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mardi 16 juin 2015

La main de Dieu, un signe du ciel ...


Si j'étais superstitieux et catholique pratiquant, un peu comme nos aïeux l'étaient, je me dirais qu'il y a des enchaînements de faits qui ne doivent rien au hasard.

Regardez donc, lisez et écoutez ce qui se dit...

Il y a 4 jours, Pape François recevait en audience quelques jeunes catholiques français dont les deux groupes de "rock" catho Glorious et Hopen. La seule chose qui a filtré de cet entretien c'est cette remarque du Pape: " La France, une fille aînée de l'église bien infidèle ". Il n'a pas dit, comme on le répète depuis des siècles " LA fille aînée de l'église " mais " UNE fille aînée bien infidèle ". Voilà qui en dit long sur ce que le pape pense de l'état de l'église de France: désaffection des églises, crise des vocations, avortement, contraception, divorces, mariage zinzin, dhimmitude, etc... toutes ces petites choses qui, mises bout à bout, montrent à qui en douterait que la France est en passe de ne plus être terre chrétienne. Pape François est dans son rôle, il dit et sermonne quand il le faut.

Deux jours plus tard, Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris et qui à défaut d'être une grande lumière n'en est pas moins intelligent, ayant sans doute entendu le Pape et sortant d'une réunion à Matignon où l'on a discutaillé de la place de l'Islam en France (à Matignon, on a le droit de discuter de cela mais quand ce genre de discussion a lieu chez Les Républicains, c'est autre chose...) déclare gentiment et avec le sourire, en substance: " puisque les églises sont vides et que nous manquons de mosquées, utilisons-les pour le culte musulman. C'est le même Dieu, ce sont des rites qui sont voisins, fraternels, et je pense que musulmans et chrétiens peuvent coexister et vivre ensemble. " 


Des rites voisins, le même Dieu, une fraternité possible entre muzz et cathos, vivre-ensemble et coexistence. T'as qu'à croire l'asticot ! Moi , mon Dieu et les cathos que je fréquente n'égorgent ni moutons ni infidèles et n'empêchent pas la femme de vivre comme elle le souhaite.... Des rites voisins ? Encore une fois, t'as qu'à croire et visiblement, il n'a pas mis les pieds dans une église depuis bien longtemps. Enfin, bref, Boubakeur a fait du Boubakeur.

Et paf, le lendemain, la basilique Saint-Donatien de Nantes flambe, sa charpente est entièrement détruite et le bâtiment ne pourra plus accueillir de fidèles pendant de nombreux mois, voire des années... Comment ne pas y voir un signe du ciel... Dieu aurait-il voulu montrer la voie ?: ne pas céder un pouce de terrain à l'Islam, plutôt brûler que de laisser Mahomet pénétrer nos lieux saints ? L'idée n'est-elle pas séduisante?

Que nenni, me direz-vous, il s'agit juste d'un enchaînement de faits et de paroles qui n'ont aucun rapport entre eux. Et puis, avant même que les conclusions de l'enquête ne soit rendues, on nous l'a dit, un incendie accidentel dû à des travaux de soudure... Ouf ! 

Parce que si en plus, il avait fallu envisager une éventuelle main de Dieu dans cet incendie...

Il n'empêche cet enchaînement aurait pu tenir la route si j'avais été superstitieux et /ou catholique pratiquant, comme mes parents, mes grands-parents, mes arrières grands-parents, mes arrières-arrières grands-parents, etc... mais je ne suis pas.

Folie passagère 2809.
"La France est une fille aînée de l'Église bien infidèle", a déclaré le pape François lors d'une visite de jeunes Français en juin 2015.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 2 mai 2015

Message reçu chez Charlie ?

C'était à la Une de Charlie Hebdo, le numéro de la résurrection, c'était du Luz:

Dès sa sortie, le monde musulman s'embrase. Des manifestations ont lieu un petit peu partout, du Pakistan à l'Algérie en passant par le Maroc et l'Iran. En France des collégiens ne respectent pas les minutes de silence et des d'jeuns de banlieue expriment sur les réseaux sociaux qu'il ne faut pas jouer avec le prophète...

Mais aujourd'hui, le dessinateur Luz, membre incontournable de Charlie Hebdo, semble fatigué, épuisé, rincé. Il s'est confié au magazine Les Inrocks. A la question: " Redessinerez-vous le personnage de Mahomet ? ", il répond: " Non, c'est fini, il ne m'intéresse plus. Je m'en suis lassé, tout comme celui de Sarkozy. Je ne vais pas passer ma vie à les dessiner ". ( on passera sur la mise en parallèle Sarko-Mahomet )

En voilà une déclaration; qui oserait ne pas comprendre, après le massacre de début janvier, que certains dessinateurs du journal satirique et " irresponsable " aient une forme de lassitude et envie de dessiner autre chose... hein, qui pourrait ne pas comprendre ? C'est que dessiner Mahomet, aujourd'hui ça craint, avertissements, menaces et attentats sont passés par là, on prend des risques à dessiner Mahomet... ça lasse, n'est-ce pas... Il semblerait que le message ait été reçu, que la violence barbare ait eu raison de " l'irresponsabilité " revendiquée par Luz et Charlie depuis que Luz est Luz et Charlie, Charlie et que Mahomet n’intéresse plus le célèbre dessinateur, dessinateur qui pendant des années fit son gras en caricaturant le prophète ou ses disciples.

Mais Luz est toujours à Charlie, il dessine encore, il dessine toujours, il dessine encore et le dernier numéro vient de sortir. Et c'est Luz qui fait la Une:


Au moins avec pareil dessin ont-ils la certitude de ne pas risquer grand chose... Stop ! Je vous arrête tout de suite, du moins ceux qui se précipiteront peut-être pour dire: z'avez vu Corto fait dans l'abject et sous-entend que si des cathos venaient à défourailler chez Charlie, ce serait histoire de faire passer un message. Queue-de-chie, balai de crin, je dis juste ici qu'il y a des gens avec qui on ne peut pas rigoler, on ne peut plus rigoler, qui " lassent " et qu'il y en a d'autres qui ne lassent pas et avec qui, logique, on peut tout se permettre, liberté d'expression et toussa obligent...

Folie passagère 2758.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 17 janvier 2015

On ne joue pas impunément avec le Prophète


Avec l'attentat chez Charlie, c'est la liberté d'expression que l'on a voulu assassiner. Combien de fois avons-nous entendu cela cette semaine; même la mairesse de Paris me l'a encore rappelé à midi dans le poste. Et c'est vrai que moi aussi, je suis très attaché à la liberté d'expression que je voudrais droit fondamental. Ce serait bien ça, inscrit sur les frontons des mairies, dans la Constitution, dans la déclaration des droits de l'homme ou dans le code civil: la liberté d'expression est un droit fondamental; ça aurait de la gueule, ce serait vachement moderne, républicain, non ?

Et puis j'ai vu les réactions ulcérées dans de nombreux pays musulmans et les foules qui grossissent pour brûler des drapeaux français, un centre culturel incendié au Niger, 4 morts par ci, quelques morts par là, tout ça parce que ces gens n'apprécient pas, une nouvelle fois, la dernière couverture de Charlie Hebdo représentant leur prophète à tête de bite.

Et puis j'ai écouté entièrement (pas comme certains) le Pape faire cette surprenante déclaration: " Je crois que ces deux droits humains sont fondamentaux: la liberté religieuse et la liberté d'expression (...) On ne peut pas cacher une vérité aujourd'hui: chacun a le droit de pratiquer sa religion, sans offenser, librement, et nous voulons tous faire ainsi (...) On ne peut pas offenser, faire la guerre, tuer au nom de sa religion, c'est-à-dire au nom de Dieu (...) Il faut avoir cette liberté [d'expression], mais sans offenser. On ne peut pas provoquer, on ne peut pas insulter la foi des autres, on ne peut pas se moquer de la foi ! ".

Alors j'ai été interroger quelques connaissances qui ont la foi chevillée au corps, celle qui leur fait réaliser de grandes choses, cette foi, en l’occurrence catholique, qui déplace les montagnes et je leur ai demandé si elles trouvaient normal, si elles comprenaient cette colère musulmane vis à vis des caricatures de Mahomet. J'ai essayé d'imaginer ce qu'auraient pu en penser sœur Emmanuelle, sœur Térésa, Charles de Foucault, lui qui connaissait si bien les musulmans ou Simone Weil, la philosophe... Ces derniers, je ne sais pas mais j'imagine assez bien leurs réponses, sans doute la même que celles qui m'ont été faites par les personnes que j'ai questionné, elles ont toute été catégoriques: Oui, elles comprennent cette colère. Non seulement elles la comprennent mais elles la partagent que ce soit quand Mahomet est croqué ou quand c'est Le Pape ou Monseigneur Vingt-Trois qu'on sodomise en Une. Toutes ont été unanimes: quand on a la foi ancrée au plus profond de soi, quand on insulte ce que l'on a de plus sacré, quand on assassine d'un coup de crayon le sacré, oui, on est en colère. Mais toutes m'ont aussi dit: On ne peut pas comprendre cette colère si on n'a pas la foi. Aucune n'a bien évidemment justifié, encore moins minimisé les attentats et les violences, violences et morts d'hommes que rien ne peut justifier... mais oui, quand on insulte leur foi, quand on salit l'image du Christ ou de ses représentants, elles sont en colère, elles se sentent elles-mêmes insultées. Moi aussi je me suis senti insulté quand on a accroché aux murs Piss-Christ ou lorsque l'on a joué Sur le concept du visage de Dieu au théâtre du Rond-Point et en Avignon, non que je sois croyant et pratiquant, là sans doute aurais-je été en colère, mais parce que c'était une partie de mes origines chrétiennes qu'on salissait inutilement, par provocation, pour l'Art et la caricature...

Et la colère n'est jamais bonne conseillère, dit-on. Mais lorsque l'on est insulté une fois, deux fois, dix fois, lorsque l'on est d'une foi qui permet toutes les violences, lorsque l'on est d'une foi qui mêle politique, charia et fanatisme, qu'y a-t-il de surprenant à ce que des hommes tuent pour ce qu'ils ont de plus sacré ? Les catholiques l'ont fait en leur temps, le Pape l'a d'ailleurs rappelé. Les catholiques, les protestants, les orthodoxes ont depuis bien longtemps rangé les armes et c'est tant mieux, ils se sont civilisés. Les musulmans radicaux, souvent instrumentalisés par les pouvoirs en place, n'ont pas rangé les leurs.

J'écoutais ce jeune musulman français, pas 18 ans, bien mis, visiblement pas racaille de banlieue, interrogé devant un kiosque à Paris. Il disait à la journaliste que Charlie, il ne connaissait pas avant les événements mais qu'il s'était renseigné et ce qu'il en avait vu ne lui plaisait pas du tout: " On peut rire mais pas avec le prophète, c'est interdit chez nous, c'est notre foi " disait-il avec autre chose que de la gentillesse dans les yeux. Et bien c'est en l'écoutant lui que je me suis dit qu'effectivement si la liberté d'expression est fondamentale, elle est comme les autres libertés ou comme LA liberté, peut-être doit-elle s'arrêter là où commence celle des autres.

Que Charlie continue d'insulter le sacré d'autrui, c'est son choix, c'est sa liberté mais à provoquer, arrive ce qui devait arriver, on se prend violemment le retour de manivelle dans la tronche de la part de gens radicalisés. On ne joue pas impunément avec le Prophète, hélas. On ne joue pas avec les fanatiques. Que Charlie assume ses responsabilités au lieu de se proclamer en Une irresponsable. 

La fliquette de Montrouge n'était pas caricaturiste, Ahmed Merabet, Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Yohav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et François-Michel Saada ne l'étaient pas non plus. Je ne suis pas caricaturiste.

Folie passagère 2617.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 28 octobre 2011

" Sur le visage de Mahomet ", Chiche M. Girard ?


J'avais plein de choses à aborder ici, mais, il y en a une qui a pris le dessus sur les autres. Pourquoi, parce que le foutage de gueule, ça va 5 minutes, pas plus. Je vous avais parlé en Juillet de la " pièce " de théâtre intitulée: Sur le concept du visage du fils de Dieu de Roméo Castellucci. Relisez mon billet et regardez la vidéo avant de poursuivre, s'il vous plaît.

Cette "oeuvre" subventionnée par des fonds publics et scatologique à souhait fut jouée en Avignon; aujourd'hui, c'est à Paris, au Théâtre de la ville. On y voit un vieux déféquer sans arrêt, son fils s'en occupe, le tout en couleur et en odorama, jusqu'au bouquet final où le visage du Christ apparaît afin d'être caillassé et maculé de merde. De l'art, que du bonheur, les odeurs en plus.

Depuis quelques jours, des intégristes cathos manifestent contre cette pièce que la Socialie parisienne encense. Ils ne sont pas nombreux, quelques dizaines, 200 au maximum à manifester leur mécontentement. Ces intégristes, issus pour la plupart du mouvement CIVITAS, affilié à la Fraternite Saint Pie X (dont les dirigeants ont été excommuniés par le Vatican )  mettent le bronx dans le quartier pour que la pièce soit interdite. Rendez-vous compte, ils prient même en pleine rue pour défendre le "sacré" auquel ils croient.

Comment leur en vouloir ?  Ce qu'ils ont de plus cher, leur foi, leur Dieu, leur Christ, encensé à coup de merde ! Parce que c'est de cela qu'il s'agit !

La pièce, disais-je, est sponsorisée par la ville de Paris et soutenue à fond par Christophe Girard, maire-adjoint à la culture de Delanoë (lire le savoureux communiqué de M. Le Maire). Et celui-ci ne comprend pas que des "illuminés" s'en prennent à "une oeuvre magnifique et douloureuse " dans laquelle: " la dignité des acteurs reste intacte" . Il mettra même, le bougre, l'espace 104 dans le 19ème, à la disposition de cette magnificence: " La longue route de cette œuvre magnifique vers des publics toujours plus nombreux et divers est en elle-même une victoire sur les extrémistes, quels qu’ils soient. "

C'est vrai quoi, bordel,  " Luttons contre le fascisme " comme le proclame M. Demarcy-Motta, directeur du Théâtre de la ville. Luttons contre " Ce fanatisme, cet ennemi des Lumières et de la liberté contre lequel, à de glorieuses époques, la France a su si bien lutter ! " On croit rêver. Voila qu'un spectacle bafoue le Christ et l'on parle de fascisme parce que quelques intégristes manifestent bruyamment leur mécontentement ?

Je ne suis ni catho, ni intégriste, ni quoi que ce soit de religieux ( Dieu m 'en préserve, smiley ) mais j'ai du respect pour ceux qui croient; du respect, parfois même de l'admiration, pour ceux qui défendent leur foi avec force. Pour un peu, je les soutiendrai presque ces "illuminés". Surtout quand je vois et lis avec quelle mauvaise fois on érige, au nom d'une culture rose bonbon, en "oeuvre magnifique" ce qui n'est qu'une provocation inutile, un bœuf boboïde et une atteinte subventionnée à la dignité du Sacré.

Je propose donc que monsieur Girard finance un truc qui s'appellerait: " Sur le concept du visage de Mahomet ", un joli spectacle où l'on verrait deux comédiens très dignes déféquer à s'en boucher le nez, se torcher et s'en remettre au Prophète avant de le lapider et de le souiller. Nous verrions si cette culturo-socialie considèrerait avec la même antipathie et les mêmes mots les centaines de musulmans qui viendraient, logiquement, manifester leur mécontentement devant pareille profanation du sacré.

Parce que le plus curieux dans cette histoire, comment s'en étonner, c'est que c'est la religion catholique et sa figure emblématique, qui sont ici salies. Jamais, non jamais, M. Girard et consorts auraient osé inviter un spectacle, qui aurait eu pour titre:  "Je chie sur Mahomet " !

Ah oui, j'oubliais, Girard, c'est le mec qui, à propos des JMJ de Madrid, déclarait sur Twitter: " Non au retour d'Isabelle la catholique ! " et qui dans le même temps ou presque régalait le Tout-Paris pour fêter la fin du ramadan... la boucle est bouclée.

Ah oui, j'oubliais, des fois que l'on me prenne pour un affabulateur, lu dans Télérama, à propos de la mise en scène: " L'appartement blanc n'est plus qu'un immense ramassis de merde. Le fils court se réfugier auprès du tableau d'Antonello, embrasse le visage du Christ tandis que le père a­sperge maintenant d'excréments tout l'appartement à l'aide d'un bidon géant. "

Il n'y a pas de doute, le spectacle doit être sacrément magnifique.


Folie passagère 891.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.