vendredi 29 août 2014

Vladimir Poutine s'attaque aux pétrodollars...



La Chine et la Russie ont signé mercredi 21 mai 2014 un énorme accord de fourniture de gaz qui offre au premier consommateur mondial d'énergie une précieuse source d'approvisionnement et à Moscou un débouché bienvenu à un moment de tension avec ses traditionnels clients européens.

L'accord, fruit de plus de 10 ans de négociations, prévoit l'exportation vers la Chine de 38 milliards de mètres cubes de gaz russe par an pendant trois décennies, pour un montant total estimé à plus de 400 milliards de dollars américains.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping ont applaudi en assistant à la signature, à Shanghai, de l'accord entre Gazprom et China National Petroleum Corp (CNPC). L'accord est un triomphe personnel pour Vladimir Poutine, qui courtise de nouveaux partenaires en Asie au moment où l'Europe tente réduire sa dépendance au gaz russe pour conserver sa crédibilité dans le bras de fer qui l'oppose à Moscou au sujet du conflit ukrainien. (sources: Radio Canada et tous ceux qui ouvrent un peu plus les yeux que nos media sur ce qui se passe en Ukraine)


Après que Vladimir Poutine ait annoncé le 14 août dernier que la Russie voulait désormais vendre son gaz en devises nationales et non plus en dollar US, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que Moscou mette au point un accord global avec la Chine allant en ce sens.

Selon RIA Novosti qui cite la revue Kommersant, le gouvernement russe a d’ores et déjà expédié deux navires vers l’Europe avec à leur bord 80 000 tonnes de pétrole en provenance de Novoportovskoye, un champ d’extraction situé dans l’Arctique. Ces deux livraisons seront réglées en roubles et non en dollars, du jamais vu. La Russie livrera aussi du pétrole via le Pipeline Est-Sibérien / Océan Pacifique (ESOP) à destination de la Chine qui sera réglé en yuans chinois.

Selon Kommersant, il s’agit là d’une mesure de “protection” de la Russie consécutive aux sanctions prises par les USA à son encontre.

Il semble donc que le seul résultat tangible de la politique de sanctions contre la Russie soit un véritable ébranlement de l’hégémonie du dollar US dans les transactions internationales et une remise en question enfin ouverte de son rôle de monnaie de réserve planétaire. Une hégémonie jamais contestée depuis 1945.

Désormais, la Chine, première puissance économique du monde à partir de 2014, et la Russie – respectivement premier et deuxième producteur de pétrole et de gaz de la planète – vont désormais réaliser leurs échanges dans leurs devises respectives. Un développement qui redéfinit complètement l’ordre politique et économique international. (sources: Breizatao, Ria Novotsi, Kommersant).

Deux "brèves" dont on a même pas entendu parler aux JT de TF1,de France 2, sur Itélé ou sur BFM et qui pourtant préfigurent bien un nouvel ordre économique mondial et la remise en cause de l'hégémonie du dollars sur nos économies. En prendre connaissance, c'est peut-etre aussi mieux comprendre ce qui se passe en Ukraine, en Irak et en Iran, pays où l'activisme américain semble avoir repris du poil de la bête depuis quelques temps...

Folie passagère 2430.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

15 commentaires:

  1. ... et le futur traité de libre-échange entre USA et Europe est un pas vers une union monétaire évoquée par Obama si ma mémoire est bonne. Mais avant, ils auront racheter toutes les boîtes françaises.

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    1. Beret vert: tout cela nous dépasse un peu mais a-t-on vu déjà vu un traité de libre échange se concrétiser sans des accords sur la monnaie ? non. Alors que Obama profite de ce traité USA/UE pour vouloir consolider sa zone monétaire, quoi de plus normal ?

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    2. Yes. Sans vouloir jouer au souverainiste*, à mes yeux le problème n'est pas seulement Obama et les USA mais aussi la France de Sarkollande dont l'influence se trouve réduite à peau de chagrin.
      Ce n'est sûrement pas avec le Livret A que nous nous paierons Google.

      *en tant que libéral réactionnaire progressiste à géométrie variable

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  2. Génial ce Poutine,évidemment qu'aucun média n'en parle,faudrait pas mettre en évidence la nullité de l'idole Obama...

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    1. "nullité de l'idole Obama" : c'est exactement ça !
      S'il suffit d'être noir, américain et Président des US pour être le messie, les revues scientifiques en auraient parlé avec explications scientifiques à l'appui.
      Cette homme est une honte et fait déshonneur au prix Nobel que les autorité de Stokholm lui ont attribué par lèche ...
      Je ne vois qu'une explication à la ré-election de ce pantin : faire mieux passer les pillules des printemps arables dans des régions qui étaient pourtant "stables", des autres guerres américaines, celles économiques aussi surtout à l'encontre de la Russie et de la Chine, et autres accords internationaux indignes, que le monde entier aurait refusé si c'était Bush.

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    2. @zen aztec et Sen: Je le reconnais, Obama m a énormément déçu et je crois comme beaucoup avoir été séduit par son coté black-moderne-sympa. Parce 'qu'au final, après 5 ans complet de mandat ... localement ça va, et encore, et à l international, le gendarme du monde a été incapable d avoir une politique d ensemble et jamais la terre n a été aussi malmenée. Par ailleurs, je n oublie pas que si il y en a un qui a une putain de responsabilité dans le conflit en Ukraine, c'est bien les USA et donc Obama.

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  3. Bonjour Corto,

    La lecture du dernier billet de Charles Gave s'impose: "...Revenons au début de ce petit papier et à la Real Politik.Une brève analyse factuelle aurait du montrer aux responsables Européens et Américains qu’il n’était pas raisonnable d’aller chatouiller l’ours Russe trop prés de ses frontières historiques..." (http://institutdeslibertes.org/real-politik-et-retour-de-vacances/)

    Bon après-midi (même en Socialie)

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    1. @H: très bon article de gave que , je dois le reconnaitre là aussi, je ne connaissais pas. Shame on me !

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  4. Hé oui, les Etats dotés d'un vrai pouvoir central, tels que la Russie et la Chine, commencent
    à se dresser face aux démocraties en enfonçant un coin dans le principal atout de la première
    d'entre elles. Ce sera long mais peu à peu les US déclineront. S'ils continuent à élire des
    présidents de la trempe d'Obama et qu'ils voient disparaître la primauté du dollar ils sont
    foutus. Reste à savoir ce que nous autres Européens deviendrons alors...
    Amitiés.

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    1. @Nouratin: marrant, sur itélé, un gars estampillé " expert des relations Ukraine Russie et gaz " a pu parler pendant 5 bonnes minutes de la situation là bas sans même évoquer ces accords !
      Ce que nous deviendrons ? Bah, j imagine que nous miserons sur le "bon " cheval, les USA :)

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  5. C'est la meilleure nouvelle de la journée, mon cher Corto !
    Voilà ce que c'est de sous-estimer l'adversaire. Poutine serait-il un meilleur stratège que Obama ? Il semblerait que oui
    Il a en tous les cas réussi à fédérer 86% des Russes sur son nom alors qu'il y a deux ans à peine la rue défilait pour exiger son départ ! On avait même prédit la chute de Poutine pour 2014 !
    Et pendant ce temps les nains qui nous gouvernent font leur petit cirque à La Rochelle et leurs toutous des medias vont nous expliquer ce soir que c'est passionnant et ultra-important.

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    1. @marianne: encore hier, pour la deuxième fois de la journée, sur itélé un "spécialiste de l'Ukraine et de la Russie " a été capable de pérorer pendant 5 mns sur le conflit en Ukraine et sur le prix du gaz sans évoquer, ne serait-ce qu à minima, les accords que j évoque ici. Tout juste a-t-il dit: " La Russie, si elle bloque le gaz pour l europe, elle pourra éventuellement se tourner vers la Chine " !
      Poutine fait le job que les Russes lui demandent de faire, et vu de son côté, il le fait plutot bien., normal donc que les russes l approuvent. Au moins n ont-ils pas des clampins au pouvoir comme les notres qui ne sont bons qu a attaquer Sarko ou l allemagne pour se défausser de leurs propres erreurs

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  6. on peut même dire que c'est une erreur stratégique majeure des US dont on a pas fini de payer les conséquences dans les années qui viennent, encore bien pire que l'erreur tactique de Bush avec l'irak. Obama est en dessous de tout, enfin pas de hollande ! mais ne vaut guère mieux...
    Gilles

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    1. @Gilles: j avoues que j ai beaucoup de mal a comprendre la nullité de Obama, celle d hollande, pas de problème, par contre.

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L’église byzantine Saint-Louis de Paimbœuf, en Loire-Atlantique