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samedi 25 août 2018

Pédophilie et Eglise catholique, relativisons et... contre-attaquons !

Excellent article de Robin Padilla pour L'Incorrect intitulé " Pédophilie: Catholiques, sortez de votre bulle "; à propos de la pédophilie dans l'Eglise (mais pas seulement), sur les difficultés de l'Eglise de France à aborder certaines questions et sur l'abandon par les catholiques de la pratique religieuse...



" Les cas de pédophilie dans l’Église, même quand ils datent de plusieurs dizaines d’années, sont un sujet récurrent dans la presse et le cinéma. Une atmosphère assez sordide, où les crimes de quelques-uns décrédibilisent et affaiblissent l’ensemble de l’Église et des catholiques. Pendant ce temps, le catho regarde ailleurs, et s’étonne d’être de plus en plus seul...

Le lemming est un petit rongeur des régions arctiques : inoffensif et sympathique, il se reproduit à un rythme élevé et vis en groupe. Et selon la légende inuite, les groupes de lemmings se livrent régulièrement à des suicides collectifs, quand l’environnement se fait trop dur et les prédateurs, trop pressants. Toutes les caractéristiques des catholiques français. Ces derniers ont aussi adopté depuis longtemps la posture de l’autruche : excepté lors de l’épisode de la Manif Pour Tous, ils se sont repliés sur leur sphère familiale et leur paroisse, évitant soigneusement d’aborder les sujets qui fâchent avec le reste de la population française. Celle qui navigue entre catholicisme culturel et athéisme de posture, et qui n’entend parler de l’Église que pour défendre l’immigration ou lors des affaires de pédophilie. Dernier exemple en date : en une semaine, un rapport américain qui accuse près de 300 prêtres de Pennsylvanie d’actes pédophiles (remontant jusqu’en 1940) et une lettre ouverte du Pape François dénonçant les manquements de l’Église et exhortant les catholiques à se mobiliser.


Ces dernières décennies l’Église a commis deux fautes : la première, la plus importante, avoir dans de nombreux pays placé l’institution au-dessus de la parole des victimes en étouffant leurs témoignages et en empêchant la justice civile de faire correctement son travail. La seconde, ne pas avoir compris que cette erreur allait servir de carburant à une « guerre de l’information » menée contre elle, et qu’il fallait impérativement réagir sur le terrain médiatique et culturel. Certes, depuis une dizaine d’années, principalement sous le pontificat de Benoît XVI, une pléiade de mesures a été prise pour traiter plus efficacement les cas d’abus sexuel dans l’Église. Mais les autorités religieuses, surtout françaises, n’ont toujours pas compris qu’elles évoluaient dans une société qui lui était désormais indifférente face à des médias souvent hostiles. Ces réformes du droit canon, efficaces mais souvent complexes et absconses, ne pèsent pas grand-chose face aux affaires qui éclatent régulièrement, même si elles remontent à plusieurs décennies.

Résultat, face au crime immonde de la pédophilie, les prélats français et la plupart de leurs ouailles s’enfoncent bien souvent dans un silence qui paraît coupable, un repli sur sa communauté qui ne convainc personne. Le catholique français, tel le lemming, court tête baissée vers son suicide en refusant de prendre à bras le corps ce sujet qui participe largement au désamour entre les Français et l’Église. Dans la France périphérique qui met les pieds deux fois à l’Église (une fois pour les baptêmes, une fois pour les enterrements) et qui fait parfois le signe de croix à l’envers, l’association « curé = pédophile » fait des ravages depuis vingt ans.

Comment lui en vouloir ? La course en avant vers la modernité du clergé français (notamment sur les questions liturgiques) a creusé un gouffre spirituel entre la plupart de nos concitoyens et l’institution. Simultanément, l’actualité, le cinéma, les séries abordent la question de la prêtrise régulièrement sous le seul angle de la perversion sexuelle.

Les catholiques doivent contre-attaquer : oui, il y a un grave problème de pédophilie dans l’Église. Non, la pédophilie n’est pas un problème proprement catholique. De nombreuses études ont été effectuées (principalement aux États-Unis), et toutes mènent à la même conclusion : non, l’Église n’est pas particulièrement touchée par le phénomène, qu’on retrouve dans toutes les religions et toutes les autres institutions (notamment dans l’Enseignement). La plus importante de ces études, celles de l’Université de Santa Clara en Californie, concluait même en 2010 que les prêtres catholiques étaient 1,6 à 4 fois moins concernés par les relations sexuelles avec des mineurs que le reste de la population américaine. Rien de très surprenant en somme : en France, 94% des enfants victimes de viol le sont par l’un de leurs proches (un père, un oncle, un cousin…). Il reste donc 6% à se partager entre le prof de sport, l'instituteur, le centre aéré et, éventuellement, un curé.

Un calcul macabre, mais qui remet les choses en perspective : la pédophilie est un fléau qui touche toutes les sociétés, qui bien souvent, l’enfouissent sous le tapis des tabous. Des enfances en enfer et des vies brisées, dont l’Église n’a pas le monopole de la responsabilité. Depuis quelques années en France, les langues se délient. Des dizaines affaires éclatent dans le monde du sport, et dans L’Éducation Nationale, 30 agents ont été radiés suite à des affaires de pédophilie en 2016, 27 en 2015. Des cas nombreux et récents, qui n’ont pas « profité » de la même exposition médiatique que les affaires touchant l’Église et remontant parfois aux années 80.

Cette situation révèle que l’Église et les catholiques n’ont toujours pas intégré qu’ils étaient désormais minoritaires en France. En 2018, moins de 5% des Français assistent à la messe. Et si 64% des Français se déclarent encore « catholique », 56% ont « une mauvaise image de l’Église ». Un attachement culturel au monde chrétien, mais un désamour pour l’institution : les églises sans l’Église. Mais que vaut l’un sans l’autre ? Un instrument sans musique ? Sur la question de la pédophilie comme sur les autres sujets (mariage, avortement…) l’Église peine à convaincre au-delà de son petit cercle de fidèles. Une vieille dame un peu seule, ancienne notable désargentée, que personne n’écoute désormais car elle parle à elle-même.

Alors que toutes les minorités de France et de Navarre arrivent efficacement à se mobiliser et à faire entendre leur voix au moindre risque « d’amalgames », les catholiques n’apportent aucun contre discours sur la question de la pédophilie. L’enjeu est pourtant de taille, et nous l’avons vu, les arguments ne manquent pas. Une double tâche attend les catholiques français : redoubler de vigilance pour que ces actes ne soient qu’un mauvais souvenir, et repartir à la conquête des cœurs sur le terrain médiatique et culturel pour se débarrasser de ce stigmate infamant. "
Robin Padilla.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

vendredi 6 janvier 2017

Bayrou, c'est l'hôpital qui se fout de la charité !

Quand François Fillon déclare qu'il est " gaulliste et de surcroît chrétien ", ça escagasse grave François Bayrou qui réplique: " Je suis croyant, je ne vais pas m'offusquer d'un mouvement de foi, mais comment peut-on arriver à mélanger la politique et la religion à ce point, de cette manière déplacée? (…) Ce sont deux domaines que nous avons séparés depuis plus d'un siècle, c'est le principe d'une laïcité à la française " et de poursuivre: " Je connais François Fillon depuis longtemps, je ne l'ai jamais vu faire de déclarations de cet ordre. Ça doit être lié aux élections d'une manière ou d'une autre "

Il est vrai que nous non plus n'avons jamais entendu Bayrou faire état de ses convictions, n'est-ce pas ? Regardons:


Par  contre, j'ai le souvenir d'un gars qui se prétendait catholique pratiquant et qui n'hésita pas à appeler à voter pour un candidat à la présidentielle dont certaines propositions progressistes allaient à l'encontre de ce qui est cher, fondamental, à tout catholique pratiquant qui se respecte.

Pauvre type, imbu de lui-même et se croyant encore comme ayant un " destin " national. Gaulliste lui aussi, je présume...

Et souvenons-nous de ce que disait Simone Veil de François Bayrou: " Ah ça... Je l'ai bien connu, puisqu'il a été mon directeur de campagne pour les élections européennes de 1989. Intrigant, opportuniste, il n'a pas changé. En fait, il souhaitait que je fasse le plus mauvais score possible pour que je ne lui fasse pas d'ombre. On m'avait prévenue qu'il me trahirait. Et c'était vrai. Il a lui-même choisi la photo la plus moche possible pour les affiches électorales ! Déjà, il était convaincu qu'il était touché par le doigt de Dieu et qu'il était évidemment prédestiné à devenir un jour président de la République. C'est un traître, sûrement, mais aussi un illuminé."

Folie passagère 3414.
Gaulliste et chrétien, c’est aussi simple que cela !
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

vendredi 29 juin 2012

Des jours chrétiens sacrifiés sur l'autel de la diversité

 Que lis-je dans le Parisien de ce matin ? L'idée lumineuse de l'Association nationale des directeurs de ressources humaines ( ANDRH ) de supprimer 3 jours fériés chrétiens: le jeudi de l’ascension, le lundi de pentecôte et l’Assomption.

On garderait juste Noël, Pâques et Toussaint qui, de chrétiennes, seraient devenues fêtes sociétales ( sic ). Les catholiques apprécieront.

Et pourquoi donc ? Je vous le donne en mille... pour favoriser la diversité ! Le marquage chrétien des jours fériés ne serait plus en adéquation avec la couleur de la société qui travaille.

En fait, ces 3 jours chrétiens seraient convertis en simples jours de congés que chacun pourrait poser librement. L'idée serait ainsi pour les salariés musulmans ou juifs de poser ces jours fériés lors des fêtes liées à leur religion. Les entreprises éviteraient ainsi les départs massifs en week-end et leur gestion parfois difficile dans l'organisation du travail.

Si l'idée semble avoir du sens, gageons que si elle devait se concrétiser, cela ne se fera pas sans heurts ni sans apporter de l'eau au moulin des défenseurs, nombreux, des racines chrétiennes de la France.

Folie passagère 1231.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.