mardi 21 janvier 2014

Comment François Hollande s'achète les faveurs de la presse...


Il y a peu, je vous parlais des indélicatesses de Médiapart avec le fisc. Les choses évoluant, j'ai pensé qu'il était bien de faire le point et de voir comment l'actuel gouvernement sait - pour qui en douterait - s'attirer les faveurs de la presse... (souvenez-vous de la docilité internationalement constatée des journalistes français lors de la dernière conférence de presse de pépère)

En France, la presse écrite est soumise à un taux de TVA de 2,1%. La presse en ligne, y compris les sites affiliés à un journal classique, est, elle, soumise à un taux de TVA de 19,6%, 20% depuis le 1er janvier 2014. D'aucuns trouveront cela curieux mais c'est la loi, loi soutenue par une directive européenne. Et à cette loi, la quasi totalité de la profession s'est pliée sauf quelques pure players comme Terra Eco, Arrêts sur Images ou... Médiapart qui s'auto-appliquent en toute illégalité le taux de 2,1% depuis plusieurs années... avec le soutien discret mais complaisant des pouvoirs publics, en particulier celui de hollande et d'Aurélie Filippetti.

C'est en fraudant sciemment le fisc et en ne payant que 2,1% de TVA au lieu des 20% légaux qu'un site comme Médiapart a réussi à équilibrer ses comptes, en profitant au passage pour vanter la réussite de son modèle économique basé sur les seuls abonnements, l'absence de publicité et de subventions publiques. Pour ce qui est des subventions publiques, nous avions vu que ce n'était pas tout à fait exact, Médiapart percevant 200 000 euros du fonds d'aides à la presse en ligne et des abonnements de près de 5 000 collectivités locales.

Le fisc français, plus indépendant du pouvoir qu'on veut bien le croire, a déclenché des contrôles fiscaux sur plusieurs entreprises de presse; Médiapart se voit réclamer un arriéré de plus de 1 million d'euros, arriéré qui compromettrait gravement sa survie s'il venait à honorer sa dette... comme tout redevable vis à vis du fisc. Curieusement la décision judiciaire nécessaire pour saisir ce qui n'est pas payé par Médiapart met un temps fou pour être prononcée. Justice/Pouvoir et fisc ne font pas toujours bon ménage...

On aurait pu en rester là et attendre, qu'un jour, ou peut-être jamais, Médiapart et ses quelques fraudeurs de confrères paient... C'était sans compter sur les appuis et amitiés dont bénéficie Edwy Plenel. Le gouvernement vient de décider, sans même en avoir prévenu les députés - il eut fallu modifier la loi - et en contrevenant aux directives européennes d'appliquer dès le 1er février 2014 à toutes les entreprises de presse, papier ou internet, le taux de 2,1%. Une " instruction fiscale " servira de loi en attendant la modification des textes. La promesse du candidat hollande à ses amis est tenue !

On imagine mal les agents du fisc aller récupérer les sommes impayées, mêmes passées, et , dans le même temps, annoncer à ces mêmes redevables que pour demain, ils ne devront plus grand chose... Le syndicat de la profession, le Spiil, n'a pas perdu de temps et réclame d'ores et déjà la suspension de tous les contrôles fiscaux (y compris le dernier en date concernant le journal Le Monde; le journal de Bergé, Pigasse et Niel) et l'abandon pur et simple des redressements "puisque les pouvoirs publics conviennent désormais qu’ils étaient injustifiés..."

Edwy Plenel crie victoire et s'appliquera à lui-même ce qu'il dénonça souvent: la rétroactivité.

Se posent donc maintenant plusieurs questions:

- La France, en prenant cette décision, brave la directive européenne sur les taxes concernant la presse. Elle s'expose à des amendes importantes. Les paiera-t-elle ? Si oui, ce sera avec vos sous.

- Les contrevenants, dont Médiapart, paieront-ils leurs arriérés ? Poser la question, c'est déjà se marrer. Peut-être verrons-nous, comme récemment pour le journal L'Humanité, dans quelques temps, un entrefilet annonçant que dans sa grande mansuétude, le gouvernement annule la dette de ces quelques fraudeurs devenus aujourd'hui de parfaits contribuables...

- L'amitié liant hollande et Plenel (et Jean-Pierre Mignard, avocat du site Médiapart et parrain de Thomas Hollande) a-t-elle joué ? Poser la question... C'est se souvenir de qui renseigna à l'époque Plenel sur l'affaire des Irlandais de Vincennes ou revisionner certaines vidéos...

- Un groupe de pression peut-il se mettre délibérément hors-la-loi pour défendre une cause et être "blanchi" par ceux-là mêmes qui auraient du les sanctionner ? Apparemment, oui.

- En période de disette budgétaire, le gouvernement peut-il faire, sans consulter personne, des cadeaux fiscaux à certains quand il augmente par ailleurs considérablement la pression fiscale sur les ménages? A la presse et aux médias, assurément. (remember les hausses de TVA de janvier)

- Enfin, si vous avez la chance d'être imposable, particuliers ou entrepreneurs lambda, posez-vous la question de savoir combien de temps il faudrait aux services fiscaux pour venir récupérer chez vous la valeur de ce que vous ne lui auriez pas payé...

Vous l'aurez compris, deux poids-deux mesures, en Socialie, il vaut mieux être patron de presse que simple contribuable ou entrepreneur, question TVA, il n'y a pas photo...

Folie passagère 2099.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

Vu de Russie: Jour de Colère ! 26 janvier 2014 à Paris

lundi 20 janvier 2014

Qui sont les salopards ?


Razzy Hammadi est un jeune député PS de Seine-Saint-Denis; le seul à avoir été élu en 2012 avec 100% des suffrages pour une participation de 22%. 

Il y a quelques semaines, un soir à Montreuil, l'un de ses fiefs, il déambule avec sa compagne et des amis. Ils sont pris à partie par quelques individus non identifiés. La scène est filmée et est diffusée il y a peu sur Youtube. Les esprits s'échauffent et le député socialiste s'emporte. Il lâche quelques propos inimaginables dans la bouche d'un monsieur que l'on présente comme un modèle d'intégration: "L'affaire est terminée, va. Enculé de ta race, fils de pute..."  Le monsieur nous dira que la situation était tendue et que ses propos ont dépassé sa pensée... Nous n'en doutons pas; le monsieur n'en est pas moins député socialiste, représentant de la Nation... 

L'altercation aurait pu s'arrêter à ces quelques injures, injures qui auraient envoyées sans nul doute un député de droite au Grand Tribunal de l'Histoire, mais Hammadi de conclure, sur un ton menaçant: "Toutes les cités de Montreuil moi j’fais descendre fils de pute". Peu importe la syntaxe et l'élégance des propos, il menace ses supposés agresseurs de leur mettre les cités aux trousses. Tiens donc, comme le fait remarquer Pangloss, le député PS aurait-il quelque influence sur les racailles des cités de Montreuil pour menacer ainsi ses interlocuteurs d'un éventuel lynchage ? Passons, cela ne choque personne, pas même... Claude Bartolone, son mentor en politique et accessoirement président de l'Assemblée Nationale et 3ème personnage de l'Etat. 

Alors, ne soyons pas dupes, on se doute bien que la diffusion de la vidéo, ces jours-ci, ne doit rien au hasard, les élections municipales à Montreuil approchent, Hammadi est candidat. Aussi Bartolone, venant au secours de son poulain, s'empresse de le faire remarquer: le salopard, ce n'est pas Hammadi, "Les salopards ce sont ceux qui utilisent la vidéo comme ça, sans donner l'ensemble des explications." Et d'en rajouter en estimant que "ce genre de comportement était dégueulasse en terme démocratique. " 

Et l'offenseur devient l'offensé... Nous sommes bien en Socialie et cette manie d'inverser les choses, l’offenseur devient l'offensé, la victime devient coupable...

Comment cela "dégueulasse" ?? Qui a un "comportement dégueulasse" ? Ceux qui diffusent la vidéo ou celui-du-Camp-du-Bien qui se fait prendre en pleine dérive racaillo-raciste ?

Mais de qui se moque-t-on ? Le gars est député, profère des insultes dont certaines à caractère racistes, menace de faire descendre les cités dans la rue et les salopards seraient ceux qui ont diffusé la vidéo ! Ben merde alors. Je dis bravo à ceux qui l'ont diffusé. Que n'aurait-on pas dit si un homme politique de droite avait osé traité d'éventuels agresseurs "d'enculé de ta race !"; la vidéo serait passée en boucle sur BFM et Itélé !

Le salopard, si il doit y en avoir un, monsieur Bartolone, c'est votre poulain, un représentant de la Nation se doit d'être exemplaire; si il doit y en avoir un deuxième de salopard, c'est vous monsieur Bartolone qui à aucun moment n'avez condamné les propos d'Hammadi.

Folie passagère 2098.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

C'est cela, luttons pour la décolonisation de l'utérus !


Cette femme est folle, j'avais déjà évoqué son cas ICI,... mais elle ne le sait (toujours) pas. Le journal Libération lui donne néanmoins la parole... 

Beatriz Preciado est philosophe (rigolez pas), directrice du programme d'études indépendantes au Musée d'Art Contemporain de Barcelone. Elle s'insurge contre la loi que le gouvernement espagnol conservateur s'apprête à faire adopter, loi limitant l'accès à l'avortement... Vous êtes assis ? Accrochez-vous... 

Sa tribune est intitulée: "Déclarer la grève des utérus " 

" Enfermés dans la fiction individualiste néolibérale, nous vivons avec la croyance naïve que notre corps nous appartient, qu’il est notre propriété la plus intime, alors que la gestion de la plupart de nos organes est assurée par diverses instances gouvernementales ou économiques. Parmi tous les organes du corps, l’utérus est sans doute celui qui, historiquement, a fait l’objet de l’expropriation politique et économique la plus acharnée. Cavité potentiellement gestatrice, l’utérus n’est pas un organe privé, mais un espace public que se disputent pouvoirs religieux et politiques, industries médicales, pharmaceutiques et agroalimentaires. Chaque femme porte en elle un laboratoire de l’Etat-nation, et c’est de sa gestion que dépend la pureté de l’ethnie nationale. 

Depuis quarante ans en Occident, le féminisme a mis en marche un processus de décolonisation de l’utérus. L’actualité espagnole montre que ce processus est non seulement incomplet, mais encore fragile et révocable. Le 20 décembre, le gouvernement de Mariano Rajoy a voté l’avant-projet de la nouvelle loi sur l’avortement qui sera, avec l’irlandaise, la plus restrictive d’Europe. La loi de «protection de la vie du conçu et du droit de la femme enceinte» n’envisage que deux cas d’avortement légal : le risque pour la santé physique ou psychique de la mère (jusqu’à 22 semaines) ou le viol (jusqu’à 12 semaines). Mais encore, un médecin et un psychiatre indépendant devront certifier qu’il y a bien risque pour la mère. Le texte a suscité l’indignation de la gauche et des féministes, mais aussi l’objection du collectif des psychiatres qui refusent de participer à ce processus de pathologisation et de surveillance des femmes enceintes annihilant leur droit à décider pour elles-mêmes. 

Les politiques de l’utérus sont, comme la censure et la restriction de la liberté de manifester, de bons détecteurs des dérives nationalistes et totalitaires. Dans un contexte de crise économique et politique de l’Etat espagnol, confronté à la réorganisation du territoire et de son «anatomie» nationale (pensons au processus de sécession de la Catalogne, mais aussi au discrédit croissant de la monarchie et à la corruption des élites dirigeantes), le gouvernement cherche à récupérer l’utérus comme lieu biopolitique dans lequel fabriquer à nouveau la souveraineté nationale. Il imagine qu’en le possédant il parviendra à figer les vieilles frontières de l’Etat-nation en décomposition. 

Cette loi est aussi une réponse à la légalisation du mariage homosexuel acquise durant le mandat du précédent gouvernement socialiste et que, malgré les tentatives récurrentes du Parti populaire (PP), le Tribunal constitutionnel a refusé d’abroger. Face à la remise en question du modèle de la famille hétérosexuelle, le gouvernement Rajoy, proche des intégristes catholiques de l’Opus Dei et du cardinal Rouco Varela, entend aujourd’hui occuper le corps féminin comme lieu ultime où se joue, non seulement la reproduction nationale, mais aussi la définition de l’hégémonie masculine. 

Si l’histoire biopolitique pouvait être racontée cinématographiquement, nous dirions que le PP prépare un frénétique porno gore dans lequel Rajoy et son ministre de la Justice, Ruiz Gallardón, plantent le drapeau espagnol dans tous les utérus de l’Etat-nation. Voici le message envoyé par le gouvernement aux femmes du pays : ton utérus est un territoire de l’Etat, domaine fertile pour la souveraineté nationale catholique. Tu n’existes qu’en tant que mère. Ecarte les jambes, deviens terre d’insémination, reproduis l’Espagne. Si la loi que le PP propose prend effet, les Espagnoles se réveilleront avec le Conseil des ministres et la Conférence épiscopale au fond de l’endomètre. 

Corps né avec utérus, je ferme les jambes devant le national catholicisme. Je dis à Rajoy et Varela qu’ils ne mettront pas un pied dans mon utérus : je n’ai jamais enfanté, ni n’enfanterai jamais au service de la politique espagnoliste. Depuis cette modeste tribune, j’invite tous les corps à faire la grève de l’utérus. Affirmons-nous en tant que citoyens entiers et non plus comme utérus reproductifs. Par l’abstinence et par l’homosexualité, mais aussi par la masturbation, la sodomie, le fétichisme, la coprophagie, la zoophilie… et l’avortement. Ne laissons pas pénétrer dans nos vagins une seule goutte de sperme national catholique. N’enfantons pas pour le compte du PP, ni pour les paroisses de la Conférence épiscopale. Faisons cette grève comme nous ferions le plus «matriotique» des gestes : une façon de déconstruire la nation et d’agir pour la réinvention d’une communauté de vie post-Etat nationale où l’expropriation des utérus ne sera plus envisageable. "

Alors, cela vous a-t-il plu ? Avez-vous ri ? Vomi ?...

Moi, j'dis qu'avec des féministes de cet acabit, les mâles ont encore de beaux jours devant eux

Folie passagère 2097.
Beatriz Preciado | TOTAL ART
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

Jouir paisiblement... en bon père de famille

Mais jusqu'où ira donc se nicher la bêtise des parlementaires écologistes. Enfin, quand je dis écologistes, vous m'aurez compris... Parce que franchement, proposer un amendement qui viserait à supprimer de tous les textes législatifs la notion de "bon père de famille", avouez qu'il ne faut pas avoir grand chose à faire ou bien aller chercher la petite bête là où elle n'est pas. 

Comment ça, quelle petite bête ? La notion de père de famille: trop réac comme concept, survivance intolérable d'une société patriarcale, femme supposée ne pas pouvoir être "bonne mère de famille" etc... Vous avez compris: la rhétorique habituelle de ces agitateurs progressistes; Alerte Discrimination ! Pourquoi "bon père de famille" et pas " bons parents de famille" ou bien "bon parent 1 de famille" ou " bonne mère 2 de famille", c'est vrai ça, c'est intolérable ! 

Exposé Sommaire: " Issu du latinisme « bonus pater familias », l’expression « en bon père de famille » est contenue 15 fois dans les parties législatives des codes en vigueur. C’est une expression désuète qui remonte au système patriarcal. Régulièrement incomprise par les citoyennes et les citoyens, elle pourrait pourtant être facilement remplacée.

Alors, nos écolos-cons veulent faire le ménage, on vire tout cela, et la notion de père voire, et surtout, la notion de famille, zou ! Et on remplace par du "raisonnable" à toutes les sauces: Raisonnablement, raison, raisonné, ... L'expression "en bon père de famille" serait remplacée par le mot non réducteur et non-discriminant de "raisonnablement". L'expression " aux soins d'un bon père de famille" remplacée par "paisiblement", celle de "jouir des locaux en bon père de famille" par "jouir paisiblement ".... 

Si j'étais sûr que cette volonté de modifier les textes soit animée uniquement par un souci de clarification afin que les citoyennes et les citoyens (que l'on prend bien souvent pour plus cons qu'ils ne le sont) comprennent mieux... Je ne dirais rien mais j'ai comme dans l'idée qu'il faille aller chercher ailleurs les motivations d'une telle révolution sémantique:  "père de famille" ce n'est pas tendance chez  Modernœud.

Folie passagère 2096.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

dimanche 19 janvier 2014

Le retour des vieilles valeurs ?



Alors que l'on croyait la question de l'avortement réglée depuis longtemps, on s'aperçoit depuis quelques temps que cela ne semble pas être vraiment le cas. L'Espagne a voté une loi qui restreint drastiquement l'accès à l'IVG. En France, on voit les oppositions à l'avortement reprendre du poil de la bête quand les législateurs français s'apprêtent à modifier la loi Veil en supprimant la notion de "situation de détresse" pour la remplacer par la notion du droit à "je veux avorter". Le Pape François, que d'aucuns ont précipitamment assimilé à un libéral réformateur, soutient la manifestation "pour la vie" qui se tient à Paris aujourd'hui, donnant à celle-ci un surcroît d'attention médiatique. Des milliers de personnes y sont attendues. 

Les manifestations contre le mariage pour tous avaient surpris par leurs ampleurs et les messages véhiculés: on ne manifestait pas uniquement contre la loi Taubira mais aussi contre les attaques menées par les progressistes sur la famille traditionnelle, les enfants, la GPA, la PMA, le refus de la marchandisation du corps, "la vie", etc... 

Ce matin, en me promenant sur twitter, c'est la photo ci-dessus qui a attiré mon attention mais plus encore le commentaire qui l'accompagnait: " J'ai eu le temps de faire une photo avant de gerber dessus..."

Alors sans défendre une quelconque remise en cause de l'avortement ce qui me semble totalement impossible en France, au moins pour le moment, et plutôt que de "vomir" sur ceux qui  continuent à s'opposer à l'avortement, ne doit-on pas voir dans tout cela un retour en force salutaire de certaines valeurs traditionnelles ? Et si oui, pourquoi ?

Assistons-nous aux prémices d'une remise en cause importante d'un progressisme qui serait désormais considéré comme mortifère pour notre société par toute une partie de la population ?

Folie passagère 2095.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.