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mercredi 28 novembre 2012

Non, rien n'a changé. Rien.

Voilà, ci-dessous, légèrement modifié, ce que j’écrivais, il y a tout juste un an. Un an et finalement de constater que rien n'a changé...



" Qu'est-ce que je suis fatigué, las, épuisé...de voir à quel point les préoccupations et/ou les discours de nos politiques sont à des années lumières de nos préoccupations, celles du quotidien, celles qui nous angoissent pour demain.

J'ai l'impression que plus ça va mal, plus on se complait dans le "tout va très mal". Vous savez, chaque matin, je lis la presse et écoute les infos à la recherche du truc bandant, du machin qui réveille: la bonne nouvelle, la bonne parole, la bonne solution, la recette miracle à tous nos problèmes. Je guette la parole d'un politique ou d'un éditocrate patenté qui me mettrait du baume au coeur, un truc qui me ferait bondir genre: enfin un qui a la solution, bingo, il a tout compris, y a plus qu'à... C'est vrai quoi, c'est pour cela qu'on les a élu, on les paye pour qu'ils nous sortent de la mouise et plus ça va... plus c'est la merde.

Je suis un post-baby boum !, moi, madame, je n ai pas connu la guerre, la vraie avec des fusils, des canons et de la barbaque qui crève au champ d'Honneur. Et pourtant, c'est une certitude, je n'ai connu que la guerre, d'un autre genre, un truc bien plus sournois, nettement moins franc du collier. Le machin qui ronge doucement mon pays, les autres aussi. Du canon, on est passé à la lettre de licenciement; on a remplacé les tranchées par des anti-chambres de la mort sociale: Pôle-emploi ou Apec. Puis vient l'agonie: Rsa, Restos du coeur, Secours Catholique, Armée du Salut et cie. Ils n'ont jamais été aussi présents et efficaces tous ces trucs-là. C'est cela, on génère la misère comme autrefois on produisait de la chair à canon. 3,1 millions de chômeurs, 8 millions de gens qui frôlent ou ont passé la ligne de front: le seuil de pauvreté.

Puis vient la mort, la vraie, les morts de la rue.

Et pendant ce temps-là, qu'est-ce qu'ils font nos élus ? On ne sait pas trop. Ils s'invectivent, se font une autre guerre, une guerre dans des palais dorés. Ils nous font de beaux discours sur l'immigration, sur la dette, sur la crise, sur le chômage, sur l'Europe, sur le monde, sur le nucléaire, sur les radars autoroutiers, sur la nécessité pour ceux qui ne sont pas imposables d'adhérer gratos à un syndicat, sur le maïs transmachin, sur le réchauffement climatique, sur NDDL, sur le naufrage de l'UMP qui conduirait à l'éclatement de la droite, à la montée du FN, sur la Grèce, la Syrie.. De beaux discours...

Pas un, oui, pas un qui vienne nous voir, nous parler et nous dire avec conviction et crédibilité: voilà, c'est ça qu'il faut faire, tout le reste, on s'en tape, pour l'instant priorité à la résolution de cette putain de crise qui n 'en finit pas de nous pourrir la vie. Et l'autre qui veut ré-enchanter le Rêve. Quel rêve ? Et nous, on fait quoi au milieu ? On regarde nos z'élites se disputer les palais et les fauteuils ? On continue à crever doucement ? On continue à faire la guerre, celle dont je parlais un peu plus haut, sournoise et sans fusil ? Faut-il que nous ne comptions que sur nous-mêmes et tant pis pour les autres ? L'économie est-elle une chose trop sérieuse pour être confiée aux politiques ?

Nous sommes réellement, j'en suis persuadé, arrivé au point de rupture. D'un monde à l'autre, sans même pouvoir savoir de quoi demain sera fait.

Le pire, c'est que comme dans toute guerre, il nous faut choisir son camp sans être bien sûr qu'il nous mènera à la victoire ( i.e, la sortie de crise ). Il y aura des gagnants et des vaincus, comme d'habitude. "

Folie passagère 1468.
 
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.