C'est enfin fait. Je trainais, trainais encore. Mais voyez-vous, devoir renoncer à mes vieilles lunettes, c'était comme un déchirement. On en avait vu tellement ensemble, des vertes et des pas mûres. J'y étais attaché, un peu comme à un vieux jean que l'on ne veut pas jeter. Tant pis, c'est fait. Toutes belles, toutes neuves, toutes chères, les nouvelles.
Si seulement, bien plus tôt, on m'avait dit qu'en changeant de binocles, je pourrais confondre Libération avec Le Figaro, effectivement, j'aurais opéré la mutation depuis longtemps...
" Difficile rentrée pour le gouvernement et la majorité rose-verte qui enchaînent couacs, tensions et confusions. Sur le carburant, le renoncement pur et simple à une promesse de campagne - bloquer les prix à la pompe - n’est évité que par une baisse cosmétique de quelques tout petits centimes par litre. Dissipation du volontarisme politique en cent jours, alors que tant de Français ne peuvent se passer de la voiture. Mais c’est sur le nucléaire, sujet ultrasensible depuis Fukushima, que le moteur à explosion de la majorité s’est remis en marche. Une «filière d’avenir», comme le pense Arnaud Montebourg ? Zizanie garantie. Déjà au PS, où il doit y avoir autant de réponses à cette question que de militants, d’éléphants et d’élus locaux. Surtout si ceux-ci ont, dans leur fief, des implantations et des salariés du secteur. Quant aux Verts, les dirigeants de l’extérieur s’indignent nettement plus que les ministres écolos, obligés de la boucler au nom de la cohésion gouvernementale. Qui en est dupe ? Normalement, ces querelles se tranchent très en amont, via un accord entre partis politiques. Le problème de celui qui fut négocié par Cécile Duflot et Martine Aubry est simple : François Hollande ne s’y est jamais reconnu, ce texte lui collant aux doigts comme un sparadrap vert pendant toute la présidentielle. Sur l’énergie, comme sur d’autres dossiers, impossible de saisir la logique de l’action gouvernementale. Demeurent une impatience, un malaise grandissant. Pour ne pas dire un sentiment d’amateurisme. "
Nicolas Demorand, édito de Libération du 27 août.
Folie passagère 1319.
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