samedi 28 janvier 2012

Bavardage à l'école ou école des baffes ?

J'ai l'impression que l'on marche sur la tête, en fait c'est même une certitude. 2 éléments à charge cette semaine...


Nous savons tous que les p'tites têtes blondes sont des foudres de guerre quand il s'agit d'apprendre. N'arrivent-elles pas au collège en sachant parfaitement lire, écrire et compter... sur le bout des doigts ? Si, alors pourquoi ne pas leur demander un petit peu plus...Et bien maintenant, les ch'tiots ont va vous les blinder grave, on va en faire des Formules 1 de la pensée: Dès le CE2, c'est fait, c'est acquis, c'est en route, on va les initier à la philosophie. Oui, oui, à la philosophie ! Avec des petits ateliers pratiques de bavardage entre-eux d'une quinzaine de minutes, une ou deux fois par semaine, on va leur apprendre à penser, à réflechir,...à philosopher ! Des Kant, des Compte, des Kierkegaard ou des Pascal en puissance. L'objectif, dixit la prof interrogée par la journaliste de TF1, leur apprendre à réfléchir, à parler entre eux, à débattre. Bien.

Dans la même semaine, un débat agite l'EN: le nouveau fléau, c'est le bavardage. Une prof...de philo a pondu un livre après avoir fait le constat suivant: "  J’en ai souffert pendant toutes mes années d’enseignement. Je le vivais avec un sentiment de culpabilité. Je me disais que mes cours n’étaient pas assez captivants. J’ai essayé d’inventer des séances attrayantes, de trouver des types de négociation sans passer par la punition. Et puis, l’année dernière, j’ai eu le déclic. Je me suis dit que ça n’était pas de ma faute, et que le vrai problème, c’est que les élèves ne savaient pas se taire. Bavarder n’est pas anodin. Ça brouille le message que l’on veut faire passer. Ça bloque la transmission du savoir ". Brave fille, au bout d'une dizaine d'année d'exercice de la profession, elle décida de mettre fin à sa politique de négociation et de conciliation (sic), maintenant, c'est décidé: " S'ils poussent le bouchon trop loin, je leur donne une punition et au besoin, je les exclus des cours! " Elle a eu " le déclic ", dit-elle. Rien que la phrase m'amuse, mieux vaut tard que jamais. Rétropédalage ?

Moi, j'ai souvenir d'un temps pas si lointain où l'on ne se posait pas de questions: l'élève savait qu'à bavarder il prenait un risque. Celui de se faire remettre à sa place par des profs dont on n'avait pas encore eu la folie de leur interdire de faire, de temps en temps, preuve d'autorité. il y avait même quelques baffes salutaires qu'aucun parents n'auraient eu l'outrecuidance de condamner. La transmission du savoir n'avait pas à être bloquée. Il fallait que cela rentre. Point barre. Oui, j'ai souvenir de classes silencieuses où l'on n'avait rien d'autre à faire qu'écouter la voix de son maître.

C'était un peu l'école du savoir ou l'école des baffes. L'élève n'avait qu'à bien se tenir et à apprendre, la philo se serait pour plus tard, beaucoup plus tard !

Folie passagère 1027.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

19 commentaires:

  1. Voici comment les parents voient l'école et les rencontres avec les professeurs.

    http://www.youtube.com/watch?v=znhi9ViaA7E

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  2. Qu'est-ce qui vous choque dans l'apprentissage de la manière de raisonner en primaire ?

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  3. ]@grandpas: excellent !

    @pascale: bienvenue ici ! Plus rien ne me choque à l'EN depuis quelques années. Juste la question de savoir si au lieu de papoter philo de bac a sable, il ne valait pas mieux, juste comme ça, a toutes fins utiles, leur apprendre d'abord a bien parler , écrire et compter. Pour le reste, ça peut attendre, non ?

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    1. Je partage les avis de Boutfil et de Rose. Je suis moi-même maman. Les enfants sont surprenants ! Ces cours de philo sont une bonne chose. Si cela peut apprendre à certains ce que signifient "respect" et "tolérance", n'hésitons pas !

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  4. ben,tu vois, je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi, qu'ils sachent lire, compter , écrire, c'est la moindre de choses, mais leur apprendre à penser, à échanger autrement, je trouve ça plutôt positif, à condition , bien sûr, que les échanges se fassent sur des sujets qui leur amènent une vraie ouverture d'esprit...on éviterai peut-être le " l'enfer de ta race" nique ta mère et autres petites pensées profondes du genre....

    ceci dit, cette année, les enfants de la classe de 5 eme du collège de mon petit fils, privé et Breton, avait la possibilité de s'inscrirent pour de la philo, en temps libre et non obligatoire, nous avons été surpris que Pierre aille s'y inscrire d'office et quand il nous a raconté que ses copains de classes y étaient aussi et que c'était " super " on était aussi très surpris du succès de cette option, prise de surcroit ssur leur temps de cantine....

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    1. @boutfil: mais l apprentissage de la pensée passe d'abord par le savoir lire, écrire et comprendre. Il est facile de constater que c'est très loin d être le cas de la majorité des mômes qui arrivent au collège. je n'aurai pas relevé le truc si j avais l assurance que le niveau des petits soit a la hauteur des attentes en CE2. Pour moi, cette expérience est un pur délire de modernoeuds jamais à cours d' "expérience " enrichissante.
      deuxio, l'exemple montré aux infos de sujets de "papotage philosophique" était : la vie, la mort !. On peut peut etre faire mieux.
      Tertio, les ateliers dont je parle sont proposés en CE2 , en CE2 pas en 5eme comme ton petit fils.

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  5. Je ne vois rien de scancaleux à ce que des élèves de CE2 s'ouvrent à la philosophie. Ils sont tout à fait capables de réfléchir sur des sujets sérieux,
    Les enfants sont d'ailleurs spontanément des petits philosophes, suffit de parler
    avec eux sans les crétiniser. C'est en tout les cas moins con que de les laisser
    dialoguer avec le web

    Rose

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  6. @rose: Bienvenue ici! qd je vois ce prénom " rose " je ne peux m 'empecher de penser au merveilleux film " The Rose" avec Bette Midler.
    Ceci dit, je ne dis pas que c'est scandaleux ni qu'ils soient crétinisés, mais avant de les initier a la philo qu on leur fasse atteindre le niveau que l on est en droit d'attendre.

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  7. a vrai dire, tout dépends des mômes et de la famille où ils sont élevés, c'est toujours la même histoire, ma petite fille de 6 ans tiens parfois des discours hautement philosophiques qui nous surprennent même ! Rose à raison dans ce sens, un gamin laissé devant la télé pendant des heures aura moins de chances de s'en sortir à tout point de vue qu'un gamin dont les parents, ou bien souvent d'ailleurs, les grands parents les emmènent dans les musées, leur achètent des livres et parlent avec eux de divers choses qui ont de l'intérêt, c'est déjà de la philosophie qui ne dit pas son nom! je pense que même en CM2, le peu qu'on va leur donner à ce sujet sera toujours bénéfique !

    quand à discuter de la vie et de la mort, je peux t'assurer que les gamins n'ont pas la même vision que les adultes à ce sujet

    Par contre, il est tout à fait vrai que certains gosses ne maitrisent absolument rien en écriture, lecture et même conversation en CM2 mais 'est dû autant à l'environnement familial qu'à la pauvreté de l'EN ( pardon ma IO, toi je sais que tu fait ce que tu peux ! )

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  8. @corto
    3la vie et la mort" ces sujets sérieux préoccupent les enfants bien qu'ils n'en
    parlent jamais de crainte de faire peur aux adultes et aussi pour les préserver.
    et ces questions qui les préoccupent bien avant de savoir lire et écrire refont
    surface sous forme de violence dont nous entendons parler tous les jours.
    On entend dire maintenant que des enfants de neuf ans se suicident .. qu'il y
    a du harcèlement entre élèves dès le primaire. A croire qu'on réglera ces questions en légiférant, en formatant les cerveaux, en réintroduisant les
    punitions, on se comporte en crétins, et je ne connote cet adjectif ni de droite
    ni de gauche.

    rose

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  9. Bonjour à tous,

    Papier intéressant.

    Il est vrai qu'avant de consacrer 1/4 d'heure ou 1/2 heure par semaine à l'apprentissage de la philo, les enseignants feraient mieux d'apprendre à lire et à écrire correctement à leurs élèves.

    Quand on voit des C.V. d'Ingénieurs avec une faute par ligne, on se dit quand même qu'il y a un souci et qu'un jour ils ne seront même plus capables (ceux là) d'écrire un courrier ; Quant à ceux qui ont arrêté leurs études bien plus tôt, je ne vous en parle même pas.

    Apprendre à nos petits à réfléchir et à parler entre eux me semble être l'un des rôles essentiels des parents ; Cet apprentissage doit d'ailleurs commencer dès le berceau.

    Etre parent ne consiste pas seulement à remplir des estomacs, cela demande aussi une écoute attentive, des conseils sur la façon de se comporter avec les autres, des directives constantes sur ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire....(Tout cela avec beaucoup d'amour bien sûr).

    Si le tuteur n'est pas placé dès le départ, l'arbre risque de ne pas pousser droit.

    Mais voilà, ..... Il faut prendre le temps.


    Pour ce qui est du bavardage, il faut reconnaître que les gamins d'aujourd'hui sont très dissipés. Il est vrai aussi qu'il suffit de quelques-uns pour foutre une classe en l'air.

    Là encore, une partie de la solution est à trouver dans la 1ère partie de ma réponse.

    Pour le reste, il me semble qu'à l'heure du choix, ceux qui se lancent dans l'enseignement devraient se demander : Ai-je l'autorité nécessaire pour m'imposer auprès des élèves que je dois éduquer ? Manifestement, pour ce que j'ai pu en juger, la réponse n'est pas toujours positive.

    D'autre part, il serait intelligent de placer les enseignants les plus aguerris devant les classes difficiles.

    Et pourquoi pas, c'est une des rares propositions de F. Hollande que je trouve originale, adjoindre à l'enseignant, dans les classes les plus difficiles, une personne "autoritaire" (exceptionnellement je verrai mieux un homme dans ce rôle) chargée de faire régner l'ordre.

    L'enseignant serait ainsi plus serein et l'essentiel de son temps serait consacré à son rôle d'éducateur et non pas à jouer les gendarmes.

    Je sais bien que cela aurait un coût, mais d'une part, les classes TRES DIFFICILES ne doivent pas êre aussi nombreuses que cela, et de plus, il me semble que ce rôle pourrait très bien convenir à certains chômeurs qui doivent depuis peu, donner un peu de leur temps à la collectivité.

    Excusez le sérieux... et la longueur.....

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  10. Tiens allez, trois secondes: Pour se faire une opinion réelle, il faudrait essayer d'enseigner avec les contraintes de tous genre imposées par nos hauts (ir)responsables, avec des gamins plus ou trop peu éduqués par leurs parents, avec des parents qui soutiennent sans limite leurs mômes et qui quelquefois les incitent à être irrespectueux envers leurs enseignants, avec une société qui dénigre les enseignants et le métier......etc, etc!
    A côté de ça les ateliers philo, c'est du pipi d'chat!!
    On a tous fait de la philo à l'insu de notre plein gré en primaire, même s'il n'y avait pas une étiquette dessus!!

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  11. @boutfil et Rose ( Cyrielle et Nigloo ): je crois que les commentaires de Cyrielle et de nigloo résument assez bien la chose et mes réticences vis a vis de cette "initiation" à la philosophie en classe de CE2. Je dis bien CE2.

    Après, ce qui est assez drôle aussi c('est la concomitance des 2 infos. Entre ceux qui pronent l apprentissage du débat, de la reflexion via la philo et ceux qui se plaignent du trop plein de bavardage. C'est quelque part assez révélateur d un curieux malaise à l'EN. Tout ça pour dire que si certains faisaient de la prose sans en avoir l air, sans doute faisions nous un peu de "philo" aussi il y a quelques 20 ou 30 ans avec la morale. mais ce qui est encore plus certains c'est que quand le maître ou le prof nous demandait de nous taire, on s'exécutait sans discuter. Question d' éducation sans doute et de respect de l autorité assurément.

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  12. @ Corto : et te levais-tu, comme un seul homme et la classe d'une seule voix pour accueillir le directeur de l'école d'un "Bonjour cher Frère" quand il entrait en classe ? C'était pourtant loin d'être une école de la sensibilité de la FSSPX -une petite école de quartier. Ensuite, collège et premier lycée : on se levait, point. Second lycée, je suis passé pour un con quand je me suis levé (scolarité pas si lointaine, commencée dans les '70 et achevée seconde moitié des 80's)

    @ Cyrielle : il me semble que les classes les plus difficiles ne sont pas aussi nombreuses (loin de là, même pas la vingtaine d'élèves) quand cela est nécessaire. Mais le témoignage d'un enseignant -en arrêt pour dépression- m'avait assuré que ce n'était même plus nécessaire, que c'était tout simplement désespéré pour les élèves. Le rôle des enseignants n'est pas d'éduquer les enfants, mais de leur enseigner les choses ; l'éducation n'incombe(rait)-t-elle pas (plus) aux parents ?

    Des baffes, ouais !
    Al, en mode vieux con

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    1. Oups... Vous avez raison, je me suis un peu mélangée les pattes entre éducation et enseignement, le 1er étant plus du ressort des parents et le second des enseignants.

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  13. @al west: au gré de nos déménagements j ai été et ds le privé et dans le public. Je me souviens parfaitement et quelque soit le statut de l'école, on se levait dès qu'un adulte rentrait ds la classe. Ds certaines écoles, on chantait meme la Marseillaise; au prof ou au dirlo, on disait Monsieur avec un mélange de crainte et de respect. Bref, on en menait pas large, on obéissait, on la fermait et on apprenait a lire, à écrire et a compter. Le reste venait petit a petit. je n ai pas l'impression d'en avoir souffert. ce qui est sur c'est qu au collège, j'avais acquis tous les basiques et j'en redemandais en apprenant le latin et le grec !

    @cyrielle: tiens allez bises ! gratos, comme ça !

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  14. Il suffit de flatter un peu certains parents et il voient de suite dans leurs morpions de futurs Spinoza. Que leurs merdeux ne sachent pas écrire ou lire correctement à la sortie de la Primaire, leurs importe peu car quand un professeur des écoles leurs dira: " C'est un philosophe, cet enfant"; ils seront aux anges.

    Tiendez, faisons dans le politiquement correct, rendons obligatoire l' Etude du Coran dans certaines banlieues et en plus plein de travaux pratiques pour l' application de la Charia et on aura le droit: "C'est un futur Imam,cet enfant"; ils seront au Paradis avec 77 vierges.

    Pour faire sérieux, l'éducation, c'est pour les parents sans l' aide de Dolto et l'enseignement pour les instituteurs si ces derniers ne sont pas tous les jours en stage.

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  15. C'est drôle comme désormais, tout est "institutionnalisé". Pardon pour le jargon, mais là, c'est plus fort que moi.
    Comme s'il y avait besoin de rendre officiels ces instants de parlote qu'on appelle pompeusement "philosophie". Bien sûr que dans les classes, même les classes de vieux cons comme la mienne où on se tait et où on se lève quand entre un adulte, il arrive aussi de causer. Il suffit que le sujet s'y prête et hop! C'est parti! Il faut bien désamorcer les angoisses, arrondir les angles, remettre les pendules à l'heure, échanger un minimum. Ça s'est toujours fait, je crois. Ça n'empêche nullement d'apprendre à lire, à écrire, à compter. Quel besoin ces têtes d'oeuf du ministère ont-ils besoin de pontifier en annonçant la philo à grand son de trompe? A quand l'annonce stupéfiante de l'introduction du formage de rangs dans les écoles?

    Corto, excuse-moi pour cette tirade, je suis un peu fatiguée :)

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  16. @lo: "institutionnalisé" c'est bien le mot. Formatage irait assez bien. Et pourquoi pas confusion. parce que c'est une peu l'impression que cela donne. Ou l'on confond a mon sens les rôles d'éducation qui devrait rester celui des parents et celui d'enseigner, véritable métier des profs.
    Pas d'excuses, comme disait cet idiot de John Wayne, c'est un signe de faiblesse :)
    bises

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L’église byzantine Saint-Louis de Paimbœuf, en Loire-Atlantique