mardi 2 septembre 2014

Rebsamen et la stratégie du siphonnage


Revenons donc sur la tirade de Rebsamen. Le ministre du travail qui n'a jamais fréquenté Pôle Emploi s'est fendu ce matin d'une déclaration qui met en émoi ou en colère une partie de la gauche tout en ravissant une partie de la droite. Eric Woerth et consorts saluent cette initiative gouvernementale, c'est de bonne guerre, le parti socialiste n'ayant pas hésité en son temps à vilipender la même démarche entreprise par Sarkozy.

Rebsamen a dit une belle connerie: "renforcer le contrôle des chômeurs". Il faut ne jamais été avoir été chez Pôle Emploi pour savoir qu'on y est plutôt bien contrôlé et ce justement depuis 2008. Il y a des fraudeurs, des partisans du moindre effort pour retrouver du boulot, c'est certain mais le problème n'est pas là. Le problème est que n'importe quel chômeur un peu fute-fute pourra sans aucune difficulté entourlouper son référent à Pôle Emploi. Il suffira de montrer une feuille avec plein de tampons d'entreprises que vous aurez visité en faisant du shopping ou de faire un beau tableau récapitulant les annonces auxquelles vous aurez (soi disant) répondu, un peu de tchatche et roule ma poule, le contrôleur, votre référent, sera content: Vous serez considéré comme un "bon" chômeur qui cherche sans trouver... je le sais, je l'ai fait. Ces gens-là n'ont ni les moyens ni le temps de vérifier et de juger la qualité de votre recherche d'emploi. C'est aussi simple que cela. Quand en plus, le système vous accorde jusqu'à deux ans d'allocations, il faudrait être un peu couillon pour ne pas en profiter. La dernière fois que je fus au chômage, la première année, je me suis reposé, la deuxième, j'ai cherché du boulot et j'ai trouvé sans, faut-il le préciser, la moindre aide de Pôle Emploi. Le problème est donc double: un problème de moyens et un système favorisant les abus. Rabaissons la durée d'allocation à un an, réduisons le montant des allocations et vous verrez, de suite, la "fraude"  et les abus diminueront à la vitesse grand V. Rajoutez à cela un marché de l'emploi sinistré et vous avez fait le tour de la question. Point barre.

Ceci dit, je me pose tout de même des questions sur la sortie de Rebsamen. Est-elle si innocente que cela ? Ne fait-elle pas partie d'une stratégie plus globale mise en place, non par la gauche de base, mais par les gens actuellement au pouvoir, peut-être même sans l'assentiment explicite de Président, stratégie visant à siphonner des voix dans l'électorat de droite par la mise en place d'une politique économique socio-démocrate-libérale; l'objectif étant de conserver le pouvoir en 2017. 

Regardez ce qui se passe depuis un petit moment: virage socio-démocrate adopté par Président, CICE, pacte de responsabilité, Président qui passe son temps à faire des bisous aux entrepreneurs, les Pigeons obtenant gain de cause, ... Puis l'arrivée de Valls comme premier ministre. Le discours d'i-celui devant le Medef et sa déclaration d'amour aux entreprises, son discours de La Rochelle  qui fit dire à Jacques Séguela: "on dirait du Sarkozy" et à Luc ferry " demain je vote pour Valls", la nomination de Macron à l'économie, celle de Boone auprès de Président, la pseudo polémique sur les 35h, le détricotage de la loi Duflot, le travail du dimanche sur lequel "il pourra y avoir des dérogations" etc, etc, etc.... Le discours nous est présenté comme socio-démocrate, n'est-il pas plus que cela: une stratégie plus subtile, plus longue durée, pour séduire une bonne partie de la droite ?

Valls portée au nues par les sondages et les médias, Macron nouvelle star, ode aux entreprises, mon avis est partagé: Prise en compte des réalités ou stratégie politique ? sans doute un peu des deux. On a largement accusé Sarkozy d'avoir gagné en 2007 en siphonnant des voix dans l'électorat centriste et frontiste, on l'a conspué en 2012, y compris dans son propre camp pour avoir, soi disant sous l'influence de Buisson, extrême-droitiser son discours pour siphonner chez Le Pen. N'assistons-nous pas en ce moment au même type de stratégie ? Le tout au profit du seul Manuel Valls et de ses amis, Président ne valant plus un clou ...

Si sur le plan économique, nous pourrions nous réjouir de cette évolution, sur le plan politique et idéologique, ne rêvons pas: un homme de gauche reste un homme de gauche et ses délires progressistes restent les mêmes. Taubira est toujours là, Belkacem, Delaunay aussi et manuel Valls se rase tous les matins, peut-être bien en pensant à 2017...

Folie passagère 2438.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

François Rebsamen est-il masochiste ?

François Rebsamen est rigolo. En déclarant qu'il demandait à Pôle Emploi de mieux contrôler les chômeurs qui n'en foutent pas une rame pour retrouver du boulot - comme si ceux-ci étaient légion - il s'est donné le bâton pour se faire battre. Serait-il donc masochiste notre nouveau ministre du travail ? Aurait-il oublié tout ce que le parti socialiste avait pu dégoiser sur "l'infâme" Sarkozy quand celui-ci, en 2008, je crois, s'était mis en chasse, contre les mauvais chômeurs ?

Rafraîchissons donc la mémoire à ce jean-foutre qui n'a lui ni jamais réellement bossé en entreprise ni même été chômeur. Que disait donc le parti socialiste en 2008, lisez:



Le plus marrant dans cette histoire, c'est que ce communiqué du PS, ce sont des cocus du 6 mai qui l'ont ressorti...

Pour les plus curieux de mes lecteurs, je les invite à regarder le nombre des radiations effectuées par Pôle Emploi depuis deux ans... en moyenne 48 000 radiations administratives chaque mois !

Sacré Rebsamen, encore un qui aurait mieux fait de se taire !

Folie passagère 2437.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

lundi 1 septembre 2014

Retour de Sarkozy: le mystère du sondage Itélé qui s'évapore

Alors que tout le monde ne cesse de se demander si Sarkozy va ou ne va pas revenir, y compris en racontant tout et n'importe quoi sur le sujet, Itélé, ce matin, a eu une excellente idée: questionner les internautes et les téléspectateurs sur le sujet avec une question toute simple:



Le problème, c'est que les résultats de ce sondage se sont apparemment perdus dans le cyber-espace et que personne n'a donc pu les voir. C'est ballot, non ?

Et puis, vous avez beau chercher, que ce soit sur le site d'Itélé, sur la page Faacebook de #TeanToussaint, sur twitter, via google, vous avez beau chercher et vous ne trouvez rien... Vous trouverez la réponse à la question du 2 mai dernier sur la crise des vocations dans l'enseignement, à celle du 27 mars sur le débat NKM- Hidalgo mais curieusement, celle de ce matin: "Nicolas Sarkozy doit-il revenir ?", rien, le néant, disparue, envolée... étrange... Les résultats furent-ils favorables à l'ancien Président, défavorables ?

On imagine assez bien que si la réponse à la question avait été un "non" massif, l'honnêteté et la déontologie qui caractérisent la profession auraient obligé nos désinformateurs à nous transmettre à grand renfort de trompettes le mauvais score de celui que tout le monde semble redouter. Mais là, rien... Nul n'oserait imaginer que Itélé ait pu passer à la trappe un sondage qui se serait révélé plus que favorable à Sarkozy...

Non, non, non, n’imaginons même pas cela, faisons comme si de rien n'était et espérons que cette disparition momentanée ou définitive ne soit que le fruit du hasard ou le fait d'un trou noir informatique... Qui sait, peut-être que d'ici à demain, peut-être dans un mois ou deux, le mystère sera résolu et qu'enfin nous saurons...

Folie passagère 2436.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

Genre, théorie du Genre, ABCD, c'est pas fini...

Non, non et non, on vous l'a dit et répété la théorie du genre n'existe pas,  tout juste peut-on parler d'études du genre (gender studies). Oui, oui et oui, on vous l'a dit et répété, les ABCD de l'égalité, c'est fini, leur promotrice-égérie, Belkacem, nommée ministre de l'Education Nationale, nous l'a certifié, promis, juré, craché. Tout juste devrons-nous nous contenter d'une sensibilisation poussée aux problèmes de l'égalité entre les petits garçons et les petites filles, de quoi leur permettre de s'interroger sur les stéréotypes. Bref, tout cela ne fut que feux de paille bien évidemment allumés par les fachos-intégristo-cathos habituels.

Ah oui, et ça, c'est quoi ?:


Voilà t-y pas que l'on découvre, au détour d'un tweet, que se tiendra du 3 au 5 septembre, à Lyon le premier congrès organisé par l'Institut du Genre, congrès dont le thème sera: Etudes de Genre en France. Nous découvrons par la même occasion, qu'avec vos thunes, a été créé, en 2012, un Institut du Genre, institut principalement sponsorisé et animé par le CNRS, la quasi totalité des universités françaises, le CNAM, l'Ined, l'Inserm et une kyrielle de fonctionnaires et de scientifiques du dit CNRS. "S’appuyant sur des UMR et des équipes explicitement engagées dans la recherche sur le genre, l'Institut du Genre constitue un lieu de coordination, de référence et d’accueil scientifique des recherches françaises sur le genre et les sexualités".

Lors de ce congrès auquel participeront essentiellement des gens du CNRS, des universitaires, des enseignants et autres spécialistes de la pédagogie, une bonne vingtaine d'ateliers de travail seront proposés, ateliers au nom aussi évocateurs que parfois surprenant:

- Introduire le genre en éducation: "Le genre étant un structurant identitaire précoce, de nombreuses résistances sont susceptibles de survenir lors d’enseignements le remettant en question. La question de la pédagogie d’un enseignement sur le genre est donc au cœur de la problématique de la prise de conscience des inégalités en vue d’un changement vers des attitudes et pratiques égalitaires entre les filles et les garçons,et qui soit également non homophobe ni transphobe".

-  Des usages de la lutte contre la violence "de genre" dans le contexte de la mondialisation néolibérale (sic). 

- "Serrer les dents" et "être beau". Tensions et pluralité des modèles masculins à l'armée.

- Hétéréogénéité, Hétéronormativité, quelle place pour les filles et les garçons au sein d'une classe.

- Quand le genre permet une relecture des nationalismes israéliens et palestiniens. 

- Le corps enfantin entre socialisation de genre et socialisation de classe. Le cas des familles de classes moyennes. 


Bref, toute une série d'ateliers qui - il suffit de lire les descriptifs pour s'en convaincre - visent à imprimer partout où cela est possible de l'école à l'armée en passant par la politique, la culture et l'économie, du plus jeune âge jusqu'aux adultes les éléments de la théorie du genre communément rebaptisée Gender Studies, études de genres. L'objectif étant, je cite: "de comprendre les modes de façonnement de l’ordre sexuel par l’ordre ou les ordres culturels androcentrés." afin de déstructurer un ordre établi donnant la préséance au sexe fort au détriment de l'épanouissement du sexe faible. 

Ce qui est frappant pour toute personne qui aura été se promener sur le site de cet Institut, c'est que sans jamais l'écrire formellement, on s’aperçoit que cet institut, ses chercheur-e-s et enseignant-e-s ( tout mot masculin sur leur site se voit accoler son extension féminine) n'ont qu'un objectif: la fameuse déconstruction des stéréotypes, en clair, ce que Belkacem se proposait d'inculquer dès le plus jeune âge aux enfants avec ses ABCD. 

La sauce n'ayant pas pris à la base, dans les écoles, le couvert est remis par le haut, par des chercheurs et des universitaires appointés par le contribuable. Il suffit juste d'attendre maintenant que le truc s'imprime progressivement dans les esprits par un mouvement descendant: chercheurs-scientifiques-universitaires-pédagogue-formateur pédagogue-enseignant-maîtres des écoles... 

Mais à part cela, on vous l'a dit, la théorie du genre, les études de genre, tout cela, c'est du flan qui jamais, ô Grand Jamais, n'atteindra votre progéniture... 

Folie passagère 2435.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

Le 5 octobre à Paris !

Le 5 octobre à Paris !