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samedi 14 avril 2018

P'tites frappes

Ecrire un billet sur les frappes de cette nuit contre la Syrie, tomber sur  ce texte de Richard Millet, jeter mon brouillon à la poubelle et publier le sien...




" Petites frappes


On pouvait attendre de Macron qu’il ne poursuivît pas au Proche-Orient la politique étrangère de ses prédécesseurs. Le peuple syrien lui-même l’espérait, comme j’ai pu le constater, à Damas, en novembre dernier. Il est vrai qu’avec un vieux représentant de commerce socialiste tel que Le Drian aux Affaires étrangères, il ne pouvait en être autrement. Voilà donc la France jouant, une nouvelle fois, avec l’Angleterre, le rôle de roquet utile des États-Unis. Cet interventionnisme-là (quelques frappes aériennes sur les usines qui fabriqueraient des armes chimiques) relève évidemment de la gesticulation. La France et l’Angleterre apparaissent comme de petites frappes aux côtés du caïd yankee, qui valorise peut-être les red necks américains mais qui déconsidère son pays au point de faire passer certains dictateurs asiatiques pour des modèles de vertu.

Une « ligne rouge » aurait été franchie, dans la Ghouta, qui justifierait ces attaques aériennes : Assad aurait fait lancer des gaz létaux sur des civils. On imagine mal pourquoi, avec l’appui des Russes, et au moment de remporter la victoire, il aurait eu besoin d’y recourir. Mais les Occidentaux en auraient la « preuve » : quelle est-elle, à part la parole de « rebelles » islamistes vaincus ? Est-il besoin de rappeler que les USA avaient envahi l’Irak sur la foi de telles « preuves », sans qu’on ait jamais trouvé les « armes de destruction massive » prétendument possédées par Saddam.

Quelques remarques, donc :

1/ La réaction « occidentale » (toujours le même trio, en vérité) relève de la symbolique humanitariste pour caniches en mal d’éthique : quelle différence entre le fait de mourir sous des obus ou à cause de gaz, diraient certains cyniques ?

2/ Les gaz, nous n’y échappons pas, nous-mêmes, Occidentaux jouissant de la paix éternelle au sein d’une béatitude démocratique assurée par les droits de l’homme : gaz d’échappement, pics de pollution, aliments toxiques, herbicides cancérigènes que la Commission européenne refuse d’interdire, etc. …

3/ Ces gaz peuvent aussi prendre une dimension métaphorique : ne sommes-nous pas en train de mourir de la pollution idéologique, post-littéraire, i.e. post-chrétienne ? Les crimes contre l’esprit sont eux aussi létaux. On pourrait donc demander à l’ONU des frappes sur Monsanto comme sur les officines qui fabriquent la fausse monnaie littéraire…

Au nom de quoi attaque-t-on la Syrie, maintenant que l’État islamique est à peu près vaincu? Ce n’est en vérité ni par souci « humanitaire » ni par celui de vérité, mais bien pour marquer, au moment où Assad va gagner la guerre, que l’Occident a choisi le camp sunnite, c’est-à-dire les régimes islamo-fascistes d’Arabie saoudite, du Qatar, de Turquie. Et cela pour marquer son opposition à l’Iran et à Poutine. Rien de nouveau, donc. Certains régimes seraient donc plus acceptables que d’autres : il n’y a que les gogos, les bobos, les cathos de gauche et les protestants pour le croire, et bien sûr Plenel, qui avait applaudi au massacre de Munich, en 1972, et par qui Macron ose se laisser interviewer... On m’a banni, moi, pour avoir simplement dit la vérité sur la décomposition de l’Europe. Il est vrai que je ne suis pas gauchiste.

Nous autres, veilleurs de l’aube, qui savons l’homme damné par la chute, nous refusons de croire à sa bonté non plus qu’à sa perfectibilité. Ses vices le gouvernent bien plus que ses vertus. On le voit chaque jour, notamment dans le cas de Tariq Ramadan qui est le Harvey Weinstein de l’islamisme. Non seulement la France et la Grande-Bretagne n’ont rien à gagner en s’aventurant de cette façon au Proche-Orient, mais elles ont tout à y perdre. Mieux eût valu laisser Trump jouer seul des muscles, et aller, Français et Anglais, bombarder Trappes, Molenbeek, Sarcelles, Notre-Dame-des-Landes et tous les wilayats des banlieues anglaises. "


Addendum personnel:

- En attaquant la Syrie sans mandat onusien, Trump, Macron et May ont non seulement agi dans l'illégalité mais ils portent de facto un coup supplémentaire à cette pauvre ONU qui n'en avait pas besoin.
- Étonnant que ces frappes aient été entreprises la veille de l'arrivée sur place des experts de l'OIAC.
- A ce jour, aucune preuve du bombardement chimique de Douta n'a été révélée publiquement. Il y a moins de 48 heures, Macron disait qu'il avait des preuves mais que cela devait être vérifier...
- Dans le rapport gouvernemental français (8 pages accessibles à tous) publié ce jour évaluant la présumée attaque chimique sur Douta, rien de tangible pour en accréditer la thèse: témoignages à distances d'ONG, faits anciens, aucun travail de terrain.
- Une attaque sur un état souverain qui n'a jamais été une menace pour la sécurité de la France, des USA ou de l'Angleterre.
- Daech tue en France. La Syrie et la Russie se battent contre Daech. La France bombarde la Syrie. Va comprendre. 
- Sur les 103 missiles expédiés sur la Syrie, 70 auraient été détruits par la défense aérienne syrienne.
- Sur cette centaine de missiles, douze provenaient des forces françaises dont, et pour la première fois, 3 nouveaux missiles MdCN à 2,6 millions d'euros pièce, deux fois plus cher que les Tomahawk américains.
- On imagine bien qu'annoncées depuis 8 jours, Assad se sera préoccupé de mettre à l'abri tout ce qui devait l'être.
- Attaque massive et coordonnée ?: Seulement 3 civils blessés recensés.
- Amusant d'entendre tous les commentateurs "saluer" l'action de Trump, un Trump qu'ils ont toujours considéré jusque lors comme un déséquilibré.
- Et pendant ce temps-là, un gouvernement français incapable de maîtriser les pouilleux de NDDL et d'évacuer les facs occupées par une poignée d'étudiants noyautée par l'extrême-gauche. On se marre pour éviter de pleurer...

... Mais soyez-en assurés, on n'a pas fini de nous prendre pour des cons !


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

dimanche 30 juillet 2017

Mais ne nous délivrez pas du Mal !

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Richard Millet, que l'on trouve dans toutes les bonnes blogrolls " nauséabondes " fait rarement dans la dentelle et ses chroniques sont toujours des constats impitoyables des travers de notre époque... J'aurais aimé écrire celle-ci:

" Mais ne nous délivrez pas du Mal !

Vers 5 heures, ce matin, je regarde sur mon Smartphone les titres des journaux. Seul Le Figaro fait sa une sur l’anniversaire de l’assassinat du père Hamel par deux djihadistes « français ». Si on sait gré à Macron de se rendre pour l’occasion à Saint-Etienne-du-Rouvray, on ne s’étonnera pas de voir les autres journaux parler de tout autre chose, même La Croix, qui évoque la construction du mur frontalier, aux USA, le pèlerinage islamo-chrétien des Sept Saints, et le sort des musulmans chinois du Xinjiang inquiétés par Pékin.

Le silence de La Croix, quotidien catho-traître, est significatif de la déroute des catholiques devant le Mal. Les dernières paroles du père Hamel ont été : « Va-t’en, Satan ! » On ne veut pas les entendre, non seulement parce qu’elles s’adressaient à des musulmans (eux aussi des « victimes », selon les codes de l’islamo-gauchisme) mais aussi parce que Satan, le Démon, le Prince de ce monde n’existent plus, pour les athées comme pour les catholiques non-pratiquants ( dont on se demande d’ailleurs en quoi ils sont catholiques) et aussi pour les cathos de gauche, hérétiques collabos reconvertis dans les Droits de l’homme, et qui se prostituent aux puissances qui (comme les jésuites sur la question du Diable) travaillent à vider la Vraie Religion de sa substance surnaturelle. Dans leur souci d’être modernes, c’est-à-dire invisibles, ces catholiques-là ont réussi à vider les églises en rendant les offices mornes, les prêches tournés vers le « social », les chants insupportablement fades, les curés ayant abandonné la hauteur de la chaire pour un simple pupitre de « communication », le confessionnal caché dans un coin pour mieux signaler la prépondérance du « psy » sur le directeur de conscience. Bref, une religion qui s’achemine doucement vers sa laïcisation, en abandonnant les mystères au profit du « dialogue » et de la « tolérance ». Ainsi la « philosophe et psychanalyste » Anne Dufourmantelle, qui vient de mourir en sauvant deux enfants de la noyade, peut-elle incarner pour les journalistes le rôle de sainte laïque de l’ère postmoderne ; et c’est en bienfaiteurs que Bono et Rihanna (quels noms de clowns !) sont reçus à l’Élysée pour faire fructifier le charity business – activité qui relève évidemment de l’inversion du Bien.

Voilà qui fait en vérité les affaires de Satan, qu’on nie ou pas son existence : 984 voitures ont été brûlées, le 14 juillet, dans les banlieues où le Diable fait bouillir sa marmite sociétale. Des incendies de forêts ravagent le Midi et la Corse. Libération n’a d’yeux que pour la famille du délinquant Traoré, tandis que le meurtre antisémite de Sarah Halimi continue de ne pas émouvoir l’« opinion ». Un transsexuel a accouché d’un garçon pour le plus grand bonheur de son « mari ». En Floride, plutôt que de le secourir, des « ados » (nom satanique pour adolescents) ont filmé en riant un homme qui se noyait puis diffusé le film sur Internet. Une pouffe brésilienne a dépensé 400.000 euros pour ressembler à Kim Kardashian. La tombe de Pétain a été une nouvelle fois vandalisée...

Mais ne nous délivrez pas du Mal ! pourrait-on dire, en reprenant le titre d’un film de Joël Séria sorti en 1971 : ce programme se réalise chaque jour, et les brebis consuméristes se révèlent de parfaits suppôts de Satan."

Richard Millet,  chronique n° 138 du 25 juillet 2017.


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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

dimanche 17 novembre 2013

Je suis cannibale et j'aime ça.


Je lisais ce billet d'humeur d'Aymeric Caron dans le train, imaginez la tête des gens autour qui ne cessaient de me voir pouffer de rire. Caron répond ici à Richard Millet qui, précédemment, avait pris la défense des bouffeurs de viande. Caron, qui est au journalisme ce que Pif Gadget est à la chanson de geste, n'était pas content; le journal Le Point (n°2148) lui donne l'occasion de le dire. Attention, c'est très-très sérieux.

" Depuis que le végétarisme s'est affranchi de la suspecte marginalité dans laquelle lobbies et habitudes culturelles l'ont longtemps enfermé, la peur gagne les plus revendicatifs des mangeurs de viande. Le dernier en date à crier son désarroi est l'écrivain Richard Millet. Hissant les couleurs du drapeau carnivore, il lance un appel à la résistance. Contre ses ennemis de la licence gustative, "ceux qui broutent l'herbe du nutritionnellement correct", Il rassemble les troupes de la France libre de ses choix alimentaires. Il clame haut et fort son amour du steak, fût-il de cheval., et déroule alors sa stratégie pour n'en être point privé un jour: discréditer les intentions prétendues douteuses et immatures des opposants à la viande. Et faire passer les défenseurs des droits des animaux pour de méprisables illuminés. Classique. Mais intellectuellement malhonnête. 

Le choix de ne plus manger d'animaux peut reposer sur divers critères, dont aucun n'emprunte au caprice: Critères environnementaux, économiques, sanitaires ou éthiques. Mais l'argument du végétarisme est sans doute celui qui l'emporte sur tous les autres. Aristote avait relevé l'évidente continuité qui nous lie aux autres êtres vivants. La science a confirmé cette intuition. Nous savons désormais avec certitude que les humains sont eux-mêmes des animaux et qu'il n'y a que des différences de degrés entre les espèces. Dès lors, la question des droits qu'il convient d'accorder à ceux que le spécialiste de l'évolution Richard Dawkins appelle nos cousins n'est plus secondaire: elle est essentielle. Parce que les autres animaux sont aussi dotés de raison et de sensibilité, parce qu'ils éprouvent du plaisir et de la souffrance, parce qu'ils sont des individus capables pour certains de développer une conscience d'eux-mêmes et de respecter une morale, nous ne pouvons plus aujourd’hui les traiter comme une matière première pour la satisfaction de nos papilles gustatives. Le gouvernement indien vient d'adopter une loi qui confère aux dauphins un statut de personnes non humaines et a décidé d'interdire les delphinariums. Par ailleurs, de nombreuses personnalités des sciences et de la philosophie soutiennent le Projet Grand Singe [no comment, ndlr], destiné à accorder aux gorilles, aux bonobos, orangs-outans et chimpanzés des droits essentiels. Ces initiatives sont raillées par quelques obscurantistes qui refusent d'ouvrir les yeux, traumatisés par la perspectives de tomber du piédestal où la tradition cartésienne les a installés. Ils ne se rendent pas compte qu'au contraire, en rendant aux autres animaux la place qui est la leur, l'homme se sauve lui-même."

Ainsi donc, partant de ce nouveau principe humano-progressiste relayé par Caron qui voudrait que la vache soit ma cousine, à déjeuner, j'ai prévu de me taper mon cousin; une cote de bœuf bien saignante fera l'affaire.

Folie passagère 2001.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 5 septembre 2012

Sacré Edgar ( Morin ), sacré François ( hollande ), sacré Richard ( Millet ) !

J'aime bien Ce Soir Ou Jamais de Taddéï. 


Hier soir on y causait de Millet et de la Syrie avec tout plein de gens biens comme il faut. Même Edgar Morin avait fait le déplacement pour nous faire la leçon. Morin, quand je l'écoute, j'ai l'impression de voir un Bisounours cocaïné. Je rigole encore rien qu'en pensant à la lecture de son ouvrage co-écrit avec Hessel. Il nous a dit, hier, Edgar, qu'il avait demandé à hollande de faire inscrire dans la Constitution que notre République était " une et multiculturelle " au prétexte que la France était un amalgame de cultures différentes: les Bretons,les Béarnais, les Savoyards, les Ritaux, les Espingouins, les Algériens, les Berbères... Soit mais étonnamment, Morin ne prenait pas en compte la dimension religieuse des différentes cultures, genre les cultures latines plutôt catholiques ne pouvaient que s'entendre avec les cultures musulmanes. On est tous frères ! Tous le même Dieu ! Mon cul. Heureusement, dans un éclair de lucidité dont il est peu coutumier, hollande refusa. Dommage, il y aurait eu matière à s'étriper.

On a causé aussi de la Syrie. Il y avait Florence Aubenas qui nous donna une magnifique leçon de ce que peut être le journalisme parcellaire lorsqu'elle nous conta son mois vécu là-bas, prenant ce qu on a bien voulu montrer pour LA généralité, la vérité vraie. Il y avait Gérard de Villiers qui m'a surpris par sa connaissance du conflit, un gros barbu rigolo plutôt pro-Assad et un politologue propret dont je n'ai pas retenu le nom ( Moïsi ? ). Dans l'intervention posée qu'il fit, il releva un truc qui, alors, ne m'avait pas sauté aux yeux. L'hypocrisie ( et l'impuissance ) des occidentaux vis à vis de ce conflit, en particulier, celle d'hollande.

Ce dernier, sans doute pressé par ses troupes et piqué au vif par l'intervention surprise et conjointe de Sarkozy et du chef du CNS cet été, a  d'un air grave, quasi-martial, déclaré récemment que l'affreux Assad devait se méfier car la France n'hésiterait pas à intervenir militairement dans ce conflit dès que ( et si et seulement si ) le tyran utiliserait des armes chimiques. Il donnait implicitement ainsi un blanc seing au même Assad de continuer à bombarder allègrement son peuple avec des armes traditionnelles ! Et tous nos humanistes de crier presque victoire: hollande s'est fâché avec Assad ! Ben non, il lui a juste donné l'autorisation de continuer le massacre !

Bon, dans l'émission, il y  a eu aussi le débat sur le dernier bouquin de Millet, Eloge littéraire d'Anders Breivik, en présence de l'auteur. Je me suis dit que si ce bouquin était tellement vilipendé par la gauche et l'auteur aussi honni par Morin et la bien-pensance, c'est que, sans doute, le dit-bouquin devait être digne d'intérêt. Je m'en vais aller l'acheter cet après midi.

On n'est jamais déçu avec Ce Soir ou Jamais.

Folie passagère 1334.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.