vendredi 15 février 2019

Une marche contre l'antisémitisme et les moulins à vents



A l'initiative de ce qui reste du PS une grande marche contre l'antisémitisme (encore une) est organisée mardi 19 février à Paris. En tout, 14 partis politiques seront présents. Le Rassemblement National n'a pas été invité, sans doute la bande à Hamon a-t-elle estimée qu'il y avait trop de nazillons chez la Marine. La France Insoumise y sera, y sera pas, on ne sait pas trop. Quant à Debout la France, ils s'abstiennent, évoquant non sans raison une récupération politique.

Une marche contre l'antisémitisme, c'est chouette non? Il faut que cela cesse, n'est-ce pas... "Jamais nous n'accepterons la banalisation de la haine" qu'il dit le communiqué, "l'antisémitisme, ce n'est pas la France !" L’antisémitisme, ce n'est pas la France, ben encore heureux. D'abord parce que, qu'on le veuille ou non, la "communauté juive" de France se limite à environ 500 000 individus sur 67 millions d'habitants et ensuite  la France c'est tout plein d'autres choses: des non juifs, des cathos, des muzz, des beaux, des moches, des églises plusieurs fois centenaires et hélas, bien trop de mosquées, des villages ruraux, le multiculturalisme, la diversité heureuse (copyright Juppé), etc... la France c'est tout plein de choses, il serait donc couillon de la limiter à l'antisémitisme.

"Jamais nous n'accepterons la banalisation de la haine", là, on devrait être d'accord sauf que cela fait des années qu'elle est banalisée, la haine. Tiens, va voir dans les quartiers si les racailles aiment les babtous, ils ne les aiment pas, ils les haïssent et ce depuis des lustres. La haine de l'autre, elle est partout en France. On déteste les pédés, on hait les trans et les travelos,on n'aime pas les blacks, les blacks n'aiment pas les arabes, les pauvres détestent les riches qui le leur rendent bien, Castaner déteste les Gilets Jaunes quand ceux-ci vomissent les antifas et les keufs, le PS hait le RN et moi, je n'aime pas les muzz. Elle est partout la haine, elle est multiple, a mille visages et nous empoisonne l'existence. Un climat délétère qu'il a dit, ok, je veux bien, je suis même assez d'accord, on y revient: la haine qui s'est banalisée. On ne s'aime plus et, en partie grâce aux réseaux sociaux, on ose maintenant le dire, on ose verser sa bile, on ose haïr au grand jour. C'est sans doute cela le vivre ensemble; une réussite visiblement...

Mais revenons à cette marche, revenons à cet antisémitisme, sujet à la mode s'il en est, sujet qui ne saurait à aucun prix permettre à certains de faire de la récup, voire de manipuler l'opinion...

Une explosion des actes antisémites ? Okay, si on compare 2018 à 2017, soit 541 "actes" contre 311, mais se souvient-on qu'en 2014, il y en eut 811 ? Allez savoir si il y a corrélation mais le retour de l'antisémitisme, son "explosion", correspond pile-poil à l'arrivée de Macron au pouvoir et au déclenchement de la troisième intifada... (voir la surprenante  mais intéressante enquête de Merdapart) Enfin, bref, qui le voudra ira marcher le 19 février. Moi, non, je n'irai pas. Non pas que je sois antisémite mais, et d'une je n'aime pas marcher, et de deux je n'aime pas marcher pour des prunes. Et bé oui, hein, marcher contre l'antisémitisme, c'est bien mais quitte à faire, je préférerai marcher contre LES antisémites, contre ceux qui commettent ces actes. A croire que les tags et autres vilenies ont été déposés par l'Esprit Saint mais on n'a jamais aucun nom à mettre sur ces actes, aucun visage, personne à ... crucifier. Il y a pourtant bien quelqu'un derrière ces actes. Et tant qu'à battre le pavé contre un ennemi intérieur, autant le désigner, on ne se bat pas contre des invisibles ou des moulins à vent. C'est un peu trop facile de cibler un concept, l'antisémitisme, sans désigner de coupables; un peu trop facile mais, je le reconnais, ça permet de fourguer derrière, tout et n'importe qui et ça, c'est vachement pratique: un coup je t'y mets de l'extrême droite, un coup je t'y mets de l'ultradroite, un coup je t'y met du RN ou du nazillon et tant qu'à faire et pourquoi pas, du gilet jaune. Et  ces derniers, il n'y a même pas besoin de les citer, la preuve est faite: y a manif, y a acte XIII, y a des actes et des tags antisémites, y a gilets jaunes... Tu mets Castaner à la manœuvre, Hamon en quête d'une improbable remontada politique pour secouer le truc et y a plus qu'à marcher contre l'antisémitisme. Facile et ça marche à tous les coups.

Tenez, on pourrait mettre sur une banderole: " non à l'antisémitisme, non à Hassan Iquioussen ", ça se serait pas mal. Iquioussen (UOIF), c'est le gars qui tient conférence le 17 février à Grenoble et qui déclarait il y a quelques temps que les Juifs n'étaient que "des avares et des usuriers, le top de la trahison et de la félonie", là, on pourrait mettre un visage sur cet antisémitisme comme on avait pu le faire avec Merah ou Coulibally. Une banderole avec "non à l'antisémitisme, plus jamais de Nemmouche, plus jamais de Fofana", voilà qui serait pas mal parce que ceux-là, on le sait, ils étaient antisémites. Comment cela faut pas stigmatiser ? Les muzz ne seraient pas antisémites ? C'est Yacine Mihoub qui a assassiné Mireille Koll, pas Jean Dupont. C'est "un Africain musulman" qui a défenestré Sarah Halimi, pas un dingo de l'ultra droite.  N'y aurait-il pas, comme le souligne Merdapart, corrélation entre des poussées de tension au Moyen Orient (2001 - 2006, deuxième intifada) et la prolifération d'actes antisémites en France ? Personne ne se souviendrait que lors des manifs pro-palestiniennes de Barbès ou de Sarcelles, les tags, affiches et slogans antisémites fleurirent comme jonquilles au printemps ? 

Clair qu'il est plus facile et électoralement plus rentable, même si c'est débile, de dire non à Marine ou Zemmour que de dire non aux muzz antisémites (pléonasme). Le 2 poids 2 mesures, l'indignation sélective, la manipulation, comme d'habitude. Faudrait pas non plus qu'on est l'impression que notre police ne connaît pas les coupables, elle les connaît mais chut, haro sur Zemmour, haro sur les gilets jaunes, haro sur la bête immonde qui ne demanderait qu'à rouvrir les camps mais pas haro sur les muzz ! C'est ainsi. Castaner est capable de nous dire qu'il y a eu précisément 541 actes antisémites en 2018 dont 1/3 d'agressions physiques ou verbales. Si il y a agressions, il y a victimes et celles-ci sont bien capables, j'imagine, de nous dire par qui elles ont été agressées. Levons donc toutes ambiguïtés et donnons, sinon les noms, l'appartenance ethnique ou religieuses des coupables. Ah oui mais les statistiques ethniques et religieuses, faut pas, verboten. Un peu facile et trop pratique à nouveau.

Pour éradiquer un mal, il faut savoir d'où il vient, pour combattre un ennemi, il faut le désigner par son nom, pour savoir qui veut "tuer la République et ses valeurs", il faut pouvoir identifier les criminels, faute de quoi marcher contre l'antisémitisme, c'est comme pisser dans un violon, ça ne sert à rien. Levons toutes ambiguïtés !

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jeudi 14 février 2019

Nomination au Conseil Constitutionnel: Alain Juppé s'explique.



Billet librement inspiré d'un post de Pierre Duriot


Bonjour, 

Voyez-vous, je vais être nommé au Conseil constitutionnel et je suis contraint de quitter ma bonne ville de Bordeaux après l'avoir remarquablement plombée même si avec 343 millions de déficit je fais nettement moins bien que ma collègue parisienne. Au Conseil Constitutionnel donc, je m'en vais, la politique politicienne, ce n'est plus ma chose et puis l'ambiance est tellement pourrie en ce moment que franchement, j'en avais plein le dos. Rendez-sous compte, il y a même des hordes de gilets jaunes qui massacrent chaque samedi la ville que j'ai moi-même personnellement et avec vos sous réveillé, endormie qu'elle était depuis des années. Je me suis mis à parler comme eux pour qu'on essaie de se comprendre mais ils ne comprennent rien et puis le pouvoir d'achat, ce n'est pas un problème pour moi, je ne vois pas pourquoi ça en serait un pour eux. Si à cela vous rajoutez les réseaux sociaux tout plein d'injures et de haine de l'Autre, stop, ça suffit, j'en peux plus. Droit dans mes bottes, fier du travail accompli, je m'en vais donc palper 15 000 boules à Paris au Conseil. Comprenez-moi bien, j'ai beau avoir 73 ans et vécu quasiment toute ma vie sur la gueuse, j'en ai jamais assez alors 15 000 boules, je prends. Vous feriez de même à ma place, non ? Et puis en plus, comme c'est Richard Ferrand qui m'a fait signe et certainement pas Macron, contrairement à ce que certains haineux prétendent, si en même temps je peux faire chier avec ce ralliement à la Macronie Les Républicains, on va pas s'en priver, n'est-ce pas ? Il est vrai que lorsqu'il s'agit de mettre le brin dans mon ex famille politique, je suis assez doué, Sarko et Fillon s'en souviennent encore... les cons.

Quoi ? j'aurais dans le passé certifié que je ne quitterais pas ma bonne ville, que les Bordelais c'était ma chair, mon sang et toussa. Oui, et alors ? Vous avez déjà vu un politicien respecter ses promesses ? Pas moi.

Et puis zut, avec le parcours politico-judiciaire que j'ai, j'ai bien mérité de la République. Quoi ? , l'infernal blocage de la France en 1995 avec ma foireuse réforme des retraites, je n'y étais pour rien, c'est Chirac qui l'a voulu, moi je n'obéissais qu'aux ordres et puis là aussi, si les Français ont galéré à cette époque, perso, voiture de fonction et gyrophare, je n'ai jamais été gêné, ça roulait pour moi. Et ça n'a duré qu'un mois alors que les pouilleux en jaune, ça fait trois mois que cela dure...

Quitter Bordeaux, ce n'est pas une première, j'avais déjà quitté la vie politique en 2004, après une condamnation à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité pour une sombre histoire d'emplois fictifs et de prise illégale d'intérêt, à Paris. Finalement ce n'était pas si grave, pendant tout ce temps-là, j'ai continué à palper l'oseille que la République m'accordait mensuellement, suffisamment pour accepter l’aumône que me filaient les Canadiens pour que je donne des cours à leurs rejetons... Repris de justice ? Et alors, vu que cela ne dérange plus personne de nommer à des postes importants des ex-condamnés, je ne vois pas pourquoi j'aurai refusé ce poste merveilleux; les Bordelais d'ailleurs ne s'y sont pas trompés, ex-condamné peut-être mais élu maire plusieurs fois... Et puisque j'avais raté la dernière marche en 2017, c'est un peu mon bâton de maréchal le Conseil. Mon parcours ? Un sans faute finalement, ou quasiment.

Certes, en 2007, alors Ministre, j'ai démissionné de mes fonctions après avoir pris une veste aux législatives, pas grave, je suis retourné à Bordeaux et j'ai été réélu. Une veste un jour, un mandat toujours... 

Quoi des retournements de veste ? D'accord, fut une époque, du temps du RPR, les immigrés, je ne les aimais pas. Et alors ?, c'était il y a longtemps. Okay, je n'étais pas pour le mariage zinzin et la PMA et maintenant je suis pour, comme Macron Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis et comme je n'en suis pas un mais plutôt genre premier de la classe, alors ce que vous appelez retournements de veste, moi j'appelle cela: évolution, une conversion personnelle comme il dit Emmanuel, pas de quoi en faire un plat !

Voyez,  2016, j'ai perdu la primaire à droite face à Fillon. Je me suis donc rapproché de Macron, mon ex-adversaire et j'ai quitté les Républicains: évolution, conversion.

Alors oui, ça me brise le cœur de quitter MA ville mais, en 2018,  Bordeaux que je gère a été épinglée par la Chambre des comptes. La municipalité aurait fait apparaître dans ses recettes des emprunts non réalisés, dans le seul but d'équilibrer les comptes et de masquer l'endettement municipal par certaines pratiques comptables anormales, dit le rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) de Nouvelle-Aquitaine. En gros, en 2013 et 2015, respectivement, l'ardoise est de 3,6 millions d'euros et 9,5 millions d'euros, selon les calculs des magistrats. Il était donc temps que je m'en aille avant d'être à nouveau rattrapé par la patrouille, mon successeur est en marche, il s'en dépatouillera. 

On me dit islamo-compatible (avant on disait clientéliste ou électoraliste) parce que j'ai décoré l'imam, frère musulman, Tareq Oubrou de la légion d'honneur et soutenu la construction d’une mosquée de 12 000 m2 avec mon pote musulman  mais c'est nortmal, c'est aussi cela la République, le VivrEnsemble et l'accueil de l'Autre, on ne va pas me blâmer pour cela. Ceci dit, je ne souhaite pas trop en parler, c'est une question ultrasensible pour les élus: lécher les babouches et flirter avec les cathos, pas facile. Oui, j'avoue publiquement ne pas avoir lu le Coran, mais à quoi bon, puisque les frérots me disent qu'ils sont « modérés » et que de toute façon, l'islam est religion de paix et d'amour, tout le monde le sait. Comme chacun sait que je suis un homme ouvert sur le monde, ouvert au monde, le multiculturalisme, c'est inévitable, c'est... l'évolution.

Oui, 40 ans que je me sers, 40 ans que je sers mon pays, droit dans mes bottes, sinueux dans mon parcours, certes, mais 40 ans tout de même à ne penser qu'au bien commun, à Bordeaux, à l'avenir du pays, aux jeunes, aux vieux, à l'Europe que je souhaite fédérale, à ma pomme; 40 ans de bons et loyaux services bien rémunérés, 40 ans à prendre des  coups et à en donner, tout cela ne valait-il pas cette reconnaissance ultime, mon passeport pour la cour des Invalides le jour où je casserai ma pipe ? Assurément, si !

Comme dirait l'autre, ma pauvre Cécile, j'ai soixante-treize ans et je suis fini, mais j'ai encore de l'appétit pour l'argent public, un putain d'appétit alors je vais siéger à vos frais encore un peu , tout juste neuf ans, et si cela ne vous plaît pas, sachez que je vous emmerde... (oh pétard, que cela fait du bien de pouvoir parler comme les Jaunes, plus besoin de séduire, plus de campagne électorale, plus d'électeurs à séduire, que de l'oseille à prendre...).

Vive le France et Vive la République !

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mardi 12 février 2019

A tous les ayatollahs de la lutte contre l'antisémitisme, je dis prudence



Laurent Nunez a tweeté cela hier: "Indigné par la profanation des arbres plantés en souvenir d’Ilan Halimi.Face aux vents mauvais de l’antisémitisme, la République fera bloc. C’est son honneur, c’est son devoir."

Montrant à un ami comment fonctionnait twitter, je dis à celui-ci: tiens, regarde, je vais te montrer comment on se fait allumer sur ce réseau social en moins de deux minutes. Et me voilà répondre à Nunez: "Et face aux actes anti-cathos, la république fera-telle bloc de la même manière ?"

Et aussitôt la première réaction d'une folledingue: "Je trouve ton commentaire très déplacé corto74 oui Emmanuel Macron fait bloc avec les cathos ! On dirais que ça te gêne le soutien du gouvernement aux juifs ????? J’exige une réponse sans ambiguïté merci."

"J'exige" qu'elle me dit la greluche qui se présente comme pro Macron et pro Sarkozy. Je ne suis pas encore qualifié d'antisémite... mais ça ne devait pas tarder. Me voici aussitôt taxé de "crétin" puis une autre  me poser la question: "Elle veut juste savoir si tu es antisémite. La question se pose..." et enfin, c'était prévisible, me voici définitivement classé dans la rubrique "antisémite" !  Et tout ça pour avoir demandé à Nunez, en reprenant ses termes, si la république ferait aussi bloc en cas d'actes anti-cathos ! Ce monde devient fou ! Tu parles des cathos et tu te fais traiter d'antisémite ! Complètement fou !  Y en a dans ce pays qui ont tellement été baignés dans la shoah et les pseudos valeurs de la République que pour un oui ou pour un non ils voient de l'antisémitisme partout.

Bien sûr que ces tags sont odieux, bien sûr que l'antisémitisme c'est pas bien, bien sûr qu'il ne faut pas oublier, devoir de mémoire et toussa mais merde à la fin, y a pas que les juifs en ce bas monde, y a pas que les muzz, y a aussi les chrétiens, les cathos.

Une montée brutale de l'antisémitisme en 2018 qu'ils rabâchent à la télé. C'est vrai puisqu'ils le disent: 545 actes antisémites en 2018 pour 300 et quelques en 2017. Okay, c'est pas cool.  545 actes dont 1/3 sont des agressions physiques et 2/3 des tags, des dégradations, des paroles ou des gestes déplacés d'après ce que j'ai compris. Oui, et alors, y aura toujours des couillons sur terre, je crois même qu'il y en a de plus en plus; et pas que chez les antisémites.

Alors à la question: "on dirait que cela te gêne le soutien du gouvernement aux juifs". je réponds oui ! Oui, il me dérange parce que ce soutien est à géométrie variable. Vous les verrez comme un seul homme venir jouer les offusqués dès qu'un "juden" est tagé sur un Baglestein ou une croix gammée sur le visage de Simone Weil. Vous les verrez tous se bousculer sur les plateaux télé ou sur twitter dès qu'une mosquée se prend un lardon sur le paillasson, vous les entendrez en appeler à la République et à ses valeurs, ils vous feront marrer quand sur un air grandiloquent ils déclareront qu'avec ces actes antisémites ou anti-muzz, c'est la République qu'on assassine... Oui, on a l'habitude. 

Mais p'tain grave, les entendrez-vous quand il s'agira de causer d'actes anti-cathos ou anti-chrétiens ? Macache, nada.  5  églises profanées et vandalisées (celle de Houilles l'a été trois fois en dix jours), 1 calvaire tronçonné, le tout en moins d'une semaine !  878 atteintes aux édifices chrétiens en 2017 ! Des vierges brisées, des crucifix cassés, des excréments déposés,... Et qu'est-ce qu'ils disent nos ayatollahs de la lutte contre l'antisémitisme ? Qu'est-ce qu'il dit Castaner ? Nunez s'est-il engagé à ce que la République fasse bloc ? Niet, nada, queue-de-chie, que dalle ! Pas un ne s'est déplacé. Pas un ne s'est fendu d'un communiqué de compassion. Pas un pour condamner ces actes anti-cathos. Vous me direz, même la Conférence des Evêques de France garde le silence, sans doute sont-ils en train de tendre l'autre joue... Alors oui, encore une fois, ce soutien du gouvernement et des pros de l’indignation sélective aux juifs me gêne et il me gênera tant qu'il sera à géométrie variable, il me gênera tant que tout le gratin de la République se bousculera pour aller au dîner du CRIF ou à la rupture du jeûne mais "oubliera" de souhaiter de bonnes fêtes de Noël ou de Pâques aux chrétiens de France, il me gênera tant qu'ils confondront, sciemment, devoir de mémoire et repentance.

"L'antisémitisme est un poison qui s'insinue partout" qu'il a dit Castaner, oui et bien moi je dis méfi ! Méfi parce qu'à force de crier à l’antisémitisme, à force de voir de l'antisémitisme partout, même où il n'y en a pas, on risque de sombrer dans le contre-productif et de susciter des "vocations" antisémites. Comment ça je déconne ? On a vu exactement le même phénomène avec l'homophobie lors du mariage pour tous; elle était en pause depuis quelques années, peut-être la bête immonde sommeillait-elle, mais c'est au moment où la bien-pensance voyait un homophobe derrière chaque personne qui manifestait contre le mariage pour tous qu'elle s'est réveillée. Désolé, je n'ai pas la mémoire courte.

Alors à tous les ayatollahs de la lutte contre l'antisémitisme, je dis prudence. Les bêtes immondes sont puissantes, on ne peux les tuer, laissons les donc sommeiller. Le remède est ailleurs.


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lundi 11 février 2019

Scoop: CNews a trouvé les incendiaires de la maison de Richard Ferrand

Alors que les gendarmes s'interrogent encore sur l'absence de revendications pour le début d'incendie criminel dans le taudis de campagne de Richard Ferrand, les fins limiers de CNews ont trouvé le coupable ou plutôt les coupables:



Bon sang mais c'est bien sûr: les Gilets Jaunes !

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jeudi 7 février 2019

Avec ses shows à répétition, Macron bat la campagne. Est-ce légal ?

La grande tournée réalisée par Emmanuel Macron dans le cadre de son « grand débat national » a toutes les apparences d’une campagne électorale. A cinq mois des élections européennes, le président a-t-il le droit ?

(Par Régis de Castelnau pour Causeur)



Après avoir fait organiser à sa main le fameux « grand débat » qu’il avait promis, Emmanuel Macron vient de se lancer dans une tournée de représentation que Johnny Hallyday n’aurait pas reniée.

Devant les caméras qui relaient à satiété ses meetings, accompagné par l’adoration enthousiaste des éditorialistes, des chroniqueurs et des intellectuels stipendiés, dans des villes mises en coupe réglée avec forces de l’ordre et blindés, Monsieur s’enferme dans une salle préalablement remplie des petits maires du coin et se livre à son show.

Un président à la campagne…

La voix tremblante d’émotion et de ravissement des présentateurs télé vous annonce que, exploit digne du Guinness des records, il a parlé plus de six heures. Mais tout à leur logorrhée d’admiration, journalistes et commentateurs commettent une grave erreur. Les phrases qui reviennent le plus souvent sont les suivantes : « Il a retrouvé la verve de sa campagne électorale présidentielle. Il déroule brillamment son programme. »

Eh bien c’est justement là que le bât blesse gravement. Monsieur Emmanuel Macron, comme il l’avait fait pour ses vœux du Nouvel An, en désignant une partie du peuple français comme ennemi, ne se comporte pas en président de la République, pour tous les Français. Il essaie de rassembler et d’élargir son camp, dans la perspective des élections européennes. Il est donc en campagne, à quatre mois de l’échéance. Problème: c’est strictement illégal, et caractérise un comportement pénal. Et il faut le dire clairement, les élections européennes sont d’ores et déjà faussées. Si les organes de contrôle recommençaient à contrôler, leur contrôle devrait déboucher sur l’annulation du scrutin et sur des poursuites pénales.

…et apparemment en campagne

Que dit le Code électoral ?

Rappelons tout d’abord que la loi du 25 juin 2018, relative à l’élection des représentants au Parlement européen, rétablit une circonscription électorale unique sur l’ensemble du territoire. Ce sera donc un scrutin de liste, le nombre de postes à pourvoir étant de 79. Le plafond des dépenses électorales est de 9 200 000 €.

Rappelons ensuite que les lois de 1988 de 1990 qui ont organisé le financement public de la vie politique, suivies par d’autres textes et une jurisprudence abondante, ont posé trois principes : une dotation financière par l’État en fonction des résultats électoraux, la limitation des dépenses en période électorale et le contrôle par une Commission nationale. Concernant les sommes données aux partis ou aux candidats à des élections, il est possible d’ajouter à la dotation d’État. Mais ces dons sont réglementés et limités de façon stricte. Les dons des personnes morales sont interdits, apports en numéraire ou services directs ou indirects dont la valeur doit être calculée et intégrée aux comptes de campagne. La jurisprudence recèle quantité d’histoire de ce genre et, dans une année d’élections municipales, les services de communication des communes se gardent bien de mettre le maire sortant en avant, que ce soit en utilisant son nom ou en affichant une photo… Gare au couperet. Le juge est donc vigilant sur ces apports extérieurs qui se rattachent manifestement à de la propagande électorale surtout que le législateur a fixé une période de six mois pendant laquelle la surveillance est renforcée.

Nous sommes à quatre mois de l’échéance électorale, la mise en scène et les propos tenus le démontrent, les shows Macron ont toutes les apparences de meetings électoraux.

Un « Macron tour », deux problèmes

Nous sommes par conséquent confrontés à deux problèmes. Le premier est le coût de ces douze débats/meetings qui devra inéluctablement être réintégré aux comptes de campagne de la liste LREM. Compte tenu des moyens mis en œuvre par l’État, déplacement des personnalités, mise des villes-accueil en état de siège et mobilisation considérable de forces de sécurité, les sommes sont probablement exorbitantes.

On rappellera brièvement la mésaventure de Nicolas Sarkozy en 2012. Profitant d’un déplacement officiel à Toulon du président sortant, il avait tenu le soir un meeting. Le coût de l’ensemble avait été réparti à 30 % pour le compte de campagne et 70 % pour l’État. La Commission nationale, suivie par le Conseil constitutionnel de Jean-Louis Debré, inversa d’autorité les proportions, ce qui permit ainsi de dépasser le plafond autorisé et de rejeter le compte. Sanction : 300 000 € d’amende et non remboursement par l’État de 11 millions d’euros de frais de campagne.

Mais ce n’est pas tout, et c’est le second problème : la simple lecture de l’article L 52–8 du Code électoral démontre que les avantages en nature apportés à la liste LREM sont des dons interdits de personne morale, ce qu’est l’État. Le « Macron tour », tournée électorale en vue des élections européennes – le masque du « grand débat national » ne trompant personne – a, semble-t-il, ce caractère de dons interdits et impose le rejet du compte, son montant fut-il inférieur au plafond légal.

On peut donc d’ores et déjà penser que la régularité juridique des élections européennes est lourdement obérée.

Qui se donnera la peine de contrôler ?

Le contentieux électoral des européennes relève de la compétence du Conseil d’État. Celui-ci aura à examiner les recours dont il aura été saisi et répondre à la question de savoir s’il n’a pas été porté atteinte à la sincérité du scrutin. Dans le contentieux électoral classique sont visées toutes les actions et manœuvres prohibées par le code électoral. En présence d’un faible écart de voix, le juge vérifiera si les manœuvres dolosives ont pu altérer la sincérité du scrutin et pourra prononcer l’annulation de l’élection. Mais, désormais, les lois sur le financement public de la vie politique ont apporté une modification très importante : la simple violation des règles de financement des campagnes peut entraîner l’annulation, quel que soit l’écart de voix. Et les juges disposent en plus de prérogatives importantes pour prononcer l’inéligibilité des candidats fautifs. Compte tenu du fait que tout électeur aura intérêt pour agir à saisir le juge d’un recours en annulation, il est à craindre que le rôle du Conseil d’État soit encombré au mois de juin prochain.

On ajoutera pour faire bonne mesure que ces dons possiblement interdits, représentés par le « Macron tour », ne seraient pas seulement susceptibles de plomber le scrutin lui-même mais ouvriraient la voie à des poursuites pénales. L’article L 113–1 alinéa IV prévoit pour l’auteur des dons interdits, même à l’insu du candidat, une peine de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende… On pourrait aussi penser à la notion de « détournement de fonds publics » prévue et réprimée par l’article 432–15 du Code pénal. Et le fait que le président de la République est lui-même protégé par son immunité ne change rien pour ceux à qui il a donné des ordres pour organiser cette tournée. L’article 122–4 du Code pénal dit bien que l’on est responsable si l’on a commis une infraction pénale en obéissant à un ordre « manifestement illégal ». Pas besoin donc « d’aller chercher Emmanuel Macron » pour poursuivre les fonctionnaires qui auront organisé des meetings. Ils ont commis les infractions en toute connaissance de cause.

Etant donné la mansuétude dont le macronisme bénéficie de la part des institutions judiciaires, et du fait que les équipes qui entourent le chef de l’État et lui-même se comportent avec une désinvolture « no limit » assez époustouflante, il est peu probable que le président de la Commission nationale des Comptes de Campagne s’émeuve de ces opérations grossières. De la même façon, les parquets, occupés à chasser les gilets jaunes qui partagent des statuts Facebook, n’ont pas de temps à perdre avec ces vétilles.

Et si c’était les électeurs ?

En revanche, ce qui pourrait être amusant, compte tenu du fait que, pour les recours électoraux, tout électeur a intérêt à agir et peut saisir le Conseil d’État d’une requête en annulation, c’est que beaucoup s’en avise. Concernant l’aspect pénal, l’intérêt à agir étant rattaché spécifiquement au statut d’électeurs, la recevabilité de la plainte pénale serait aussi probablement acquise.

Après tout, l’État de droit n’est pas à géométrie variable.


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mardi 5 février 2019

La loi Alimentation pour les nuls... et contre le pouvoir d'achat !

Attention: Billet technique !



Depuis le 1er février beaucoup de produits alimentaires ont vu leur prix augmenter de manière plus ou moins importante. On parle, par exemple, de 8% pour le Coca et le Nutella, de 10 % pour le Ricard. Ces augmentations, fort mal venues dans un contexte de bronca populaire pour la défense du pouvoir d'achat, sont la conséquence directe de la loi Alimentation votée par les branques de LaRem (mais pas que), une loi sensée permettre d'aider nos agriculteurs-éleveurs à mieux gagner leur vie...

Déjà, je vous vois froncer  les sourcils: En quoi l'augmentation du Nutella pourrait-elle aider le paysan de la Creuse ou l'éleveur porcin du Morbihan ? Qu'est-ce qui ferait qu'une augmentation de 10% du Ricard permettrait d'assurer de meilleurs revenus au producteur de lait de l'Aveyron ?

Nous sommes le 5 février et, oui, les prix de ces produits ont bien augmenté comme prévu et comme l'impose cette nouvelle loi, loi qui prouve, si besoin était, que nos députés LaRem sont déconnectés des réalités quotidiennes et n'y connaissent rien en matière de grande distribution.

Auparavant, des dizaines et des dizaines de produits connus (Ricard, Nutella, Piles Duracell ou Energizer, etc...) étaient vendus par la grande distribution à prix coûtant, soit le prix d'achat facturé + la TVA.  Ceci ne voulait pas dire que, sur ces produits, les grands groupes (Leclerc, Auchan, Carrefour,...) ne gagnaient pas d'argent, la marge, ils se la faisaient "en arrière" avec les remises, rabais, ristournes et diverses prestations négociées annuellement avec les fournisseurs.

Ainsi le litre de Coca payé en caisse 0,96 euro était acheté par l'enseigne à 0,80 euros pour une TVA à 20% (1). Sur ces 0,80 euro, l'enseigne négocie, par exemple, une remise de fin d'année avec Coca: Sur l'année, je vous achèterai 1 000 000 de bouteilles et en échange, vous me refilez en fin d'année 10% du chiffre d'affaire facturé, soit en l’occurrence: 1 000 000 x 0,08 euros = 80 000 euros. 80 000 euros de marge arrière. Le Coca était bien vendu à prix coûtant et l'enseigne se rémunérait sur ces avantages négociés. Cette technique, légale jusque lors, avait l'avantage  de permettre aux consommateurs de trouver sur ce produit quasiment les mêmes prix partout puisque tous les grands distributeurs, en accord avec les fournisseurs, pratiquent ainsi. Autre avantage, puisque ces produits étaient vendus à prix coûtant et que la vente à perte est elle interdite, nul hyper ne pouvait se permettre de casser les prix: Distributeurs et fournisseurs, finalement, main dans la main quoiqu'on en dise et quelque soient les tensions lors des négociations. Vous pouvez vérifier, sur une zone géographique, voire sur le territoire entier, voire à l'échelle européenne pour certains, tous ces produits phares et repérables, autrement appelés produits d'appel, sont vendus quasiment au même prix par la grande distribution.

Le gouvernement a décidé de mettre en partie fin à cette pratique en obligeant les enseignes à vendre tous ces produits avec au minimum une marge "avant" de 10%. Ainsi, notre litre de Coca sera désormais payé en caisse à (0,80 euros + 10%) + 20% de TVA soit 1, 056 euro. Le distributeur se voit donc dans l'obligation d'augmenter sa marge, le consommateur paiera son litre de Coca 9 centimes de plus et l'Etat empochera un surplus de TVA de près de 2 centimes... Vous avez compris ?

Et les agriculteurs-éleveurs-pêcheurs ou fruitiers dans tout ça ? Que leur apporte cette loi ? Et bien rien ! Ou du moins pas beaucoup et en tout cas, seulement au bon vouloir des distributeurs. Car si le gouvernement a obligé les distributeurs à augmenter leur marge de 10% sur ces produits phares, en contrepartie, ces derniers n'ont aucune obligation. On leur demande juste, gentiment, sans contrainte réglementaire, de "reverser" tout ou partie de cette marge supplémentaire en acceptant une baisse de leurs marges de plus ou moins 10% sur les marchandises (lait, pomme de terre, porc, etc...) achetées aux agriculteurs... Vous suivez toujours ?

Oh, nous aurons bien une enseigne ou deux qui se la jouera cool, un temps, en annonçant urbi et orbi qu'elles vont refiler une partie, une partie seulement, de ce bonus aux agriculteurs en acceptant d'acheter plus cher leurs marchandises  et ça s'arrêtera là. Sur les 8 centimes gagnés sur le Coca et histoire de se faire bien voir, Monsieur Auchan ou Monsieur Leclerc accepteront bien une hausse du prix d'achat de la laitue de 1 ou 2 ou 3 centimes sans augmenter le prix payé en caisse et ce sera tout dès lors que rien ne les oblige à tout refiler.

Alors, une loi Alimentation pour améliorer les revenus des agriculteurs ? Que nenni, ça les aidera peut-être un chouïa mais c'est tout. Les vrais perdants, ce seront les consommateurs qui verront peut-être les prix de la laitue et de la patate baisser quand ceux du Nutella, des piles, du jambon Herta, du Ricard, du thé, du café et de tout ces produits de grandes marques incontournables augmenteront d'au moins 10% !

Ah mais, me direz-vous, si le Nutella ou le Coca Cola augmentent trop, j’achèterais du coca ou de la pâte à tartiner à marque de distributeur, elles sont moins chères. Vous auriez raison et... vous feriez le bonheur des distributeurs qui gagnent bien plus d'argent sur leurs propres marques que sur les marques nationales et internationales !

Alors, avec cette loi Alimentation, c'est qui le grand gagnant ? Le distributeur, l'Etat mais certainement pas les agriculteurs, encore moins les consommateurs ! L'exemple type d'une aberration "En Marche" !


(1) Hypothèse retenue pour la démonstration: le litre de Coca payé en caisse 0,96 euro était acheté par l'enseigne à 0,80 euros pour une TVA à 20% 

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@yahoo.fr

France, 2019.