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jeudi 28 juillet 2016

L'homélie courageuse du Cardinal Vingt-Trois


Il parait que le texte qui suit, l'homélie du Cardinal Vingt-Trois prononcée hier à Notre Dame de Paris devant le ban et l'arrière ban de la République, fait polémique, certains s'indignent , d'autres s'en agacent ou sont scandalisés; perso, je la trouve plutôt bonne, très bonne, courageuse... Non ?

" (...) Ceux qui se drapent dans les atours de la religion pour masquer leur projet mortifère, ceux qui veulent nous annoncer un Dieu de la mort, un moloch qui se réjouirait de la mort de l’homme et qui promettrait le paradis à ceux qui tuent en l’invoquant, ceux-là ne peuvent pas espérer que l’humanité cède à leur mirage. L’espérance inscrite par Dieu au cœur de l’homme a un nom, elle se nomme la vie. L’espérance a un visage, le visage du Christ livrant sa vie en sacrifice pour que les hommes aient la vie en abondance. L’espérance a un projet, le projet de rassembler l’humanité en un seul peuple, non par l’extermination mais par la conviction et l’appel à la liberté. C’est cette espérance au cœur de l’épreuve qui barre à jamais pour nous le chemin du désespoir, de la vengeance et de la mort.

C’est cette espérance qui animait le ministère du P. Jacques Hamel quand il célébrait l’Eucharistie au cours de laquelle il a été sauvagement exécuté. C’est cette espérance qui soutient les chrétiens d’Orient quand ils doivent fuir devant la persécution et qu’ils choisissent de tout quitter plutôt que de renoncer à leur foi. C’est cette espérance qui habite le cœur des centaines de milliers de jeunes rassemblés autour du Pape François à Cracovie. C’est cette espérance qui nous permet de ne pas succomber à la haine quand nous sommes pris dans la tourmente.

Cette conviction que l’existence humaine n’est pas un simple aléa de l’évolution voué à la destruction inéluctable et à la mort habite le cœur des hommes quelles que soient leurs croyances et leurs religions. C’est cette conviction qui a été blessée sauvagement à Saint-Étienne du Rouvray et c’est grâce à cette conviction que nous pouvons résister à la tentation du nihilisme et au goût de la mort. C’est grâce à cette conviction que nous refusons d’entrer dans le délire du complotisme et de laisser gangréner notre société par le virus du soupçon.

On ne construit pas l’union de l’humanité en chassant les boucs-émissaires. On ne contribue pas à la cohésion de la société et à la vitalité du lien social en développant un univers virtuel de polémiques et de violences verbales. Insensiblement, mais réellement cette violence virtuelle finit toujours par devenir une haine réelle et par promouvoir la destruction comme moyen de progrès. Le combat des mots finit trop souvent par la banalisation de l’agression comme mode de relation. Une société de confiance ne peut progresser que par le dialogue dans lequel les divergences s’écoutent et se respectent.

La crise que traverse actuellement notre société nous confronte inexorablement à une évaluation renouvelée de ce que nous considérons comme les biens les plus précieux pour nous. On invoque souvent les valeurs, comme une sorte de talisman pour lequel nous devrions résister coûte que coûte. Mais on est moins prolixe sur le contenu de ces valeurs, et c’est bien dommage. Pour une bonne part, la défiance à l’égard de notre société, – et sa dégradation en haine et en violence – s’alimente du soupçon selon lequel les valeurs dont nous nous réclamons sont très discutables et peuvent être discutées. Pour reprendre les termes de l’évangile que nous venons d’entendre : quel trésor est caché dans le champ de notre histoire humaine, quelle perle de grande valeur nous a été léguée ? Pour quelles valeurs sommes-nous prêts à vendre tout ce que nous possédons pour les acquérir ou les garder ? Peut-être, finalement, nos agresseurs nous rendent-ils attentifs à identifier l’objet de notre résistance ?

Quand une société est démunie d’un projet collectif, à la fois digne de mobiliser les énergies communes et capable de motiver des renoncements particuliers pour servir une cause et arracher chacun à ses intérêts propres, elle se réduit à un consortium d’intérêts dans lequel chaque faction vient faire prévaloir ses appétits et ses ambitions. Alors, malheur à ceux qui sont sans pouvoir, sans coterie, sans moyens de pression ! Faute de moyens de nuire, ils n’ont rien à gagner car ils ne peuvent jamais faire entendre leur misère. L’avidité et la peur se joignent pour défendre et accroître les privilèges et les sécurités, à quelque prix que ce soit.

Est-il bien nécessaire aujourd’hui d’évoquer la liste de nos peurs collectives ? Si nous ne pouvons pas nous en affranchir, en nommer quelques-unes nous donne du moins quelque lucidité sur le temps que nous vivons. Jamais sans doute au cours de l’histoire de l’humanité, nous n’avons connu globalement plus de prospérité, plus de commodités de vie, plus de sécurité, qu’aujourd’hui en France. Les plus anciens n’ont pas besoin de remonter loin en arrière pour évoquer le souvenir des misères de la vie, une génération suffit. Tant de biens produits et partagés, même si le partage n’est pas équitable, tant de facilités à vivre ne nous empêchent pas d’être rongés par l’angoisse. Est-ce parce que nous avons beaucoup à perdre que nous avons tant de peurs ?

L’atome, la couche d’ozone, le réchauffement climatique, les aliments pollués, le cancer, le sida, l’incertitude sur les retraites à venir, l’accompagnement de nos anciens dans leurs dernières années, l’économie soumise aux jeux financiers, le risque du chômage, l’instabilité des familles, l’angoisse du bébé non-conforme, ou l’angoisse de l’enfant à naître tout court, l’anxiété de ne pas réussir à intégrer notre jeunesse, l’extension de l’usage des drogues, la montée de la violence sociale qui détruit, brûle, saccage et violente, les meurtriers aveugles de la conduite automobile… Je m’arrête car vous pouvez très bien compléter cet inventaire en y ajoutant vos peurs particulières. Comment des hommes et des femmes normalement constitués pourraient-ils résister sans faiblir à ce matraquage ? Matraquage de la réalité dont les faits divers nous donnent chaque jour notre dose. Matraquage médiatique qui relaie la réalité par de véritables campagnes à côté desquelles les peurs de l’enfer des prédicateurs des siècles passés font figure de contes pour enfants très anodins.

Comment s’étonner que notre temps ait vu se développer le syndrome de l’abri ? L’abri antiatomique pour les plus fortunés, abri de sa haie de thuyas pour le moins riche, abri de ses verrous, de ses assurances, appel à la sécurité publique à tout prix, chasse aux responsables des moindres dysfonctionnements, bref nous mettons en place tous les moyens de fermeture. Nous sommes persuadés que là où les villes fortifiées et les châteaux-forts ont échoué, nous réussirons. Nous empêcherons la convoitise et les vols, nous empêcherons les pauvres de prendre nos biens, nous empêcherons les peuples de la terre de venir chez nous. Protection des murs, protection des frontières, protection du silence. Surtout ne pas énerver les autres, ne pas déclencher de conflits, de l’agressivité, voire des violences, par des propos inconsidérés ou simplement l’expression d’une opinion qui ne suit pas l’image que l’on veut nous donner de la pensée unique.

Silence des parents devant leurs enfants et panne de la transmission des valeurs communes. Silence des élites devant les déviances des mœurs et légalisation des déviances. Silence des votes par l’abstention. Silence au travail, silence à la maison, silence dans la cité ! A quoi bon parler ? Les peurs multiples construisent la peur collective, et la peur enferme. Elle pousse à se cacher et à cacher.

C’est sur cette inquiétude latente que l’horreur des attentats aveugles vient ajouter ses menaces. Où trouverons-nous la force de faire face aux périls si nous ne pouvons pas nous appuyer sur l’espérance ? (...) "

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mercredi 10 septembre 2014

Notre-Dame bafouée, catholiques insultés mais Femen relaxées.!

La relaxe des Femen suscite beaucoup de commentaires et d'indignation, ce qui est fort compréhensible.



Rappelons les faits.

Le 12 février 2013, ces pétasses qui quand elles s'attaquent à un édifice religieux s'en prennent toujours à des églises, jamais à des mosquées, investissent à plusieurs Notre Dame de Paris. La cathédrale et nombre de fidèles honoraient à ce moment les nouvelles cloches tout juste livrées; un évènement. Les seins à l'air, le torse barbouillé de slogans peu révérencieux pour le Pape et l'Eglise, les donzelles se mettent à taper sur les cloches toutes neuves avec des bouts de bois. L'une d'elle, la "Marcel" est abîmée, un devis pour réparation sera établi pour un montant de plus de sept mille euros. Les Femen sont sorties sans ménagement par le service d'ordre de Notre Dame, puis arrêtées par la police et aussitôt relâchées. Normal. Le chanoine de Notre Dame porte plainte pour dégradation (et non profanation) ainsi que pour "atteinte portée au libre exercice du culte", les Femen aussi pour avoir été malmenées par le service d'ordre. 

Un an et demi plus tard, comme quoi la justice peut se secouer les fesses quand elle le veut, jugement est rendu: Les Femen sont relaxées car le tribunal a jugé qu'il n'y avait pas suffisamment d'éléments pour imputer les dégradations sur la cloche aux Femen et qu'en aucun cas une quelconque atteinte à la liberté de culte avait été commise. Après tout, ce n'est pas parce que les Femen mettaient le bronx dans l'église que les fidèles ont été empêchés de prier. Merde alors !. Ben voyons ! Le tribunal ne nous prend pas pour des cons: Il est évident qu'une cloche toute neuve et surveillée ne s'est pas abîmée toute seule à hauteur de 7 176 euros de frais de réparation, mais peu importe, on ne critique pas une décision de justice, alors vous êtes priés de la fermer. Par contre, 3 agents de sécurité qui avaient sorti manu militari les pouffiasses de Notre Dame sont eux condamnés, avec sursis, à des amendes. 

Peut-on rendre jugement plus inique, plus stupide, plus scandaleux que celui-ci ? Et bien oui, en France, fille aînée de l'Eglise, en 2014, pays où des petits juges que l'on suppose laïcards et anti-cléricaux font la loi et rendent justice... à leur manière... 

Et oui, en France, vous pouvez aller dans une église, vous foutre à poil, insulter qui vous voulez, y mettre le bazar, taper sur ce que bon vous semble et dégrader des objets de culte sans risquer quoique ce soit, si ce n'est un magistral coup de pub médiatique !  Fantastique ! Pour ce genre de "performance", vous le savez maintenant, vous ne risquez rien, une justice laxiste ou complaisante, vous donne le permis de recommencer, au même endroit ou ailleurs, jamais dans une mosquée ou une synagogue. No problemo

Nos politocards socialistes, Président et son Premier en tête, se plaisent régulièrement à rappeler à qui veut l'entendre que la République est laïque et parce qu'elle est laïque et respectueuse de la liberté de culte, elle se doit aussi de protéger les lieux de culte. Le discours est rodé, éculé et en parfaite contradiction avec ce genre de jugement. Soucieux de ne pas interférer ou de ne pas critiquer la décision d'une justice soi disant indépendante, aucun politicien de gauche ne s'est insurgé contre ce jugement; sans doute les mêmes politiciens qui avaient pris la défense des Pussy Riots, des activistes russes qui avaient commis le même genre de forfait dans une cathédrale moscovite en 2011, et que la justice russe avait condamné à deux ans de camp de rééducation. 

Enfin bref, la chose est entendue: profaner une église ou des objets de culte n'est plus un délit en France. Tout cela me rappelle les heures sombres d'une révolution où le pillage des églises et la chasse aux curés étaient monnaie courante parce qu'autorisés voire encouragés, les laîcards à la manœuvre ne supportant pas le moindre obstacle à l'avènement de la République. 

Bien évidement, les Femen se sont empressées de transmettre sur les réseaux sociaux leur joie suite à ce qu'elles qualifient de victoire de la liberté sur l'obscurantisme ! L'une d'elle, Inna Shevshencko, celle que Caroline Fourest soutient envers et contre tout, twittera le message de victoire suivant: " Chers catholiques, chère Notre Dame, cher Dieu, les Femen ont gagné le procès, votre tentative d'obtenir de l'Etat une protection pour votre morale bidon a échoué ". Après tout, pourquoi se priveraient-elles de crier victoire? N'ont-elles pas eu gain de cause...

Folie passagère 2450.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 6 juillet 2013

Où l'on reparle de Dominique Venner, le suicidé de Notre-Dame...


Étonnant article de l'Express sur Dominique Venner. Sans jamais lui tresser de couronne de lauriers, l'auteur dessine un portait presque sympathique de l'essayiste, en tout cas bien plus nuancé que tout ce que l'on a pu lire lors du décès de cette figure de l’extrême droite, le suicidé de Notre-Dame. Un article où l'on découvre l'amoureux de la chasse, l'historien reconnu (avec néanmoins une absence curieuse, dans cet article, de toute référence à la Nouvelle Revue d'Histoire), ses quelques amitiés inattendues et quelques rencontres ou anecdotes étonnantes: François de Grossouvre (le suicidé de l'Elysée), Jean-Yves Le Gallou, Bernard Lugan, François d'Orcival, Frédéric Mitterrand, Jacques Vergès, Jean-Christophe Cambadélis... 

L'auteur de l'article, Tugdual Denis, visiblement bien renseigné, nous raconte les préparatifs et les circonstances du moment ultime. Dominique Venner avait tout préparé, tout organisé, " A l'invité près, le défunt a organisé ses propres obsèques, dressant aussi la liste des chants ".

" Le 21 mai 2013, Dominique Venner s'est tué en Notre-Dame de Paris, et la France a d'abord conclu au fait divers dans un lieu touristique. Lui voyait dans le monument chrétien les quatre piliers d'un temple gallo-romain datant du Ier siècle, qui lui ont servi de fondation. Dans son cercueil, Venner a demandé que soient glissés L'Iliade et L'Odyssée, dans leur traduction publiée par Lecomte de Lisle en 1856. La mythologie grecque, les héros de la Rome antique nourrissent la fascination du sacrifice. La légende du général romain Caton est la plus symbolique de cette esthétique de la mort. En avril 46 avant Jésus-Christ, plutôt que de perdre face à César, Caton se fait apporter son glaive sous sa tente. Puis prononce cette phrase que Dominique Venner fait sienne deux millénaires plus tard: Maintenant, je m'appartiens."

A lire en intégralité ICI.

Dans sa version internet, l'article porte ce titre: " Qui était vraiment Dominique Venner, le suicidé de Notre-Dame? "; plus romantique est celui que l'on trouve dans sa version papier: " La dernière croisade de Venner le païen ".

Folie passagère 1791
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.