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lundi 3 juillet 2017

Madame Simone Veil ou " L'avorteuse " ?

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"L'avorteuse " - puisque c'est ainsi qu'elle est surnommée dans certains milieux - nous a donc quitté alors que je faisais bamboche dans l'Aveyron. C'est d'ailleurs, pour ainsi dire, la seule news qui me soit parvenue aux oreilles pendant ces 3 jours.

Simone Veil était une grande dame, une femme au destin incroyable. Un destin que tout le monde connaît plus ou moins; inutile de revenir ici sur les diverses étapes de sa vie.

Je me souviens que l'un de mes tous premiers billets de blog, en 2008, lui fût consacré. J'y racontais en quelques lignes l'admiration que j'avais pour elle.

Si mon opinion sur l'avortement a bien évolué depuis, j'y suis désormais opposé sauf pour les situations de détresse, jamais je ne me serais amusé à la traiter d'avorteuse. Dans un milieu parlementaire et gouvernemental encore hyper machiste, elle porta avec dignité et combativité la loi de 1974. Et il apparaît que près de 40 ans plus tard, certains lui en veuillent encore à mort. Les commentaires que j'ai lu depuis son décès sur les réseaux sociaux sont absolument scandaleux pour ne pas dire dégueulasses. Provenant généralement des milieux ultra-tradi-catho ou de la " sale " extrême-droite, ils transpirent la haine, le dégoût et le mépris quand ils ne sont pas, en plus, teintés fortement d'anti-sémitisme.

La loi de 1974 était dans l'air du temps. Les années 70 post soixante-huitardes. Le progressisme en marche, le féminisme en pointe, la libération sexuelle, Emmanuelle, le droit des femmes et toussa. Que ce ne fut pas en 1974, cela l'aurait été en 1977 ou une toute petites paires d'années plus tard. Ce fut Simone Veil qui la porta en 1974, c'eut été une autre en 1979.

Avant cette loi, et pour peu qu'on en ait les moyens, on " fonctionnait " à l'aiguille à tricoter ou avec d'autres techniques qui relevaient plus de la barbarie que de la chirurgie. Après, on avorta " mieux " même si sur le plan humain, les choses furent longtemps encore difficiles à digérer: le quand dira-t-on, le regard des autres, l'acceptation, etc...

Bref, l'avortement légalisé était à la fois une bonne chose et une étape inéluctable de l'émancipation des femmes. Qu'on le veuille ou non.

Alors, insulter tel que je l'ai lu Simone Veil en personne relève à mon sens d'une bêtise et d'une méchanceté incommensurables autant que gratuites, quand cela ne révèle pas l'absence évidente de recul.

Simone Veil est une figure incontournable de l'histoire française et européenne. Point barre. Qu'elle soit panthéoniser ? A vrai dire, je m'en fiche, pas sûr qu'elle l'aurait souhaitée.

Le seul truc qui me chagrine c'est que je ne saurais jamais si, quand elle fit adopter cette loi, Simone Veil croyait avec sincérité, en conscience, que la notion de détresse tiendrait éternellement la route. Pouvait-elle imaginer que l'avortement prendrait une telle ampleur - 200 000 chaque année - et qu'il deviendrait quelques années un moyen de contraception comme un autre ?

Le fait qu'à aucun moment, à ma connaissance, elle ne se soit élevée contre ce qu'était devenue " sa " loi restera la seule ombre que j'apporterai au tableau que je me fais de cette femme...

Folie passagère 3373
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

vendredi 6 janvier 2017

Bayrou, c'est l'hôpital qui se fout de la charité !

Quand François Fillon déclare qu'il est " gaulliste et de surcroît chrétien ", ça escagasse grave François Bayrou qui réplique: " Je suis croyant, je ne vais pas m'offusquer d'un mouvement de foi, mais comment peut-on arriver à mélanger la politique et la religion à ce point, de cette manière déplacée? (…) Ce sont deux domaines que nous avons séparés depuis plus d'un siècle, c'est le principe d'une laïcité à la française " et de poursuivre: " Je connais François Fillon depuis longtemps, je ne l'ai jamais vu faire de déclarations de cet ordre. Ça doit être lié aux élections d'une manière ou d'une autre "

Il est vrai que nous non plus n'avons jamais entendu Bayrou faire état de ses convictions, n'est-ce pas ? Regardons:


Par  contre, j'ai le souvenir d'un gars qui se prétendait catholique pratiquant et qui n'hésita pas à appeler à voter pour un candidat à la présidentielle dont certaines propositions progressistes allaient à l'encontre de ce qui est cher, fondamental, à tout catholique pratiquant qui se respecte.

Pauvre type, imbu de lui-même et se croyant encore comme ayant un " destin " national. Gaulliste lui aussi, je présume...

Et souvenons-nous de ce que disait Simone Veil de François Bayrou: " Ah ça... Je l'ai bien connu, puisqu'il a été mon directeur de campagne pour les élections européennes de 1989. Intrigant, opportuniste, il n'a pas changé. En fait, il souhaitait que je fasse le plus mauvais score possible pour que je ne lui fasse pas d'ombre. On m'avait prévenue qu'il me trahirait. Et c'était vrai. Il a lui-même choisi la photo la plus moche possible pour les affiches électorales ! Déjà, il était convaincu qu'il était touché par le doigt de Dieu et qu'il était évidemment prédestiné à devenir un jour président de la République. C'est un traître, sûrement, mais aussi un illuminé."

Folie passagère 3414.
Gaulliste et chrétien, c’est aussi simple que cela !
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

samedi 9 novembre 2013

L'avortement n'a rien d'une banalité, n'en déplaise à Belkacem...

Préalable à ce billet: Ne cherchez pas dans ce billet une quelconque intention de remettre en cause le droit à l'avortement, il n'y en a aucune.

(14 ème semaine...)
Après avoir déconstruit ou tout au moins enclenché le mouvement de destruction de la famille traditionnelle française avec le mariage zinzin, et cela sous couvert d'un progressisme aussi forcené qu'irresponsable, nos dirigeants, sous la houlette de Najat Vallaud Belkacem, s'apprêtent à passer à une autre étape: la banalisation de l'avortement. A la demande de cette dernière, le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, créé par Pépère en janvier 2013, a remis hier l'un de ses premiers rapports: 34 propositions pour faire de l'avortement un droit ordinaire (sic). Un droit... ordinaire; comme si le fait d'avorter pouvait être quelque chose d'ordinaire.

Alors on peut penser ce que l'on veut de l'avortement, être contre ou pour, ce qui est sûr et certain, point sur lequel au moins tout le monde s'accordait, un avortement c'est abréger une vie qui commence, cela n'a donc rien d'ordinaire, rien de banal;  c'est à mon sens tout le contraire. Imaginer qu'une femme responsable puisse sortir totalement indemne psychologiquement de cette intervention (médicamenteuse ou chirurgicale) me paraît extravagant. C'est pourtant ce que propose le HCefh: faire du droit à l'avortement un droit ordinaire, exactement comme le droit de voter ou de payer ses impôts.

Parmi toutes les propositions, 4 sont spécifiquement dédiées à cette banalisation car après tout, le Haut Conseil, en préambule de son rapport, indique que l'avortement n'est: "qu' un événement assez courant de la vie sexuelle et reproductive d’une femme", autant "faciliter" cet événement, n'est-ce pas...

La première est de modifier le texte de la loi Veil. Dans celui-ci, et c'est bien ce qui à l'époque rendit possible l'adoption de la dite loi, apparaissait la notion de détresse. "La femme enceinte que son état de grossesse place en situation de détresse peut demander à son médecin l'interruption. " Le nouveau texte serait: "La femme qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse peut demander à un médecin de l'interrompre." De la détresse, on passe au souhait..." L'IVG n'est plus un problème", pas besoin d'être une femme pour savoir que l'avortement, l'acte en lui-même, reste et restera un problème à assumer au moins psychologiquement.

La deuxième mesure serait la suppression du délai obligatoire de 7 jours de réflexion entre les deux visites pré-avortement. Le médecin dérogeant à cette obligation est, pour l'instant et jusqu'à modification, passible de poursuites judiciaires. Ce délai était censé permettre à la femme voulant avorter de prendre sa décision en toute connaissance de cause. Sa suppression ne justifierait plus de deuxième visite puisque à l'issu de la première, la femme souhaitant avorter pourrait valider son choix; plus besoin de réfléchir...

La troisième mesure viserait à faire disparaître toutes mentions se rapportant à l'IVG sur les actes de remboursements de l'assurance maladie par souci de confidentialité. A terme, l'objectif est de faire disparaître du dossier médical de la patiente toutes traces d'avortement.

Quatrième proposition et non la moindre, je vous le donne en mille... la suppression de la clause de conscience du médecin pourtant inscrite (autre condition au vote de la loi Veil) dans le code de santé publique: "Un médecin n'est jamais tenu de pratiquer une IVG". Comment mieux banaliser quelque chose si celle-ci ne peut plus être l'objet d'un éventuel cas de conscience...

L'objectif de nos progressistes est donc clair: La banalisation de l'avortement et à terme en faire un moyen de contraception comme un autre, remboursable à 100% à partir de janvier 2013, y compris pour les bénéficiaires de l'AME.

Reste à savoir si mettre un terme à une future vie peut, quoiqu'en pense nos progressistes, être un acte banal. personnellement, j'en doute. Et ce n'est pas moi qui le dit: "L’IVG, même aujourd’hui n’est pas un acte anodin. Médicalement et psychologiquement, l’interruption volontaire de la grossesse comporte des risques qui peuvent apparaître rapidement ou avec le temps." (page d'accueil de SOS IVG)


Nb: qui n'a rien à voir avec le sujet, encore que, une des commissions de ce Haut Conseil participera au Forum des initiatives contre les stéréotypes sexués (FICSS) dont l'un des buts, je cite, "sera de valoriser les innovations existantes en matière de déconstruction du genre et des stéréotypes".

Folie passagère 1987.
Premier ministre
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.