On nous a annoncé la mort de Gilberto Rodrigues Leal, otage Français du Mujao au Mali. Dès lundi soir, le 21 avril, la rumeur de sa mort filtrait sur twitter avec insistance. Et François Hollande de déclarer hier, mardi 22 avril, "qu'il y avait tout lieu de penser qu'il était décédé depuis plusieurs semaines du fait des conditions de sa détention"; sans dec', on imagine assez bien qu il est plus facile de mourir des suites d'une détention au fin fond du Mali que d'une cure à la Bourboule... que ce type est idiot!
Depuis plusieurs semaines... Ben zut, Rodrigues Leal est mort, c'est nettement moins glamour que le retour des 4 ex-otages de Syrie dont l'une des qualités premières est d'être journalistes. Quel déchaînement médiatique, quelle couverture incroyable de l’événement: rendez-vous compte, depuis l'annonce samedi de leur libération, on les aura vu partout les 4 de Syrie. Barbus en Turquie, propres sur eux à Villacoublay, embrassant dès leur descente d'hélicoptère Président, Fabius, puis, seulement après, leurs familles.
Les familles de Gilberto Rodrigues Leal et de Serge Lazarevic, toujours otage lui, devaient devant leurs écrans télés imaginer qu'un jour ce serait leur tour... Sauf que pour Gilberto, depuis plusieurs semaines...
Les 4 ex-otages de Syrie sont invités sur tous les plateaux télés et quelle pêche ! Nous ne pourrons pas ne pas être surpris par la forme extraordinaire dans laquelle ils semblent tous être, malgré, nous dit-on, les mauvais traitements, la vie pendant dix mois dans des sous-sols, la privation de ciel et de soleil, des simulacres d'exécution, la privation de nourriture, etc... Cela fait plaisir à voir. Ils sont forts ces journalistes, très forts, une santé et un moral à toutes épreuves. Il y en a même un qui n'arrête pas de rire et de plaisanter. C'est chouette.
Bien sûr, nous n'aurons jamais les réponses aux questions que nous nous posons, on nous dira juste que, bien évidemment, aucune rançon n'a été versée même si "les opérations et les négociations furent longues et difficiles". Là, n'est pas l'important, ce qui compte c'est qu'ils soient libres, n'est-ce pas. Hollande et Fabius auront fait leur show, un show à la hauteur de ce qu'il fallait pour occulter l'affaire "Morelle". Ils en profiteront pour nous dire tout le mal qu'ils pensent de Bachar al Assad et puis voilà. Toutes les chaînes de télévision auront fait leur cinéma et nous auront servi sur les plateaux de l'otage libéré - ad nauseam - montrant une fois de plus que si par malheur, un jour, vous êtes otage, il vaut mieux être journaliste ou photographe de presse que prêtre missionnaire ou touriste égaré.
Il eut été dommage que la fête fut gâchée par l'annonce de la mort de Gilberto Rodrigues Leal. Seuls les esprits chafouins oseront imaginer que l'annonce de sa mort ait pu être légèrement différée. Nous ne verrons pas Gilberto Rodrigues Leal sur les plateaux télé; Didier François, ce matin sur Itélé, c'était vachement plus mieux.
Folie passagère 2244.

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