lundi 23 janvier 2012

La nuit du 4 août, façon Hollande

Quand un homme de gauche, un vrai, un communiste, mouche François Hollande à propos de l'abolition des privilèges...



"  François Hollande se trompe sur 1789.

Lors de son premier grand meeting électoral au Bourget, François Hollande a tenu à déclamer cette phrase étonnante : « Chaque nation a une âme. L’âme de la France, c’est l’égalité. C’est pour l’égalité que la France a fait sa révolution et a aboli les privilèges dans la nuit du 4 août 1789. »

Hollande est socialiste. Il ne peut donc pas lire correctement l’article premier de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
Les privilèges étaient des droits inégaux. L’abolition des privilèges, autrement dit la justice, cher camarade socialiste candidat à la présidence de la République française, ce n’est pas l’égalité tout court, c’est l’égalité en droits entre des hommes libres. C’est l’égalité devant la loi. Ce n’est absolument pas l’égalité tout court.

Car en toute justice, les actions des hommes libres donnent inévitablement des résultats inégaux qui ne sont pas forcément injustes

« La liberté et l’égalité en droits » c’est l’héritage de 89. L’égalité tout court, c’est un tout autre héritage que celui de la liberté et de la justice. C’est l’héritage de la Terreur. "

Par André Sénik pour Causeur. André Senik est agrégé de philosophie, ancien membre de l'Union des Etudiants Communistes.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

13 commentaires:

  1. J'aime lire plusieurs opinions, de droite de gauche, et d'autres horizons. J'apprends beaucoup de chacun, mais surtout de l'esprit humain.
    Ma conclusion, c'est que "l'homme" veut retenir ce qu'il veut, dans ce qu'il entend. Je dirais juste que tu as raison de dire que l'égalité totale ne conduis qu'à la ruine, mais je ne vois pas dans le discours l'adjectif associé à l'égalité. Donc tu as vu totale quand d'autre auront vu partielle.
    Je pense que pour les élections les discours sont de beaux mensonges. Les faits et les bilans sont là pour que nous puissions conclure à la tenue des promesses.

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  2. @scoerpix: il a prononcé tant de fois le mot "egalité " hier pour le mettre à toutes les sauces que l'idée qui en ressortait était bien égalité totale (avec son glissement évident sur le totalitarisme)

    Les discours de campagne son soit mensongers soit démagogiques, celui d hier m'a paru etre un parfait mix des 2, c'est mon opinion. Visiblement pas celle de la gauchosphère qui n'y a vu que Vérité.

    Pour les bilans, tu as raison, à condition de les prendre dans leur entièreté avec le contexte et non uniquement comme données comptables. Ainsi, parler d'un bilan catastrophique pour Sarkozy est une énormité frisant l'escroquerie si on occulte les 2 crises subies depuis début 2008

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    1. La crise était prévu bien avant son bilan catastrophique. Il a préféré donner de l'argent à ceux qui ont payé sa campagne plutôt que de prévoir un budget équilibré. Augmenter la dette lui permet d'en retirer des dividendes.

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  3. @scoerpix: les 2 crises étaient prévues ???

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  4. Je veux bien que la 1ère soit une surprise, encore que croire qu'on peut monter un château de cartes sans limite me paraisse vraiment idiot. Mais la 2ème qui n'est en fait que la continuité de la 1ère... Quand tu as des problèmes d'argent, tu attends d'être revenu à flot avant de réemprunter. Lui non. Essaie avec ta banque, tu verras.

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  5. Senik écrit

    "Les privilèges étaient des droits inégaux. L’abolition des privilèges, autrement dit la justice, cher camarade socialiste candidat à la présidence de la République française, ce n’est pas l’égalité tout court, c’est l’égalité en droits entre des hommes libres."

    or s'il avait pris la peine de lire le discours de Hollande jusqu'au bout, quasiment après la citation qu'il fait dans ce billet, Hollande dit :

    "Qu'on m'entende bien, l'égalité, ce n'est pas l'égalitarisme, c'est la justice."


    cible ratée....

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  6. L'égalité, c'est la justice ? °_O

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  7. @saul: bienvenue ici !
    mais comme le dit si bien Al West, et contrairement à son habitude :) , "l'égalité, c'est la justice ???" Oui, J'ai un gros, gros, doute sur ce coup là.

    @scoerpix: la 2eme n est en rien, si ce n'est l' enchainement dans le temps, une continuité de la 1ere, elles n ont pas grand chose a voir entre elles.

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  8. abolition des privilèges ? on croit rêver, la classe politique a su les reprendre vite fait les privilèges....égalité ? entre qui et qui ?

    messager perso : hello Al...

    remessage personnel : bisous corto

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  9. @boutfil: égalité entre qui et qui ? et bien pas entre eux et nous ! pardi! bisous

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  10. Messages persos :

    @ boutfil : Hello :)
    @ Corto : ¿ Comment ça contrairement à son habitude ? Serait-ce parce que j'ai escamoté l'amabilité habituelle ? Merci cependant de cautionner mon petit commentaire -)

    Amitiés,
    Al.

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  11. @ Corto 74
    merci pour la bienvenue :-)
    la question d'Al West dépend de ce que l'on entend par égalité.
    est ce la justice ?
    En se référant à la notion juridique soulignée par Senik, alors oui, puisqu'il s'agit de l'égalité devant la loi. La justice, c'est aussi être assujetti au même droit, la même loi pour tous.
    (après, comme le fait remarquer Boutfil, la réalité ne correspond pas vraiment à la théorie officielle)

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  12. Un petit passage de Soljenytsine pour la réflexion :

    "La Révolution française s’est déroulée au nom d’un slogan intrinsèquement contradictoire et irréalisable : liberté, égalité, fraternité. Mais dans la vie sociale, liberté et égalité tendent à s’exclure mutuellement, sont antagoniques l’une de l’autre ! La liberté détruit l’égalité sociale – c’est même là un des rôles de la liberté -, tandis que l’égalité restreint la liberté, car, autrement, on ne saurait y atteindre. Quant à la fraternité, elle n’est pas de leur famille. Ce n’est qu’un aventureux ajout au slogan et ce ne sont pas des dispositions sociales qui peuvent faire la véritable fraternité. Elle est d’ordre spirituel."

    Quant à la désastreuse nuit du 4 août elle n'avait aucun intérêt. Les fameux privilèges tant honnis n'existaient qu'en tant que témoignage depuis des lustres. Cela faisait belle lurette que l'aristocratie n'en usait plus. Miroir aux alouettes destiné à embrigader une populace imbécile en attisant haine et envie et à désigner certains à la vindicte pendant que les intéressés s’emparaient du pouvoir, s'acharnaient à détruire tout ce qui contribuait à faire sens, à détruire tout ce qui faisait obstacle entre les individus et le pouvoir.

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L’église byzantine Saint-Louis de Paimbœuf, en Loire-Atlantique