dimanche 3 novembre 2013

Kidal, Mali: l'absurde déclaration d'un président français



Je sais qu'il ne faut exploiter politiquement la disparition tragique de deux compatriotes, Claude Verlon et Ghislaine Dupont, et je m'associe pleinement à la douleur de ceux qui les ont connus: familles, collègues et amis. Oui, ce n'est pas bien de polémiquer là-dessus, la corporation des journalistes, dégoulinante à souhait depuis le drame de Kidal, ne se prive pas de nous le faire savoir. 

Mais au regard de ce qui s'est passé à Kidal, comment ne pas repenser à cette déclaration, déjà à l'époque totalement absurde, de François hollande. C'était en février 2013, il venait à Tombouctou et à Bamako, recevoir les fruits de sa "victoire militaire" et les remerciements de la population:
" La France paie sa dette à votre égard (...). Le retrait est inscrit, il n’y a aucun risque d’enlisement parce que nous avons le soutien de la population, parce que les Africains sont là, parce que les Européens sont présents, parce que nous avons une communauté internationale qui est à l’unisson. J’ai grande confiance dans la capacité de nos soldats (français), grande confiance dans l’armée malienne qui a reconstitué ses forces, grande confiance dans la montée en charge de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali), grande confiance dans les autorités politiques du Mali pour engager le processus de réconciliation et d’élections, grande confiance à l’égard du peuple malien... "

Rappelons, qu'hier, à Kidal, les forces armées françaises, maliennes ainsi que celles de la Misma étaient présentes et que malgré la grande confiance que nous avons dans ces soldats et dans les forces politiques de ce pays, elles n'ont pas pu empêcher qu'un drame ne se produise...

Folie passagère 1976.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

16 commentaires:

  1. C'est ce qui arrive lorsqu'on s'engage dans une opération et qu'on ne la mène pas jusqu'au bout. Les maliens voulaient conduire Serval à son terme, les troupes supplétives des pays africains étaient prêtes à y aller, malgré leur légèreté et leur impréparation. Las, la France a sonné le gel. Et maintenant nous sommes obligés de lancer Hydre pour tenter de colmater les brèches. Toute personne sensée sait que lorsque le glaive est sorti il doit être enfoncé jusqu'à la garde et ne retrouver le fourreau que rougi du sang de l'ennemi. Toute personne sensée sait qu'on ne met fin à une guerre que s'il y a eu reddition ou qu'on a éliminé physiquement l'ennemi jusqu'au dernier de ses hommes. Toute personne sensée sait que lorsqu'on fait la guerre on doit y mettre les poyens humains et matériels nécessaires pour l'élimination physique de l'ennemi.

    Toute personne... sauf le gros tout mou et l'endive qui lui tient lieu de premier ministre.

    Nous avons deux morts, ce ne seront pas les derniers. Les Français paient le prix de l'indécision de nos chefs. Ils ont voulu cette guerre, mais sans la faire comme il fallait. Il fallait envoyer des signaux, agiter des symboles. Nous avons le résultat.

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    1. @Koltchack: d'avis de militaires, on est s'est lancé , au Mali, dans un nouvel "afghanistan", enlisement garanti et morts à répétition. mais comme tu dis a peine la France a cru avoir nettoyé qu elle a freiné des 4 fers. Et bien non, ça ne marche pas comme cela. fallait faire le boulot à fond, mais, pépère...

      Quant au décès des 2 journalistes, je ne serais pas surpris qu on en découvre des choses sur les circonstances du drame.

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    2. Nous n'avons pas eu"deux morts"mais 6
      4 militaires français, qui, eux, n'ont pas eu les éloges et condoléances de la presse ( à relire dans Charlie hebdo, je crois qu'ils furent moqués par cette feuille de chou)
      Et deux journaloppes, prominenz, honneur du genre humain, crème de la crème, supérieur du supérieur, justes entre les justes
      Ils seront fait citoyens d'honneur de la ville de Paris, ou, moins bien, de Kidal

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    3. @Kobus: mais je ne doute pas que Delanoe dans sa grande bonté, reconnaissant, nous colle une plaque commémorative ou pourquoi pas une rue dédiée. Il le fait bien pour le tunisien qui se fait cramer dans son pays

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  2. Très facile de lancer un boomerang , lorsqu'on est doué on le rattrape facilement , lorsqu'on est arrivé à un stade de maladresse comme pépère on le prend en pleine face , j'ai entendu en voiture qu'il allait diligenter une enquête et que les coupables seraient sévèrement punis .La rançon n'a pas du être à la hauteur espéré par les ravisseurs..........ha non ! il n'a pas eu de rançon .

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    1. @Claude Herni: diligenter une enquête au mali et punir les auteurs ? Quels auteurs, Qui, ou ? Et le gogo d'applaudir des 2 mains. Et Fabius et Pépère de se congratuler de cette excellente décision: une enquête !

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  3. D'accord avec les autres coms sur cette guerre décidée et menée en dépit du bon sens...
    D'autre part, il avait été conseillé aux 2 victimes de ne pas se rendre à Kidal, la région étant trop dangereuse...je veux bien qu'ils aient eu le devoir d'information chevillé au corps mais de là à se croire invincibles...il me semble que les militaires sur le terrain savent un peu de quoi ils parlent et si ils refusent d'assurer cette protection, ils doivent avoir de bonnes raisons...

    http://www.dreuz.info/2013/11/mali-les-journalistes-de-rfi-tues-a-kidal-nont-pas-ete-cribles-de-balles-ce-quon-vous-dit-et-ce-quon-vous-cache/

    Ceci dit, je compatis à la douleur de ceux pour qui ils comptaient...

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    1. @nana: justement, à propos des militaires ( français , maliens ou onusiens), ils étaient où ? Voila une excellente question à laquelle l enquête diligentée devrait peut-etre répondre... Non, je déconne :)

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  4. "toutes les précautions en matière de sécurité avaient été prises", peut-on lire, mon cher Corto.
    Eh bien dites-moi, si elles n'avaient pas été prises on se demande ce que cela aurait pu donner ?

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    1. @marianne: oui toutes prises... ça mériterait qu on ri si les conséquences de certaines anomalies n'avaient pas été aussi dramatiques

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  5. fort probable que dans les mois à venir ou les années... la France paye cet engagement au Mali.. Les terroristes ne sont pas pressés.. Ce genre de truc était prévisible... assez facile à deviner lorsque chaque jour la France se met en position de faiblesse et le moment choisi par rapport au retour des otages ne peut que faire peur .. le message étant... vous voyez on maitrise et l'on fait ce que l'on veut de vous !!!!
    Hollande est un personnage dangereux sur bien des plans car comme tout bon socialiste il cède au moment présent sans réelle vision de l'avenir... Il faut dire qu'il est arrivé au pouvoir sans expérience ..

    Ceci dit les journalistes ont sans doute pris des risques mais peut-on les blamer ? ....par contre si l'armée les avait prévenus, elle aurait du aussi les bloquer mais la sacro sainte liberté de la presse en aurait pris un coup ..

    le discours d'Hollande et de Fabius sont risibles malheureusement ....

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    1. @Philz: Blâmer les 2 journalistes, certes pas. Maintenant, l'armée française avait refusé de les escorter car la zone jugée trop dangereuse. Fi de cet avertissement visiblement justifié, ils ont pris leurs responsabilité. Fin de l'histoire. Hélas.
      Quant à hollande, oser dire en février qu en intervenant la France payait sa dette, qu il n y a pas de risque d'enlisement... quelle preuve de manque de vision et de réalisme , c'est hallucinant!
      Quant à la "dette", il sembleraient que 2 journalistes en aient payé une part

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  6. la dette .... quelle dette ?

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  7. Parlons clair : le drame humain qui ne peut laisser insensible ne doit pas faire oublier que Ghislaine Dupont et Claude Verlon sont morts en raison de leur imprudence. Comme Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier qui, en Afghanistan, n’avaient pas tenu compte des mises en garde de l’armée française (infosdefense.com), ils furent pareillement prévenus des risques. Ils avaient demandé à la force Serval de les conduire à Kidal et ils avaient essuyé un refus doublement justifié :

    1) Parce que les groupes touareg s’y combattaient et que la situation y était totalement anarchique.

    2) Parce qu’il n’y avait qu’un effectif français insuffisant pour y garantir la sécurité. En raison de la saignée que subit l’armée française depuis plusieurs années, il avait en effet fallu dégarnir la zone pour pouvoir mener plus au sud l’opération Hydre. Or, la « pacification » du Mali exige d’occuper le terrain, ce que, faute de moyens en hommes et en matériel, nos troupes ont de plus en plus de mal à faire.

    Ghislaine Dupont et Claude Verlon ne sont cependant pas partis pour Kidal de leur propre initiative. Ils furent envoyés dans le nord du Mali par la direction de RFI. Comme le Code du travail fixe les obligations du chef d’entreprise à l’égard de ses collaborateurs, ils furent donc nécessairement informés des risques ; d’autant plus que le ministère des Affaires étrangères lui-même avait mis en garde contre un tel voyage.

    Au-delà de la tragédie humaine, l’assassinat des deux malheureux journalistes est le révélateur de l’échec malien où la parfaite réussite militaire de l’Opération Serval fut gâchée par le pouvoir politique français. Paris permit en effet à Bamako de « réoccuper » le nord Mali d’où son armée avait été chassée, sans exiger auparavant la mise en oeuvre d’une politique fédérale seule susceptible de pacifier le pays. Grands perdants du retour à la situation antérieure, tôt ou tard, en masse ou en petits groupes, seuls ou alliés à Aqmi, les Touareg reprendront donc les hostilités.

    Les responsables de ce naufrage sont ces idéologues qui gouvernent la France et qui, prisonniers de leur religion universaliste, refusent de voir qu’il est impossible de faire vivre dans un même Etat artificiel les agriculteurs noirs sédentaires du sud et les nomades berbères ou arabes du nord. D’autant plus que le contentieux les opposant s’inscrit dans la nuit des temps et que la variante africaine de la démocratie qu’ils proposent comme seule solution n’est qu’une ethno-mathématique donnant automatiquement le pouvoir aux plus nombreux, en l’occurrence les sudistes…

    Bernard Lugan 04/11/2013

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    1. @Koltchack: rien à jeter du constat fait par Lugan.

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