Oui piégé, c'est exactement cela. Piégé par ces images des JMJ que je n'ai su quitter du regard hier soir.
En fait, voila ce qui s'est passé. Un samedi soir, on ne peut plus banal. Rien de prévu, sorti la veille, fatigué, un vrai samedi soir patachon. Je patachonnerai donc. Et comme chaque samedi, pour peu que vous n'ayez pas envie de sortir, ni de recevoir, il n'y a pas 36 solutions, 2 uniquement: lecture/musique ( pour moi, l'un n'allant pas sans l'autre ) ou téloche. C'est ainsi que seul et abandonné de tous, ne me restait plus qu'à zapper par manque d'envie de lire. Et à la télé, le samedi soir, c'est pire qu'un jour sans soleil, il n'y a rien. Rien jusqu'à ce que passée la chaîne n° 172, me voici m'arrêter sur la 173ème: KTO. La chaîne des cathos. En direct Live, les JMJ à Madrid.
Et bien même moi, rétrospectivement, je n'en reviens toujours pas: j'ai regardé de bout en bout la veillée eucharistique ( qu'ils ont dit, je crois ). Benoit XVI en vedette et 1 million de personnes rassemblées tout autour pour prier, chanter et faire la fête. Oui, j'ai été bluffé par cette sorte de communion jubilatoire qui semblait avoir saisi cette foule immense. Impressionné par cette liesse. Impressionné par la succession de moments de joie et d'intense recueillement. Impressionné par les moments de silence obtenus presque naturellement, d'un simple "prions maintenant". Cet incroyable silence, presque magique, surréaliste malgré la foule, la pluie et le vent.
Alors oui, j'ai été piégé par ces images, presque subjugué. J'ai fixé l'écran et regardé. J'ai regardé les sourires, les visages innombrables, sereins et heureux, les échanges de regards complices entre le pape et cette foule immense, la profondeur religieuse imprégnant ces mêmes visages lors des moments de prières, ces mêmes visages s'éclairant comme des lampions multicolores lors des moments de liesse, cette ferveur intense.
Je n'ai rien loupé de cette retransmission et à vrai dire, je n'ai rien vu d'autre qu'un grand moment de sérénité, de paix et de communion.
Rien à voir avec toutes les saloperies que j'ai pu lire ici ou là.
Folie passagère 796.
