jeudi 18 avril 2013

Les nouvelles et intenables prévisions budgétaires du gouvernement (2013-2017)


Je sais, ce n'est pas bien, mais en guise de billet, je vais honteusement copié-collé ci-après un article du magazine l'Expansion du 17 avril 2013. Cet article récapitule de manière tout à fait claire et pédagogique le " nouveau plan budgétaire de la France " pour les années à venir. Plan présenté hier par notre extraordinaire ministre des finances, Pierre Moscovici. D'accord, un honteux copié-collé mais cela me permettra d'avoir, dans un coin, bien au chaud, les dites prévisions que d'aucuns ( FMI, BCE, OFCE, HCFP, Corto... ), hors gouvernement, jugent totalement incroyables, intenables ou irréalisables. Oui, bien au chaud, ici, ces prévisions... pour ne pas oublier, pour juger, plus tard, des capacités divinatoires du tandem Moscovici-hollande . En langage technocratique made in Bercy, on appelle cela " un plan de stabilité "...

Ce qu'il faut retenir du nouveau plan budgétaire de la France:


Après des fuites dans la presse et un avis critique du Haut Conseil des finances publiques sur ses prévisions de croissance, le gouvernement a présenté officiellement son "programme de stabilité" ce mercredi 17 avril en Conseil des ministres, avant sa transmission au Parlement et à Bruxelles, le 30 avril

L'exécutif confirme ses prévisions de croissance revues à la baisse, qu'il juge "réalistes": 0,1% en 2013 (contre 0,8% encore espéré à l'automne), 1,2% en 2014 (au lieu de 2%) puis 2% par an jusqu'à la fin du quinquennat. "Ces prévisions sont identiques à celles de la Commission européenne", insiste le ministère de l'Economie dans son document.

La reprise progressive durant la seconde moitié de cette année doit permettre un redémarrage des créations d'emplois, puis, au dernier trimestre, un recul du taux de chômage, selon Bercy. Sur cette base, le gouvernement espère ramener le déficit public de 4,8% du produit intérieur brut (PIB) en 2012 à 3,7% en 2013 puis à 2,9% en 2014, un objectif qu'il qualifie de "raisonné" pour "ne pas compromettre le redémarrage de l'activité économique par davantage de mesures de rigueur". Il demande donc "à ses partenaires européens de repousser l'objectif de déficit public sous les 3% de 2013 à 2014". 

Le déficit serait ensuite réduit à 2% en 2015, 1,2% en 2016 et 0,7% en 2017 (contre 0,3% dans ses précédents engagements).Bercy met en avant l'effort "structurel" d'assainissement des comptes publics, c'est-à-dire corrigé des effets de la conjoncture: le déficit structurel serait ainsi résorbé, passant de 2% du PIB cette année à un excédent de 0,5% en 2017.

La dette publique, elle, est révisée à la hausse et continuerait à aller de record en record jusqu'en 2014, avant de refluer en 2015, avec un an de retard par rapport aux précédentes prévisions. Selon le "programme de stabilité", elle passera de 90,2% du PIB en 2012 à 93,6% en 2013 (au lieu de 91,3% dans les précédentes prévisions), pour atteindre un pic à 94,3% en 2014. Elle reculera ensuite à 92,9% en 2015 et jusqu'à 88,2% en 2017, espère le gouvernement.

Pour tenir ses objectifs, Bercy prévoit une hausse des prélèvements obligatoires cette année à 46,3% du PIB contre 44,9% l'an dernier puis à 46,5% en 2014 et les deux années suivantes, alors qu'ils devaient initialement être stabilisés l'an prochain. Les nouvelles hausses des prélèvements pour 2014, chiffrées à six milliards d'euros par le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, comprendront, outre des prélèvements sur les grandes entreprises pour compenser ceux qui ont été votés pour 2013 mais dont l'effet s'épuise par la suite, une "poursuite de la réduction des niches fiscales" et une hausse des cotisations déjà prévue pour redresser les régimes de retraites complémentaires.

Bercy compte aussi sur "des efforts d'approfondissement de la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale" et sur "d'éventuelles mesures contribuant à l'équilibre à moyen terme des régimes de retraite", autrement dit une possible hausse des cotisations. Les impôts devraient ensuite baisser en toute fin de quinquennat, avec un taux de prélèvements obligatoires ramené au niveau de cette année, soit 46,3%.

La dépense publique devrait de son côté atteindre un pic à 56,9% du PIB en 2013 avant d'entamer un reflux l'an prochain à 56,4% pour revenir à 53,9 en 2017. Cela représente une baisse d'environ 60 milliards d'euros sur le quinquennat. Pour 2014, l'effort d'économies sera réalisé par l'Etat (baisse de 1,5 milliard d'euros des dépenses hors charge de la dette et pensions), les collectivités locales dont les dotations étatiques seront réduites de 1,5 milliard, et la Sécurité sociale. Le gouvernement prévoit en effet notamment une économie d'un milliard l'an prochain sur la branche famille, selon le "programme de stabilité".

Folie passagère 1671.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr
 

12 commentaires:

  1. Voici un commentaire que j'avais écrit sur Slate.fr, sur un article de Gérard Horny intitulé "Croissance emploi que peut faire le gouvernement ?"

    Il y a le feu à la maison

    Et on continue à écrire des articles anodins.
    On parle "de deux armes pour relancer une activité économique" que malheureusement, on nous dit ne pas pouvoir utiliser.
    On nous parle de la zone euro comme si, à elle seule, elle était responsable de la récession qui nous guette.
    On nous parle de l'Espagne en insistant sur ses déboires immobiliers et bancaires, sans nous dire que les efforts consentis par ce pays seront une menace supplémentaire pour la reprise de nos exportations.
    On nous dit que "la France ne fait pas partie des pays les plus mal lotis" et que "la Banque publique d'investissement a un rôle déterminant à jouer", et voilà que UNKINERIEN nous a bien expliqué ce que sera son rôle.
    La vérité, il faut aller la chercher du côté du Haut Conseil des finances.
    Les experts du Haut Conseil ont dit ne pas croire aux hypothèses de croissance de Bercy. Il est pourtant présidé par le socialiste Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, qui relève : "un certain nombre d'aléas susceptibles de différer la reprise de l'économie et d'avoir un impact négatif sur les prévisions pour les années 2013 et 2014".
    Le Haut Conseil constate également que les efforts entrepris par certains pays "pour restaurer leur compétitivité" vont pénaliser la France à cause de mauvais choix économiques : hausses d'impôts qui vont peser sur la consommation et donc sur la croissance, l'efficacité du Cice qui dépendra "du comportement réel des entreprises en matière d'investissement", ce qui n'est pas gagné, puisque le Haut Conseil juge le scénario du gouvernement "optimiste".
    Le FMI ne dit pas autre chose, qui voit notre chômage passer de 10,2% l'an dernier, à 11,2% en 2013, et 11,6% en 2014.
    La progression du PIB n'étant que de 0,9% pour l'an prochain, il sera tout à fait insuffisant pour faire baisser le chômage.
    Si on ajoute à cela nos problèmes de pouvoir d'achat, de dette, l'impopularité historique de l'exécutif, les affaires politico-financières, et le clivage sans précédent de la société française à cause de la loi sur le "mariage pour tous, on comprendra aisément que le ton bénin de cet article n'est pas de circonstance.

    Ce commentaire a été retoqué hier. Je m'en suis inquiétée. Il m'a été répondu :" Peut-être étiez-vous un peu excessive, la période actuelle semblant vous énerver beaucoup."
    Je viens de le leur renvoyer.
    On verra bien ?

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    1. le 16:02 est adressé à Marianne par Mireille
      Il fallait lire "...lorsque directement, vous indiquez les voies..."

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  2. A tout hasard je vous conseille d'éviter les "UNKINERIEN" ;-) sinon je ne vois pas en quoi votre commentaire méritait la censure. Toute vérité n'est pas bonne à entendre lorsqu'indirecctement vous indiquez les voies et les voix de la vérité.

    Chez les médias en ligne, bien souvent, j'ai vécu l'expérience de la censure et constate qu'elle est en hausse avec des curseurs à fleur de peau rouge, rose et verte.
    Sur L'express, je ne compte plus la suppression de mes commentaires, courts à valeur de boutades quelque peu provocatrices mais pourtant correctes.

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    1. @ Mireille
      Mon commentaire a fini par être accepté.
      Mais je dois à la vérité de dire que, à la première ligne j'ai remplacé "articles inutiles" par "articles anodins".

      http://www.slate.fr/story/70753/croissance-emploi#comment-123745

      Très cordialement

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    2. Sont très pointilleux sur le détail chez Slate. L'acceptation de votre commentaire sur cette faible nuance, prouve qu'ils ne tiennent pas à vous perdre... Chouchoute va !
      Mireille en retour cordial :-)

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  3. Quand on fait de la politique, on ne devrait faire ni promesses ni prévisions.

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    1. Sinon, 3 ans de tôle pour non-respect des engagements. Ca les ferait dire moins de conneries.
      Marre de la publicité mensongère et du Bonux en guise de président.

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  4. Corto,
    "une poursuite de la réduction des niches fiscales" sans probablement supprimer celles des investissements et de la fiscalité DOM TOM pour lesquels nous sommes de véritables vâches à lait. Je sais de quoi je parle j'y ai vécu 19 ans jusqu'en 2008.
    "et une hausse des cotisations déjà prévue pour redresser les régimes de retraites complémentaires" sans s'attaquer à la mise à plat des régimes du secteur public ainsi qu'aux avantages acquis, confirmés :
    http://www.challenges.fr/economie/20130328.CHA7746/la-verite-sur-les-privileges-des-fonctionnaires.html
    http://www.challenges.fr/economie/20130417.CHA8418/depuis-2006-la-hausse-des-salaires-et-primes-des-fonctionnaires-a-fait-croitre-leur-pouvoir-d-achat.html

    J'ai noté que l'on a fait courir de fausses rumeurs sur une Allemagne en mauvaise santé, susceptible de perdre son triple A . Ouf ! En Hollandie, on pouvait se sentir moins nuls, moins seuls ... enfin une preuve d’échec de la politique économique de cette vilaine fourmi égoïste bien peu solidaire, même si (bon gré, mal gré) elle est l’un des principaux contributeurs aux opérations de sauvetage…mais ça on évite de ns le dire aussi.

    Mais pas de bol : rétablissement de la vérité. Le Monde ns indique aujourd'hui « L'agence de notation Moody's a réaffirmé jeudi 18 avril sa confiance dans la solvabilité de l'Allemagne, à l'occasion d'une mise à jour annuelle qui réitère les motivations de sa note Aaa, la meilleure possible, de la dette de la première économie européenne. En juillet dernier l'agence, l'un des trois acteurs de référence du secteur, avait abaissé la perspective de l’Allemagne de "stable" à "négative". Mercredi des rumeurs d'abaissement de la note avaient perturbé les Bourses européennes. »
    Mireille

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  5. Les prévisions de Moscodamus! Juste de quoi rigoler sauf que ça va tout de même nous coûter cher.
    Cela dit, les Français ont choisi de faire appel à ces gens-là. Moins d'un an après cependant ils remettraient sans hésiter Sarkozy à l'Elysée. Ca donne une jolie idée de la démocratie, ne trouvez vous pas?

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    1. ça donne surtout une idée sur le niveau de conscience du peuple, que l'EducNat, secondée par les médias, se garde bien d'éveiller.
      Ledit peuple qui vote encore (!) va pouvoir constater que si les collectivités sont mises à la diète budgétaire, il n'en sera pas de même pour les impôts locaux.

      Mireille

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    2. @ Nouratin

      Joli et bien trouvé "les prédictions de Moscodamus". J'adore. :o)))

      Ceci dit, nous étions bel et bien prévenus. Quelques-uns n'y ont pas cru et nous ont plongés dans la décadence. Dont nous payons TOUS le prix ; fort, très fort ! :'-(

      Pour les "oublieux" :
      http://www.dailymotion.com/video/xz2bqg_les-francais-etaient-prevenus_news#.UXA4EsrPhUY

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    3. y'a pas à dire mais Moscodamus est bien moins talentueux que son illustre ancêtre :-)

      Je ne suis pas experte en prévisions budgétaires... mais il semble que l'équipe du ministre non plus à voir les révisions à la baisse (ou à la hausse dépend de quel coté on prend le problème). Comment veulent-ils avoir encore un tant soit peu de crédibilité quand ils se sont plantés de manière aussi monumentale...

      Titi

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