Toute personne ayant ne serait-ce que de vagues connaissances en économie d'entreprise sait qu'un plan de licenciement de 1 500 à 2 000 personnes ne se décide pas du jour au lendemain.
On se souvient avec quelle hargne et quelle férocité, teintées d’interventionnisme déplacé et de stupidité, Arnaud Montebourg défendit Bouygues dans la tentative de celui-ci de racheter pour plusieurs milliards d'euros, une dizaine, SFR. On sait ce qu'il advint, c'est Numéricable qui l'emporta.
Aujourd'hui, on apprend que Bouygues Télécom s'apprête à licencier près de 2 000 personnes soit 23% de ses effectifs. Selon la direction de Bouygues, ce plan serait "la conséquence de l'échec des négociations pour le rachat de SFR". On apprend aussi que le chiffre d'affaires de Bouygues Télécom aurait chuté de 26% et ses coûts augmenté de 10% en deux ans.
A aucun moment lors de ses diatribes anti-Numéricable et pro-Bouygues, Montebourg ne fit état de ces difficultés et de ce plan de licenciement. Mieux, ou pire, Montebourg présentait le rachat éventuel de SFR par Numéricable comme une menace sérieuse pour le maintien de l'emploi chez SFR.
On peut donc se poser les questions suivantes: Montebourg qui ne ménagea pas ses efforts pour défendre Bouygues (groupe honni par la gauche sous Sarkozy) était-il au courant de ce plan de licenciements à venir. Etait-il informé des difficultés économiques de Bouygues Télécom ?
Dans l'affirmative, pourquoi n'a-t-il rien dit ?
Dans le cas contraire, comment faire encore confiance à un ministre qui défend des dossiers qu'il ne connait pas ?
Folie passagère 2276.
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