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mercredi 21 octobre 2015

Quand Assad rencontre Poutine...

Quand Assad rencontre, mardi 20 octobre 2015, à Moscou, Poutine...


... tout est dit de l'échec de la diplomatie occidentale.

Folie passagère 2944.
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vendredi 24 juillet 2015

Dix parlementaires français " libres " en Crimée

Le parlementaire de Crimée Vladimir Konstantinov (à gauche) avec son homologue français Thierry Mariani le 23 juillet 2015 à Simferopol 

Nous sommes en démocratie, nous dit-on; dès lors, les parlementaires sont les représentants du peuple et à ce titre, ils sont libres d'aller ou bon leur semble. Ils sont ( ou tout de moins devraient-ils l'être ) les yeux et les oreilles de ceux qui les ont élus. Ne pouvant se contenter des discours officiels et parce qu'ils bénéficient de quelques facilités dont ne disposent pas les citoyens lambda, ils se doivent d'aller sur le terrain constater de visu ce qui se passe, que ce soit en France ou à l'étranger. Aucune loi et règlement ne restreint à ce jour les déplacements de nos représentants. Ils peuvent même, à l'improviste et sans prévenir qui que ce soit, débarquer dans la plus infâme de nos prisons...

Ces droit de visites et de libre circulation semblent encore plus nécessaires lorsque à propos de telle ou telle situation, les versions des autorités en place ne semblent pas recueillir un consensus largement majoritaire dans la population.

Et c'est exactement ce qui se passe depuis quelques temps. Il y a peu, 4 parlementaires français, 3 de droite et un socialiste, faisaient le voyage à Damas pour voir ce qu'il s'y passait, de visu, et rencontrer Bachar El Assad. Cette visite, financée sur leurs fonds propres, fut sévèrement critiquée par la gauche: On ne fraye pas pas avec l'ennemi désigné par Président. Plus récemment, c'est le député Poisson (PCD) qui lui aussi rendit visite à Assad. Là aussi la visite, peut-être moins médiatique que la précédente, fut sévèrement critiquée par la gauche, le président de l'Assemblée Nationale et Fabius.

Et rebelote ces jours-ci avec la visite d'une dizaine de parlementaires français en Russie et en Crimée. Crénom, en Crimée ! En terre ukrainienne " annexée " par l'affreux Poutine ! Voilà qui devait forcément rester en travers de la gorge de tous ceux qui soutiennent l'Ukraine de Porochenko ! L'hystérique de Matignon s'insurge, Fabius monte au créneau en se disant " choqué " et invoquant une violation du droit international, Bruno Le Roux aboie et Bartolone aura tout fait pour les en dissuader; sans succès. Tout juste si ces parlementaires français ne sont pas accusés de collaboration avec l'ennemi ! Tous d'évoquer que cette visite sera inévitablement, localement, utilisée à des fins de propagande par Moscou et les séparatistes. Possible, localement... Je doute néanmoins que des gens comme Thierry Mariani ou Jacques Myard, vieux habitués de ces voyages " pouvant nuire à la diplomatie de leur propre pays " se laissent abuser par ce qu'ils verront ou ce qui leur sera donné de voir; pas des perdreaux de l'année ces deux-là !

Et oui, cela ne plait pas à Président et à sa clique de voir des parlementaires " libres " aller directement au contact, sur le terrain, se rendre compte par eux-mêmes car refusant de se satisfaire de la seule position de l’Exécutif. Tout le problème, c'est que ces visites non avalisées par la Socialie se multiplient: Pas moins de trois en moins de trois mois, deux en Syrie, une en Crimée. Le dernier précédent remontant à ... 2002 avec la visite de 3 députés français en Irak, députés qui n'étaient pas convaincus par le discours ambiant sur la détention par Saddam Hussein d'armes de destruction massive. Hollande, alors premier secrétaire du PS, jugea cette initiative " étrange et stupéfiante " !

Ces visites révèlent néanmoins deux choses choses importantes: La première, et pour reprendre ce que disait Hollande en 2002, c'est qu'elles montrent que " les parlementaires manquent d'informations sérieuses et fiables " sur la situation en Syrie ou en Ukraine, le même Hollande qui suite à cette même visite de 2002 réclamait un débat parlementaire pour éclairer la représentation nationale ! La deuxième chose importante, c'est que ces voyages non autorisés révèlent au monde que la diplomatie française, domaine bénéficiant généralement d'un consensus politique large, est de plus en plus contestée par la représentation nationale, donc par les Français. Comment pourrait-il en être autrement... quand on se souvient des déclarations fracassantes mais dénuées d'effets de Président et de Fabius sur la Syrie ou sur l'Ukraine ...

Non, non, monsieur Le Roux, contrairement à ce que vous éructez, ce n'est pas une honte que dix parlementaires se rendent en Crimée sans avoir le moindre rapport avec les autorités ukrainiennes.Ce n'est pas une soumission à la Russie de Poutine et ce n'est pas une une honte pour le Parlement français. C'est tout à l'honneur de ces députés " libres " que d'aller voir par eux-mêmes ce qui se passe ailleurs. Que cela vous plaise ou non.


Folie passagère 2856.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

lundi 21 octobre 2013

Chronique diplomatique et écrans de fumée


Après ce qui s'avère être le pire week-end que la Socialie ait connu depuis le jour où DSK se fit poisser à New-York, je me demandais pourtant, dès hier matin, quel pourrait être l'écran de fumée que le gouvernement allait pouvoir dresser pour tenter, maladroitement, de nous faire oublier l'affaire Léonarda et les sifflets et huées des supporters de Samia Ghali.

Je n'ai pas eu à attendre longtemps. Il suffisait d'écouter nos médias dès ce matin. Grâce à une enquête incroyable de spontanéité et de sérieux - rappelons tout de même que l'affaire Snowden a éclaté il y a plus de 6 mois et que ce que révèle Le Monde était déjà connu de tout bon journaliste qui se respecte, à fortiori du gouvernement -, Le Monde dévoile que la NSA écoutait nos conversations téléphoniques, espionnait nos emails, sms et autres échanges numériques. Entre le 10 décembre et le 7 janvier, par exemple, le Grand Satan aurait procédé à l'enregistrement de 70 millions de données téléphoniques entre Français, toutes catégories de Français confondues. Crénom, les enfoirés! Heureusement, aussi vifs que l'éclair, nos dirigeants ont réagi comme nous aurions pu nous y attendre. C'est à dire stupidement.


Manuel Valls dont on sait que les service discrets n'écoutent personne déclare, coup de menton de rigueur: "Ces révélations sont évidemment choquantes et vont appeler des explications précises dans les heures qui viennent des autorités américaines.Si un pays allié espionne la France, c'est totalement inacceptable". Il se dit qu'il n'attendrait plus que le feu vert du Château pour raser l'ambassade américaine, façon nettoyage camp de Roms.


Fabius convoque illico l’ambassadeur US à Paris: "J'ai convoqué immédiatement l'ambassadeur des États-Unis, qui sera reçu ce matin même au Quai d'Orsay". Celui-ci, terrorisé à l'idée de rencontrer notre brillant diplomate en chef, se déplace aussitôt avec cortège de voitures blindées et sous protection, histoire néanmoins de bien nous montrer qu'il n'a rien à voir avec un simple diplomate kosovarien. Fabius lui passe une avoinée dont il a le secret: "Ce type de pratiques entre partenaires qui portent atteinte à la vie privée est totalement inacceptable. Il faut s'assurer, très rapidement, qu'en tout cas elles ne sont plus pratiquées";  autant dire que son Excellence en rigole encore.

L'affaire ne s'arrête pas là, Jean-Marc Ayrault, surpris par ces révélations, s'en empare en déclarant: " C'est invraisemblable qu'un pays allié comme les Etats-Unis puisse à ce point aller jusqu'à espionner autant de communications privées qui n'ont aucune justification stratégique, aucune justification de défense nationale.Nous attendons des réponses claires et justifiant les raisons pour lesquelles ces pratiques ont été utilisées et surtout en créant les conditions de la transparence pour qu'il y soit mis fin. C'est la base même de la confiance entre nous. " (Là, si vous voulez mon avis, Obama, Kerry et son Excellence se font dessus tant ils ont peur). Et alors qu'on lui demande si Obama himself sera sermonné, Ayrault, prudent et peu téméraire de déclarer: "Je laisse le soin au président de la République de prendre les dispositions qui s'imposent mais manifestement des initiatives s'imposent et elles seront prises" (Pour qui sait tendre l'oreille, on entendait à ce moment précis l’écho de nombreux fous rires venant d'outre-Atlantique).

Comprenez qu'à ce point de l'histoire et compte-tenu de cette ambiance guerre froide, il apparaissait comme logique que Notre Président intervienne sans plus tarder. Une intervention télévisée, peut-être, au cours de laquelle il déclarerait, seul mais face au monde, que: la France, 5ème puissance économique du monde, après avoir triomphé d'une jeune effrontée kosovare, ne saurait accepter que les conversations téléphoniques de ses citoyens soient écoutées par un pays étranger et qu'à cette fin il prendrait toutes les mesures nécessaires afin que cela cesse dans les plus brefs délais. Ainsi, et après qu'une grande concertation avec les partenaires sociaux et les forces encore vives de la Nation eut été organisée, une commission ad hoc sera nommée sous peu, commission dont la direction serait confiée à Jacques Attali, expert mitterrandien en écoutes téléphoniques. Notre Président, en responsabilité, attendra le rapport de la dite commission avant de prendre les dispositions qui s'imposent. La saisie du Conseil de Sécurité de l'ONU ainsi que celles du CESE, du CNH, du Comité Central LGBT et du Comité de rédaction du journal Le Monde pourraient être envisagées.

Mes chers compatriotes, vous le voyez, Notre Président et ses équipes sont aux affaires et rien, pas même une pantalonnade kosovare, un camouflet marseillais ou une popularité caverneuse, ne saurait les détourner de ce qui nous ne préoccupe absolument pas.

Dormez tranquilles, ils ne s'occupent de rien.

Folie passagère 1955.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.