dimanche 17 mars 2013

De la démocratie sociale à la dictature syndicale ?


Il y a peu sur proposition de députés et sénateurs communistes, le Sénat votait une loi visant à amnistier les gros bras syndicalistes et leurs centrales. De quoi être effaré, nous le fûmes, mais qu'à cela ne tienne, il s'agissait de justice sociale ! La loi fut donc baptisée loi d’amnistie sociale ! Circulez, il n 'y a rien à voir. 10 jours plus tard, des cégétistes faisaient, en toute impunité et malgré la condamnation de posture de manuel Valls, le coup de force contre les policiers à Rueil ! Logique. Sentiment d'impunité; à ce jour aucun des cégétistes de Rueil n'a été inquiété par la justice.
 
Nous étions effarés mais n'avions point tout vu de la volonté qu'ont la gauche et ce gouvernement d'accroître dans le pays la " puissance " syndicale. La première étape fut donc l'amnistie sociale, la seconde sera, n'ayons pas peur des mots, la démocratie sociale. Je découvre aujourd'hui que Ayrault et Taubira ont mis sur pied un projet de loi constitutionnelle visant à instaurer la démocratie sociale. Autrement dit: le dialogue social préalable à toute loi. Vu comme ça, cela paraît séduisant. Dans le détail, il faut lire:
 
" Tout projet de loi ou d’ordonnance ou toute proposition de loi qui procède à une réforme en matière de relations individuelles et collectives du travail, d’emploi ou de formation professionnelle et qui relève du champ de la négociation nationale et interprofessionnelle ne peut, sauf en cas d’urgence, être délibéré en conseil des ministres ou inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale ou du Sénat sans que les organisations syndicales de salariés et d’employeurs représentatives aient été mises en mesure de négocier, si elles le souhaitent, sur l’objet de cette réforme"( art.51-3 du projet de loi ).

Ainsi, si ce projet est adopté, les futurs gouvernements et les assemblées de la République ne pourront plus légiférer sur le monde du travail sans l'accord des syndicats de salariés ou d'employeurs. Tout projet de loi devra avoir reçu l'aval des organisations syndicales. On s'en doutera, ce ne sont pas les organisations patronales qui sont à craindre, elles défendent au mieux leurs intérêts et sont bien représentatives de leurs adhérents. Ce qui est loin d'être le cas des organisations syndicales qui, rappelons le, ne représentent, en gros, que 8% de la population active et à peine 5% des salariés dans le secteur privé. La France compte environ 2 millions de syndiqués dont la moitié appartiennent à la fonction publique. 25% de l'ensemble des syndiqués sont retraités. 4 chiffres qui suffisent à  prouver la faible représentativité ( Et ce n'est pas la loi de 2008 qui l'aura amélioré ) des syndicats à qui pourtant le gouvernement s'apprête à donner, par procuration, tous les pouvoirs de légiférer sur nos conditions de travail individuelles ou collectives !

Lorsque l'on sait que ces mêmes syndicats cultivent la pratique du conflit plutôt que celle du consensus, il est à craindre qu'en guise de démocratie sociale nous obtenions dès lors une dictature sociale des syndicats sur le monde du travail ! Une raison de plus pour décourager toutes velléités d'investir en France !

En 10 mois, ce gouvernement aura tout fait pour démobiliser l'initiative privée, seule véritable facteur de création d'emplois et de richesses. C'est bien continuons ainsi et de 10% de chômeurs aujourd'hui, nous franchirons allègrement, sous à peine deux ans, faute de croissance, la barre des 15%. Comme le Portugal ou l'Irlande !

La gauche a tous les pouvoirs en France, il ne lui manquait plus que d'assoir plus encore celui des syndicats, c'est en passe d'être réalisé. Bientôt nous entendrons des Edouard Martin, des Christian Copelle ou des Mickael Wamen nous dire, sans rire: " Nous avons force de loi ! "

Folie passagère 1623.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

28 commentaires:

  1. J'ai lu et relu, mon cher Corto, je n'arrive pas à y croire !
    C'est tout ce qu'ils ont trouvé pour court-circuiter l'Assemblée Nationale, c'est-à-dire la représentation du peuple et la remplacer dans certaines circonstances par les syndicats qui feraient la loi en lieu et place des députés ?

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    1. @marianne: a votre réaction, je peux supposer que comme la plupart des Français vous n aviez pas entendu parler de cette modification de la Constitution. C'est normal et un peu voulu. C'est ainsi en Socialie: pas de bruits et pas de vagues et que surtout les médias ne relaient pas !

      ainsi, pour tout ce qui touche de près ou de loin au " monde du travail " les députés, représentants du peuple en principe, devront avoir l aval des syndicats qui de fait su le sujet auront force de loi ! abracadabrantesque !

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  2. Les bras m'en tombent...
    Quelle(s) brillante(s) idée(s) ont-ils encore dans les cartons pour poursuivre et accentuer la casse ? Faisons-leur confiance, quand il s'agit de faire des conneries, rien ne les arrêtera, ils l'ont largement prouvé depuis 10 mois...


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    1. @nana: et bien alors toi et moi sommes sans bras ce soir ! car telle fut ma réaction qd j ai découvert ce truc là ! ils sont devenus fous !

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    2. moi aussi les bras m'en sont tombés et j'ai l'impression que l'on marche sur la tête...je me retrouve quelque peu disloquée.
      mais où va-t on ???

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    3. @jacqueline: droit dans le mur ! c'est évident. As-tu entendu un média en parler ? moi pas .

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  3. Avec un tel dispositif, tous les projets de loi concernant le travail peuvent se faire en opposition politique avec les syndicats! Et peut-être bien au détriment de l'opposition élue. C'est étonnant je trouve de vouloir appliquer cette nouvelle façon de gouverner, avec le risque de négociation ça va devenir bien compliqué!

    Les syndicats ne se contentent pas de leur rôle et sont politisés, c'est dans leur logique de saisir chaque occasion de peser dans le débat, de négocier et de manifester pour faire avancer leur idéologie.

    PS : il y a du cafouillage sur la loi de l'amnistie : http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/03/15/amnistie-sociale-les-cafouillages-du-senat_1849006_823448.html

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    1. @judex: et tu verras que sous peu le gouvernement tel qu il est parti reconnaitra le rôle politique des syndicats !. Tout cela devient un peu affolant et nous verrons de plus en plus de crispations se produire entre le patronat et ces supposés représentants des salariés ! A l opposé de ce qu il faudrait faire

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  4. C'est juste hallucinant!!! Mais quand on sait qu'un syndicat (cgt??)a appelé ouvertement à voter Hollande, on comprend qu'ils remercient leur clientèle...Les socialistes savent remercier leurs fidèles petits soldats et leurs partisans...

    Titi

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    1. @titi: double avantage de ce projet de loi faire faire le boulot par les partenaires sociaux et s'acheter la paix avec les syndicats et museler l opposition parlementaire sur tout projet touchant au monde du travail . Ahurissant et personne n en parle ! Donner, par procuration, le pouvoir législatif sur un domaine aussi crucial, fallait y penser.

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  5. AVIS ! : Oups, j allais oublié. ce projet de loi permettra aux syndicats d'avoir la main mise, directement ou indirectement sur, par exemple le budget de la formation professionnelle. Budget estimé, public et privé confondus, à ... 30 milliards d euros !

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  6. ... ou comment organiser une paralysie létale pour un pays déjà déliquescent. Dans tous les domaines.

    Finalement, ils sont très forts ces nuls. En moins d'un an, c'est fou ce qu'ils ont réussi à détruire.
    Espérons que les grenades qu'ils dégoupillent à longueur de journées vont finir par leur exploser à la tronche.
    Sinon, dans quatre ans, quelles miettes restera-t-il de notre pauvre France ?

    ALARMANT.
    Nota : moi non plus, je n'en avais pas entendu parler. Et pour cause !... Reste-t-il encore de véritables journalistes dans notre pays ?

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    1. @Franzi: Le seul truc réjouissant c'est qu a suivre l 'état de l opinion, à droite comme à gauche, on se rend compte que celle-ci désapprouve de plus en plus les faits d'armes de nos clampins de gouvernement.
      On a même vu hier Melenchon sur France5 se lancer ds un véritable réquisitoire contre la politique de hollande.

      Alors c'est vrai qu au final, que resteera-t-il de la France dans 4 ans ? ...

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  7. je découvre aussi, mais ça ne m'étonne pas du tout, ils vont aller jusqu'au bout et ça finiras mal, très mal, le problème c'est qu'aucun homme- ou femme- n'est capable en face de leur tenir tête, donc on ira pas seulement dans le mur mur derrière le mur..bisous

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    1. @Boutfil: je le reconnais, pour l instant, en face de ces pingouins, y a personne. C'est même assez cocasse de voir que l opposition dans la rue au mariage zinzin s'est faite depuis le début sans le leadership des politiques.

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  8. très bon article ! Y en a marre de ces Syndicats !!! à la botte d'un gouvernement à laquelle ils ont tous appeler à voter !! preuve qu'ils ne remplissent absolument pas leurs fonction "la défense des salariés". Nous avons uniquement des extrémistes de gauches peu courageux !!! Et comment dans un pays dit "démocratique" ces organisations politiques que sont les syndicats ne représente que 5 à 4 % des salariés du privé. Ils ne représentent et défendent que leurs idéologies dépassées d'un ou deux siècles. Il est grand temps de réformer tous ces pseudos syndicats (salariés comme patronales d'ailleurs) que nos salariés soient représentés par de véritables représentants apolitiques. Nos pays voisins comme l'Allemagne, les syndicats représente 80 % des salariés. Ce n'est plus un fossé c'est un gouffre ! Et j'entend déjà le syndicaliste de base me répondre :" mais ce n'est pas possible car les méchants patrons bloquent et mettent la pression pour ne pas que le syndicalisme se développe pas au sein de leurs entreprises" : je lui répond : et tu es surpris ???? Ils ne représentent personne sauf une politique anti-patronat anti-entreprise, Rien dans le progrès tout dans la négation. « les syndicats français ne foutent tellement rien que quand ils font grève, ils appellent ça une journée d'action !" Jean d'Ormesson.

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    1. @Sebweb9: On aimerait savoir qui est à la botte de qui car le gouvernement a quand même donné aux syndicats de jolis signes allégeance depuis le 6 mai. Ce projet de loi n'en qu un de plus.
      Nous n avancerons pas tant que ces syndicalistes n auront pas compris que le temps des conflits étaient finis et qu il fallait maintenant batir uniquement sur du consensus, comme en Allemagne.

      j'aime bien d'Ormesson

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    2. Je ne comprends pas cette fixation que font les droitus sur les taux de syndicalisation.
      C'est un indicateur parmi d'autres. Pourquoi dans ce cas ne pas mesurer la vitalité démocratique du pays au taux d'électeurs qui sont adhérents d'un parti politique? Ca ne serait pas joli-joli. Si on compare ce qui est comparable, à savoir les taux de participation aux scrutins, on constate que les taux de participations aux élections professionnelles, aux élections des délégués du personnel sont proches des taux de participations aux autres élections. Et pour votre taux de 25% de retraités dans les rangs des syndicats, je suis curieux de connaître la source.

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    3. @françois: décidément tu ne comprends pas qrand chose. mais ce n'est pas grave. Lis, apprends, écoutes, regardes, tu verras, ça va nettement mieux après.

      Quand à mes sources, facile , il suffit de suivre les liens ou de fouiller en 2 ou 3 clics sur le net

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    4. @corto74 :exact ! @francois : "Un indicateur parmi d'autres" ?? Je ne comprend pas non plus cette fixation que font les "gauchus" à expliquer comment réfléchir (lol)et à remettre en doute la bonne foi de ses contradicteurs. Et en effet comparons ce qui est comparable... aux élections des représentants salariales à part le choix entre la gauche ou extrême gauches ben je vois pas dsl... c'est dingue !! lol mais oui des salariés de droite ça existent aussi.

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  9. La fuite en avant pour garder ce qui leur reste de pouvoir: donner des gages aux noyaux durs de leurs partisans. Le fascisme est en marche.

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    1. @pangloss: fascisme, non tout de même pas, mais la mise en route d une sorte de totalitarisme, oui

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    2. Un régime qui a à sa disposition une organisation parallèle, financée par des fonds publics, qui dispose de "gros bras" qui ne reculent pas devant la violence et qui jouit d'une amnistie pour le passé et d'une indulgence pour le futur, qui peut conterevenir à la loi pour imposer sa volonté et sa façon de penser, tu appelles ça comment?

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    3. Ce qui prouve peut-être que le communisme est l'antichambre du socialisme.

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    4. @pangloss: j appelle cela du totalitarisme en marche. je n aime pas le mot fascisme.

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  10. N'oubliez pas qu'en France depuis les Lois Auroux de 1984 donnant tous les pouvoirs et l'argent qui va avec aux syndicats "représentatifs" Mouarffffff mais en attendant ils sont assis sur un véritable trésor de guerre, et le mot DICTATURE SYNDICALE est le mieux approprié !!! Cordialement @falempin1 sur TW

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    1. @Falempin: et mézavi que ce n est pas fini. quand on pense que 60% des cotisations sont déductibles des impots ...
      cordialement

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  11. j'ai bien rigoler quand je vois ce genre d'article (écrit sans doute par une personne ne connaissant rien au syndicalisme) et aux commentaires très démocrates ( comme François tu comprends rien ... apprend à lire... etc). les donneurs de leçons, vous oubliez les syndicats créer par le patronat pour casser les syndicats existants (je parle pas du medef qui est le syndicat du patron , mais la cge etc) vous oubliez qu'il y a plus de syndicats affiliés à des partis de droite que de gauche, que tous les syndicats ne sont pas politisés et que si les français sont pas syndiques c'est qu'ils ont toujours eu peur et on d'abord penser à eux egoistement que de penser à tous collectivement.

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