Bon, okay, cela a été un peu le bordel à l'Assemblée Nationale hier soir et cette nuit; derniers rounds du soi-disant débat en deuxième lecture du projet de loi Taubira. Falconhill et Autheuil, blogueurs de droite, en ont fait chacun un billet pour en rendre compte, quelques blogueurs de gauche en font, sourires en coin, la réclame. Les médias font tourner le truc en boucle. Logique.
Alors oui, en venir aux mains, ce n'est pas bien, surtout au sein de l'hémicycle, en ce lieu chargé d'histoire mais où les incidents de cette nuit ne sont que bien peu de choses comparativement à ce que l'on a pu voir autrefois. De quoi parle-t-on au juste ?
Vers 0h45, des députés UMP, énervés, en sont venus aux mains avec la garde rapprochée de la Taubira. Ouaip ! Ce n'est pas correct, pas républicain; difficilement pardonnable pour des élus de la République, qui plus est s'ils sont de l'UMP; n'est-ce pas ? Je suis d'accord. Ceci dit, sans les excuser ni les approuver, je les comprends totalement. Parce que pour une fois, j'ai regardé tardivement la retransmission de ces pseudos débats sur LCP. J'y ai vu un hémicycle au 3/4 vide. J'y ai vu quelques députés de droite et de gauche - où donc étaient les autres ? - s'escrimer à défendre leurs positions ou les amendements déposés. J'y ai vu les députés UMP LeFur, Gosselin, Dalloz et quelques autres monologuer puisque personne, en face, à gauche, ne daignaient répondre à leurs interrogations. J'ai vu avec quelle morgue Taubira et consorts ignoraient totalement les arguments des opposants à ce projet de loi. J'ai entendu comment, à chaque amendement déposé, les bancs du gouvernement ou ceux de la majorité répondaient " irrecevables ", " rejetés " ou " défavorables ", balayant d'un revers de manche, toute argumentation du camp d'en face. J'ai entendu le silence assourdissant de Taubira qui ne daignait même pas répondre aux questions de Jacob sur le fameux rapport du Conseil d'Etat qu'elle n'a pas voulu dévoiler. Oui, j'ai vu tout cela et j'ai entendu ces grands silences de la gauche qui sans nul doute jouait la montre, laissant la droite consommer son temps de parole, espérant ainsi précipiter la clôture des discussions. Hier soir, comme depuis des semaines, il n'y a eu aucun, absolument, aucun débat, mais une morgue incroyable de la gauche présente. Alors oui, et compte tenu de l'arrogance manifeste de la gauche présente hier à l'Assemblée, je comprends parfaitement leurs réactions courroucées. J'aurai sans doute réagi de la même façon. On peut me casser les couilles longtemps, on peut me snober, on peut me regarder de haut, on peut m'ignorer mais vient un moment où trop, c'est trop, j'ai envie d'en découdre. C'est ce qu'ont fait, hier, quelques députés de droite.
Et c'est exactement la même chose qui se passe à l'extérieur de la maison du peuple depuis des semaines. Nos médiacrates, nos gauchistes de salons, nos élus de la majorité, les Fourest, les Bergé, les Valls et Présiflan montent tour à tour au créneau pour dénoncer la radicalisation du mouvement d'opposition au mariage pour tous, en profitant, au passage, pour faire de classiques amalgames entres quelques gudards excités et les centaines de milliers d'opposants pacifiques.
Mais comment pourrait-il en être autrement ? Oui, comment ne pas comprendre qu'à force d'ignorer la foule des opposants, celle-ci commence à choper les nerfs ? Comment ne pas comprendre la colère grandissante d'un peuple que le pouvoir, depuis des semaines, ignore totalement ? Ce n'est pas une simple contestation qui gronde chaque jour un peu plus, c'est une véritable révolte en gestation; révolte chaque jour stimulée par le silence, l'arrogance et l'aveuglement du pouvoir en place.
J'ai vu aussi hier soir, vers 23h00, comment 200 ou 300 jeunes, les " veilleurs ", chantaient aux Invalides tout à fait calmement et pacifiquement. J'ai vu 3 députés de droite ( Gosselin, Tian et Poisson ) venir discuter avec ces jeunes, tout aussi calmement, sans les haranguer juste pour montrer qu'ils étaient aux côtés de cette jeunesse. J'ai vu comment tout ce monde là a été bousculé, molesté ou blessé par l'intervention des Valls' Bataillons. Oui, j'ai vu, lu et entendu comment depuis des semaines le gouvernement ( et les médias ) ont tenté de manipuler l'opinion en nous affirmant que ce projet de loi était égalité et liberté et qu'il y aurait, qu'il y avait, qu'il y a eu débats sur le sujet. Mon cul ! J'ai vu, lu et entendu comment la gauche bien pensante, celle qui a tous les pouvoirs, sauf celui de nous sortir de la mouise dans lequel le pays s'enfonce, a essayé de diaboliser le mouvement d'opposition, de monter en épingle les agissements de quelques " fachos ". J'ai vu comment, paradoxalement, cette gauche progressiste a, avec ce projet de loi, son arrogance et son jusqu’au boutisme, ravigoté une homophobie peut-être latente, à défaut d'être dissoute dans le vivre-ensemble.
Une séance de la honte nous dit-on ? Absolument mais pas la dernière séance, celle de cette nuit, mais bien celle qui a commencé il y a douze mois lorsque cette socialie, revancharde, vérolée au plus haut niveau mais donneuse de leçons, caviardisée, bien pensante, bien trop sûre d'elle-même, prête à tout pour dissoudre l'individu dans un collectivisme d'un nouveau genre qui ne dit pas son nom, mortifère et arrogante s'est installée au Château. La séance de la honte a bel et bien commencée le 6 mai dernier lorsque cette gauche incompétente en matière de finances publiques ou de redressement productif a préféré jouer le sociétal plutôt que le social. La séance de la honte, elle a débuté lorsque Hollande a, dès le lendemain de son élection, menti à ses électeurs et aux Français, quand cette gauche met à bon compte sur la droite une radicalisation qu'elle n'a eu cesse de stimuler. La séance de la honte a commencé lorsque plutôt que d'agir sur la crise économique et sociale, si longtemps déniée, la gauche a préféré s'attaquer au mariage pour tous et en faire une priorité quitte à bousculer le calendrier législatif initialement prévu.
Alors, scusez-moi, msieurs, dames, quelques députés ont rué dans les brancards hier soir et l'on voudrait les pointer du doigt; ne se tromperait-on pas de cibles ?
Depuis un an, la gauche, supposée apaiser le pays, n'a eu de cesse d'attiser la colère du peuple d'en face, peuple bien moins minoritaire qu'on nous le présente. Cette gauche devra être tenu responsable de tous les désordres éventuels à venir; Hollande sera et responsable et coupable.
La séance de la honte ? dites-vous... attendez de voir la prochaine; celle qui s'annonce !
Folie passagère 1672.
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