Affichage des articles dont le libellé est Ruth Elkrief. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ruth Elkrief. Afficher tous les articles

jeudi 31 mai 2018

Jupiter, reviens sur Terre !

Excellent billet de Marie-Hélène Verdier paru sur Causeur sous le titre "Pour Macron, la France ne suffit pas"


" Il est une fois un roi. Dans son discours à la Sorbonne, le président Macron avait esquissé le tableau d’une super France dans une super Europe dont il serait le super président. Les élites applaudirent ce super discours. Coup d’œil oblique outre-Rhin de la chancelière tandis que les bulletins de mauvaise conduite continuaient de pleuvoir, comme à Gravelotte, sur les mauvais élèves : les populistes, les illibéraux, les anti système. Le roi a poursuivi son rêve : Sorbonne rime avec Lisbonne.

Regarde qui je fréquente et je te dirai qui je suis

Le roi a fait le tour des royaumes étrangers. Comme il se sent bien en tête-à-tête avec les puissants de ce monde ! En face d’eux, il tient le globe terrestre dans ses mains. A Versailles, il avait reçu les princes du royaume des Gafa. Ces tournées impériales le rassurent sur sa puissance politique.

Pendant ce temps, les Français pensent et disent : la start-up France n’est pas notre code. On veut du travail pas sa flexibilité. Ni d’un « enracinement mobile » comme dit Benjamin Griveaux. Marcher, c’est bien mais pour aller où ? Où elle en est, la courbe du chômage ? Où en est la lutte contre le terrorisme ? Le contrôle des flux migratoires ? On veut… on veut… « Tout ça, ce sont des états d’âme », pense le roi qui n’en a cure. Lui, il a foi en la fée Electricité. Il croit dans la révolution numérique, dans le brassage des peuples, des races et des nations. En même temps, il aime la littérature. C’est cela, la modernité : le mélange des genres.

La France, c’est beaucoup mieux que ce qu’on dit

En un an de règne, le président a fait trois fois le tour du monde en avion mais pas de la France. S’il le faisait, il verrait que, les soirs des quatre saisons, les cafés de la rue Soufflot sont vides et que les machines à laver essorent, dans les rues, les rêves dominicaux comme il y a trente ans. S’il le faisait, il aurait senti que, le 1er mai 2018, les coins de rue ne fleuraient pas le muguet. S’il le faisait, il verrait que les vaches ne broutent pas l’herbe de nos prairies et que leurs propriétaires peinent à les nourrir. S’il le faisait, il entendrait Marianne lui dire : « France, que fais-tu d’une de tes plus belles mamelles : l’agriculture ? »

Le 25 mai, le président a accordé, depuis Saint-Pétersbourg, un entretien à Ruth El Krief, à BFM TV. Il a dit combien il était satisfait de lui sur le plan diplomatique : d’avoir remis la France dans le concert des nations, de l’Europe et du monde. La France est, grâce à lui, devenue plus souveraine, plus unie, plus démocratique. On est heureux de l’apprendre d’une bouche si auguste. Le ton est assuré, le visage plus dur. L’aigle a sorti ses serres. Lui, il n’a pas d’états d’âme parce que dire, c’est faire.

Aussi, peu de réponses concrètes tombent-elles de sa bouche sur les sujets sensibles. Il les fait donner par personnes interposées : le lendemain, François Molins, nous a-t-il « rassurés » sur l’avenir du djihadisme. On évite ainsi de prononcer jamais le mot islamisme. En revanche, le président a mis à son actif anticipé « la réforme sans précédent de l’Education nationale entreprise pour casser un système reproductif ».Certes, les bambini pourront entrer à trois ans en Maternelle. Mais supprimer des heures de philosophie, en Terminale, est-ce bien raisonnable ?

En marche impériale

Il est une fois un roi dont le rêve impérial est désormais hors sol. L’empire Europe est en miettes. La Pologne, l’Autriche, la Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque ont secoué le joug bruxellois et revendiqué leur identité. Le Royaume-Uni a choisi de sortir de l’U.E. Bruxelles a beau lancer ses anathèmes sur les mauvais sujets, ils restent sans effet. Le jour où le président s’entretenait avec Ruth Elkrief, l’Italie venait de secouer le joug de cette Europe-là. Il est vrai qu’elle était, le lendemain, recadrée pour illibéralisme par le président italien. Le Financial Times a appelé ces mauvais sujets : « les Nouveaux Barbares ». On ne saurait mieux dire.

Le président avance envoûté et envoûtant par son verbe. On dit qu’il est disruptif. Partout où il passe – et il est partout – il fait éclater, perturbe, casse. Son moteur, c’est l’électricité. Macron, c’est Mercure à l’état pur. Il a dit : « On n’a pas fait les choses tant qu’on n’a pas transformé le réel. » Il y a un an qu’il est au pouvoir. C’est peu mais assez pour voir se dessiner quelque chose : l’Europe tout entière qui disjoncte.

Jupiter, reviens sur Terre !

Le président serait comme un Don Quichotte au milieu d’une plaine de moulins à vent. L’Europe c’est feu le Saint empire romain germanique : un regroupement de multiples principautés qui regimbent sous la férule autocratique de Bruxelles. Le projet européen des pères fondateurs est en miettes. Tout comme le rêve technocratique et multiculturaliste de nos élites. L’Europe, c’est, aujourd’hui, Waterloo morne plaine.

Il est temps de retrouver le plancher des vaches. Il est temps de faire la tournée des popotes : fermes, écoles, petites entreprises agricoles. Que le président retrouve le réel et mette de côté ses rêves de grandeur. Il a reçu, il y a peu, le prix Charlemagne. Qu’il soit un nouveau Charlemagne. Et Henri IV tant qu’à faire, avec la poule au pot. Inutile de courir en tout sens sur la planète comme l’inoubliable Podalydès dans Le Révizor criant « Je suis partout ! Je suis partout ! »

Charlemagne et Henri IV : what else ? "


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

mercredi 21 février 2018

Wauquiez, premier opposant à Emmanuel Macron. C'est acté, merci BFM !


Lors de son "cours" donné à l'EMLyon - école dont il est bon de savoir que le président n'est autre que Bruno Bonell, député LREM - Wauquiez s'en est pris à Sarkozy mais a tenu, sitôt ses propos révélés, à s'excuser. Il a donc téléphoné à Sarkozy et aujourd'hui le Canard révèle trop précisément ce que Sarko aurait dit à Wauquiez : "Beaucoup de monde me disait que tu n’étais grosse merde. Aujourd’hui, je n’ai d’autre choix que de penser comme eux... Il paraît que tu as des ambitions présidentielles. Si j’étais toi, je trouverais un autre métier... Grisé par ses succès, il est parti en vrille", etc... Bien évidemment nos médias reprennent en boucle ce canardage. Sarko défonçant Wauquiez, c'est de la bombe ! Sauf que l'on pourrait quand même se poser la question de savoir si le Canard dit vrai. Parce que, franchement, imaginer que quelqu'un, un proche de Sarko donc, ait pu et assister à l'intégralité de la conversation et la rapporter au Canard, moi, perso, j'ai du mal à y croire. Surtout que Véronique Waché, l'une des plus proches conseillères de Sarko ne confirme pas et demande à ce que l'on ne prenne pas pour argent comptant tout ce que dit le Canard: "Toujours mieux de rappeler que le Canard n'est pas le canal officiel d'expression de Nicolas Sarkozy. A bon entendeur..." A bon entendeur donc ! L'autre possibilité, c'est que Sarko, ou Wauquiez, soit sur écoute, ce ne serait pas la première fois, et que quelqu'un se serait chargé de retranscrire cette conversation puis de la balancer au Canard. La retranscription serait donc fidèle sauf que sa teneur serait en soi bien moins scandaleuse que le fait de maintenir un ancien président et qui sait, un futur président, sur écoute... Mais ça, tous nos médias s'en foutent. Normal, le  nouvel homme à  abattre pour la Macronie, ex-socialie, c'est Wauquiez. Alors, tous les moyens sont bons...

Ruth Elkrief, hier soir, espérait bien se faire Wauquiez. Celui-ci n'avait pas d'alternative: S'excuser ou se dédire eut été un signe de faiblesse, Il devait donc assumer les propos tenus à Lyon et c'est ce qu'il a fait de fort belle manière. La pauvre Ruth en fut fort perturbée. Vindicative comme jamais, à la limite de l'hystérie par moments, elle n'a jamais pu "coincer " Wauquiez. Rien que cela valait le coup de regarder. Car non seulement Wauquiez n'a rien concédé ni regretté, si ce n'est les propos tenus sur Sarko - dont acte -  mais jamais il ne s'est laissé embarquer par la journaliste vedette de BFMacron. Il a pu dire ce que bon nombre de gens à droite espéraient entendre (les médias, l'acharnement, dézingage de Macron, la CSG, les retraites, la futilité de cet acharnement compte tenu des difficultés du pays, etc...) et s'est même permis d'enfoncer un peu plus le clou en ce qui concerne les députés de la nouvelle majorité: "Des guignols, j'ai été bien sobre !".

Cerise sur le gâteau, cette histoire lui a permis de faire passer ses messages de leader de l'opposition à heure de grande écoute, gratos: il s'est offert 32 minutes d'antenne sans coupure pub sur le compte de BFM ! 32 minutes qu'il n'aurait sans doute jamais eu en temps normal. Je dis: Chapeau l'artiste et il faut être bien malhonnête aujourd'hui pour oser dire, comme je l'ai lu ci et là, qu'il a été nul. Il s'en est parfaitement sorti.

Un brin "populiste", suffisant, un peu court dans ses explications ? Laurent Wauquiez ne fera pas taire les critiques à son encontre, et il le sait. Il est clivant, mais il assume. C’est probablement la seule carte qu’il avait à jouer pour se sortir de son mauvais pas. Mais en la posant sur la table, comme il l’a fait hier, il s’impose désormais pleinement comme le premier opposant à Emmanuel Macron. Et ça, ce n'est pas moi qui le dit mais le journal Ouest France, journal le plus lu de France et pas spécialement connu pour ses affinités droitières.

Et Ouest-France a raison: Wauquiez, hier soir, s'est bien affirmé comme le premier opposant à Emmanuel Macron. Le problème n'est pas d'aimer ou de ne pas aimer Laurent Wauquiez; que cela plaise ou non, c'est ainsi, il est à la tête du premier parti de France en nombre d'adhérents à jour de leur cotisation, il a été élu à près de 76% et, à bien y regarder, qui d'autre actuellement pour porter les couleurs et les valeurs de la droite, de la vraie droite ? Personne. N'en déplaise aux médias qui n'ont eu de cesse de porter Melenchon depuis des mois. Wauquiez est désormais le leader de l'opposition de droite et ce n'est pas Marine, DupontGnangnan ou qui que ce soit d'autre qui pourra lui faire de l'ombre.

Wauquiez a dit hier soir qu'il ne baisserai pas les bras. Souhaitons-le. Je l'en crois capable comme je le crois capable de grandir encore et de corriger quelques défauts évidents. Il est peut-être même capable de réussir l'union des droites, de toutes les droites, ventres mous (1) mis à part, ça va de soi. Quant aux électeurs du FN, reste à savoir s'ils veulent végéter dans un parti sans têtes ni chef ou si... Perso, ils sont les bienvenus.


(1) Liste des noms sur demande :)

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

lundi 6 février 2017

François Fillon a été bon, très bon. Et Ruth Elkrief, nulle, très nulle.

Résultat de recherche d'images pour "françois fillon conference de presse"

A chaud...

Bon et bien j'ai écouté Fillon et mon avis, je ne doute pas qu'il y en aura de contraires, est qu'il a été très bon. Alors certes, comme beaucoup nous aurions aimé que cette explication vienne plus tôt, peu importe, elle a eu lieu.

Il s'est excusé - je ne suis pas sûr que je l'aurais fait à sa place - auprès des Français parce qu'il a compris que ces pratiques, acceptées par tous pendant très longtemps et totalement légales, n'étaient plus de mises aujourd'hui. Comme il l'avait annoncé, il a mis sur la table tout ce qui pouvait l'être. L'enquête suivra sans doute son cours mais pour moi, en l'état actuel des choses, l'affaire est close.

J'ai apprécié ses explications, elles me suffisent. J'ai apprécié comment il a su remettre en place la journalope de Merdapart et, d'une manière générale, les médias, juges et procs à la fois qui, dans cette affaire, n'ont pas ménagé leurs efforts pour le conduire sur l'échafaud médiatique, sans retenue, sans recul, sans discernement.

J'ai apprécié sa façon de remettre à leur juste place, c'est à dire au fond de la classe, ceux qui, dans son propre camp (Fenech, du balai !), ont trop vite douté de lui. J'ai apprécié sa façon de se repositionner comme seul chef de la droite et du centre.

J'ai apprécié comment il a su remettre en cause ceux qui faisaient fuiter les pièces du dossier et ceux qui en profitaient (l'Im-Monde, aux chiottes) pour en faire leur choux gras et alimenter odieusement le tribunal populaire.

J'ai aimé comment il a su se remettre au centre du jeu politique en appuyant sur le fait que, et d'une il ne pouvait pas y avoir de plan B et de deux, qu'on ne saurait laisser les Français se faire déposséder d'une véritable campagne présidentielle en ne leur laissant que le choix entre Macron et Marine Le Pen. N'était-ce pas le but de cette cabale dans laquelle, bien dressés, les médias ont plongé ?

J'ai adoré la mine déconfite de Ruth Elkrief, juste après la conférence de presse. Coincée qu'elle était par la justesse du propos de Fillon et n'ayant pas d'autres choses à dire que " ah, mais il n'a pas répondu à toutes les questions " et surtout à celles qu'on ne lui avait pas posé. La conne ! Continuer à la voir ramer pour trouver des défauts au personnage Fillon est un plaisir de gourmet. La voilà regretter que trop de temps a passé sur cette affaire et pas assez sur le débat d'idées, elle qui, avec ses confrères, depuis 10 jours ne se repaît que de cette affaire. Des baffes !

J'ai adoré Laurent Neumann, obligé de dire publiquement que sur le plan politique, Fillon avait été très bon, s'enferrant par la suite sur des questions de détail. Cherchant la petite bête là où Fillon avait été très clair (les salaires de ses enfants).

Je me marre en écoutant le député PS, Olivier Faure, qui dit que Fillon aurait pu amener plus de preuves du travail effectué par son épouse, des emails, par exemple, et oublier de nous dire que jusqu'en 2012, les collaborateurs-assistants parlementaires n'avaient pas d'adresse email à leur nom et ne pouvaient qu'écrire en lieu et place de leur député.

Alors je ne sais pas si cette conférence de presse suffira à calmer les esprits et les cacas nerveux médiatiques mais il est grand temps qu'on laisse maintenant la justice faire son travail, rapidement,  et que la campagne présidentielle et les débats d'idées reprennent le dessus.

Folie passagère 3444.
Résultat de recherche d'images pour "ruth elkrief"
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

France, 2019.