vendredi 30 janvier 2015

Quand on est François Hollande, on ne se fâche jamais avec les journalistes


La loi Macron va-telle nous sauver ? Ramener la croissance ? Stimuler l'activité ? Il paraît que oui. Bon. Ceci dit, si elle était l'alpha et l'oméga du redémarrage économique de notre pays, on se demande bien pourquoi les socialos qui nous gouvernent n'y ont pas pensé plus tôt. Surtout qu'à bien y regarder, tout Macron qu'il est, il n'a pas inventé le fil à couper le beurre puisque l'essentiel avait déjà été pondu par la Commission Attali sous Sarkozy, commission dont Macron était le rapporteur... Personnellement, je doute que ces mesurettes nous relancent et vu comment elle est reçue par la droite comme par la gauche, on se demande déjà ce qu'il en restera le jour où elle entrera en vigueur, au mieux pas avant la fin de l'année. D'ici là, le chômage a de beaux jours devant lui; à quand les 6 millions de chômeurs, toutes catégories ? Sous peu.

J'ai tout de même trouvé dans cette loi un truc intéressant qui prouve, pour qui en douterait, l'influence des médias sur la politique et l'amour totalement intéressé que Président ressent pour les journalistes. Ce truc, c'est le volet " Secret des affaires " de la loi Macron. Le projet de loi comportait un article visant à mieux protéger les entreprises de l’espionnage industriel. Ce volet avait été préconisé par une délégation de parlementaires emmenée par le député PS Urvoas, proche de Manuel Valls, requête intégrée dans la loi Macron: " il faut nous doter d'une législation protégeant ce secret des affaires " avait déclaré Urvoas. Aussitôt dit, aussitôt fait, un amendement est rédigé pour créer ce secret des affaires et l'assortir de sanctions pénales pour quiconque le trahirait. Incroyable, droite et gauche l'adoptent à la quasi unanimité des députés présents. Union nationale, on peut passer aux amendements suivants...

C'était sans compter avec les journalistes. Ceux-ci s'insurgent contre cet amendement estimant qu'il va nuire à leurs enquêtes, mettre en péril la sacro-sainte protection des sources, et patati et patata. Ils font par exemple référence à l'affaire du Médiator, de Bygmalion ou à celle de Lux Leaks qui n'auraient pas vu le jour si un journaliste n'avait pas eu accès à une source qui aurait en quelque sorte " trahi " le secret des affaires. Le mantra des journalistes: " Informer n'est pas un délit " et ils se déchaînent, balancent sur la toile des clips explicatifs et font pression pour que le texte soit retiré. Macron tente de les rassurer, rien n'y fait, la bronca continue. Et pourtant, le texte avait prévu d'exempter de sanctions toute personne qui " trahirait " ce secret si les révélations permettaient de mettre en avant quelque chose pouvant porter atteinte la sécurité des citoyens. Le texte prévoyait même que le secret des affaires ne s'appliquerait pas à la révélation d'une information " strictement nécessaire à la sauvegarde d'un intérêt supérieur, tel que l'exercice légitime de la liberté d'expression ou d'information ou la révélation d'un acte illégal ". De plus, un autre amendement prévoyait d'insérer la notion de secret des affaires dans la loi sur la presse de 1881, la plaçant au même niveau que celle de " secret professionnel ". Ainsi, les journalistes, leurs sources et autres lanceurs d'alerte, étaient protégés, exemptés en fait de ce secret des affaires et des sanctions éventuelles. Rien n'y fait à nouveau. Les journalistes ne veulent pas de ce texte sur le secret des affaires.

Devant cette fronde, le roquet personnel de Président, Bruno Le Roux intervient publiquement: " Visiblement, le moment n’est pas venu d’instaurer ce secret des affaires. Comme il y a incompréhension, je souhaite que l’on n’aille pas plus loin sur cette dimension ". Ses aboiements ne suffisant pas, c'est au tour de Président d'intervenir et de juger tout aussi publiquement (Sources: Le Monde et France TV Info), tenez-vous bien, qu'il n'était "ni opportun, ni judicieux de maintenir le projet tel quel, au vu de la contestation dont il était l'objet ". Un avis présidentiel qui sera traduit ainsi par le rapporteur de ce texte, le député PS Ferrand: " J’ai la conviction que la liberté des journalistes et l’action des lanceurs d’alerte n’étaient en rien entravées par ce projet. Mais pour éviter les angoisses inutiles et les procès d’intention, je vais déposer un amendement de suppression de cette partie du texte . ". Le gars dépose donc un amendement pour supprimer le texte, qu'en tant que rapporteur, il avait préalablement fait adopter et par la gauche et par la droite. En Socialie, on ne saurait décevoir l'occupant du Château. C'est ainsi.

Rappelons pour la forme et l'anecdote que Président s'était déjà illustré lors de la campagne présidentielle dans la défense de la corporation journalistique en promettant de ne pas toucher à l'abattement fiscal de 7 650 euros dont ils bénéficient tous.

De cette histoire, on retiendra que les candidats éventuels à la prochaine élection présidentielle ont tout intérêt à intégrer un des principes fondamentaux de l'action hollandaise: Ne jamais décevoir ou mécontenter la corporation des journalistes. François Hollande l'a si bien intégré qu'il se propose d'ailleurs d'augmenter à nouveau les subventions accordées à la presse. Normal, c'est pas cher, c'est l'Etat qui paye !

Folie passagère 2637.
Carnaval : Hollande, virtuose du pipeau ! - 28173958.jpg
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

13 commentaires:

  1. Il faut bien récompenser les lécheurs de culs et les béni-oui-oui

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    1. @Boutfil: les récompenser et/ou éviter leurs coups de griffes assassins.

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  2. Lors de la crise des attentats les journalistes dans un bel unanimisme, n’ont pas été avares de louanges envers François Hollande, nous le présentant comme « un gestionnaire exceptionnel » un grand « chef d’Etat rassembleur »

    Comme il n'est pas idiot, il sait à qui en premier lieu, il doit le rebond spectaculaire de sa côte de popularité. Il sait aussi que des laudateurs mécontents peuvent rapidement se retourner...

    Quant au chômage il attend, comme d'hab, que la courbe s'inverse un tant soit peu, pour pouvoir s'en revendiquer, mettant en avant des mesurettes habillées en réformes historiques.

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    1. @Mireille Devos: Les journalistes,.. rares sont ceux qui ont osé dire qu'après tout, Hollande n avait rien fait d autre que de faire pour une fois le job pour lequel il était payé. Ceci dit Hollande a toujours su s attirer les grâces des journalistes tant il a compris, depuis toujours, que c'était eux qui faisaient l opinion. Sarkozy, pour ne citer que lui, a pensé pouvoir se passer d eux, mal lui en a pris.

      Pour le chômage, seuls les socialos au pouvoir croient à un ralentissement en 2015 même quand l Unedic annonce le contraire.

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    2. d'accord avec toi sur un point Corto, effectivement après les attentats, hollande c'est contenté de laisser la police faire, et bien faire son taf, d'ailleurs houellebecq l'a parfaitement compris puisqu'il a dit que n'importe qui aurait fait aussi bien... bon c'est vrai que "grace " au "propagandistes subventionnés" on aurait pu croire qu'il avait soudain la stature De GAULLE, CHURCHILL, et ROOSEVELT réunis... c'est tout juste si ils ne nous ont pas dit qu'il était en première ligne lors des assauts... maintenant et contrairement a toi ,je penses au contraire que cette caste de petits marquis de la presse ne fait plus l'opinion, et ca les rends fous...la plupart des gens s'informent autrement maintenant, j'écoutes autour de moi, beaucoup de personnes ont parfaitement compris que ces "journalistes" sont au mieux des militants au pire des commissaires politiques, en place la plupart depuis au moins 30/25 ans et qui ne travaillent que pour leurs interets de classe et leur idéologie... principalement boboisante et multicul, sans d'ailleurs en vouloir aucun des"désagréments"
      faut les comprendres ils ont choisis leurs pauvres, comme les dames patronnesses qu'ils sont, ils les aiment... mais pas au point de vivre avec eux...et je crois qu'il est temps effectivement pour la classe politique de se rendre compte que ce n'est pas en écoutant ce petit milieu germanopratin que ca iras mieux pour elle, les derniers sondages de le pen devrait leur mettre la puce a l'oreille...

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  3. A la suite de l'article du fig sur ce sujet, j'ai commenté tout simplement : "On ne touche pas à la caste ..."
    Eh bien devinez ? Censuré.
    Les loups ne se croquent pas entre eux.
    Ça vaut bien une petite rallonge à l'abattement des 7 mille et quelques euros sur les revenus des intouchables.

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    1. @Un Dragon: pas étonné, ces gens là qu'ils soient de gauche ou de droite ne supporte pas la critique et qu on touche a la corpo. Des intouchables, c'est a peu près ça :)

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  4. Voui, Sarko a eu droit (et en bénéficie encore) au pire lynchage médiatique de l'Histoire, son crime: en pleine crise 2008, il s'est avisé d'envisager de réduire les avantages fiscaux des journaleux, de même qu'il serrait tous les boulons un peu lâches, là où il le pensait utile.
    J'ai été fascinée par cette réaction venant de nantis qui font leurs choux gras démagos en stigmatisant tout "riche" et en admirant toute fiscalité y afférente. Ils se sentent tellement au dessus du mortel lambda qu'ils ne se rendent même pas compte qu'ils sont en première ligne.
    Se sentent l'aristocratie intellectuelle en vendant une soupe sponsorisée par l'état, lors qu'ils créent moins de valeur qu'un bon fabricant de saucisses.
    Toujours, l'alibi culturel, intellectuel, qui exonère les œuvres d'art, non seulement de l'ISF, mais aussi des plus-values.
    Cahusac n'était pas si futé, il eût été plus judicieux de blanchir avec ses potes plutôt qu'en Suisse.
    CCLM

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    1. @CCLM: Dois-je te conseiller la lecture de Big Brother de Laurent Obertone qui vient de sortir ? :)

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  5. Comment voulez vous qu'il en soit autrement ,je ne vais pas faire ici la longue liste des accointances entre politiques, journalistes auxquels on peut ajouter show biz.
    Merci Corto , d' envoyer une autre musique que celle de la propagande journalistique

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  6. Et après tout cela, mon cher Corto, étonnez-vous que les gens n'aient pas plus confiance dans les journalistes que dans les politiques, de quelque bord qu'ils soient ?

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    1. @marianne: plus rien ne m étonne, je me prenais juste à rever que Hollande lors de la "petite " contestation contre la loi Taubira déclare: "ni opportun, ni judicieux de maintenir le projet tel quel, au vu de la contestation dont il était l'objet ". hélas, nous n étions pas journalistes!

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