mercredi 29 février 2012

Ecole: l'intégralité du discours de Sarkozy à Montpellier

Serez-vous étonné si je vous dit que j'ai apprécié à sa juste valeur le discours de Nicolas Sarkozy sur l'école ? Un discours qui visiblement n'avait rien de démagogique; si par démagogie, on s'attendait à ce que Sarko caresse le corps professoral dans le sens du poil.


Alors, tandis que la gauchosphère et la Socialie ironisent sur l'idée d'augmenter le salaire des profs qui voudraient travailler plus, ce qui en soi n'est pas si débile que cela, de son discours, c'est surtout cette phrase que j'ai retenu:

" L’éducation, c’est aussi la transgression. Mais le jour où il n’y a plus de règles parce qu’on n’a pas le courage d’en fixer, il n’y a plus de possibilités de transgresser donc de s’éduquer. Pour que l’élève puisse un jour dépasser le maître, il faut d’abord qu’il ait été capable de recueillir tout le savoir que le maître pouvait lui transmettre. On a eu tort d’abaisser l’autorité du maître, l’autorité du professeur. On a eu tort de laisser penser à l’enfant qu’il avait tous les droits. Ce n’est pas rendre service aux enfants que de laisser penser cela. On a eu tort de faire croire à l’enfant qu’il était, en quelque sorte, l’égal du professeur. Jadis, on ne tenait pas assez compte des besoins de l’enfant, de ses rythmes, de ses centres d’intérêt. Eh bien je pense qu’on est passé d’un extrême à l’autre. La parole du maître et celle de l’enfant ne se valent pas. Le savoir du maître et celui de l’enfant ne se valent pas. Tout ne se vaut pas. Il y a une hiérarchie – une hiérarchie des valeurs, une hiérarchie des savoirs. C’est cela l’école de la République."

C'est à peu près cette école que j'ai connu, c'est celle que j'ai aimé et que j'ai vu peu à peu disparaître à partir des années 80.

Alors maintenant, je ne suis pas dupe non plus, il faudra faire des efforts colossaux pour redonner à l'école les vertus d'autrefois ci-dessus rappelées. Reste à savoir si la corporation sera prête à y consentir. Et là, j'ai comme qui dirait un doute.

( Le texte intégral du discours, c'est ici )

Folie passagère 1070.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

10 commentaires:

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  2. c'est vrai que ce genre de discours est rafraîchissant, mon cher Corto, Alors maintenant, comme vous dites ?
    Maintenant on voit des juges condamner des professeurs ou des maires pour une gifle à un élève qui les ont agressés !
    Croyez-m'en, ce n'est pas demain que sera restaurée l'autorité des professeurs !

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    1. @marianne: je le crains en effet. Et puis qd on songe a la force d'inertie de ce paquebot en perdition qu 'est l'EN, avant de la redresser ...

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  3. allez, trois secondes! Ma fille qui est venue m'apporter Batiste à garder pour pouvoir préparer ses cours, vient de calculer,même en travaillant à 80% (un facteur déterminant dans l'adoption de Batiste), elle passe déja plus de 26 h dans son lycéé..... Je ne parle pas des heures passées à la maison en préparation et corrections, le tout pour un salaire de misère!
    Evidemment, elle est passée par les banlieux parisiennes et le pas de calais (rien que des bons souvenirs!)
    Je ne te parle pas de mon autre fille qui elle se couche souvent à 2h du matin!
    C'est marrant, mais il veut "restaurer" tout ce qu'il a cassé dans l'éducation, comme dans tout le reste d'ailleurs!:)

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  4. @nigloo: tu pourras citer tous les exemples que tu veux, et j en connais aussi, de profs sérieux , bosseurs et toussa, il n empeche que c'est une evidence, il y a quelques chose qui ne tourne pas rond dans l'EN depuis bien longtemps, trop longtemps.

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    1. Nigloo mon ami, oui bien sûr qu'il y a des profs sérieux, mais avec mes 5 moufflets, je peux te dire que j'en ai aussi rencontré un certains nombres de pas très motivés, c'est le moins qu'on pouvait dire...
      Et puis, enfin, tu ne crois pas qu'à force de renoncements, de platitudes, de syndicalisme douteux, de grandes idées foireuses et soixantes huitardes, le corps professoral a scié la branche où il était assis ? ou sont passés les hussards Noirs de la République ?

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  5. Mon homme est professeur dans une grande école d'ingénieur et privé !
    Des heures, il en fait 23 chaque semaine dont 8 sur deux jours à Paris - levé à 4h30 du matin et retour vers 22h30 le soir, jeudi et vendredi et hop cours le samedi matin sur Laval !
    Il prépare ses cours Seul sans aucune aide de l'éducation nationale, et deux fois par an ceux ci sont vérifiés par le CTI - commission titre d'ingénieur -
    Depuis plus de 13 ans aucun problème :)
    Vers 18 heures, fin des cours, des élèves lui demande quelques conseils pour leurs assos fusées et autres, il y va, parce que cela lui plait et de toute façon il trouve ça normal !
    En plus à la maison de corriger, de préparer - il a les 3 premières années - il cherche, il innove, il fait avancer le schmilblic lol !
    Grâce à ses travaux, son boulot, il a réussi à breveter ses recherches et à gagné plusieurs prix de l'innovation et avec un autre prof, créer une société !
    Il a finalement trois jobs, à deux endroits différents, et il n'aurait jamais supporté ce poids qu'est l'EN, il es libre !
    Heureux de transmettre aussi même si cela est devenu de plus en plus difficile et le discours de N Sarkosy ne l'a pas choqué, bien au contraire !

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  6. @virginie: il est libre, exerce son métier avec passion, y prend plaisir et transmet son savoir: heureux homme, il a choisi le privé !

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  7. Pas écouté le discours...
    Mes enfants sont dans un autre système, où les profs sont présents tous les jours de 7h30 à 17h (l'école se déroule de 8h à 3h). Après les cours, entre les cours, les profs sont à la disposition des élèves qui passent les voir pour demander de l'aide sur un devoir, éclaircir un point du cours(et mes fils en profitent, comme tous les enfants). Le mardi de 15h à 17h est consacré aux réunions pédagogiques. Rien n'empêche les profs d'avancer sur leurs cours ou correction par ailleurs pendant ce temps...
    Je trouve le système génial, je doute qu'il soit transposable en France sans révolution, en revanche. J'ai bossé 6 ans en tant que prof de lycée, avec tout le respect et l'amitié que je portais à mes collègues, il est clair que l'état d'esprit était de minimiser le temps passé au lycée (ce qui n'exclut pas l'investissement à la maison par ailleurs,ni la performance dans la salle de classe mais c'est moins porteur pour le travail d'équipe!)
    Pour l'autorité ... je ne sais pas. Les profs de mes enfants sont tous dans l'ensemble hyper cool et relax, mais pas de doute, le respect se met bien en place, sans que soit pratiqué la moindre colle, la moindre punition. En revanche, en cas de problèmes de comportement, des réunions hebdomadaires et obligatoires avec le conseiller d'éducation. Un jour, mon fils a écopé d'un "déjeuner" obligatoire avec un prof pour "discuter des stratégies qu'il pourrait adopter pour contribuer positivement à l'atmosphère de classe". Mon gamin a été traumatisé :-) et le prof m'a confié en riant que c'était super efficace!!!!!
    Bref, je pense qu'il y a des façons différentes d'affirmer son autorité aujourd'hui, et ça dépend aussi en grande partie de la personnalité du prof, de sa capacité au charisme. "Tenir" une classe s'apprend avec l'expérience, et j'ai travaillé avec des élèves privilégiés de seconde à terminale, mais le meilleur moyen, c'est de les motiver par un cours intéressant. Des innovations pédagogiques, etc ....

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  8. @bombay: Ici, nul ne consteste que quelque chose ne fonctionne pas dans le système éducatif, c'est 1 évidence soit par manque de formation, de moyens, par conservatisme, par syndicalisme etc...tous les motifs sont valables et a prendre en compte. C'est le constat. Après comment y remedier " sans révolution " ? Il y a eu plus de 25 ministres de l éducation nationale ces 30 dernières années et tous ont achoppé ou pris le contrepied du précédent. bref aucun vision a long terme et un poids corporatiste et syndical sclérosant. Résultat: nul ne consteste que quelque chose ne fonctionne pas dans le système éducatif...et ça ne s'arrange pas.

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