Le nouveau livre d'Eric Zemmour commence par ces mots:
"Jean-Français Revel eut la formidable intuition que la révolution ne viendrait pas de Moscou, de Cuba, de Pékin ou bien encore de La Havane. La révolution serait libérale ou ne serait pas. La révolution serait américaine même si, comme au XVIIIème siècle, la révolution française parvint à capter tous les regards. Revel vit dans Woodstock, la révolution des individus; et dans les mouvements féministes, noirs et gays, la révolution des minorités. Il comprit que la convergence des deux forgeait, dans les universités américaines des années 60, ce politically correct qui balaierait la société traditionnelles et patriarcale (...).
Notre époque a été tout entière dessinée par mai 68. Non les événements eux-mêmes, copie plutôt médiocre et souvent parodique des grandes heures révolutionnaires; mais le récit épique qui en a été forgé, les leçons qui en ont été tirées, les élites qui s'y sont révélées, les slogans qui y ont été scandés ( "Il est interdit d'interdire", "CRS-SS", "Nous sommes tous des juifs allemands", etc.), l'univers mental, culturel, idéologique qui en est sorti ont façonné le nouveau visage de notre pays. Comme les révolutionnaires parisiens de 1789 leurs foucades idéologiques à une province fascinée et passive, les Enragés de 68 ont enseigné leur vision du monde et de "ce pays", comme ils disent, à un peuple rétif mais résigné. Nous sommes tous les Enfants de Mai 68, ou plutôt des quarante ans qui ont suivi. Les "événements" auront été nos "trompettes de Jéricho"; pendant quelques jours, les rebelles tournèrent autour des remparts qui, depuis lors n'ont jamais cessé de s'effondrer. Et nous chérissons nos ruines davantage que les plus beaux édifices.
Il est temps de déconstruire les déconstructeurs. Année après années, événement après événement, président de la république après président de la république, loi après loi, élection après élection, intellectuel après intellectuel, unes des médias après unes des médias, réforme scolaire après réforme scolaire, traité après traité, patron après patron, livre après livre, film après film, chanson après chanson. L'histoire totale d'une déconstruction joyeuse, savante et obstinée des moindres rouages qui avaient édifiés la France; histoire d'une dépossession absolue, d'une désintégration inouïe; d'une dissolution dans les "eaux glacées" de l’individualisme et de la haine de soi. "
Du 9 novembre 1970 avec la mort du "père de la Nation" au 13 décembre 2007 "Voir Lisbonne et mourir" en passant par le 17 janvier 1975 "La femme est l'avenir de l'homme", le 4 novembre 1984 "Canal+ le temple cathodique du bien", le 19 octobre 1985 "Et le Crif tua Napoléon", le 12 juillet 1998 "Black, blanc, beur" ou bien encore le 1er novembre 2003 " Trichet ou le triomphe romain de l’oligarchie impériale", Zemmour nous dissèque ces quelques cent journées qui ont suicidé la France.
Attention, quand on commence le bouquin, on a du mal à s'arrêter.
Eric Zemmour, Le suicide français, Albin Michel.
(billet non sponsorisé)
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Parce qu'un troll dont l'adresse IP est 10 223 111 77 vient depuis plusieurs jours souiller ce blog avec des commentaires tout aussi dégueulasses que racistes, homophobes et insultants, j'ai été amené à prendre deux décisions: La première est d'activer la modération des commentaires, vos commentaires apparaîtront donc avec un peu de décalage. La seconde fut d'aller ce matin, chargé des photocopies de l'ensemble de ses commentaires, déposer une main courante auprès de la gendarmerie, plainte suivra si besoin.
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