vendredi 24 février 2012

Et si Sarkozy faisait mentir La Fontaine...(stratégie de campagne)

Politiquement la journée d'hier aura été riche en bons et mauvais moments. Nous avions 2 meetings importants: celui de Sarko à Lille suivi de celui du candidat de la Socialie au Mans.


Je me suis tapé les deux, histoire de pouvoir en parler. Celui de Sarko à Lille ( à lire ici dans son intégralité ), un grand moment de liesse militante: du bruit, des chants, de la couleur, des drapeaux, une Marseillaise chantée et la verve de Sarko visiblement très en forme. Et puis celui de Hollande, au Mans. Et là, je dois vous avouer que je n'ai pas tout compris. Le décalage était flagrant entre les 2. Hollande a bafouillé à plusieurs reprises en condamnant ad nauseam le bilan de Sarkozy, c'est de bonne guerre. Mais point d'entrain. Avait-il travaillé son discours ? Même la mise en scène semblait terne; je n'ai pas retrouvé de la part d'Hollande ou des militants la ferveur du Bourget.

J'y vois pour explication une erreur monumentale de la part d'Hollande et de son équipe: avoir tout donné de son projet bien trop tôt. Avec le recul, je vois le meeting du Bourget comme le bouquet final d'une campagne électorale qui ne fait pourtant que commencer. Au soir du 22 janvier, la France savait finalement tout du programme d'Hollande, les meetings suivants ne sont que redites et matraquage en règle du bilan de Sarko. Mais jusque lors - et je ne vois pas ce qui pourrait changer la donne - plus de surprise, plus d'attentes, plus de suspens. Hollande, aujourd'hui, n'agit plus qu'en réaction aux propositions, discours, déplacements et meetings de Sarko. Le candidat Hollande semble avoir grillé toutes ses cartouches dès les lampions du Bourget éteints.

Sarko, c'est une stratégie totalement opposée: susciter l'envie, créer le désir, un pas-à-pas qui se veut conquérant. Cela a commencé avec l'interview au Figaro et la proclamation de 3 valeurs: l'autorité, le travail et la responsabilité avec pour cadre Une France Forte. Deuxième temps, sa déclaration de candidature sur le plateau de TF1. Troisième temps, le meeting d'Annecy avec sa déclinaison de la valeur autorité. Quatrième temps, hier à Lille et son explication sur la valeur travail. Prochain meeting: la responsabilité. A chaque meeting, à chaque apparition, seule l'annonce d'une ou deux propositions. Ni plus, ni moins. Mais pas d'exposé global de son programme: susciter l'envie et donner le rythme à ses partisans et offrir à ses détracteurs le moins possible d'angles d'attaque. Là où Hollande a fait tapis d'un coup au Bourget, Sarko dévoile peu à peu, et intentionnellement, son jeu.

Du meeting d'Hollande au Mans, la presse et la gauchosphère ne donnent que peu d'échos; de celui de Sarkozy, les compte-rendus et les critiques ( positives ou négatives ) sont légions. On parle de Sarkozy, on évoque Hollande. Sarkozy rythme désormais la campagne et occupe le terrain médiatique.

Ce n'est sans doute que le 6 mars à Villepinte que Sarkozy dévoilera devant 60 000 personnes l'intégralité de son programme. Il restera à Sarko et à son équipe un mois pour partir en tournée et expliquer son projet.

Alors deux stratégies bien différentes: l'une offensive, progressive et dynamique, celle d'un Sarko plus candidat et combatif que jamais ( et l'on connait sa valeur en ce domaine ); l'autre, qui semble d'ores et déjà faire preuve d’essoufflement.

Certes, rien ne sert de courir, il faut partir à point... me direz-vous. Le lièvre ( Sarkozy ) affronte la tortue ( Hollande ) ...

Et si pour une fois, un homme politique, Sarkozy, faisait mentir La Fontaine.

Réponse le 6 mai.

Folie passagère 1062.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

15 commentaires:

  1. Pas très bon au Mans, normal, juste avant il avait fait un meeting chez moi, à une minute à pieds de ma maison je précise :) :) Ensuite, repas et petit tour dans la vielle ville, j'ai entendu !
    Il se fatigue vite alors, il vas pas tenir jusqu'au 6 mais le petit gars,il va falloir qu'il reprenne quelques kilos :) :)
    Je trouve qu'il s'essouffle un peu !!!!

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    1. @virginie: c'est exactement mon impression, il s'essouffle au moins ds les meetings. Hier , à la différence du Bourget, il a été mauvais, vide. Parti trop tôt.

      C'est où chez toi ?

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    2. Laval en Mayenne ! Si Hollande devient président, notre maire qui a été porte-parole de Ségolène pendant les primaires, a de grandes chances de devenir secrétaire d'état !
      Elle est venu faire un meeting pendant les primaires aussi !

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  2. C'est chez moi qu'il a dit qu'il n'avait pas oublié le 21 avril !
    Il stresse :) :) :) :)

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    1. @virginie: c'est marrant il brandit la menace d un 21 avril. Si j ai pu y croire à un moment, maintenant je n y crois absolument plus.
      Le deuxième tour opposera Hollande a Sarko. Cochon qui s en dédie!

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  3. Ce soir j'ai regardé Canal+, mon cher Corto, il y avait F-O Giesbert et deux dames journalistes. Les trois on fait des commentaires sur la campagne de Sarkozy de façon assez volubile, mais quand Denisot leur a demandé s'il leur semblait qu'il y avait un désir de Hollande qui se manifestait, un ange a passé !
    Cependant à deux mois du scrutin cela ne veut rien dire.
    Alors ne vendons pas la peau de l'ours mais faisons-nous à l'idée qu'il nous faudra faire avec le président que les Français choisiront.

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    1. @marianne:bien sur que cela ne veut rien dire et qu il est encore trop tôt. Moi je note juste 2 stratégies differentes: l une dynamique, l autre sur pause.
      certes faudra faire avec le président qu'auront élu entre 50 et 53 % des français. Nuance. :)

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  4. Allez je me défoule!!
    En premier ce serait bien que tu te dévoues ou que Liliane fournisse une valise pour payer un nègre (rien de péjoratif) qui écrirait un nouveau programme à Sarko, depuis 2007, on ne lui a peut être pas dit, la soupe réchauffée sent le moisi!!
    En deux, faut arrêter avec les trous d'air, essoufflement et tout le toutim des commentateurs (même s'ils sont patrons de journeaux), qui nous disent tout et son contraire d'un jour à l'autre....
    En trois, c'est vrai que depuis que vous "ravez" la Boutin, la multiplication des figurants à Villepinte est à nouveau possible!!
    En quatre, j'ai du mal à comprendre, je lis ici sans arrêt que François Hollande n'a pas de programme et tu écris qu'il a tout dévoilé au Bourget !!!
    En cinq: j'étais hier soir à un meeting (campagnard) avec Benoit Hamon: 20/20 dans tous les domaines!!:)
    En six: bonne nuit!!:)

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  5. @nigloo: en ce qui me concerne je crois que tu as faux, je n ai jamais dit qu il n avait pas de programme. On a eu ds 1 premier temps le Projet socialiste aux Primaires , caduc dès sa parution compte tenu de ses prévisions de croissance érronnées. Puis le projet socialiste d'après primaires, puis les 60 propositions elles aussi caduques puisque basées elles aussi sur 1 prévision de croissance irréaliste pour 2012 de 1,7%. Non, non Hollande a 1 programme, dépiauté, lu, analysé et qui ne vaut pas grand chose, selon moi. Mais bon.

    Hamon ? kicest ce zozio là ? le porte parole du PS et de Martine. celle la même qui a propos d Hollande déclarait : "Arrêtez de dire qu'il travaille, François n'a jamais travaillé, il ne fout rien " en avril 2011...

    Allez bonne nuit a toi

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  6. Nicolas Sarkozy est très fort sur la forme (c'est bein de cela dont tu parles n'est-ce pas ?) on le sait.
    J'espère que le PS s'en souviendra

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    1. @elmone: je ne parle ici bien entendu que de la forme. Le meeting du Bourget me laissa penser que le PS avait compris son importance, la suite me surprend par sa mollesse.

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  7. Chacun entend ce qui est le plus susceptible de réaliser son fantasme.
    Il faut reconnaitre à Sarkozy un talent de bonimenteur qui s'y entend pour
    faire jouir les dames, et aussi certains messieurs. C'est hallucinant, car de
    l'histoire qu'il raconte, tout a eu lieu, du début à la fin.

    Olive

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  8. Depuis 1981, le problème de la "droite" française, c'est qu'elle a surtout des types qui ont un don certain pour conquérir le pouvoir mais qui une fois qu'ils l'ont ne savent pas quoi en faire. A un moment il y a eu un frémissement avec l'espoir Balladur, mais les français, étant décidément trop cons, ont préféré un bateleur à un technicien du pouvoir. Et comme cela ne suffisait pas ils ont remis ça en 2007, d'un autre côté le choix était cornélien, comme d'habitude : la peste ou le choléra ?

    Ceci dit, ces histoires de programmes sont intéressantes, car quand on y regarde de plus près, depuis la mort politique du général, puis celle de Pompidou, quel politicien a réellement mis en oeuvre ce qu'il avait proposé ? La république c'est beau, mais sur le papier uniquement, parce que cela exige de ceux qui se présentent aux suffrages deux qualités on ne peut plus rares : vertu et modestie.

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  9. @koltchack: Toi qui semble si costaud question Histoire, je voudrais que tu réfléchisse a la chose suivante: Hormis de gaulle, quel est le président qui a engagé un maximum de réformes dans un pays réputé hostile a toute réforme ?

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  10. Honnêtement, parler de réformes pour ce qui n'aura été en définitive que des mesurettes, c'est plutôt gonflé. Sarko a comme à son habitude eu recours à la technique du tango : un pas en avant, deux en arrière. Résultat, rien n'a pratiquement changé.

    La RGPP aurait pu être un instrument intéressant si d'une part l'argent économisé avait servi à rembourser la dette au lieu d'être affecté à d'autres postes et si d'autre part les réductions d'effectifs avaient été pratiquées dans les portefeuilles non régaliens.

    De toute manière, aucune véritable réforme digne de ce nom ne pourra être conduite tant que préalablement le fonctionnement syndical n'aura pas été réellement réformé. Les communistes du CNR savaient fort bien qu'en privilégiant un syndicalisme de représentation au lieu d'un syndicalisme d'adhésion, ils créaient le parfait instrument de blocage sans que ce dernier n'ait à avoir quelque légitimité que ce soit. Seulement voilà, je peine à trouver celui qui aura les c.....es de s'attaquer à cette forteresse en carton.

    Enfin et pour finir, il est vrai que les français sont généralement hostiles à toute réforme. Ils attendent que les effets se feront sentir en quelques mois alors qu'il faut plusieurs années pour récolter les fruits. Parallèlement, on observe que les réformettes engagées ne sont jamais accompagnées de vrais outils d'évaluation ce qui permet à leur promoteur de se glorifier des bienfaits et aux contradicteurs de conspuer l'inefficacité du dispositif. Pour mémoire, la première évaluation de la réforme de la police au Québec a été effectuée cinq ans après sa mise en route.

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