mardi 20 décembre 2011

Panique à l'aéroport ou syndicalisme jusqu'auboutiste


Arrrg ! Cette grève des agents de sécurité aéroportuaire, c'est d'un pénible, typiquement l'exemple d'un syndicalisme jusqu'auboutiste, à la française. Bientôt 6 jours que les gars mettent le bronx dans les aéroports, prenant en otage des centaines de milliers de personnes qui ne demandent qu'une chose: partir en vacances, rejoindre leurs familles ou leur domiciles, passer les fêtes de Noël là où ils le voulaient, là où ils avaient réservé, là où ils étaient attendus, qui sait, peut-être même espérés...

Lyon, Nice , Mulhouse, Toulouse, Paris, Rennes...

On nous dit qu'ils ont démarré cette grève sans, au préalable, jouer la carte de la négociation. Possible. Et quand bien même l'auraient-ils fait, celles-ci sont-elles raisonnables ? Certainement selon les grévistes, aberrantes selon le patronat...

Alors, oui, je les ai vu les p'tits gars de la sécu défiler devant les passagers piégés, coincés. Un brin provocateurs tout de même, non ? Pourquoi, pourrait-on se demander, faire grève à ce moment précis; réponse évidente: Noël, les vacances... Le chantage au trafic, la prise en otage des passagers... De l'action syndicale coup de poing ! Contre-productive, peut-être, impopulaire surement.

Bien sûr que le droit de grève est fondamental de même que le droit au travail... de même que le droit de partir et de voyager lorsqu'on le souhaite. 2 médiateurs ont été nommés, peu importe la grève continue. Les négociations, entamées bien tardivement, ont encore échoué cet après-midi. Le gouvernement est obligé de réagir: ultimatum, menaces de remplacer les grévistes par les forces de l'ordre, projet de loi pour instaurer un " service mimimum "... Alors au final, on peut craindre que les gagnants ne soient pas ceux à qui l'on pense.

Je viens de l'entendre le gréviste-chef: il n'est pas content. Cela tombe bien les centaines de milliers de passagers coincés, non plus.

Non, non, messieurs-dames, les grévistes, ras le bol d'être privé de notre liberté de circuler. La concertation, la concertation, toujours, pas l'affrontement. La négociation, encore et toujours, ça fonctionne très bien ailleurs, en Allemagne, en Angleterre ou dans les pays scandinaves... Pourquoi pas avec le syndicalisme made in France ?  Le syndicalisme en France, un syndicalisme de confrontation, n'est plus que l'ombre de lui-même. A peine 8% de la population active. 

Et si à force de faire la grève pour un oui ou pour un non, le syndicalisme ne s'auto-détruisait pas tout seul ? 

( et en attendant, n'oubliez pas, n'hésitez pas, la rétro-photo de l'année 2011, c'est là )

Folie pasagère 977.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

14 commentaires:

  1. Je te rappelle, mon cher Corto, que dans un conflit de la sorte, on est 2 : le, disons syndicaliste, et le, disons patron, pour que tout le monde comprenne bien. Si on arrive à la grève, c'est qu'avant, au cours d'un processus relativement long, on ne s'est pas entendu, et c'est déjà grave.
    Ensuite, c'est le rapport de force. Mais dire que les seuls syndicalistes sont jusque-boutistes, c'est incomplet. En refusant toute négociation, les patrons le sont tout autant... Mais eux, curieusement, ne sont pas des preneurs d'otage. Je t’épargne le reste...
    Aller à la grève est un terrible constat d'échec. C'est un conflit, et jamais personne n'y va de gaîté de coeur. C'est archi-faux de penser le contraire. On y perd sa santé et son pognon.
    Et si tu n'as jamais été en situation de grève, je t'envie beaucoup.

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  2. prenant en otage des centaines de milliers de personnes : Otage : retenu contre son gré et par violence, c'est le sens de la loi. Ici les passagers prennent l'avion plus tard ou attendent, et peuvent aller là ils veulent : l'exagération des gens de droite se voit dans le sens du mot.

    Et sinon la négociation : et quand la direction refuse d'aborder certains sujets ? ou ne répond pas aux demandes ? Que faire ?

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  3. @marco: coucou toi !
    Je sais bien "qu'on est deux ". Mais, d'abord ds ce cas précis, pas de préavis et, à priori, pas de négociation préalable ( c'est ce que nous ont dit les infos ). Encore une fois, grève au moment des vacances histoire, pour la defense des interêts de quelques uns, de faire chier le plus grand nombre.
    Encore une fois, que l on m'explique pourquoi en France nous avons ce syndicalisme de confrontation , de conflit, alors que dans d'autres pays il y a une tradition de concertation (cf l'allemagne ou l angleterre ).
    Les patrons ne sont peut-etre pas blanc-blanc, c'est possible, mais ce ne sont pas eux qui bloquent les aéroports ou les trains.
    Enfin, je ne dis pas que faire la grève est une partie de plaisir, ce serait stupide.

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  4. @dagrouik : mais oui, il y a bien violence et des gens retenus contre leur gré dans cette histoire comme ds ttes les grèves dans les transports puisqu'on empêche de fait, les gens de circuler et d'aller ou ils veulent: il y a privation de liberté que je sache: cela aussi s'appelle violence.

    la grève doit être le recours ultime et en aucun cas ne doit nuire à ceux qui n'y sont pour rien. Dans le cas présent, et encore une fois d'après ce que l on sait, ca a été grève surprise, sans préavis.

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  5. Corto, tu est dans une posture idéologique. Essaie un instant de l'oublier et de chercher pourquoi untel se met en grève.
    D'abord, pas de négociation, pas de préavis ? Ce n'est pas vrai, sinon la grève serait purement illégale, et dans ce cas, c'est pain béni pour les patrons...
    Ensuite, une grève silencieuse ne sert à rien : il faut un impact fort. Le but n'est PAS d'emmerder les usagers, mais de forcer la partie adverse à négocier. C'est la construction du rapport de force, ou un tiers est effectivement l'enjeu du conflit. J'ai plusieurs fois été victime de grévistes, mais je pense surtout à ceux qui tentent collectivement à se défendre, de leurs raisons qui doivent être forcément grave pour en arriver à de telles extrémités.
    Enfin, et c'est le seul point ou tu as raison, il faudrait empêcher d'arriver à de tels points de rupture. En Allemagne, dans les pays nordiques, on NEGOCIE..., sauf que leurs patronnats n'affichent pas cette suffisance et ce mépris bien français envers la classe ouvrière, ce besoin de "casser" du gueux. Eux ont bien compris la nécessité de travailler "ensemble", en bonne intelligence, en utilisant un slogan que tu connais : "gagnant-gagnant", en partageant les fruits de la croissance...
    On n'a peut-être pas les syndicats dignes de ce nom, j'en conviens, mais ce qui est sûr, c'est que nos patrons ne sont pas plus reluisants, loin s'en faut !

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  6. @marco: je différencie 2 types de grèves, celles qui ont lieu au sein d'une entreprise, le rapport de force est simple: ca se passe entre es employés et le patronat. Les 2 prennent le même genre de risque: y laisser des plumes. Et puis celles où l'on intègre ds le rapport, contre son gré, un tiers comme les passagers par exemple/ ça je n admet pas.

    La négociation, c'est un truc que je connais, j ai pratiqué pendant 15 ans, jamais je n'ai fait chantage ou mêler un tiers quelconque pour obtenir ce que je voulais.

    Je connais, un peu, les patrons d'entreprises en europe, pour les avoir pratiqués, ils ne sont ni plus ni moins "suffisants" que les patrons français , ils défendent leur boite, ni plus , ni moins.

    Ds tous ces pays, il y a une tradition de concertation, les syndicats sont intégrés a l entreprise, voire ds sa gestion. Une grève est un évènement, elle marque un point de rupture. En France, c'est une habitude, le conflit et l affrontement d'abord.

    Alors, encore une fois, ausein d une entreprise, ok, mais dès qu'un tiers en pris en otage, non, niet.

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  7. Bon, je t'ai pas convaincu.
    Imaginons maintenant que tu travailles dans une entreprise qui s'assoie sur les conventions collectives et le code du travail, qui t'impose des horaires déments et t'en informe la veille pour le lendemain, qui t'impose une rentabilité à rendre malade, quand ce n'est pas insultes et quollibets, le tout pour des clopinettes. Tu fais quoi, sachant que le marché du travail est tendu, donc tu ne peux te permettre de lâcher le poste ? Tu as 2 heures ;-)

    PS : demain, je fais un billet avec ma photo de l'année, une seule. Tu ne seras pas déçu !

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  8. @marco: non tu ne m a pas convaincu , ça t'étonnes , :)

    Maintenant qu il y ait des patrons pourris, c'est sur, comme des flics véreux ou des avocats marrons ou...des syndicalistes à la masse. ne pas généraliser , c'est bien, non ?

    J'attends ta photo, marco, a demain

    Ceci dit, j ai été une fois ds une entreprise pourrie, une grosse, BTP, etc... qui confondait travail et asservissement , j'étais pourtant cadre sup, je me suis démerdé pour me faire licencier plutot que de rester

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  9. Tu as donc choisi la solution individuelle.
    Je préfère celles collectives...
    C'est toute la différence !
    @+

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  10. Cela faisait 2 mois que les agents de sécurité ont essayé de négocier - 2 mois durant lesquels leur direction les a toisé. 2 mois de perdu. 2 mois durant lesquels les ouvriers ont menacé de faire grève avant les fêtes.
    2 mois sont passés et les ouvriers ont simplement tenus leurs promesses.
    Et la direction, et les politiques de jouer les vierges effarouchées.
    Quant aux malheureux passagers, ce n'est pas envers les grévistes qu'ils doivent déverser leur colère mais contre la direction des agents de sécurité qui a provoqué cette situation de fait.
    Mais il est vrai qu'il est souvent plus simple de s'en prendre aux nègres plutôt qu'aux négriers - cela mobilise moins de neurones.

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  11. A tous les "pour" et à tous les "contre", aux grévistes et aux jaunes, à ceux qui voteront et à ceux qui s'abstiendront, aux réacs et aux gôchisses, à tous, ainsi qu'à mon cher Corto, je souhaite un joyeux Noël !

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  12. @marianne: un très bon Noêl à vous aussi et à toute votre famille ! bisous
    (bises a rachel)
    et si vs avez le temps , envoyez moi vos photos 2011 ( voir en haut 2011 en photos, les votres !)

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  13. Dans ce conflit, on est quand même dans une situation où l’État est entièrement responsable. Qu'on se rappelle qu'en 1996, l’État a estimé qu'assurer la sécurité du trafic aérien constituait une charge trop lourde pour ses finances (eh oui, déjà !) et a donc refilé aux sociétés exploitantes des aéroports, l'obligation d'assurer la sécurité. Ces sociétés évidemment bien intégrées dans le moule "libéral" se sont bien sûr empressées de sous traiter ce marché de la sécurité...Et qui dit sous-traitance, dit recherche du profit maximum pour les contractants...
    Résultat : les entreprises sous-traitantes se comportent en véritables négriers vis à vis de leurs salariés.
    Et ce sont ces mêmes salariés qui émargent en moyenne à 1300 € net par mois qu'on accuse "de prendre le pays en otage"
    Otages,les voyageurs ? Sont-ils au même niveau que les 50 otages fusillés par les nazis à Chateaubriand ? Sont-ils au même niveau que les otages retenus par les extrémistes de tout poil, libérés ou exécutés ? L'idéologie partisane devrait parfois se recentrer sur la sémantique...
    Quant aux grévistes des aéroports, ils devraient mériter toute notre admiration...Ils ne vont sans doute pas passer un "joyeux Noël" avec leur 1300 € amputés à la fin du mois de décembre...Mais au moins, ils font preuve de dignité et ils montrent peut être la voie à suivre pour l'ensemble des salariés "résignés"...
    Et quand l’État envoie la PAF assurer la sécurité dans les aéroports, quel retour en arrière ! Il ne fait qu'assurer les missions qu'il n'aurait jamais dû abandonner au secteur privé !

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  14. @kalondour: peut-etre mais c'est fait, c'est le privé qui s'en occupe. Le droit de grève, oui a 100% sauf quand il autorise la prise en otage, je maintiens, des gens qui ne sont pour rien ds le conflit.

    Les petits salaires, okay, mais au risque de te choquer et d'une c'est le cas de millions de gens, heureusement que la moitié des français dont le salaire médian est inférieur à 1600e ne se met pas en grève, et de deux, lorsqu'ils ont signé leur contrats de travail, ils savaient à quelle sauce ils seraient payés et de 3, qd on fait la grève, on sait qu on risque d y perdre des plumes, c'est la règle et la loi.
    Alors, qu'ils revendiquent pour avoir plus, je le comprend mais pas en entravant la liberté de circuler

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