Alors que j'écris ces premiers mots, Belkacem, toute de rouge vêtue, vient de rentrer, escortée de 2 gardes du corps et sous les applaudissements, dans la Salle des Rencontres de la mairie de Montpellier ( Qui paye? On s'en fout, c'est historique ). Le mariage de Bruno et de Vincent va bientôt être célébré. Une très grande photo de Pépère trône sur un chevalet comme pour signifier que ce mariage est placé sous la protection de la République et du premier d'entre nous.
Débauche médiatique. Surmédiatisation.
On parle de 300 invités et de plus de 200 journalistes venus du monde entier. Retransmission audio de la cérémonie sur l'esplanade. Les deux futurs mariés arrivent sous protection et dans la cohue. Ils se sont fait beaux. A l'extérieur, des centaines de personnes; applaudissements mais aussi sifflets et quolibets. " Bruno et Vincent font preuve d'un certain courage " dit sur Itélé Jean-Luc Roméro." Des héros " renchérit-il. Quelques opposants doivent déguerpir en vitesse. Le nombre de flics au mètre carré est impressionnant (Qui paye? On s'en fout, c'est historique ). Deux flics lâchent leur chien sur un manifestant qui n'a pas couru assez vite et qui est à terre.La République protège ses citoyens. Certains jours.
La mairie a déployé tous les moyens ( Qui paye? On s'en fout...) pour que cette journée soit belle. C'est au tour d'Hélène Mandroux d'arriver et d'être qualifiée d'héroïne. La journée historique va devenir, je le sens, héroïque.
Les témoins remontent l'allée principale de la salle. Les flashes crépitent. Il est 17h48 dit la journaliste. Focus caméra sur les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence qui ont fait le déplacement. Un acte militant. Comme cette cérémonie.
Musique, ils entrent. Bruno et Vincent marchent posément vers l'autel, pardon, la table dressée et drapée de blanc. Musique et bisous. Bruno et Vincent se sont assis sur de beaux fauteuils, entourés de leurs témoins. La statue de marianne veille sur ce joyeux bordel. Mandroux parle, pour un peu, elle mouillerait sa c., elle est émue. Mandroux parle: " Nous allons vivre un moment historique pour notre pays. C'est une société qui progresse. " Eloge de la diversité. Mandroux n'omet pas de rendre hommage au courage de Pépère: engagement tenu; et de le citer: " C'est une étape dans la modernisation de notre pays. ". On a même fait venir un gars pour traduire dans la langue des signes les allocutions (Qui paye ?, peu importe, c'est historique ). Tiens, Mandroux a prononcé le mot race. "Bruno et Vincent, vous êtes des symboles, que s'est-il passé pour que la simple évocation du mariage pour tous provoque ce déchaînement de haine et de violence ? ".
Blablabla, éloge de l'idéologie socialiste, de l'égalitarisme, du droit à l'Amour (avec un grand A qu'elle a dit), de l'action de Pépère et toussa. Mandroux est très applaudie. les caméras sont partout, rien ne nous échappera. Les garçons se lèvent. Lecture des droits des époux. Les mêmes que d'habitude.
Echange des consentements. Oui et oui; un gros " Ils se sont dit oui " s'affiche en bas de l'écran. Applauze et musique. Il n'y a pas eu de contrat de mariage, nous dit-on. Les époux se sont jurés fidélité et toussa. Signatures des actes de mariage. L'employée de mairie y perd son latin. Les photographes se déchaînent " Vincent, Bruno, photos ! ". Quelques larmes d'émotion et reniflements, ci et là. C'est beau. Ça y est. Bisous, bisous. Bruno envoie des bisous à tout le monde. les micros enregistrent tout, une dame a besoin de mouchoirs en papier. Najat a ri, nous l'avons entendu. Chanson jazzy: " Love and Marriage ". Bisous, bisous. Des photographes en veux-tu, en voilà. Jean-Luc Roméro a les larmes aux yeux, il est fier d'être Français, nous dit-il.
Les mariés parlent. Leurs premières pensées, disent-ils, sont pour tous les militants LGBT qui ont œuvré. " Aimez-vous, aimons-nous, c'est important.". Merci à Martin Luther King. Merci aux familles, merci à la maman, merci les sœurettes " C'est fait Najat, merci ". Emotion. Double bisous sur les lèvres, photogéniqués, inratable pour les caméras. Tout a été pensé. Merci à tous le monde, merci madame le maire. Des merci pour tous, de la part de tous.
Surprise, un email est lu par la mairesse, suspens, de qui, de.... Jack Lang qui nous dit qu'il aurait été agressé hier, comme par hasard, par des homophobes à Marseille. Bisous.
Un dernier mot de Bruno: " Nous sommes mariés et heureux, nous avons triomphé de la haine." Ruée des journalistes. Conférence de presse improvisée.
Et Roméro de continuer à parler de " déferlement de haine et d'homophobie mais aujourd'hui, c'est le triomphe de la liberté ".
Tiens, interview exclusive du boss de l'InterLGBT. Bof, discours habituel, la victoire de l'altérité (sic) et des bisous pour tous.
Un apéritif citoyen (sic) attend toutes les personnes présentes ( Qui paye? On s'en fout...).
Les nouveaux époux sont allés au balcon. Ils se sont fait un bisou devant la foule.
Les nouveaux époux sont allés au balcon. Ils se sont fait un bisou devant la foule.
Voilà, c'est tout. Pas de quoi fouetter un chat. J'aurai juste apprécié un peu plus d'humilité, de simplicité, un peu moins de débauche médiatique et de complaisance, ne serait-ce que par respect pour ceux qui n'approuvent pas. Je sais, je rêve.
Je souhaite tout le bonheur du monde à Bruno et Vincent. Sincèrement. ce qui ne m'empêche pas de penser que cette loi est inique et qu'elle n'est que la porte ouverte à tous les dérapages prévisibles que l'on a si souvent évoqué ici.
Non, Jean-Luc Roméro, cette cérémonie ne " banalise rien ".
On ne lâchera rien, on ne lâchera pas !
Folie passagère 1739.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr




