Le lynchage médiatique déclenché par le Canard semblant ne pas suffire pour flinguer François Fillon, nos médias, globalement acquis à la gauche macronesque, ont décidé de dégainer ce qu'ils pensent sans doute être l'arme fatale: François Bayrou. Vous le voyez et l'entendez partout en ce moment avec une mention spéciale à RMC et BFM, toutes deux propriétés du magnat des médias et soutien affiché d'Emmanuel Macron, Patrick Drahi.
Mais que peut-on attendre de François Bayrou ? Qu'a donc la France à gagner avec cet olibrius ? Que représente-t-il ? Qui représente-t-il ? Est-il si puissant pour qu'on lui donne une telle audience ? Le Modem est-il encore un parti avec lequel il faut compter ? Que nenni si on se fie aux chiffres. Le Modem, actuellement, c'est 1 député sur 577, 6 sénateurs sur 348, 4 députés européens sur 74, 0 Présidents de Conseils Régionaux, seuls 51 conseillers régionaux sur 1 722, 1 Présidence de conseil départemental sur 101 et à peine 48 conseillers départementaux sur 4 108 ! Moins de députés nationaux ou européens que le FN ! Un FN qui représente pourtant entre 25 et 30% de l'électorat.
Bayrou, c'était le troisième homme lors de la présidentielle de 2007 avec près de 7 millions d'électeurs et le soutien de Rocard, de Kouchner et de Cohn-Bendit. Il refusera de soutenir Sarkozy pour le second tour ! Bayrou n'est plus que le cinquième homme de la présidentielle de 2012 avec tout juste 3,2 millions de votants (9%), il annonce publiquement qu'il votera pour François Hollande. Quitte à renier les fondamentaux de sa foi catholique.
Bayrou, c'est tout le même le gars qui a raté la réforme du financement de l’enseignement libre en 1994, mettant 1 million de défenseurs de l'école laïque dans la rue. Echec qui lui vaudra de perdre une partie de ses responsabilités ministérielles. Bayrou, c'est le gars qui, malgré 30 ans de vie politique, n'a aucune vraie réforme ou avancée législative à mettre à son actif si ce n'est sa méthode conciliante de négocier... avec les syndicats de gauche. On ne compte plus, par contre, dans son parcours, les coups de gueule et les coups tordus qu'il n'aura de cesse de fomenter contre la droite classique et Nicolas Sarkozy. Il ira même jusqu'à co-signer une motion de censure déposée par le parti socialiste contre le gouvernement Villepin !
Bayrou, c'est aussi le gars qui réussira la performance d'échouer dans son propre fief des Pyrénées aux législatives de 2012 et qui ne devra son élection à la mairie de Pau que grâce au soutien actif d'Alain Juppé à qui il renverra l’ascenseur en le soutenant lors de la primaire de la droite et du centre contre Sarkozy.
Bayrou, c'est le gars qui n'hésitera pas à faire alliance avec le PS aux municipales de 2008 à Dijon avec Rebsamen, à Marseille avec... Jean-Luc Bennhamias, autre looser et girouette politique s'il en est !
Bayrou, c'est non seulement une succession d'échecs mais c'est aussi toute une série d'alliances ponctuelles avec le parti socialiste. Bref, Bayrou, c'est quasiment plus rien aujourd'hui, si ce n'est, peut-être, une candidature ouvertement anti-Fillon pour la présidentielle et tout juste 5% d'intentions de vote pour le moment.
Mais Bayrou, c'est aussi l'être ou le néant. Quand bien même il ne représente plus personne, il a besoin d'exister, besoin de montrer qu'il bouge encore, "un illuminé " dira de lui Simone Weil ! Mais un illuminé qui pour gagner sa vie, fort bien au demeurant, élève des chevaux de course, des pur-sang uniquement, sur lesquels des dizaines de milliers de dingos des hippodromes miseront chaque semaine des dizaines ou des centaines d'euros. Bayrou n'aime pas l'argent, il le fait courir !
Meilleur allié des socialistes en 2012, c'est à lui qu'on fait appel lorsque la droite est en passe de réussir l'alternance. Parce que quand il s'agit de taper sur la droite, sur Sarkozy, aujourd'hui sur Fillon, il sait ne pas se ménager, il sait porter les coups, il cogne même si souvent il raconte n'importe quoi. Comme dimanche dernier où il réclamait le retrait immédiat de Fillon de la course à la présidence.
Comme hier... N'a-t-il pas déclaré avec hargne et visant Fillon, sans que ni Bourdin ni Elkrief ne le reprennent: " Jamais, dans l'histoire de la République, un candidat au plus hautes fonctions, à la présidence de la République, n'a été ainsi sous influence des puissance d'argent ". A mourir de rire si l'on a connaissance des soutiens dont bénéficie l'autre coqueluche des médias, Emmanuel Macron: Patrick Drahi, Alexandre Bompard (on ne choisit pas sa famille...), Alain Minc, Pierre Bergé (Le Monde, l'Obs, Rue 89), Mathieu Pigasse (Le Monde, les Inrocks, l'Obs) Rothschild, Xavier Niel (Free, l'Obs, Le Monde) Hermand (décédé en novembre), Euro-RSCG qui s'est mis à son service, Pierre Gattaz et le Medef, Bernard Arnault (LVMH), Vincent Bolloré, De Castries (Axa), le trait libéral Institut Montaigne dont le président hébergera le premier QG de Macron, Simonccini (Meetic), Patrick Drahi (RMC, BFM, SFR, Libération, l'Express), Boujnah (Euronext), etc, etc, etc...
Bayrou a annoncé qu'il se prononcerait entre le 15 et le 20 février sur son éventuelle candidature. Il le sait, nous le savons, les médias le savent, il n' a aucune chance de l'emporter. Sa candidature, si elle devait être, ne peut même plus apparaître comme une classique candidature de témoignage tant son discours est connu, si peu de gens il représente (moins de 15 000 adhérents à jour de leur cotisation selon le JDD). Elle est donc purement stratégique et parfaitement cohérente avec le bonhomme: faire échouer la droite et le centre et, par, ricochet permettre à Emmanuel Macron de parvenir au second tour de la présidentielle. Aura-t-il, entre son éventuelle déclaration de candidature et le 17 mars, les 500 parrainages nécessaires ? Rien n'est moins sûr. Peu importe, si il ne les a pas, on peut parier qu'il apportera son soutien à Emmanuel Macron. Si il les a, son score de 5 à 6% sera suffisant pour empêcher Fillon de parvenir au second tour.
Ainsi, en 2017, Bayrou jouera dans l'élection à venir, le même rôle qu'en 2012, celui de joker de la gauche social-démocrate, mondialiste et inféodée aux puissances de l'argent. Étonnant pour un gars qui se dit de la France profonde, non ? Non, rien d’étonnant, c'est du Bayrou, l'incohérence incarnée, la loose en plus
Folie passagère 3448.