samedi 22 février 2014

Ici ou ailleurs ?

Cette photo n'a pas été prise à Kiev, place Maidan, ni même à Caracas, Vénezuela. Elle a été prise à Nantes aujourd'hui.


Celle-ci aussi:

Comme celle-ci:

Ou bien celle-ci:

Ou bien celle-ci ou encore celle-là, et une petite dernière...

Ce ne sont pas des projectiles utilisés par les révoltés de Kiev contre la police, juste ceux utilisés cet après-midi à Nantes par quelques auxiliaires du gouvernement antifas de passage:


Oups, là je me suis trompé, c'est Miss Venezuela Turismo 2013 qui a été abattue par la police lors d'une énième manifestation contre le régime de l'héritier d'Hugo Chavez. A vrai dire, on s'en fout le Venezuela n'est pas l'Ukraine et puis c'est loin, si loin...:


Retour en France; ça c'est une ministre du gouvernement actuel qui a déclaré être de tout cœur avec les manifestants de Nantes qui protestent contre le nouvel aéroport voulu par son premier ministre:


Et ça, c'est le ministre de l'Intérieur français qui n'a pas l'air content du tout. Après qui ? Après la dame du dessus, les manifestants anti-NDDL, après avoir vu sa nouvelle côte de popularité ?:


Là, c'est BFM qui nous assure que Président a fait une "longue visite" au Salon de l'agriculture:


Il paraît que tout s'est déroulé - si j'en crois Le Monde - dans un climat apaisé; pas de sifflets, pas de huées. Les quelques personnes à avoir hué Président ont été évacuées par le service d'ordre - si j'en crois le Figaro - ce qui permet aux autorités de dire que la visite s'était passée sans incidents. "Président a ensuite déambulé parmi les stands entouré d'un important dispositif de sécurité, dans un climat serein sans effusion ni hostilité, goûtant tour à tour bœuf, brochette d'agneau, charcuteries ou fromage" (Le Monde). Vous verrez que semaine prochaine, on nous dira qu'il a repris au moins 3 points dans les sondages.

Ça se passe comme ça en Socialie, ça pourrait être ailleurs, mais c'est ici.

Folie passagère 2150.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 21 février 2014

Nous avons les élus - et donc les partis politiques - que nous méritons


Hier, j'ai balancé sur ce blog l'adresse d'Henri Guaino "à ceux qui jouent avec le feu". J'avais pensé ne pas citer l'auteur comme je le fais parfois afin que le lecteur se concentre sur le texte plus que sur l'auteur; j'aurai du si j'en juge par les commentaires nombreux qui m'ont été adressés.  Peu ont critiqué le fond sans que je sache in fine s'ils ont approuvé ou pas ses propos; par contre, le pauvre Guaino, qu'est-ce qu'il a pris !

Le reproche qui lui est principalement fait est celui que j'entends trop souvent de la part des socialistes: Pourquoi n'a-t-il pas, lui Guaino, Sarkozy et la clique d'alors mis en application ce qu'ils prônent maintenant ? Et blablabla, Sarkozy est un con, une ordure, qui n'a rien fait contre l'immigration, qui a fait comme le PS fait aujourd'hui (sic), un pourri, aux ordres de l'UE, UMP=PS, il n'a rien fait pour juguler l'augmentation de la dette, etc et blablabla.... Bref, on jette le bon et on garde mauvais. J'aurai compris si ces réflexions étaient venues de la part de gauchistes sauf que l'essentiel de mes commentateurs est plutôt "de droite".

En gros approuver Guaino, c'est approuver Sarkozy et donc l'UMP et donc le PS, tous ces gens-là conduisant notre pays à sa perte. Bien. Donc voter UMP ou PS, c'est blanc bonnet et bonnet blanc. Possible. Donc, on ne votera pas pour l'UMP ou le PS. Donc, on votera FN ? Et de Charybde, nous irons en Scylla; parce qu'excusez, le FN, ce n'est pas ce qui se fait de mieux pour espérer redresser le pays, sauf à croire qu'en votant FN, le chaos sera tel que les partis traditionnels seront obligés de se refaire une virginité démocratique. Votons pour le Front de Gauche ? Stupide, nous sommes d'accord. Voter pour Debout La République, restons sérieux, Dupont Aignan est sympa mais il ne représente que lui et ne serait sans doute pas mécontent d'épouser Marine pour enfin peser quelque chose. EELV, désolé, ce n'est pas possible, j'aime trop les feux de cheminée, ma voiture et l'électricité pas chère. Voter pour les ventres mous du Modem-UDI qui un coup penchent à gauche, un coup, à droite ? Que nous reste-t-il ? Vote blanc, vote nul, abstention, aller à la pêche ? Les partis politiques ne demandent que cela. On pourrait essayer la Restauration, si c'est comme cela que l'on appelle le rétablissement de la monarchie, je n'y crois pas, les Français, non plus. Pensez donc, être dirigé par un monsieur que l'on nous aurait sorti, tel un lapin, du chapeau de l'Histoire...

Je repose donc la question à tous ceux qui estiment que la classe politique est entièrement pourrie, que les partis politiques et ceux qui les animent ne pensent qu'à leur gueule et que PS et UMP c'est pareil: Que fait-on ? La révolution ? Combien de Français sont près à aller casser du CRS ? Oui, que fait-on ? On continue à tirer à boulets rouges sur les politocards ou bien, on fait avec et on essaie, chacun avec ses moyens, de les "ré-éduquer" à la démocratie ?

Oui, dites-moi, les contempteurs du système, les Skandal-isés, les anarchos-je-ne-sais-quoi, les spécialistes du "tous pourris", les j'en-ai-marre, dites-moi, ON FAIT QUOI ?

Ce n'est pas le tout de critiquer, n'oublions pas que tous ces gens pour lesquels, nous dit-on, notre niveau de défiance n'aurait jamais été si élevé, c'est nous-vous-ils qui les avons élus. Nous avons les élus - et donc les partis politiques - que nous méritons. Alors, à nouveau, on fait quoi, on continue de critiquer, histoire de vider la bile ou bien essaie-t-on  d'agir d'une manière ou d'une autre? Votons pour les moins pires ? Votons contre ?

Personnellement, j'ai fait mon choix, j'ai choisi un camp parce que je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas, je vais essayer d'agir, à mon niveau, petitement pour que cela change. Il y a (encore) des tas de moyens pour agir afin de ne pas trop subir.

Et j'emmerde le "Tous pourris".

Ainsi, qu'il me soit permis de faire mon JFK: Ne demande pas ce que la politique peut faire pour toi, demande-toi plutôt ce que tu peux faire pour elle.

Oups, j'oubliais, il y a encore une solution: Partir. Encore faut-il oser.

Folie passagère 2149.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

Jean-Marc Ayrault menace le Figaro


Imaginez ne serait-ce qu'un instant François Fillon, premier ministre de Sarkozy, las des articles fustigeant la politique de son gouvernement, dire: "Le journal Le Monde n'a pas besoin des 18 millions d'euros de subventions que l'Etat lui verse chaque année" ou bien la même chose à propos des 10 millions versés à Libération. Vous imaginez le tollé et les réactions outragées de tout ce que la gaucholalie compte de supporters... On aurait crié à la censure, à l'atteinte à la liberté de la presse et à la liberté d'expression; la République et la démocratie en danger, etc...

Oui imaginez cela même si l'ancien premier ministre et l'Ex n'ont rien dit de tel alors que pourtant ils ne furent pas épargnés par la presse...

Le Figaro a le don d'énerver le nouveau pouvoir (Mais curieusement pas Libé). Celui-ci n'aime pas ses Unes, ses articles et le ton critique qu'il utilise pour qualifier depuis 20 mois l'action de nos nouveaux dirigeants. Pas une semaine sans que Matignon ou l'Elysée ne soient brocardés par le quotidien de Dassault. Ayrault et hollande ne sont pas contents et ne se privent pas de le faire savoir. Ils en ont même tellement marre que Ayrault s'est fendu d'une petite phrase qui n'a dérangé ni outragé personne: "Le Figaro, qui reçoit une aide annuelle de 18 millions d’euros, n’en a pas besoin. Et, dans le cas contraire, Dassault, qui finance ses Rafales avec l’aide de l’Etat, peut payer." Le sous-entendu est limpide et le Lab d'Europe 1 ne s'y est pas trompé en titrant:"Jean-Marc Ayrault réfléchit à revenir sur les aides accordées au Figaro". 

En Socialie, on ne saurait critiquer le pouvoir sans s'exposer à des menaces ou des représailles. En Socialie, on n'hésite pas à annuler d'un trait de plumes les 5 millions d'euros qu'un journal de gauche, L'Humanité, doit à l'Etat, on n'hésite pas à traîner des pieds pour réclamer à Médiapart le million d'euros qu'il doit au fisc; en Socialie, on n'hésite pas, à mots à peine couverts, à menacer un journal d'opposition de lui supprimer ses subventions...

C'est-y pas beau?

Le groupe Le Figaro, malgré une légère baisse de ses ventes au numéro (-1,9%) en 2013, a annoncé finir l'année 2013 avec un résultat d'exploitation de 22 millions. Preuve s'il en est qu'une bonne gestion permet à un groupe de presse de ne pas perdre d'argent. Je serai Le Figaro, je dirai "chiche" à Ayrault, "Supprimez-nous les subventions ! Mais attention au retour de bâton, en échange, nous ne nous retiendrons plus."

Maintenant, si vous voulez mon avis, nous devrions supprimer l'intégralité des subventions à la presse, y compris les aides indirectes comme la niche fiscale des journalistes, ce serait le seul moyen d'avoir la garantie d'une presse réellement indépendante.

Le saviez-vous: CFDT Magazine, Voici, Closer ou Le Journal de Mickey touchent chacun près de 500 000 euros de subventions chaque année. Nous Deux, Prions en Eglise ou Micro Hebdo perçoivent environ 350 000 euros. CGT Ensemble et Modes et Travaux, 250 000 euros.

En 2012, l'Etat français aura versé près de 2 milliards d'euros d'aides directes à la presse.

Folie passagère 2148
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 20 février 2014

Je ne reconnais plus mon pays, ma France


" Je ne reconnais plus mon pays. Il y souffle un vent mauvais, un vent de colères, de divisions, d'antagonismes. Il arase ces digues que l'on nomme respect de l'autre, estime de soi, bienséance, civilité, et qu'une haute civilisation construit et reconstruit patiemment pour canaliser les pulsions et les passions humaines. Il attise un feu de violence et de haine qui couve sous la cendre d'une crise économique, sociale, identitaire aux conséquences profondément délétères sur la cohésion de notre société.

Comment vivre ensemble, comment se sentir solidaires, comment partager, si la détestation s'immisce dans tous les rouages de la société, dans toutes les relations, si elle transpire dans toutes les attitudes, dans tous les comportements ? Comment croire que la légitimité de nos institutions, de nos lois, la solidité de notre démocratie ne s'en trouveraient pas dangereusement affaiblies ?

Je ne reconnais plus mon pays. À qui la faute ?

Quand souffle ce vent mauvais qui précède toujours les grandes catastrophes de l'histoire, c'est à chacun de prendre davantage sur lui-même pour ne pas nourrir les antagonismes, ne pas creuser les fractures, pour apaiser, réconcilier. Chacun a sa part de responsabilité. Elle est d'autant plus grande que l'on occupe dans la société un rang plus élevé, que l'on y exerce un pouvoir plus important.

La démesure est le risque de tout pouvoir. Elle commence quand un pouvoir ne se pose plus la question de sa propre limite, ne s'interroge plus sur les conséquences de ses actes. Un pouvoir sans mesure est un pouvoir qui ne s'interroge jamais pour savoir jusqu'où il ne doit pas aller trop loin vis-à-vis de ceux qui sont en désaccord avec lui, un pouvoir qui n'a conscience que de ses droits et pas de ses devoirs.

Ce rappel vaut d'abord pour les politiciens. Si l'opposition a le devoir de ne pas se laisser aller à toutes les surenchères, de ne pas céder aux extrémistes qui veulent l'entraîner sur des voies où se perdrait son honneur, la majorité du fait du pouvoir qu'elle exerce a une plus lourde responsabilité encore. Que dire d'un pouvoir politique, d'une majorité qui, dans une société malade de toutes les crises, usent tous les jours de la provocation pour servir avec cynisme ses clientèles les plus extrêmes et radicaliser une partie du pays dans le seul but de se maintenir au pouvoir ?

Je l'ai dit jadis sous une autre majorité : chercher à dresser les Français, les uns contre les autres, conduit à la défaite morale et la défaite morale est toujours l'antichambre de la défaite politique. Depuis la Seconde Guerre mondiale, on n'a jamais vu la France aussi divisée et la radicalisation des idées et des comportements autant exacerbée par une entreprise de destruction sans précédent de toutes les institutions et les principes qui nous permettent de vivre ensemble. Ceux qui attisent ainsi les braises qu'ils avaient si solennellement promis d'éteindre doivent être conscients qu'en mettant le feu, ils se brûleront aussi.

Je ne reconnais pas mon pays, ma France. Passionnée, emportée, mais pétrie d'humanisme et de valeurs universelles. Ou plutôt je reconnais dans le visage qu'elle prend, aujourd'hui, celui des mauvais jours, des déchirures et des drames, quand elle n'est plus elle-même, quand elle perd son âme.

La politique n'est pas seule en cause. Nous vivons une époque dangereuse où presque tous les pouvoirs semblent oublier leurs devoirs. Qui ne voit avec consternation et angoisse une certaine dérive de la justice telle qu'elle s'est affichée sur le « mur des cons » , ou telle qu'elle se montre dans la tentation, mortelle pour la Démocratie et la République, de faire trancher les questions politiques par les juges ?

Mais le temps est venu de mettre au pied du mur de ses responsabilités un autre pouvoir, aussi important pour une société de liberté que celui du Parlement, ou des juges. Je veux parler du pouvoir des médias. La société leur confie un pouvoir considérable et le protège.

Ce pouvoir crée aussi à ceux qui l'exercent des devoirs qui dépassent le cadre des lois et des règlements. Les médias ont eux aussi un devoir moral, un devoir de mesure, un devoir de respect. Comme tout pouvoir, celui-ci a le devoir de s'imposer, en conscience, ses propres limites. (...)

Mais il y a des limites à tout. Ou plutôt, il faut mettre des limites à tout. Ne pas tout accepter, ne pas tout supporter, ne pas tout endurer, et s'empêcher soi-même de franchir certaines bornes : l'homme libre, l'homme digne, est un homme qui est capable de dire non. 

L'autre soir, sur ce plateau de télévision, où l'on m'avait invité pour parler de la politique familiale, l'interlocuteur que l'on m'avait choisi n'avait qu'un but, avec la complicité au moins passive des animateurs : faire un débat homosexuel contre hétérosexuel. Ce débat je le récuse, je l'ai toujours récusé, de toutes mes forces. Il est porteur du pire. Je passe sur le mépris, l'impolitesse, la caricature, j'ai l'habitude. Que mon interlocuteur fasse de la cause qu'il prétend défendre un fonds de commerce et qu'il l'abaisse à ce point, après tout c'est son problème même si c'est détestable. Mais accepter les termes de ce débat, supporter que le débat politique soit si profondément dénaturé, entraîné sur des voies si dangereuses où les orientations sexuelles, la couleur de la peau ou les religions deviennent des catégories politiques, ce n'était pas possible. 

Faut-il donc se laisser glisser sur cette pente fatale où la vieille lutte des classes aux effets si néfastes laisserait la place à pire encore : la guerre des religions, des sexualités, des mémoires, des origines, au choc haineux de tous les intégrismes et de tous les racismes ?Faut-il donc être le complice de cette transformation de la politique en entreprise de délégitimation morale systématique de celui qui ne partage pas les idées de quelques minorités plus agissantes que d'autres ? 

Qui ne voit que ce dévoiement de la politique dessine les contours du plus dangereux des communautarismes, celui du rejet, du dénigrement, du mépris de l'autre ?

Non, ce n'était pas possible. Ce n'était intellectuellement, moralement pas possible. Je suis parti. Que faire d'autre ?

Beaucoup de Français qui n'en peuvent plus du climat de notre vie publique m'ont approuvé. D'autres ont condamné mon geste. C'est la loi du genre. On ne peut pas être d'accord avec tout le monde. Mon inquiétude est ailleurs : ceux qui dans des émissions grand public, dès le lendemain, m'ont traîné dans la boue parce que j'avais osé dire « ça suffit ! » , ceux-là se rendent-ils compte à quel point est dangereuse la mise en scène de ce genre d'affrontement qui nourrit les pires antagonismes ?

J'ai envie de leur dire : avez-vous conscience que vous jouez avec le feu ? Avez-vous conscience que vous avez aussi une responsabilité dans le vent mauvais qui souffle sur la France, que vous avez aussi des devoirs et pas seulement des droits ? Même vous, oui, même vous ! Vous d'abord qui êtes les garants du pluralisme démocratique ! Vous qui avez ce privilège de pouvoir tous les jours parler à tous les Français !

Quand viendra, à force de souffler sur les braises, le temps de la violence et de la haine, croyez-vous que vous pourrez dire : « Nous n'y sommes pour rien » ?

Souvenez-vous que ce ne sont pas les prophètes de malheur qui sont responsables des grandes catastrophes mais ceux qui ricanent cyniquement quand tous les éléments du drame se mettent en place. Parce qu'ils ont laissé faire...

Je ne reconnais plus mon pays et vous y êtes aussi pour quelque chose."

" Adresse à tous ceux qui jouent avec le feu " par Henri Guaino. Pour le Figaro du samedi 15 février 2014. A lire en intégralité ICI.


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

mercredi 19 février 2014

Bruno Roger Tout Petit: Pour l'honneur des journalistes...


Il y avait longtemps que je n'avais rien lu de stupide écrit par Bruno Roger Petit. Bien sûr que vous le connaissez, il est dans le système, dans vos postes, vos télévisions, il a un mot pour tout, un mot sur tout, il est partout. Il est aussi bien expert footballistique que chroniqueur politique, c'est dire si son talent est grand. 

Et qui dit omni-présence et talent dit: Ma parole est vérité, je suis journaliste, je sais, tais-toi. Et gare à vos abattis si vous avez l'outrecuidance de critiquer et le sachant et la profession qu'il sait représenter et défendre avec...partialité et la pugnacité d'un coq élevé en plein air. 

Dans une tribune pondue du jour, notre BRP s'en prend à NKM. Normal, me direz-vous, celle-ci a commis un crime de lèse-majesté: elle a mis en cause une journaliste; journaliste du journal Le Monde, journaliste qui ferait partie du système. NKM a dit: "Évidemment, si vous lisez toute la journée les articles de Madame Gurrey, dans Le Monde, vous vous dites : wahou, quel acharnement. Mais c'est des gens qui défendent le système et qui, quelque part, y participent. Là, c'est une journaliste qui est manifestement la 21e tête de liste de Madame Hidalgo à Paris. Bon ben ça va, on a compris, c'est tous les jours qu'on y a droit."

Crénom, que le diable nous patafiole, elle et moi, elle a prononcé le mot qui tue, le mot que seuls les fachos utiliseraient, le mot qui pue, le mot qui tue: la journaliste du Monde ferait partie d'un système, du système. Vous l'aurez compris, il y a des mots qui ne peuvent être utilisés si vous êtes républicain et d'autres que vous pouvez répéter à vomir si vous êtes fille ou fils spirituels de JM Le Pen. NKM a dit "système", elle est donc anti-républicaine, voire... frontiste, tant qu'à faire. Et ça, voyez-vous, BR Tout Petit l'écrit: " NKM commet un crime contre l'esprit. Un procédé ni digne, ni honorable, accuser une journaliste de corruption morale. C'est grave. Voire très grave." Parce que forcément dire d'une journaliste qu'elle fait partie du système, c'est mettre en doute son objectivité, c'est l'accuser de corruption morale, c'est donc un crime. Prison ou sursis? Laissez donc BRP décider, il est juge et partie et sa sentence est irrévocable !


Faut dire qu'une candidate à la mairie de Paris dont les journalistes, comme encore ce matin sur Itélé, prennent un malin plaisir à l'interroger sans arrêt sur les petites phrases et les dissidences plutôt que sur son programme, pardonnez lui, elle a le droit de temps en temps, de constater, qui sait à juste titre, qu'un système s'est mis en place à Paris (en 12 ans, le contraire serait étonnant) et que certains pisse-copies, compte tenu de leur bienveillance vis à vis de la concurrente de la dite candidate, pourraient bien en faire partie. Ça, cette bienveillance vis à vis de la dauphine de Delanoë, BRP ne la voit pas, ne peut la voir parce que lui aussi justement est dans ce système. Il est tout, il est partout...

Indigne NKM serait car non seulement elle utilise des mot qu'on ne doit pas utiliser mais pis encore, ce faisant, elle chercherait à s'attirer le vote des gens qui seraient contre le système. Tiens, il y aurait des gens contre le système... un système existerait donc. Passons.

"Taper sur les journalistes permettrait de chercher les voix "antisystème", pourquoi se priver ? Le procédé n'est guère digne, ni honorable. Il est aussi maladroit en ce qu'iI peut être aussi de nature, compte tenu de l'agression, insupportable, à délier les langues." Mignon BRP, les langues qu'ili ne faudrait surtout pas délier, n'est-ce pas. Ne pas dire quand dénoncer serait le privilège du journaliste impartial... 

Et le BRP d'en rajouter une couche: "Dénoncer le "système" des supposées élites socialistes, politiques et médiatiques, y compris à travers l'exemple d'une journaliste, se poser en candidat "antisystème", c'est enfourcher un cheval de bataille jusque là réservé aux extrêmes droites françaises." Et bien justement, il serait peut-être temps de mettre fin à cette supposée appropriation frontiste. Oui, il y a des élites socialistes et politiques, elles ont même tous les pouvoirs en ce moment. Ça, mon biquet, c'est du constat, du vrai, pas une élucubration lepeniste. Et il suffit de se remémorer la dernière campagne présidentielle pour avoir une parfaite idée de ce que les élites médiatiques sont capables de faire pour se liguer contre un candidat qu'elles détestent.

Un système est un ensemble d'éléments interagissant entre eux selon certains principes ou règles, ensemble d’éléments qui se coordonnent pour concourir à un résultat. La règle et les principes sont simples à comprendre: il vous faut être du bon côté, appartenir au Camp du Bien et ne pas prononcer certains mots. Faute de quoi, vous vous  exposez aux représailles des médias, des journalistes et des élites politiques en situation de responsabilité (le résultat). NKM n'a pas le droit de parler de système, c'est anti-républicain. Qu'un ministre "emmerde" un député du camp d'en face ou qu'un autre député, PS il va de soi, menace de faire descendre les cités dans la rue, ça c'est républicain et n'a pas à être dénoncé. N'est-ce pas Bruno Roger Tout Petit ? 

"La mise en cause des journalistes, de leur honnêteté et de leur indépendance se répand à droite", nous dit BRP. A l'extrême gauche aussi et pas qu'un peu si j'en crois Melenchon. Dès lors qu'il est maintenant admis que la profession est majoritairement de gauche, qu'elle n'hésite plus à confondre informer et commenter, il était enfin temps effectivement de remettre en cause la pertinence de leurs jugement, de leur objectivité et de leur partialité. 

Les exemples ne manquent pas pour pointer du doigt au pire la partialité et la connivence des journalistes avec l'actuel pouvoir, au mieux leur amateurisme ou leurs silences. La majorité des journaleux font bien partie d'un système: depuis des mois, ce système je l'ai baptisé Socialie.

Folie passagère 2147.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

Muzz, votre sang nous est cher !


Lors de ce fameux Jour de Colère, j'avais été impressionné par la présence en masse de jeunes de banlieues, de "racailles", de beurs venus crier "Hollande démission" ou des trucs du genre: " Valls dégage! ". Nous sortions à peine de la fatwa lancée par Manuel Valls contre Dieudonné. Ce supposé comique a sans doute tous les défauts du monde - puisqu'on nous le dit - mais il est adulé par ces jeunes beurs des cités. Ils étaient donc un certain nombre ce jour-là à dire non à ces gens de là-haut. Et l'on vit le Manuel perdre 12 ou 13 points dans les sondages. Il n'était plus le politocard préféré des Français.

Le dimanche suivant, c'était le retour de La Manif Pour Tous à Paris avec le succès que l'on sait. J'y étais et fus surpris de constater que les muzz étaient venus nombreux avec banderoles et slogans. Aux précédentes manifs, ils y étaient aussi mais moins nombreux, bien plus discrets, mais ils étaient là. La famille, ça compte aussi chez eux, peut-être même plus que chez nous.

Le week-end suivant, c'est la fameuse polémique lancée par Farida Belghoul sur les ABCD de l'égalité à l'école. Elle mobilise et dans une centaine d'écoles, les mères, essentiellement muzz, viennent retirer leurs enfants de l'école de peur qu'on leur apprenne des trucs pas très catholiques... Le buzz déclenche un ramdam au sein du gouvernement et d'un seul coup d'un seul tous les ministres concernés nous dire que la théorie du genre n'a jamais existé: juste une vaste manipulation orchestrée par l extrême droite et cette "s..... de Farida".

La musulmanie serait-elle en train de regretter le soutien massif qu'elle avait apportée à Président? Quelques sondages semblent le dire. Il y a le feu ! Une partie des minorités choyées, parce que désignées comme cible marketing par Terra Nova, serait sur le point de virer sa cuti. Et les élections municipales approchent... Branle bas de combat !

Président et sa clique se doivent de réagir: ils ne sauraient accepter que les muzz en viennent à voter autre chose que PS. L'opération reconquête est déclenchée: Muzz, on vous aime ! Votre sang nous est cher !

- Le 15 février, Manuel Valls décore de la Légion d'honneur le recteur de la mosquée de Evry-Courcouronnes; Evry, ville dont Valls était le maire. Ce même recteur qui en 2011 déclarait: "Il n'existe pas de culture judéo-chrétienne occidentale".

- Le 18 février, Président nous rejoue le coup de la repentance à la Grande Mosquée de Paris et inaugure une stèle à la mémoire des soldats musulmans morts pour la Nation lors des deux dernières guerres. Perso, je ne savais pas que des soldats muzz étaient morts à la guerre, ni même des soldats cathos, juifs ou animistes; je croyais qu'il n' y avait que des soldats pour mourir à la guerre... Je me trompais, Président l'a dit: "la France a une dette" vis à vis de ces soldats particuliers, j'imagine donc que pour les autres, le sacrifice c'était gratos ! "Le prix du sang versé" ne serait-il pas le même pour tous ?

Vous verrez que d'ici les municipales, nous devrions avoir un ou deux coups tordus dans le même genre que ceux-là. Alors, on pourra me rétorquer que ces deux baisers à la musulmanie étaient prévus de longue date. Possible, en les maintenant, les socialistes nous montrent qu'ils ne craignent même plus d'être taxés de clientélisme. C'est vrai qu'à ce jeu-là, ils sont vraiment très forts.

Reste à savoir si les muzz seront suffisamment cons pour se faire manipuler...

Folie passagère 2146.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

France, 2019.