mercredi 16 avril 2014

Quand Valls ne dansait pas encore à Matignon


C'est le camarade Al West qui a exhumé ce vieux billet daté d'octobre 2011. A l'époque, c'était les primaires socialistes. Déjà, prémonitions ou lucidité, je ne me faisais guère d'illusion sur le programme des socialistes, Moscovici non plus et Manuel Valls ne dansait pas encore à Matignon.

Ce billet s'intitulait: PS, le projet qui ne dérange plus personne...

" Un blogopote de gauche écrivait récemment qu'il fallait tourner la page des Primaires, que la gauche se rassemble et que tous ensemble, tous ensemble, il était temps de mettre Sarko en vacances. Soit. Les primaires furent une incontestable réussite puisqu'elles avaient réussi, entre autres choses, à rassembler 5 candidats derrière un projet commun, validé par l'ensemble des militants et des dirigeants du PS. Le fameux projet pour 2012 était la figure imposée des primaires pour chaque candidat: Ne pas s'en écarter, affirmer ses différences, oui, mais ne pas sortir des clous. Dès sa parution, j'ai pris plaisir à le lire et à me demander comment ce déroulé de propositions allait pouvoir, en cas de victoire, se concrétiser. Il était bâti sur une espérance de croissance de + 2,5% dès 2013. On savait dès lors que ces 2,5% étaient inatteignables. Au moment des primaires, nous étions à une prévision de croissance de 2% au doigt mouillé, discrètement, on parlait de 1,75%. Aujourd'hui, on annonce 1%, histoire de ne pas affoler les foules.

Bref, les candidats aux primaires ont, malgré l'irréalisme des 2,5%, fait chacun campagne avec en bandoulière et comme happeau un projet caduque. Et cela ne dérangea personne. Près de 3 millions de personnes se déplacèrent pour voter en faveur d'un candidat, ou d'un autre, dont on savait pertinemment qu'il, l'élu quel qu’il soit, ne saurait pas en mesure de réaliser le quart des 30 propositions incluses dans le Projet commun. Et cela ne dérangeait toujours personne. Ni les candidats, ni les votants, encore moins la presse "spécialisée".

Le seul à avoir voulu remettre en cause le projet, Manuel Valls, un peu plus réaliste que les autres, a payé chèrement sa témérité: moins de 6% des suffrages ! Aujourd'hui, à peine 15 jours après le 2ème tour des primaires, c'est Jérôme Cahuzac, membre éminent du PS et Président de la commission des finances à l'Assemblée qui l'affirme à qui veut bien l'entendre: " François Hollande puisera dans le programme [le  Projet] mais ne pourra réaliser la totalité de ce programme. Pourquoi? Car tout simplement les moyens du pays ne le permettent pas ". Il faudra donc pondre un nouveau programme, sans doute bien loin de celui pour lequel tant de gens ont voté, et faire des choix. Quid du contrat générationnel ? Quid des 60 000 créations de postes dans l'EN ? On verra, on verra ... Pour l'instant, cela ne dérange personne. Il y a peu, Michel Sapin, autre membre éminent du PS, ancien ministre de l'économie, annonçait  que la rigueur ne permettrait pas la création de ces 60 000 postes sans supprimer des postes, ailleurs, dans la fonction publique.

Il y a du grand écart dans l'air: un projet, fin 2010 sur une base de 2,5%, un an après, les prévisions optimistes tablent sur 1%...

Manuel Valls, Jérôme Cahuzac et Michel Sapin nous confirment donc à tour de rôle ce que j'annonçai dès la parution du Projet: celui-ci ne tient pas la route. Mais cela n'a dérangé personne. Peut-être celui-ci, pot de miel ou attrape-couillons, dès son adoption, était-il voué à la refonte totale.

On s'en doutait mais déjà, cela ne dérangeait plus personne. "

Deux ans et demi plus tard, la refonte totale avait un nom: pacte de responsabilité.

Folie passagère 2233.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

21 commentaires:

  1. Tu mets le doigt sur le vice le plus dirimant de la démocratie représentative : la démagogie aveugle.
    Le politicard qui a le malheur de ne pas s'en servir est foutu d'avance. Faudra-t-il encore longtemps
    continuer avec ce système imbécile? Et qu'un ne nous raconte pas qu'on n'a pas trouvé mieux,on
    n'a même pas cherché!
    Amitiés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Nouratin: le politique démagogue et l 'electeur crédule car qui sérieusement pouvait croire au projet en question ? Personne

      Supprimer
  2. En somme, si je comprends bien, mon cher Corto, on tourne en rond tout en s'enfonçant de plus en plus, en une vrille sinistre, sans que l'on puisse voir où tout ça nous mènera.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @ marianne
      "sans que l'on puisse voir où tout ça nous mènera".On a bien une petite idée,( de plus en plus précise, d'ailleurs ), d'où cela nous mènera, dans le mur ou au fond du trou, selon le sens de la flèche !

      Supprimer
    2. Hashtable a trouvé un terme tout approprié, pour savoir à quoi cela va nous amener : la chyprisation des comptes bancaires.

      Supprimer
    3. @marianne et nana:: ah mais que nenni, nous ne tournons pas en rond, nous avançons. D'un plan-projet socialiste dépensier à outrance pdt la campagne, nous en venons à un pacte de responsabilité après un passage par la case pression fiscale: Nous avançons, nous venons de rentrer depuis ce matin en pleine période d'austérité. Bref, nous avons perdu deux ans, mais on avance ! :)

      @Al Weest, chyprisation, là aussi, hastable exagère qui a dit que le GVT irait piquer dans nos comptes en banque ? personne, il va juste mettre à la diète tout le monde et pi c'est tout: fonctionnaires, retraités et classes moyennes. Si avec ça la gauche de la gauche ne se réveille pas, c'est a n y rien comprendre :)

      Supprimer
  3. C'est facile et cruel de rappeler à un homme politique les propos qu'il a pu tenir dans le passé alors que tout le monde sait bien (et lui le premier) que ce n'étaient que des élucubrations destinées à peindre en rose buvard ou en bleu layette un avenir dont chacun savait bien qu'il sera sombre (ou au moins basané). Et tout ça pour recueillir les voix de ceux qui préfèrent le rose buvard (ou le bleu layette) et qui ne devraient pourtant avoir aucune illusion sur la couleur qui leur sera servie.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Pangloss: "qui ne devraient avoir aucune illusion" . Ouais ben alors ce sont des andouilles parce au rêve ils y ont cru a 51, 8% les cons !

      Supprimer
  4. Valls je ne le connaissait que député-maire d'Evry , je n'ai pas souvenirs de lui pour les primaires présidentielles , dès lors que DSK n'était plus présent celà ne m'interessait plus et je n'aurais jamais songé qu'on allait se retrouver avec un président anormal . Le chant des sirènes à chaque élection c'est devenu d'une telle banalité qu'il vaut mieux écouter les humoristes , c'est plus plaisant .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @claude henri: bien sur que le chant des sirènes on a l habitude mais là avec Hollande ceux qui voulait pouvait savoir que tout était prévisible et que ce bonhomme serait une catastrophe et que ses promesses étaient pieautées dans les grandes largeurs. Les Français n ont pas voulu voir, tant pis pour eux

      Supprimer
    2. @ Corto
      Mais sa nullitude était si caricaturale que personne n'y a vu que de feu. Ils ont tous cru que ce n'était qu'une "petite blague". La suite est plus qu'amère pour eux (tant mieux) et pour nous (tant pis).

      De la même façon, les Allemands avaient plébiscité Hitler, le redresseur de l'économie nationale (encore plus en déroute que la nôtre), tout en croyant impossible qu'il réalise ce qu'il avait écrit dans "Mein Kampf". La suite a prouvé à quel point ils ont eu tort. Hélas pour tous...

      Supprimer
  5. @Corto
    "...mettre à la diète tout le monde..." La mise à la diète ne concerne absolument pas les fonctionnaires .
    Le gel du point d’indice est destiné à masquer une réalité qui pourrait, en ces temps de crise, paraître malencontreusement... bien injuste, aux yeux des moutons du privé n'échappant à aucune tonte ou diète.

    Ce gel annoncé, claironné, maintenu, ne concerne pas le système des avancements automatiques accordés en vertu du « glissement vieillissement technicité » . Même au plus haut de la crise (2008) ce "mécanisme" n’a connu aucun gel et permet à nos concitoyens fonctionnaires, de voir leur rémunération augmenter régulièrement, en compensant largement le gel du point d’indice.

    Ma fille, prof agrégé (arts plastiques) : « le gel du point d’indice ? Même pas (un peu) mal ! »

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. par contre le gel des retraites, beaucoup mal !

      Supprimer
    2. @Mireille: pourquoi même pas mal ? le gel du point d indice pénalise la progression de salaires des fonctionnaires il me semble si j en juge par le tollé que cela soulève. Comprends pas

      Supprimer
    3. @BOUTFIL oui + non gel des impôts et taxes
      @corto Le tollé c'est du cinoch syndicalisé, pour que ceusses qui ne sont pas fonctionnaires ne s'intéressent pas de trop près...à la forêt que cache l'arbre du gel de point d'indice.
      Pourquoi même pas mal ? Par l'effet dudit "glissement leur rémunération augmente d'environ 2,3 % pour cent par an. (+80euros/mois pour ma fille en 2013)

      Supprimer
    4. Boutfil, "par contre le gel des retraites, beaucoup mal ! " C'est que tu n'en mets pas assez.

      Oké, je sors -aïe, pas la tête !

      Supprimer
    5. @Al Weest: M'enfin ! même moi je n avais pas osé la faire :)

      Supprimer
  6. j'aime bien ta nouvelle bannière ! c'est tout toi ça !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Boutfil: gel des retraites, ça te va ? :)

      oui j ai bien aimé cette photo, elle symbolise plein de trucs

      Supprimer
  7. Pas trop foulé Corto ? ;-)
    J'ai quand même mis un "bien" à ce billet ressorti du congèl' : pour la précocité de la pertinence ;o)

    RépondreSupprimer
  8. Mais aujourd'hui VallsDanseSaValse. Sacré #ElBlanco !

    RépondreSupprimer

Les commentaires " anonyme " seront systématiquement rejetés. La modération des commentaires étant activée, leur parution peut prendre quelques temps. Les commentaires hors-sujet ne seront pas validés.

Vivre en Européen