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dimanche 22 octobre 2017

Emmanuel Macron, le mystère s'épaissit !

Photo Soazig de la Moissonniere/IP3/MaxPPP

Du bon, du très bon Bruno Frappat:

" Chaque jour le mystère Macron s’épaissit et prend de l’ampleur. Voilà un jeune homme sympathique, mal connu jusqu’alors, un peu lisse, dont une majorité de Français a cru qu’il allait changer la politique et faire passer la France de l’ombre des vieux systèmes à la lumière de la modernité alléchante et joyeuse.

Six mois après, ceux-là mêmes qui avaient voté pour lui dès le premier tour sont désarçonnés, désemparés, déçus. Le gendre idéal a trahi leurs envies de modération et d’équité, le premier de la classe se moque des fainéants qui traînent au fond de la salle, près des radiateurs du RSA et du chômage indemnisé, le liseur insatiable n’a pas de mots trop prétentieux pour les largués de la culture. Le jeune homme doué se rit des incapables et des impotents qui semblent constituer à ses yeux l’essentiel de ceux qui s’opposent à lui. Il tourne ses colères contre les encolérés qu’une injustice tenaille à bon droit. Il n’a aucune faiblesse pour les faibles, celui dont la femme si charmante (« les plus belles jambes de Paris », selon Karl Lagerfeld) était censée avoir humanisé le parcours et les idées.

Eh bien non, le nouveau, le tout beau, le gentil est une machine à avancer, une espèce nouvelle de politique-bulldozer qui dit « je vais de l’avant, le peuple me l’a demandé, je me suis engagé, il est trop tard pour réclamer contre moi ou trop tôt, attendez donc les résultats. Il n’y a nulle tromperie sur la marchandise. »

En quoi réside le secret, et donc le mystère de cet homme-là dont on éprouve quelques difficultés, cinq mois après (même pas une demi-année), à considérer qu’il est entré dans le costume du « chef » d’État, mais d’une sorte de lauréat du concours général, de surdoué sorti de ses cahiers de notes et ses « sèches » ?

Où réside son mystère puisque chaque humain en a un ? Serait-ce dans une absence de convictions profondes, d’idée juste de la justice, de sens du bien et de la commisération pour ceux qui n’ayant rien « ne sont rien » dans ce vaste hall de gare que constitue un pays ? Est-il bon, est-il méchant ? Choisir l’un ou l’autre terme ne serait pas très utile, ni juste ni vrai. Nul n’est d’un bloc, pas plus lui que le Français moyen de classe moyenne sur lequel il passe sans arrêt le rabot de la finance publique.

Le mystère de Macron, son handicap, le trouble qu’il suscite désormais dans le pays est de n’en point avoir, de secret, sauf négativement : il ne sait pas nous parler avec ses tripes, avec son cœur, il ne sait pas nous aider à nous élancer dans son sillage, il n’est pas entraînant, il se contenterait volontiers d’être convaincant. C’est là toute sa pédagogie. Cette manière de raisonner à propos de tout et de rien et de répéter, dans ses longs exposés, jusqu’à en être lassant, « c’était dans mon programme donc je m’y tiens », suppose que nous l’avions tous lu, de A à Z, son programme – et ses engagements.

La dernière intervention devant les Français, dimanche dernier sur TF1 et LCI, en vérité la première du quinquennat, a fait une impression forte non par le contenu mais par la manière de discourir. Il savait qu’il était en panne de « communication » (cet art mineur en quoi on voudrait résumer la politique) par rapport aux concitoyens.

Les experts, les conseillers, les médias et les sondages le lui répétaient à l’envi. Il fallait qu’il sorte de la manie de ses courtes visites « sur le terrain » et des bribes saisies par les perches-micros des télévisions (du genre « foutre le bordel »), bribes qui ne pouvaient synthétiser les linéaments d’une pensée se voulant complexe, comme toute chose aujourd’hui.

Ce soir-là, il fut assommant de volubilité. Les mots sortaient de sa bouche avec une précipitation frémissante, excessive, on avait du mal à suivre. Il était comme un homme pressé de faire partager ses arguments et qui s’emballe dans son discours prononcé au galop. Il fallait qu’il dise tout, tout de suite. Tout ce à quoi il croyait, tout ce qu’il voulait (« je veux », « je veux », « je veux » cent fois répété comme si nous allions automatiquement, entraînés par sa volonté suprême, vouloir avec lui).

Mais, pour user d’un langage un peu irrévérencieux, le président nous saoulait de paroles, nous engluait dans un tsunami verbal d’une telle ampleur que les journalistes qui l’interrogeaient étaient engloutis, disparus sous l’effet d’un dictionnaire de Sciences-Po se déversant sur leurs têtes désolées. C’était un monologue ponctué, de leur part, de haussements de sourcils, de clignements d’yeux, de vagues sourires crispés. On aura rarement entendu un président de la République balader de la sorte des intervieweurs accomplis et leur imposer le silence.

Que veut dire une telle attitude ? À quoi rimait cette incapacité à dialoguer, cette brutalité pour déposer tous ses arguments en même temps, dans un flot inarrêtable ? Il y a deux réponses possibles. Soit Macron n’a rien à dire d’important aux Français, soit il ne sait pas le leur dire et chacun doit se débrouiller avec sa tiède rhétorique. S’arranger avec le grand tas de mots déposés devant nous comme un camion de chantier déverse à grand bruit le sable qui va servir à refaire la chaussée.

Le mystère Macron est peut-être dans cette incapacité à transmettre simplement, en ligne directe, ce qu’il sait, ce qu’il veut, ce qu’il aime. À nous asséner ses vérités en bloc et en détail, il fatigue nos élans, décourage nos adhésions, mélange l’accessoire et l’essentiel et ne laisse rien paraître de ce qui, au fond de lui, le meut. Il ne suffit pas de dire sans cesse que l’on œuvre pour la France. Le ton avec lequel on le dit, les arguments dont on dispose, le cœur qu’on met à son discours, l’humour, tout cela constitue une qualité très recherchée chez tout dirigeant : le charisme.

Il est clair qu’Emmanuel Macron n’a que peu de charisme, tant dans le sens d’un caractère extrême que dans celui de la belle nuance. Il a raison et n’en démordra pas de sitôt. Il va falloir s’habituer à cette présidence du « je sais-je veux ». Et la défendre, le cas échéant, non pas avec des mots mais avec le constat que le réel avance et que le pays change.

Ce serait déjà formidable de voir la France, vieux pachyderme, se mouvoir dans une direction où le soleil brillerait pour tous. Mais Macron ne peut pas le pousser tout seul, ce pachyderme. Le sait-il ? "

Bruno Frappat pour La Croix.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mercredi 19 mars 2014

Secret Défense et fuites à tous les étages

" Je le surveille, je sais exactement ce qu’il fait." hollande à propos de Sarkozy, le 21/02/2014


Alors comme cela, Mediapart diffuse sur son site des extraits, astucieusement choisis, de la retranscription d'écoutes téléphoniques entre Sarkozy et son avocat. C'est bien. On "entend" parait-il, Sarkozy faire état de pressions qu'il aurait exercé sur quelques juges, juges qu'il a traité de "bâtards". Il parait même qu'il aurait agi auprès du magistrat Azibert - celui qui ne tente pas de se suicider en tombant dans l’escalier - afin que celui-ci l'informe de l'évolution de certains dossiers. La belle affaire ! ... dont je me contrefous comme de ma dernière chemise. On sait que Sarkozy est l'homme à abattre pour la Socialie, il suffit à mon bonheur de savoir qu'un homme seul puisse faire aussi peur à tous ces pieds nickelés qui nous gouvernent.

Et puis franchement, qui dans l'intimité d'une conversation, fut-elle téléphonique, n'a pas traité son patron de con, son banquier d'andouille, le voisin de facho, le gauchiard d'abruti ou votre serviteur de "trou du cul" ? Bref, rien de tout ce que j'ai pu lire de ces "écoutes" ne me choque. Quelque soit le pouvoir en place, les grands de ce monde agissent en sous-main, à leur convenance, pour obtenir les informations dont ils ont besoin pour préserver le pouvoir. La gauche morale peut se pignoler avec ça si ça l'amuse, elle eut, elle aussi, ses maîtres es écoutes; Mitterrand fut un modèle dans le genre. Non, la seule chose qui m’intéresse est de savoir comment une nouvelle fois ces documents parviennent entre les mains de pisse-copies, qui plus est à quelques jours d'une échéance électorale importante... Vous vous doutez bien que l'on en saura rien et tant pis pour la présomption d'innocence et le secret de l'instruction.

Non, c'est une autre histoire qui a retenu mon attention. Celle d'une journaliste de La Croix, journal peu soucieux de faire du bruit et du buzz s'il en est, qui fut embarquée hier et gardée au sous-sol de la DCRI pendant plusieurs heures pour y être interrogée. Sans la présence de sa directrice de rédaction, ni celle d'un avocat. Son crime ? Avoir rédigé un papier titré:" Comment contrer l'Islam radical en France "; article reposant sur un document adressé (et commandé) par le premier ministre auquel elle a eu accès. Cet article faisait état des grandes lignes d’un rapport demandé au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale par le premier ministre sur les moyens de mieux repérer et mieux prévenir la radicalisation de certains jeunes tentés par le djihad... 

Une journaliste pour ainsi dire mise au secret pendant plusieurs heures pour avoir rédigé un papier sur la menace islamiste, voilà qui aurait du mettre en émoi toute la gaucholalie et toute la corporation des journalopes, non ? Et bien non ! Pas un mot, pas une indignation, pas le moindre soutien de la part D'Edwy Plenel ou d'Aphatie ! Étonnant.

Ah, oui, j'ai oublié de préciser que le document auquel a eu accès la dite journaliste était classé "Secret Défense" ! Bien évidemment, personne ne se posera la question de savoir comment un document sensible a pu parvenir aussi facilement entre les mains d'une journaliste.

C'est tout de même dingue de voir le nombre de documents supposés être secrets qui traînent dans la nature depuis quelques temps.

Ce serait être mauvaise langue que d'écrire que cela fuit de toutes parts dans les arcanes de la Socialie... Mais " Merde, quand même !, merde !".. C'est tout à fait ça.

Folie passagère 2189.
une-la-croix
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.