Cinq ou six gamins de 6ème d'un lycée parisien " huppé " ou " prestigieux " ou " des beaux quartiers ", selon le journaliste parlant au micro, se sont fait poisser pour avoir visionné sur leurs téléphones portables des vidéos porno et s'être livrés à des attouchements sexuels sur des jeunes filles de l'établissement. Les faits se seraient passés à l'intérieur et à l’extérieur de l'établissement. Mon dieu, mon dieu, mon dieu, quelle honte, quelle pitié, quelle jeunesse en plein naufrage... Rendez-vous compte: dans un lycée huppé ! La jeunesse dorée, donc... Et zou, les médias s'emparer du truc, les associations choquées ou en colère, les parents outrés interrogés et la ministre de l'éduc. nat., trop contente d'intervenir et de ne pas avoir, encore, à parler de sa foireuse réforme des collèges.
Bien, de cet odieux faits divers, si odieux que les autorités ont décidé de mettre à disposition des enfants une... cellule psychologique, qu'avons-nous entendu, ou pas entendu, depuis ?
Les salopiauds ont été punis. C'est la moindre des choses.
Faut-il interdire les téléphones portables dans les collèges ? Ils se sont tous exprimés sur le sujet et sont tous d'accord pour reconnaître... que c'est déjà le cas quasiment partout. Sauf que les gamins s'en foutent totalement, dans la cour, aux chiottes, dans les recoins du collège ou à la sortie, rien ne les empêchera de jouer à touche-pipi ou de mater du porno sur leurs portables.
Les parents activent-ils le contrôle parental lorsqu'ils filent un smartphone à leurs gamins de 10 ou 12 ans? A les entendre, oui, s'ils savent que cela existe, non quand ils avouent du bouts des lèvres: ah bon, sur les portables, ça existe ? Comme sur les ordinateurs ? Et quand bien même, le contrôle parental n'empêchera jamais un gamin d'aller visionner un porno s'il le souhaite, seule la recherche de sites adéquats lui prendra plus de temps.
Perso, je n'ai pas entendu un seul papa ou maman dire: mes gamins à cet âge là n'ont pas besoin de smartphone. On peut toutefois se demander s'il est bien intelligent et raisonnable de filer ce genre d'appareil à un gamin. Un simple téléphone portable sans accès au net devrait suffire en attendant qu'il devienne grand et " responsable ". Mais c'est quand qu'on devient grand et responsable ? A 11 ans, à 13, à 15, à 18 ? Et puis, c'est à partir de quand que l'on " peut " regarder du porno ? A 18 ans révolus seulement ? Mouarf !
J'ai entendu un psy et un pédiatre ainsi qu'une directrice d'assoc de parents d'élèves proclamer que tout ça c'était la faute au système qui ne permettait pas d’enseigner suffisamment tôt aux enfants les choses de la vie, le sexe et la sexualité ! Ben voyons, c'est vrai, si en sixième, ce n'est pas assez tôt, pourquoi ne pas s'y prendre dès le CP voire en maternelle supérieure. Et si on laissait ça, aux parents ? Ah ben non, les parents, z'ont pas le temps ou la façon de faire. Bon, alors allons-y dès le CP, le CE2 ou le CM1, allons apprendre aux enfants que la sexualité doit être belle et que le porno c'est pas bien. Mais oui, mais, Maîtresse, c'est quoi le porno ?...
Il a fallu que cela se passe dans un lycée " huppé " pour que les médias et le maelstrom habituel de politiques, de chroniqueurs et autres associatifs s'emparent du truc. Les pauvres, à se demander s'ils savent ce qu'il se passe dans certains collèges, cours d'immeubles et caves de certains quartiers " défavorisés ". En avoir parlé avec une assistante sociale de mes connaissances œuvrant à Sarcelles me fait dire que si à Montaigne, il y a attouchements sexuels, il y a aussi des endroits non huppés où au même âge, on parle de " cul ", on organise, entre d'jeuns, des tournantes, des viols et que l'on ne se contente pas de mater du porno, ils se mettent en scène, on le filme en live et on diffuse entre potes et copines, dans la cité et sur internet. Bien sûr qu'ils savent, mais là ce n'est pas pareil, ce n'est pas Montaigne. Quand une affaire de ce genre apparaît, me dit-elle, on essaie de régler le problème en douceur, on sermonne les parents, que veux-tu que l'on fasse d'autre? On place ou déplace les enfants, parfois, on les envoie chez le juge mais il ne faut pas faire de vagues, pas de bruits.
Alors attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas punir ou condamner ceux qui déconnent. Je ne dis pas que ce qui s'est passé à Montaigne n'est pas grave; je me demande juste si on n'en donne pas plus d'importance qu'il n'en faut. De tous temps, des gamins ont joué à touche-pipi, et que de touche-pipi à attouchements sexuels ( avec tous les sous-entendus de rigueur ), il y a un pas qu'il ne faut pas trop vite franchir. Je dis juste que du porno, soft ou pas soft, de tous temps, dans tous les milieux sociaux, des gamins en ont vu, autrefois dans des magazines aujourd'hui via internet et que ce n'est pas parce que l'on visionne du porno enfant ou adolescent que l'on deviendra forcément un détraqué sexuel. Je dis juste qu'a trop vouloir parler de sexualité, trop tôt, toujours plus tôt, aux enfants et aux adolescents, le risque est de banaliser la chose, la dénaturer, la vulgariser, bref, lui faire perdre tout son côté mystérieux, mystères que seuls la vie et les expériences, âge aidant, permettaient de lever. Je dis juste qu'avant, les trois quarts du temps, on " apprenait " tout seul, parfois aidé d'un frère, d'une sœur, d'un copain, d'un père ou d'une mère attentifs et que cela fonctionnait très bien ainsi, pas besoin de profs de ceci, de cours de cela ou de cellules psychologiques. Je dis juste que la sexualité est une chose tout à fait intime, strictement intime pour laquelle autorités et politiques se doivent d'intervenir le moins possible; sauf à vouloir la façonner à leurs convenances, sauf à vouloir justement la banaliser plus encore.
Il semblerait, hélas, que cela soit bien le cas. N'est-ce pas Najat et consorts?
Folie passagère 2774.

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