'jeuns et puis c'est à peu près tout. Et quelques grands absents... Que Royal n'y soit pas allée, on peut comprendre, La Rochelle ne l'aime pas. Mais Aubry, cette grande figure du socialisme français, n'avait même pas fait le déplacement. Et Macron ? Ministre de l'économie et chouchou des socialistes, tout de même, pas invité par le premier secrétaire, c'est-y pas beau ? Et ce qui devait arriver arriva, faute de guests, la fête n'en fut que morose et terne.

Bon, le samedi, les gars, ils ont bossé, il y avait des ateliers organisés, des débats, des tables rondes et quelques discours dont on aura rien retenu.  Le samedi soir, par contre, y avait teuf et banquet et là, les amis, ça été coton: les  D'jeuns étaient déchaînés, à l'arrivée de Manolito, les cons, ils ont crié " Macron démission et Taubira à Matignon " ! Taubira à Matignon, c'est vous dire le niveau de cette jeunesse militante: manquer à ce point de respect pour l'actuel premier ministre, c'est franchement pas correct. Que même que Manuel, il n'a pas aimé et que, dit-on,  - mais chut! - il aurait giflé un boutonneux revendicatif, boutonneux qui aurait par la suite été ceinturé par Cambadélire, enfin bref, un tel bordel qu'il a fallu que le service de sécurité intervienne pour séparer les belligérants. Ça fait un peu désordre... Ainsi donc, après deux jours d'université, que retenir ? Ben rien. Heureusement le lendemain, il y avait l'hystérique de Matignon pour prendre la parole et prononcer le discours de clôture. Clôturer un " rien ", fallait oser; il a osé.

Il a pris la parole devant une foule immense d'environ 1 000 personnes, chauffées à blanc, tant par la chaleur que par les déclarations fracassantes de l'avant-veille du Macron sur les 35h. Heureusement le service d'ordre avait tout prévu: des bouteilles d'eau vendues sans bouchons afin qu'elles ne puissent voler, pleines, sur la tronche du Premier... Ambiance...

Et là, voyez-vous, du grand Manuel. Il y a mis son cœur et ses tripes, le garçon. Il a parlé de tout, absolument de tout et de rien: de la crise, des migrants qu'il fallait accueillir et surtout bien accueillir, de la croissance qui était là, enfin presque, du chômage qui finirait bien par baisser, de lui, de nous, de la France, de Badinter, des valeurs de la République, du 11 janvier et de cette France debout pour dire non au socialisme terrorisme, des muzz, des juifs, d'Israël, de la Syrie (enfin ça, je n'en suis pas sûr), du climat et d'écologie, de la sécurité, du code du travail qu'il faudrait sans doute alléger, des 35h que, lui vivant, on ne touchera pas (sujet clos), de la compétitivité des entreprises qu'il s'engageait à soutenir à donf,  des " sables mouvants de la défiance " qu'il fallait éviter, des élections régionales où toute la gauche devra aller  " unie " (surtout dans 3 régions, île de France, Paca et Nord pas de Calais, les autres, il semble avoir fait une croix dessus), de cette vilaine droite qui lit Valeurs Actuelles, des " barrières qui tombent " quand une élue FN s'en va causer avec les cathos, etc... de tout, vous-dis-je, il a parlé de tout.

Et s'est fait copieusement siffler par les d'jeuns lorsqu'il évoqua la réforme du code du travail... Marrant, lui et ses potes qui ironisaient lorsque Juppé se fit siffler à Bordeaux ou à Paris... Ce n'est pas bien de siffler, c'est pas correct. Il l'a dit d'ailleurs, Manolito, " il fallait se respecter et accepter les différences car si entre nous nous ne nous respectons pas, comment les Français pourront croire que nous les respectons " !... Brave Manolito, qu'il soit rassuré sur ce point, à la lecture des derniers sondages, les Français ne sont plus si nombreux à respecter les socialistes et le premier d'entre eux: Aux chiottes, la Socialie ! ( Oups, je m'égare). Un vrai discours ou à coups de menton, de doigt tendu, de bras levé, chemise mouillée et dégoulinant (même qu'à la fin, sexy, on voyait ses tétés et que Belkacem semblait émue), l'hystérique de Matignon aura prouvé une nouvelle fois que le chef c'est lui et que même si plus personne n'y croit vraiment, il était socialiste et de gauche. Marrant qu'il soit ainsi obligé de nous le rappeler si souvent... Applaudissements et clap de fin !

Alors, hein, ça valait pas le coup que je vous raconte ? Ne me remerciez pas... Vous en redemandez ? Allez, z'avez pas vu non plus, le soir même Cambadélis sur le plateau de BFM faire le debreef de ces universités ? Moi, j'ai regardé et me suis bien marré quand il a tenté de minimiser les sifflets et les tensions vécues sur place, lui qui, je le rappelle, ne manqua pas de se moquer des militants de droite qui sifflèrent Juppé... Oui, j'ai regardé Cambadélis se faire remettre à sa place par une étonnante Nadine Morano qui n'hésita pas à rappeler les condamnations judiciaires du monsieur... Séché sur place le bovin !

Bref, des universités clairsemées, une majorité éclatée, un parti socialiste divisé comme jamais, une ambiance pourrie, un premier ministre contesté, voilà ce que l'on pourra retenir de ce raout socialiste de fin d'été. Rien que du très habituel... Mais de penser que ces gens sont au pouvoir, comme le disait, samedi, un militant socialiste: " ça fait peur "

Folie passagère 2886.
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dimanche 30 août 2015

Génération Identitaire et gens du voyage: 2 poids, 2 mesures...

Deux petites histoires qui, bien entendu, n'ont rien à voir entre elles...

(les dangereux identitaires libérés ce matin)
Gare d'Arras; quelques jours après qu'un islamo-terroriste se soit fait poisser dans un Thalys par de vaillants américains en ballade, une dizaine de gars se revendiquant Génération Identitaire grimpent sur le toit de la dite gare, dressent une banderole réclamant l'expulsion de France des islamistes. Aucun dégât et, quoiqu'on puisse penser de leur revendication, force est de constater qu'ils n'ont dérangé personne, même pas les médias. Néanmoins, la police du sinistre Cazeneuve est intervenue, les a délogé et les a expédié illico au commissariat du coin où ils furent mis en garde à vue (avec tout ce que cela suppose). Après 24h00 de GAV, et donc une nuit au poste, ils furent ce matin relâchés et seront convoqués ultérieurement devant un juge. 

Fin de la première histoire et début de la seconde...

(l'autoroute A1 dans la nuit de vendredi à samedi)
Il y a quelques jours une bête avinée (2,28gr d'alcool par litre de sang) défouraille dans un camp de gens du voyage: 1 homme du voyage, 1 femme et 1 enfant sont tués. Ainsi qu'un gendarme lors de l'interpellation du tireur. Quatre jours plus tard et alors que les obsèques de l'homme du voyage sont prévues mardi prochain, une soixantaine de gens du voyage, de la même tribu, déboulent sur l'autoroute A1, à Roye, à quelques kilomètres du drame évoqué et bloquent l'autoroute pendant une vingtaine d'heures. Leur revendication: que le fils du monsieur abattu, actuellement en prison, obtienne une permission pour assister aux obsèques de son papounet. La portion d'autoroute est mise a sac, pneus brûlés, arbres abattus pour faire barrage... Et des milliers d'automobilistes bloqués, certains plus de huit heures. La police est là mais craignant de la part des 60 gusses des poussées de violence, elle  "choisit le dialogue " (dixit le préfet du coin). Ayant obtenu de la justice dont on ne saura jamais si elle a été influencée par cette prise d'otage autoroutière que le garçon ait une permission, les 60 gusses font un peu de ménage sur l'autoroute, dégagent et rentrent tranquillou au camp. Pas un ne sera interpellé, pas un n'ira en garde à vue. Il faudra encore plusieurs heures pour que l'autoroute soit totalement dégagé. Cazeneuve ne se rendra pas sur place et l'hystérique de Matignon ne dira mot.

Voilà, c'est tout et vous pouvez constater par vous-même que ces deux histoires n'ont en effet strictement rien à voir entre elles.  Si ce n'est, peut-être, une nouvelle manifestation du 2 poids, 2 mesures à laquelle nous nous accoutumons depuis 3 ans.

Folie passagère 2885.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 29 août 2015

Cazeneuve et les musulmans: entre dhimmitude et clientélisme

Un discours, certes long, de ce qui nous sert de sinistre de l'Intérieur (et des cultes) mais qui vaut la peine d'être lu... Assurément, en Socialie, l'avenir semble radieux pour les musulmans...




Discours de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, en clôture de la réunion de l'Instance de dialogue avec le culte musulman, lundi 15 juin 2015


" Monsieur le Président [du CFCM, Dalil Boubakeur],
Messieurs les recteurs,
Messieurs les imams,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Cette journée de dialogue entre les pouvoirs publics et les Français de confession musulmane aurait pu se prolonger fort longtemps, si j’en juge par la richesse des travaux qui se sont déroulés dans le cadre de quatre ateliers et dont nous venons d’entendre le compte-rendu.

La charge m’incombe pourtant de mettre provisoirement un terme à ces échanges, d’en tirer des conclusions – que j’espère aussi consensuelles que possible - et surtout d’indiquer les perspectives qui s’offrent à nous, afin que les objectifs que nous nous sommes fixés, fondés sur des diagnostics partagés, ne restent pas lettre morte. Mais avant d’en venir à ces considérations prospectives, je voudrais revenir sur l’esprit qui a présidé à cette rencontre exceptionnelle et sur le sens que nous avons voulu donner à ce dialogue.

Le Gouvernement, comme l’a rappelé le Premier Ministre ce matin, a souhaité susciter la réunion de cette Instance de dialogue parce qu’il est des questions très concrètes qui concernent l’exercice du culte musulman en France et qui méritent d’être traitées de façon concertée entre les pouvoirs publics et les représentants des fidèles.

Le Gouvernement a souhaité ce dialogue parce qu’il n’entend pas que les questions liées à l’exercice de votre culte fassent l’objet de polémiques démagogiques ou d’instrumentalisation à des fins partisanes.

Le Gouvernement a souhaité ce dialogue parce qu’il croit à la vertu de la laïcité : ce principe qui garantit à chacun la liberté de conscience – la liberté de croire ou de ne pas croire – et qui permet aux croyants de pratiquer leurs cultes dans des conditions dignes et paisibles. Tels étaient les objectifs de la loi fondatrice de séparation des Eglises et de l’Etat, adoptée en 1905. La laïcité, comme l’a rappelé ce matin le Premier Ministre, c’est donc la neutralité religieuse de l’Etat. Ce n’est pas le refus du dialogue que l’Etat entretient avec toutes les religions. Ce n’est pas davantage une démarche offensive visant à faire disparaître toute expression du fait religieux de l’espace public. La laïcité, ce n’est pas l’interdiction des repas de substitution dans les cantines scolaires. Cela, ce n’est pas la laïcité, c’est son instrumentalisation politique au détriment des seuls musulmans. La laïcité, ce n’est pas davantage l’interdiction du port du voile sur les plages. La laïcité, c’est ce principe qui transcende nos convictions et nos croyances et qui nous permet de vivre en bonne intelligence les uns avec les autres. C’est ce qui fait que nous formons une communauté nationale et que nous pouvons nous retrouver dans un même idéal de citoyenneté, dans le respect des lois communes et dans le rejet de toutes les formes d’intolérance. C’est donc au nom la laïcité que l’Etat doit garantir aux Français de confession musulmane le libre exercice de leur culte et qu’il doit en parler avec eux.

Nous en avons débattu au cours des mois passés au sein de tous les départements, en métropole comme dans les Outre-mer. Plus de 5000 personnes engagées dans l’Islam de France ont souhaité participer aux échanges organisés à l’initiative des préfets. J’en ai débattu personnellement avec le président et les membres du bureau du Conseil français du culte musulman. J’en ai débattu avec les responsables des principales fédérations de mosquées. Je me suis rendu à la rencontre des Français de confession musulmane dans leurs mosquées, à Bordeaux, à Carpentras, à Strasbourg, en Avignon ... pour en débattre encore. Et je continuerai de le faire. Inlassablement.

Et voici que s’achève cette journée d’échanges, riche de propositions et d’idées nouvelles.
La première condition de l’exercice libre du culte, c’est la sécurité. L’Etat doit naturellement assurer la protection des mosquées et garantir à chaque musulman, comme aux croyants de toutes les confessions, la faculté de pouvoir librement et paisiblement pratiquer sa religion, sans craindre d’être agressé, ni de subir pour cette raison des discriminations. Je sais que c’est un sujet qui préoccupe fortement, à juste titre, les Français de confession musulmane. J’ai déjà eu l’occasion de dire, notamment à Bordeaux au mois de février dernier, que je comprenais cette inquiétude et que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour apaiser ces craintes et procurer aux Français musulmans la tranquillité d’esprit à laquelle, comme chaque Français, ils ont droit. Dans la République, personne ne doit être menacé en raison de son origine, de sa croyance ou de ses opinions.

Face à la recrudescence des actes frappant les musulmans depuis le mois de janvier, face aux menaces pesant sur la sécurité des mosquées et des centres communautaires, le Gouvernement, bien entendu, n’a pas attendu la réunion d’aujourd’hui pour réagir. Mais nos échanges de ce jour étaient l’occasion de réfléchir aux moyens que nous pouvons mettre en œuvre pour mieux lutter contre ce fléau que sont les actes antimusulmans.

Comme vous le savez, le Gouvernement veille déjà à ce que 1000 mosquées fassent l’objet d’une protection par les forces de l’ordre et par les forces armées. Il y a eu trop d’agressions commises contre des mosquées depuis le mois de janvier, mais elles n’ont jamais fait de victimes et je crois donc que cet effort a un impact fortement dissuasif. Ce dispositif sera donc maintenu tant que l’état de la menace le justifiera. Le préfet Coudert, qui a succédé dans cette mission au préfet Latron, est l’interlocuteur des musulmans pour organiser cette protection. En outre, le gouvernement a décidé de consacrer 9 millions d’euros sur les trois prochaines années au financement d’équipements de sécurité, comme des caméras de vidéo-protection, dans les mosquées où le besoin s’en fait sentir. S’agissant de la répression des actes et des menaces commis contre des musulmans, des mesures immédiates ont également été prises. Dès l’an passé, j’ai ainsi donné instruction aux préfets de signaler systématiquement aux procureurs de la République tous les actes anti-musulmans, mais aussi racistes et antisémites, dont ils auraient connaissance.

Le préfet Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, a élaboré à la demande du Gouvernement un plan extrêmement ambitieux et cohérent, qui a été annoncé le 17 avril et dont il a rappelé ce matin les principales mesures. Je ne reviendrai pas sur chacune d’entre elles, mais voudrais insister sur trois points.

D’abord, je crois comme vous que la réalité du phénomène odieux que constituent les actes anti-musulmans est certainement sous-estimée, parce que trop de victimes hésitent à porter plainte : « A quoi bon ? se demandent-elles trop souvent, Qui donc m’écoutera ? » Il faut donc lutter contre ce sentiment de résignation, améliorer l’accueil des victimes, encourager les dépôts de plainte et faire savoir que la détermination de l’Etat à lutter contre ce fléau est sans faille. C’est pourquoi le gouvernement a demandé que L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), organisme chargé de rendre compte des évolutions des phénomènes délinquants et criminels en France ainsi que des réponses pénales qui y sont apportées, traite ce sujet dans le cadre d’une enquête de victimisation réalisée chaque année. En accord avec la Garde des Sceaux, je souhaite également que soit précisément évaluée la réponse judiciaire qui est apportée aux actes anti-musulmans : le bilan des condamnations prononcées à raison de tels actes doit être publié chaque année. Mais je vous demande également de contribuer à cet effort en relayant auprès des Français musulmans le message que je vous adresse. Il faut que les victimes portent plainte contre les actes et les menaces dont elles font l’objet ; je ne peux pas m’engager à ce que chaque auteur soit identifié, mais je m’engage à ce que chaque plainte sérieuse soit instruite.

Ensuite, chacun peut constater que le développement d’Internet et des réseaux sociaux, qui constitue par ailleurs un facteur de progrès exceptionnel, contribue également, hélas, à la diffusion des discours de haine, qu’ils soient dirigés contre les musulmans ou contre d’autres catégories de citoyens. Nous devons donc faire en sorte qu’Internet ne soit pas un espace de non-droit. C’est pourquoi j’ai engagé un dialogue avec les multinationales de l’internet et c’est également pourquoi j’ai décidé de renforcer nos moyens affectés à cette mission en créant bientôt une unité spécifiquement dédiée à la lutte contre la haine sur la toile. Mais là encore, nous devons travailler ensemble, pour améliorer le dispositif de signalements des messages de haine dirigés contre les musulmans. Rien ne serait pire que la résignation.

Enfin, au-delà des violences, au-delà des propos qui tombent sous le coup de la loi, je sais que l’image de l’Islam dans notre pays, ou la dégradation de cette image, constitue une autre source d’inquiétude. Je sais en particulier que, à la suite des événements de janvier, certaines déclarations, certains commentaires n’ont pas évité le piège de l’amalgame, du raccourci et de l’outrance, et que vous en avez été blessés. Pour ma part, comme je l’ai déjà dit, je comprends que les musulmans soient exaspérées de devoir sans cesse expliquer qu’ils n’ont rien à voir avec les attentats perpétrés sur notre sol. Je m’associe à votre indignation face à certains des propos qui ont été tenus. Mettre en relation les exactions de quelques individus avec les comportements et les valeurs de cinq millions de Français musulmans relève soit d’une coupable ignorance, soit d’une malhonnêteté inacceptable.

Plus généralement, je voudrais que nos concitoyens - et au premier chef ceux qui exercent une responsabilité publique ou qui aspirent à en exercer une – sachent s’approprier cette valeur fondamentale dans le débat public qu’est le respect. Comme tous les Français, les Français de confession musulmane aspirent à être écoutés et respectés. Chacun d’entre nous, lorsqu’il prend la parole, doit se représenter l’impact que ses propos auront sur celui qui l’écoute. Cela n’interdit ni le débat, ni le fait d’être en désaccord avec son interlocuteur. Mais le respect d’autrui est une responsabilité qui s’impose à toute autorité – politique, économique, journalistique, morale, religieuse – comme du reste à tout citoyen. C’est là la condition pour que nous vivions tous dans une société libre et apaisée.

Enfin, il est connu que les préjugés naissent de l’ignorance. Je crois donc également à la nécessité de faciliter l’accès du grand public à une meilleure connaissance de l’Islam et de la civilisation arabo-musulmane. Le ministère de la culture va entreprendre un travail de recension des projets portés par les institutions culturelles et audiovisuelles – France Télévision, l’INA, l’Institut du monde arabe, le Louvre, pour n’en citer que quelques-unes -et qui répondent à cette ambition. Des crédits publics seront également engagés pour soutenir les projets de recherche dans le domaine de l’islamologie, de l’étude de l’Islam de France et de la connaissance du monde arabo-musulman. Leur affectation précise sera annoncée à la rentrée.

Mais il appartient naturellement aux musulmans eux-mêmes d’être les acteurs de ce combat pour une meilleure connaissance de l’Islam comme religion et comme civilisation. Ce doit être, à mon sens, l’une des principales raisons d’être de la nouvelle Fondation de l’islam de France, qui aura bien entendu par ailleurs d’autres objectifs dans les domaines du culte, de l’éducation et de la solidarité. La gouvernance de cette Fondation devra faire toute sa place aux Français de confession musulmane, dans les champs de l’économie, de l’administration, de l’université et de la culture. Une mission de préfiguration sera mise en place d’ici l’été afin que cette nouvelle Fondation puisse être opérationnelle avant la fin de l’année.

L’exercice du culte, c’est également l’existence de lieux de cultes appropriés, en nombre suffisant pour permettre aux fidèles qui le souhaitent de se rendre à la prière. Des lieux qui respectent les conditions de sécurité s’imposant aux bâtiments recevant du public. Des bâtiments qui constituent un lieu de rassemblement mais aussi un sujet de fierté pour votre communauté. Il existe aujourd’hui environ 2400 mosquées et salles de prières en France. Certaines sont imposantes et même majestueuses : à Paris, bien sûr, à Lyon ou à Strasbourg où je me suis rendu. D’autres sont plus modestes. Par rapport à ce qu’était la situation il y a 20 ou 30 ans, le progrès est globalement considérable et il témoigne de la ténacité des membres de votre communauté – et souvent aussi, de l’attitude positive des élus locaux. Je veux saluer à ce titre la présence parmi nous de représentants de l’association des maires de France. Mais le nombre de ces mosquées, comme cela a été dit dans nombre des réunions préparatoires à cette instance, tenues dans les départements, n’est toutefois pas suffisant aujourd’hui pour répondre à toutes les attentes des musulmans de France. Les projets mettent des années à se concrétiser. Les règles d’urbanisme sont parfois vécues comme des contraintes supplémentaires. Et les financements ne sont pas toujours faciles à réunir.

A cet égard, vous n’ignorez pas que la loi de 1905 impose à l’Etat une abstention rigoureuse, puisqu’elle prévoit que l’Etat ne subventionne aucun culte. La religion n’est plus en France, depuis plus d’un siècle, considéré comme un service public que l’Etat prendrait en charge. Son organisation et son financement relèvent exclusivement des fidèles, ce qui est aussi pour eux un gage d’indépendance et de liberté. Mais ce principe n’exclut pas, comme vous le savez également, que les collectivités locales puisse faciliter l’aboutissement de certains projets de construction : en mettant à disposition des terrains dans le cadre de baux emphytéotiques ; en garantissant des emprunts ; ou encore en contribuant au financement de la partie culturelle de projets immobiliers à caractère mixte.

Bien des difficultés naissent sur le terrain du fait que les modalités précises d’application de ces règles ne sont pas toujours bien connues, par les responsables d’associations cultuelles mais également par les élus. Il en va de même, du reste, des règles d’urbanisme auxquels ces projets de construction sont soumis, ou encore des règles de gestion et de fiscalité applicables à ce patrimoine une fois qu’il est construit. L’Etat veillera scrupuleusement au respect de ces règles, afin que les musulmans de France puissent bénéficier de lieux de culte irréprochables sur le plan de l’architecture et de la sécurité. Réciproquement, je n’accepterai jamais que des projets de construction de lieux de culte soient bloqués par des élus au mépris du droit, ou en utilisant le droit de l’urbanisme comme un prétexte, par calcul politique.

Il ne faut donc pas que des malentendus surgissent et que des exigences légitimes, notamment en matière de sécurité, soient faussement interprétées comme des manœuvres pour bloquer tel ou tel projet. Nous avons donc besoin, sur ce sujet, de clarté et de pédagogie. J’appuie donc fortement le projet issu de l’atelier qui s’est réuni ce matin consistant à créer un groupe de travail rassemblant les responsables musulmans et ceux des autres cultes, l’Association des Maires de France, ainsi que les administrations concernées afin d’évaluer l’application de ces diverses règles. Cette initiative rejoint du reste l’une des propositions du rapport que le sénateur Hervé MAUREY a consacré au financement des lieux de cultes. Les conclusions des travaux de ce groupe mériteront d’être largement connues. Je sais que l’AMF publie à l’intention des élus locaux un guide très utile « Le Maire et les édifices cultuels » qui pourrait être actualisé. Le ministère de l’Intérieur soutiendra pour sa part la publication d’un Guide destiné aux responsables des associations cultuelles afin de répondre aux questions, souvent très concrètes, qu’ils se posent : en matière de gouvernance, de fiscalité, d’administration, de relations avec les pouvoirs publics etc. Ce ministère facilitera la diffusion de ce Guide auprès du plus grand nombre.

La question des cadres religieux, aumôniers et imams, est également au cœur des préoccupations des musulmans. Je sais que vous êtes attentifs à leur formation, à leur statut, parce que vous attendez beaucoup du service qu’ils rendent à vos communautés. Je me félicite donc de la présence de nombreux imams et aumôniers au sein de cette instance de dialogue. Leur contribution aux travaux de ce jour a été particulièrement utile. Par ailleurs, dans un contexte ou des prêcheurs de haine, très présents sur Internet, s’adressent à une jeunesse souvent ignorante des valeurs de l’Islam, il est important que des figures d’autorité morale et d’érudition soient à même de porter un autre message, conforme à un Islam de paix, un « islam de lumière » tel que l’a défini ce matin Dalil BOUBAKEUR. C’est là le souhait de beaucoup de familles, parmi celles que je rencontre et qui veulent éviter à leurs enfants le piège tragique d’un parcours de radicalisation violente, qui risque de les mener sur les chemins de l’exil, du crime et de la mort. Le même sujet concerne naturellement les aumôniers pénitentiaires, qui exercent leur mission avec beaucoup de dévouement et sont trop souvent confrontées aux menées de prêcheurs auto-proclamés, qui tentent d’enrôler leurs co-détenus dans des projets radicaux, parfois criminels.

Bien entendu, la formation théologique des imams ne regarde pas directement l’Etat. Ce n’est pas son rôle, pas plus que celui de former des prêtres, des rabbins ou des pasteurs. Mais l’Etat peut faire en sorte que soient proposées aux ministres du culte des formations appropriées dans des matières profanes : droit du culte et principes de la laïcité, histoire et sociologie des religions en France, gestion des associations cultuelles, dialogue interreligieux, etc. De tels diplômes universitaires de formation « civile et civique » sont proposés aujourd’hui dans six universités : à Paris, Lyon, Strasbourg, Montpellier, Aix-en-Provence et Bordeaux. Dans la communication que j’avais présentée devant le Conseil des Ministres le 25 février, j’avais annoncé que nous nous efforcerions de doubler ce nombre. Cet objectif est en passe d’être atteint. Je peux vous annoncer que trois formations supplémentaires seront ouvertes en septembre 2015 à Paris-Sud, Lille et Toulouse, et trois autres encore en 2016.

Le Gouvernement a décidé que cette formation sera très rapidement rendue obligatoire pour le recrutement des nouveaux aumôniers, dans les prisons, les hôpitaux et les armées. Un décret viendra bientôt formaliser cette obligation. Bien entendu, des commissions pourront juger que les candidats qui détiennent d’autres diplômes ou qui bénéficient d’une expérience appropriée seront dispensés de la nécessité d’en passer par cette formation ; mais l’essentiel est que les aumôniers soient bien armés pour répondre aux nombreuses difficultés qui peuvent se poser dans l’exercice de leur importante mission.

Dans la même perspective, la Garde des Sceaux a décidé de revaloriser fortement le statut des aumôniers pénitentiaires. Ceux-ci effectuent aujourd’hui un travail méritoire et difficile et ne bénéficient toujours pas des contreparties leur permettant de mener une existence décente. Je crois que chacun en convient. Alors que 60 nouveaux aumôniers musulmans doivent être recrutés dans toute la France, pour commencer à combler le déficit existant, nous voulons revaloriser très fortement la rémunération globale dont ils bénéficient afin d’attirer des candidats de grande qualité et de renforcer leur présence effective dans les établissements.

S’agissant des « imams détachés » qui continuent d’être affectés en France par leurs pays d’origine, nous avons ouvert des négociations avec les gouvernements algérien, marocain et turc, afin d’obtenir que ceux-ci s’engagent également à passer un diplôme de formation civile et civique à leur arrivée en France. N’étant pas Français, il est nécessaire qu’ils acquièrent une connaissance sérieuse des principes et des lois qui régissent l’exercice du culte en France. Il est également nécessaire qu’il maîtrise notre langue pour pouvoir s’adresser en France aux fidèles. Je connais bien sûr l’importance que revêt la langue arabe comme langue liturgique, comme langue d’accès aux textes sacrés de l’Islam. Mais il faut aussi que les imams puissent dialoguer avec les autorités civiles et avec leurs fidèles.
Permettez-moi de rappeler qu’il existe, pour l’Eglise de France, un canon du Concile de Tours datant de l’an 813, qui prescrivait déjà aux clercs catholiques de s’adresser aux fidèles « dans la langue des masses (« rustica lingua ») afin que tous puissent plus facilement comprendre ce qui est dit. » Cela n’a pas empêché les catholiques de conserver longtemps le latin comme langue liturgique ; mais ce n’est pas une mauvaise règle que de s’adresser à des auditeurs dans une langue qu’ils puissent comprendre. Ce doit être une exigence, en tout cas, pour les imams étrangers détachés car c’est la maîtrise de la langue française qui leur permettra de jouer pleinement leur rôle social – et non pas seulement liturgique – au bénéfice de la communauté. Au demeurant, la présence de ces imams détachés se comprend historiquement en raison de la relative pénurie d’imams français et formés en France. Il n’appartient pas à l’Etat, comme je l’ai dit, de se mêler de ces formations qui sont aujourd’hui assurées par des instituts de théologie privée. Il est toutefois important que l’université française, avec ses méthodes et dans le respect des valeurs qui sont les siennes, puisse délivrer des cours de haut niveau dans des disciplines que les futurs imams pourront souhaiter étudier en complément de leur formation « confessante ». C’est pourquoi je me félicite du projet de l’université de Strasbourg, à l’initiative du Professeur Messner qui est parmi nous et que je salue, de compléter son cursus de mastère en islamologie par un cursus de licence.

L’exercice du culte, c’est encore le fait de pouvoir accomplir sans difficulté particulière les pratiques rituelles que prescrit une religion : prescriptions alimentaires (hallal), célébration des fêtes (Aïd), rites funéraires ou pèlerinages. Je sais que beaucoup de musulmans souhaiteraient voir l’Etat intervenir davantage dans l’organisation du commerce hallal. L’abattage rituel ne s’oppose pas au principe de laïcité ; bien au contraire, il est l’une des composantes de la liberté de culte. Certains imaginent toutefois que l’Etat pourrait instituer un système de taxe sur ce commerce, qui servirait ensuite à financer les besoins du culte musulman. Au risque de les décevoir je me dois de dire que cela n’est pas possible dans un régime de laïcité. L’Etat ne saurait instituer ni prélever une taxe à des fins religieuses. C’est donc aux musulmans eux-mêmes qu’il reviendrait d’établir un tel système de financement du culte, s’ils le souhaitent, non à l’Etat laïc.

Mais d’autres pratiques rituelles peuvent appeler une intervention de l’Etat, souvent en lien avec les collectivités locales. Bien des efforts sont déjà engagés en vue d’organiser des abattoirs provisoires dans les meilleures conditions à l’occasion de la fête de l’Aïd. Ils restent en nombre insuffisant et les porteurs de projets sont trop souvent découragés par la leur coût et la complexité de leur mise en place. A la suite de vos travaux, je propose donc qu’un groupe de travail rassemblant des responsables religieux, le ministère de l’agriculture et le ministère de l’Intérieur soit constitué rapidement afin d’évaluer le dispositif actuel dans sa globalité et de diffuser les bonnes pratiques qui le méritent.

S’agissant des pratiques funéraires, je comprends que les demandes de carrés confessionnels dans les cimetières ne sont pas partout également satisfaites. Cette question est amenée à prendre de l’ampleur, au fur et à mesure que vieilliront les générations de musulmans nées en France, qui aspireront naturellement à enterrer leurs défunts en France. Or dans les cimetières communaux, le regroupement de fait des sépultures de même confession est non seulement permis mais encouragé par les textes. Je souhaite donc que l’administration procède à un bilan de leur application, afin de pouvoir envisager les mesures à prendre pour assurer une meilleure mise en œuvre.

S’agissant enfin de l’organisation du pèlerinage à la Mecque, le Hadj, je tiens à saluer les efforts déjà accomplis par les agences de voyage avec le concours des administrations et qui ont déjà abouti à l’adoption d’une « Charte de qualité » pour l’organisation de ce pèlerinage. Il s'agit d'un premier pas encourageant. Néanmoins, trop de pratiques commerciales abusives ont encore cours. Trop de prestations sont d'une qualité insuffisante au regard de la réglementation française. Je souhaite donc que le travail entrepris entre la coordination des agences de voyages et les ministères des affaires étrangères, de l'économie et de l'intérieur se poursuive et aboutisse rapidement à des résultats tangibles pour les pèlerins. Je souhaite que la coordination des agences prennent toutes les dispositions pour que la satisfaction de leur clients fasse l’objet d’un audit par un organisme neutre et impartial. Les avancées de cette démarche de qualité bénéficieront à tous et feront de cette coordination un acteur incontournable.

Comme pouvez le constater, beaucoup reste à faire et la réunion d’aujourd’hui n’est donc que le commencement d’un processus. C’est la raison pour laquelle l’exercice qui nous a réunis aujourd’hui a vocation à se répéter, au moins une fois par an, dans la forme qu’il a prise. Il traduit notre souhait d’avoir un dialogue plus nourri, une méthode plus efficace associant toutes les administrations ayant en partage dans leur domaine de compétence l’un ou l’autre sujet qui vous concerne. Ainsi pourrons-nous, de façon régulière, faire le bilan des réalisations en cours, de ce qui a été fait et de ce qui reste encore à faire. Des sujets importants pour les musulmans de France, comme l’enseignement confessionnel, n’ont pas été abordé aujourd’hui. Nous continuerons donc à échanger, à dialoguer, le cas échéant à tenter d’apporter des réponses aux questions nouvelles qui pourraient surgir, en parfaite coordination avec l’action du CFCM qui garde un rôle important et central, dont je veux saluer l’actuel président, le recteur Dalil Boubakeur, ceux qui l’ont entouré et celui qui s’apprête à lui succéder, Anouar KBIBECH. Bref, l’instance de dialogue a vocation à devenir un rendez-vous régulier entre l’Etat et les représentants de l’islam de France. Ce sera également le cas des consultations préalables qui ont eu lieu dans chaque département et qui se sont révélées fort utiles et dont les participants ont souhaité le prolongement.

Bien sûr, entre chaque réunion, nous devons travailler pour faire en sorte que les différents sujets que nous avons identifiés aujourd’hui avancent et trouvent des solutions satisfaisantes. C’est là l’objectif qui doit tous nous mobiliser. Certaines questions relèvent des compétences et des prérogatives de l’Etat : pour ce qui les concerne, ne doutez pas de la détermination du Gouvernement à prendre sans tarder les mesures qui s’imposent. D’autres devront faire l’objet de groupes de travail menés en commun : je pense par exemple aux règles applicables en matière de construction et de gestion des mosquées, au régime de protection sociale des imams, ou encore à l’organisation de l’Aïd. Enfin, bien entendu, d’autres matières, qui sont, elles, strictement théologiques, ne peuvent par définition relever de l’intervention de l’Etat.

Avant que nous nous séparions, je voudrais dire un mot plus général.

On le sait peu, ou plutôt on l’oublie trop souvent, mais c’est une vieille histoire que celle de la présence des musulmans en France. Une histoire qui remonte très loin dans le temps, jusqu’au Moyen Age, notamment dans les régions du sud de notre pays. Entre Bordeaux et Narbonne, dans l’ancienne Septimanie, mais aussi en Provence, des communautés musulmanes – certes minoritaires, mais qui n’en étaient pas pour autant négligeables – ont ainsi vécu jusqu’au XIIe siècle. Je crois que nous devons tous prendre enfin conscience de cette part de notre histoire commune, dont l’islam de France est aujourd’hui l’héritier
Souvenons-nous de l’ancienneté de la belle mosquée de Saint-Denis de la Réunion et souvenons aussi des raisons qui ont présidé à l’édification, dans les années 1920, de la Grande Mosquée de Paris. Ce symbole magnifique au cœur de la capitale fut en effet alors conçu comme un témoignage de reconnaissance à l’égard des dizaines de milliers de soldats musulmans morts pour la France entre 1914 et 1918. Faut-il également rappeler le sacrifice des soldats musulmans qui participèrent, entre 1940 et 1945, au combat national contre le nazisme et à la Libération du territoire national ? Enfin, aurions-nous oublié combien fut décisive la part prise par les immigrés venus d’Afrique du Nord, puis d’Afrique noire, dans la reconstruction du pays après la guerre et dans son développement économique au cours des « Trente Glorieuses » ?

Par le sang qu’ils ont versé, par leur labeur, par leurs talents, les Français de confession musulmane ont façonné et continuent à façonner la France – la France qui est notre bien commun. C’est en gardant toujours présentes à l’esprit cette histoire et cette réalité que nous devons poursuivre le dialogue qui nous a rassemblés aujourd’hui.

Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs,
Vous vous apprêtez à célébrer le mois du ramadan, au cours duquel sont mis à l’honneur la famille, la prière et la compassion envers les plus pauvres.
J’aurai plaisir à accepter le plus grand nombre possible des invitations qui m’ont été adressées à venir partager avec vous, dans les mosquées de France, le moment joyeux de la rupture du jeune, dans un esprit de respect et de fraternité.
Cet esprit de respect mutuel et de fraternité qui a inspiré le dialogue qui a été le nôtre aujourd’hui et qui doit toujours être de règle dans la République.

Vive la République, vive la France."

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vendredi 28 août 2015

L'église, le FN et les brebis égarées


Voilà qui fait débat: Marion Maréchal Le Pen est invitée à une table ronde organisée par le diocèse de Fréjus. La vache ! Toutes nos chaînes de télévision en ont parlé et des articles fleurissent d'un peu partout, surtout à gauche, pour condamner cette initiative. Même Bruno Roger-le-Petit s'es fendu de deux articles pour dénoncer et le silence des autorités religieuses concernant cette table ronde et " la longue tradition vichyste " de l'église de France, en gros, le retour des HLPSDNH. Bref, les bouffe-curés de tous poils sont de sortie: Il faut condamner cette rencontre que même, se plaît à nous le rappeler le Petit, le Général de Gaulle, s'il était encore de ce monde, aurait sans doute lui aussi condamné.

Et voila des gauchistes à petite plume en appeler à de Gaulle ! On croit rêver.

Doit-on rappeler à ce genre de Robespierre germanopratin, plus apte à commenter un match de foot ou à faire le clown chez Hanouna, que le FN d'aujourd'hui n'a d'une part strictement rien à voir avec les cagoulards de l'époque et que l'église d'aujourd'hui, même si elle compte quelques chapelles traditionnelles, un peu de la même manière que la gauche a ses frondeurs ou son extrême, n'a elle non plus plus rien à voir avec celle d'il y a 70 ans ? Ne nous donnons pas cette peine: Couillons et bouffe-curés un jour, idiots, toujours.

En Paca, le FN c'est grosso-merdo 40% des électeurs. Une terre d'élection pour le Front National, une terre d'implantation. Une région dynamique pour l'église catholique. Un ensemble des choses qui font que presque " naturellement " ni le FN, ni l'église, n'auraient pu continuer à se côtoyer longtemps sans se rencontrer un jour. Et c'est donc ce qui se produira ce week-end. La méchante Marion, "digne héritière de son grand-père" va rencontrer ce qu'il reste de " vichystes " en France. Faut-il être con à un point dépassant l'entendement pour laisser transpirer ce genre de chose. Un peu du même niveau que ces andouilles de la LDJ lorsque pour critiquer les employés de la SNCF qui auraient fui devant l'islamo-terroriste du Thalys n'hésitaient pas à évoquer " une longue tradition de collaboration ". L'église, qu'elle soit de France ou d'ailleurs, et plus particulièrement depuis Jean-Paul II, se veut une institution prônant le dialogue: Elle cause avec les muzz, elle cause avec les juifs, elle cause avec les orthodoxes... elle dialogue. Comment, en France, pourrait-elle ignorer et snober 25% de l'électorat, et donc sans doute un peu plus de 30% de la population. 

Depuis 40 ans, les politocards de tous bords, le landernau médiatique et les Robespierre à la petite semaine ont diabolisé le FN, souvent à dessein d'ailleurs, et ont refusé tout échange, tout débat. La gauche, après s'être outrageusement servi du FN pour emmerder la droite dite républicaine, sous l'impulsion de Terra Nova, a abandonné les classes populaires et les ouvriers qui n'eurent plus qu'à embrasser le FN qui, lui, leur parlait. On a vu le résultat, ce résultat qui fait frémir " d'horreur "  Le Petit et consorts: le FN est aujourd'hui une composante incontournable du paysage politique qu'on ne peut plus ignorer; tout juste peut-on, si tant est que l'on ne soit pas en accord avec ses idées, le repousser ou convaincre ses électeurs, par le dialogue et l'ouverture d'esprit, de changer de bord. En supposant que le FN soit le mal, comme se plaisent à le dire ses contempteurs, l'ignorer ou le combattre autrement que par l'argumentation et le dialogue serait le laisser progresser et " gangrener " plus encore le pays. Alors que l'église du Var invite Marion à une table ronde, rien de plus normal, rien de plus " #JesuisCharlie ", rien de plus chrétien, finalement. Qui plus est si l'on prend en compte les " penchants " catholiques que la jeune Marion ne cache pas.


Les gens comme Bruno Roger-le-Petit n'ont toujours pas compris, ne veulent pas comprendre, que les premiers responsables de la poussée du FN, ce sont justement eux et tous ceux qui n'ont pas su ou pas voulu voir, ni pris en compte, la détresse et la déshérence politique dans lesquelles se sont trouvés des millions de Français abandonnés par les forces politiques traditionnelles.

L'église est parfaitement dans son rôle quand elle invite le FN a une table ronde, c'est, à la limite, presque dans sa vocation: rassembler les brebis égarées. Reste à s'assurer que sous le blanc pelage ne se cache pas un loup... Je fais confiance à Monseigneur Rey pour ne pas se faire dévorer.

Quant aux gauchistes de toutes tendances, en ce moment, pas besoin de leur envoyer une bête immonde, ils se bouffent entre eux. C'est peut-être bien finalement ce qui dérange le-Petit et ses amis...

Folie passagère 2884.
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Jolie Bouille

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