mercredi 4 décembre 2013

Le vieux caporal-chef


J'avais à déjeuner un personnage hors du commun. Peu importe les circonstances qui ont fait qu'il soit à ma table, il était là le vieux caporal-chef tout engoncé dans un vieux costume gris sans doute ressorti du placard pour l'occasion. Sur le revers du veston, il y avait le canapé rouge, une barrette jaune et un pin's des anciens de là-bas. Son épingle de cravate, c'était deux fusils en croix. Il avait mis une belle chemise blanche, un peu mitée au col; enfin blanche, plus vraiment. Tout dégingandé, le pas mal assuré, il a grimpé l'escalier et à peine entré a demandé un fauteuil, avant même de dire bonjour, un peu épuisé par les huit marches.

Il était là, donc, juste pour rencontrer un autre ancien. Je n'ai eu qu'à écouter et oser poser quelques questions.

Pas intimidé pour un sou, l'ancien, il a le bagout de ceux qui ont vécu, de ceux qui ont affronté la mitraille. Dans la cuvette, il était troupe de choc, parachutiste. Alors les pruneaux, il en a balancé à ceux d'en face autant qu'il en a reçu. Il y a laissé deux doigts et un œil d'ailleurs car des fois, qu'il nous a dit, les grenades pétaient un peu trop tôt. On a pris l'apéritif et il a commencé à nous raconter Dien Bien Phu. Son Indochine, sa guerre à lui, celle qu'il a fait pour la France, pas pour lui. Il nous a parlé des tranchées. Les mêmes qu'en 14, dis-je ? Les mêmes. Seules les pelles pour creuser étaient différentes, elles étaient plus larges. Mais dedans, il y pleuvait tout autant, il y faisait bien plus chaud. Chaud et moite, terriblement moite. Parfois, ça sentait très fort.

Comme si c'était hier, il nous a décrit les lieux et les collines environnantes qui toutes avaient un  prénom: Eliane, Béatrice ou Gabrielle... Il nous a raconté cet ennemi sournois et sans pitié, en guenilles mais combattant féroce, le VietMinh, qu'il n'a pourtant jamais réussi à détester. Il nous a raconté par le menu les 50 jours de combats acharnés qui précédèrent la chute et la reddition des troupes françaises. Il se souvenait du nom de tous ses copains, ceux qu'ont eu pas d'chance et qui sont tombés et ceux qui, comme lui, ne savent toujours pas pourquoi ils sont encore debout. Il nous a parlé de la chaleur, du sang, des cris et des larmes car voyez-vous, jeune homme, un soldat, ça pleure, souvent même. Ils nous a parlé des avions français, des Corsaires, des Dakotas et des B26, qui pilonnaient les positions ennemies et des bombes que le Viet, pas avare, leur balançait sans arrêt sur la tronche, s'cusez, madame, sur la tête. Il nous a dit aussi qu'un ou deux officiers français, effondrés par la défaite qui s'annonçait, avaient préféré se tirer une balle dans la tête; mais il nous a aussi raconté l'ardeur que tous, du rang ou de la haute, mettaient à se battre puisqu'ils étaient là pour ça. Il m'a parlé des infirmières, des anges, et des médecins, un peu bouchers ou charcutiers et des blessés que l'on ne pouvait pas faire autrement que de laisser mourir, parfois, non, souvent. Il m'a expliqué les nuits d'attente ou les quelques instants de calme où ils pouvaient rire, un peu, chanter, se reposer brièvement ou aller à la messe dite à la va-vite par un aumônier qui officiait derrière un autel fait de caisses de munitions ou de vivres. Tu sais, mon gars, ça bouillonnait dans la cuvette, y avait des cris, des rires, des blessés et des morts, forcément. L’ennemi était partout et se rapprochait chaque jour. On avait la pétoche mais c'était comme ça.

Il nous a raconté tout cela, c'était poignant et "criant" de vérité, forcément; mais le rôti en fut trop cuit. M'en excusant, pas grave, on a eu pire qu'il me répondit le vieux caporal-chef.

Aujourd'hui, le vieux caporal-chef se promène partout où on lui demande de venir témoigner tant que ses jambes arrivent encore à le porter, mais plus dans les écoles, la guerre, c'est plus de mode. Il y a peu, il a rendu visite à Geneviève, elle n'a pas l'air très en forme, elle est très fatiguée. Il va aux enterrements d'anciens, juste pour être aux côtés de ceux qui ne partent qu'aujourd'hui. La semaine dernière, ils étaient huit, seulement, dans une église pour rendre un dernier hommage à un comme lui, qui était là-bas. Faut dire que tout le monde s'en fout aujourd'hui, mon gars, on nous oublie. La France nous oublie...

Je ne pense pas que j'oublierai ce vieux caporal-chef de quatre vingt cinq ans. Il m'a ému, tout autant que le poème "de guerre" qu'il avait écrit la veille à mon attention. C'est mieux que d'offrir des fleurs quand on va chez les gens, n'est-ce pas ?

Dans cinq ans ou peut-être dix, plus personne ne pourra nous raconter tout cela de vive voix. Il faudra se fier aux écrits ou aux films et je vous le garantis, ça ne sera pas pareil.

Folie passagère 2030.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

37 commentaires:

  1. Merci Corto du fond du coeur .. un de mes oncles para a vécu cela..
    des hommes avec des tripes un coeur et une intelligence hors du commun faite d'engagements, de fraternité et de courage au service d'un pays . sans attendre ni merci ni reconnaissance d'une patrie bien lointaine

    notre pauvre pépère avec sa prostate a pale mine à côté

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Philz: mais de rien. Des hommes hors du commun avec un fond de gentillesse et d’humanité toute particulière comme on en rencontre peu.

      Quant a Pépère, hein, une lopette à côté :)

      Supprimer
  2. La France s'en fout parce que les régiments de la coloniale c'est le mal absolu pour les tas de connards qui nous gouvernent. Qui aujourd'hui parle des enculés de la CGT qui sabotaient les armes et munitions envoyées à nos soldats qui se battaient là-bas ?

    Qui aujourd'hui évoque ces véritables actes de trahison commis contre des compatriotes par des salopes qui préféraient leur idéologie aux liens sacrés qui unissent, normalement, les hommes d'un même peuple ?

    A gauche ? Silence total. Normal, on ne va pas dézinguer des copains de lutte.

    A droite ? Silence total. Normal, entre gens du même milieu il y a des choses qui ne se font pas. D'autant que ce qui sépare la gauche de la droite actuelle n'est pas plus épais qu'une feuille de papier à cigarette.

    Tiens, elle est où, dans le calendrier officiel des commémorations, celle de la fin de la guerre d'Indochine ? Nulle part. On fête le 11 novembre, le 8 mai, le 19 mars qui marqua la fin de la guerre d'Algérie, mais ceux d'Indo ils peuvent aller se faire voir. Déjà qu'on leur a volé leur libération des camps viets. Parce que les vidéos et photos qu'on peut voir montrent des hommes nourris à peu près normalement, à peu près vêtus correctement. Mais ce ne furent que quelques centaines. Le gros de la troupe fut lâché famélique, en haillons, fantômes semblables à ceux de Birkenau et qui durent subir la honte de la quarantaine, de l'épouillage, etc. Tout ça parce qu'il ne fallait pas montrer la vérité à une population qui n'aurait pas compris que le gouvernement de l'époque ait laissé faire sans rien dire, sans rien faire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bien pire encore http://corto74.blogspot.fr/2013/10/laurent-fabius-na-pas-fait-lindochine.html
      Une honte !
      Mon pays est foutu

      Supprimer
    2. @Koltchack: quand mon père sorti des camps viets, il pesait 47 kgs. A 88 ans aujourd’hui, il n a plus jamais remangé de riz depuis cette époque mais étonnamment, il n en veut pas aux viets, il y est même retourné.
      Par contre, oui, il en veut à la République française qui n a jamais été foutu d 'honorer correctement les anciens d indochine. Quel paradoxe !

      @Anonyme : Marguerite ? peut etre ? Que veux tu qu il sorte quelque chose de bien d un mec comme Fabius ? Rien .

      Supprimer
    3. Non ce n'est pas moi ! Marguerite

      Supprimer
    4. Étonnamment, pas vraiment. Lorsque des soldats d'armées différentes se font face, en dépit de l'horreur des combats, une sorte de respect mutuel s'installe, surtout lorsqu'ils lancent toutes leurs forces dans l'affrontement. Comment un soldat français pourrait-il nourrir quelque ressentiment face à des hommes qui partent au feu en guenilles, sous-armés, après avoir parcouru des centaines de kilomètres à pied avec pour seule nourriture un bol de riz et un peu de poisson les jours fastes ?

      Bigeard et Giap lorsqu'ils se retrouvèrent éprouvaient l'un pour l'autre une estime mutuelle.

      Supprimer
  3. Mon père était de la promo de "Ceux de Dien Bien Phu" il y avait eu un problème, les autorités refusaient d'appeler cette promo ainsi, ils acceptaient "Dien Bien Phu" mais pas cet hommage, reproche muet, à ceux qui ont sacrifié leurs vies à Dien Bien PHU.

    Je crois qu'ils ont pu porter le nom qu'ils avaient choisi, je n'en suis pas certaine, mais c'est ainsi qu'ils se nommaient entre eux.

    Si mon père avait raté le concours, il serait parti.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @lady watterlo: Mon père a réussi tous ses concours et il est parti :)
      Les autorités militaires et civiles ont toujours eu un pb avec DBP: défaite politique ou défaite militaire ? On en est encore la . mais comme le dis Koltchack, aujourd'hui, il n y a toujours pas de jour officiel de commémoration. C'est dire.

      Supprimer
    2. Défaite politique sans aucun doute. Dien Bien Phu n'était qu'une bataille perdue, celle de trop pour cette république imbécile qui préféra envoyer un général politiquement dans la ligne gouvernementale pour succéder à de Lattre de Tassigny, plutôt qu'un vrai combattant connaissant l'Indochine. Du coup, cette défaite servit de prétexte pour solder cette guerre. Qu'importe si des milliers de soldats y laissèrent la vie dans les camps et la grande marche. Il fallait ménager la gauche très active en métropole, elle qui fit tout pour travailler l'opinion, la persuadant qu'il s'agissait d'une sale guerre.

      « Il n'y a pas de places fortes imprenables lorsqu'on renonce à les secourir. Le camp retranché a fini par tomber, comme sont tombées, au cours de l'histoire, toutes les forteresses assiégées abandonnées à leur sort. »
      Général Yves Gras, Histoire de la guerre d'Indochine

      Supprimer
    3. Ton père n'était donc pas de cette promo là, honnêtement je crèverais de trouille si ce genre de guerre recommençait, les gens ne se rendent pas compte de l'enfer de ces guerres.

      En regardant l'émission sur Clémenceau, j'ai calculé que si je vivais un siècle plus tôt, j'aurais vu mes cinq fils partir ainsi que mes deux gendres... Je ne me suis peut être pas tant trompée de siècle en naissant plus tard, enfin je l'espère.

      Supprimer
  4. un de mes oncle, dans la légion, y avait laissé une jambe, après, dans l'OAS il était surnommé patte en buis, un caid ! il avait peur de rien le tonton ! je l'adorai et j'en avais peur parce qu'il disait que quand je serai grande il voulait m épouser....j'avais 10 ans quand il est revenu
    tu as vu aussi qu'un autre sacré bonhomme est mort aujourd'hui, le Général Aussarés, à qui ces grands courageux qui nous gouvernent avait retiré la légion d'honneur gagné au feu, c'était pour la remettre à des goualantes de la télé où du foot

    qu'il repose en paix

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Boutfil: Je n ai pas de sympathie particulière pour Aussaresses mais au moins avait-il eu le courage de reconnaître qu il avait utilisé les mêmes moyens que les fellaghs pour faire son boulot. Il doit, devait, être le seul a l avoir reconnu . la torture quelle horreur surtout quand elle est utilisée par l un des notres. Que l adversaire y recoure , rien d anormal !

      Supprimer
    2. Merde ! Un sacré bonhomme nous a quitté.

      Il a fait ce qu'il devait faire et n'a pas à en rougir. Quand un gouvernement confie à l'armée la tâche du maintien de l'ordre, il sait fort bien que la déontologie qui est celle des forces de l'ordre ne pourra pas être respectée. Surtout quand on a à livrer un combat asymétrique où l'ennemi sans uniforme, sans honneur, se fond dans la masse de la population pour commettre des attentats qui ne visent que des civils, indifféremment arabes comme européens.

      N'oublions pas que chaque jour Alger et les grandes villes d'Algérie étaient secouées par des attentats à la bombe : terrasses de cafés, rues commerçantes, transports en commun, etc. N'oublions pas que l'ennemi était mu par une idéologie qui le poussa à commettre de véritables massacres. On a oublié les massacres de Melouza (301 arabes massacrés à la hache et la pioche, 150 blessés), la nuit rouge de la soumam (150 arabes égorgés) , le massacre d'Oued-Amizour, le massacre de Béni Illmane (300 égorgés), etc. Sans parler des 6000 algériens de la métropole égorgés parce qu'ils refusaient de payer l'impôt révolutionnaire, ou qu'ils vivaient avec une française, ou soutenaient la France.

      Face à un tel ennemi, que faire ? Suivre la procédure ou bien faire ce qu'il faut pour arrêter ces assassins qui se parent du nom de soldats ?Et bien Aussaresses et quelques autres ont pris sur eux de faire ce qu'il fallait et cela marcha, non seulement la bataille d'Alger fut gagnée mais le FLN et l'ALN furent proprement décapités, chefs et sous-chefs de réseaux éliminés ou arrêtés. Tant et si bien que les négociateurs à Evian ne représentaient guère qu'eux-mêmes. Et c'est ainsi que la république, bonne fille, solda encore une fois tous ses acquis sans se soucier de ceux qu'elle abandonnait derrière elle.

      Les Hmongs en Indochine, les Harkis en Algérie connurent le même sort.

      Alors la torture à côté de l'indignité du régime, c'est une bluette.

      Supprimer
    3. @Koltchak91120 Vidéo sur les Hmongs qu'on a abandonnés. J'ai honte.

      http://www.youtube.com/watch?v=UJKmvw5wWj8

      Supprimer
    4. Vous ne devez pas avoir honte à la place de tous ceux qui en portent la responsabilité. Ce n'est pas la France qui est responsable de ces malheurs, c'est la république.

      Supprimer
    5. @Koltchack: Gilbert Collard a eu un bon mot a propos de Aussaresses hier: "On lui a remis la Légion d Honneur parce qu il avait fait ce qu on lui demandait de faire, on la lui a retiré parce qu il a dit ce qu il avait fait "

      Supprimer
    6. @Michelle: Pour l anecdote, Une partie des hmongs s'est retranché en Guyane française sur des terrains que lui a donné la République aux environs de 1975. Des terrains situés en pleine jungle amazonienne, bien sur, reculés sur le lieu-dit de Cacao. 20 ans plus tard, cette communauté hmong a force de travail est devenue le maraïcher de tout le département, ils exportent même un petit peu et Cacao est devenue une vraie petite ville.

      Supprimer
    7. @ koltchak91120 4 déc. 2013 23:37:00

      Entièrement d'accord avec vous.
      Et encore, les pires atrocités commises par les Français étaient-elles considérablement inférieures à ce qu'ils ont subi de la part, entre autres, des fellaghas.

      Ne pas oublier que la guerre "propre"dont on nous rebat les oreilles n'existe pas.
      Là, pire encore que la guerre, il s'agissait de boucherie et de tortures. Ces dernières, au nom de la "religion d'amour", et pas seulement pour une indépendance dont ils ne voulaient QUE les avantages. Comme on le voit encore aujourd'hui...

      Le pire étant que, après que nos courageux soldats aient gagné la guerre au prix de leur sang et bien trop souvent de leur vies (sans parler des dommages post-traumatiques !) nos gouvernants de l'époque (au premier rang desquels de Gaulle, injustement idolâtré depuis) ont abandonné cette victoire (et ceux qui l'avaient si chèrement obtenue) pour donner purement et simplement cette indépendance, assortie d'importants soutiens financiers !... De nos jours encore !

      Un de mes souhaits les plus chers est que, un jour, les historiens puissent enfin lever le voile sur les quelques preuves non encore détruites, dévoilant ainsi le côté masqué et sulfureux de ce prétendu grand homme.
      Certes, il a fait quelques grandes choses. Mais il en tant fait d'ignobles et de lâches (la guerre d'Algérie, la 2e guerre mondiale, les pillages, plagiats, et tant d'autres....).
      Mon père, maquisard de la première heure, a toujours dit de lui : "Il n'est grand que par la taille" et "Il mérite, dans tous les sens du terme, son grade de Général de DIVISION". Il va de soi que, pour avoir vécu la période immédiatement consécutive, j'ai eu connaissance de multiples autres faits ; depuis devenus tabous, et peut-être pour toujours ignorés tant les preuves détruites sont nombreuses. Malgré tout, j'espère qu'un jour la vérité éclatera.
      Ça ne vous rappelle pas quelqu’un d'autre ? Moi si ; au moins deux !

      Pour finir, un petit exemple du "courage gaullien", le plus récent :
      1968, ce n'est pas si loin. Du moins pour certains...
      Qui se rappelle la fuite de de Gaulle pendant les jours les plus chauds de mai ? Parti en hélicoptère on ne sait où (on a su, beaucoup plus tard, qu'il était en Suisse) et sans prévenir qui que que ce soit ? Même son Premier Ministre (Pompidou) ne le savait pas. Courageux ça ? Comme la précédente fuite "courageuse" à Londres ???

      Supprimer
  5. AVIS ! : Voila où nous en sommes : le billet sur la prostate à Pépère, c'est a cette heure, 517 "lecteurs", celui sur un ancien d'Indochine, c'est 211 ! y a un truc qui déconne chez nous.

    RépondreSupprimer
  6. Réponses
    1. @aristide: de rien tout le plaisir a été pour moi...que d écouter ce vieux caporal chef

      Supprimer
  7. une prostate contre des couilles ...

    rien ne va plus !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Eh oui ! Culbuto n'a plus la première et n'a jamais eu les secondes.
      Quelle hontitude pour pareille nullitude...

      Supprimer
  8. Merci Corto pour ce moment de vérité et d'émotion.

    RépondreSupprimer
  9. merci Corto.. en 1939, mon pére avait des sabots pour l'entrainement sportif à l'armée.. sont partis en guerre avec des bandes molletiéres et des fusils lebel, dit il..
    il a fait aussi l'indochine, et s'en est tiré avec un syndrome post traumatique...Il n'est jamais réellement revenu de la guerre..

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Anne: combien sont-ils dans ce cas ? Nul ne le sait !

      Supprimer
  10. Bonjour Corto,

    Sauf erreur de ma part, il me semble bien que le soldat que l'on voit sur l'image fixe de la vidéo est Hélie de Saint Marc, récemment disparu. Pour ceux qui ne le connaissent pas, je vous recommande la lecture de ses ouvrages et de sa biographie.
    Sur l'hypocrisie qui règne dans ce pays, le billet de Gilles Devers dit tout: "En 2001, le général avait publié un livre de souvenirs, Services Spéciaux Algérie 1955-1957, qui avait fait trembler la France. Il racontait comment, parce qu’il fallait des résultats, les ordres étaient de recourir à la torture et aux exécutions sommaires. Son livre, important, ne faisait en fait qu’apporter un témoignage de plus sur des crimes connus, exécutés sur ordre, et jamais jugés. La publication avait causé un tollé non par ce qu’apprenait le livre, mais parce le général expliquait que pour lui, dans le contexte, le recours à la torture était justifié. Bref, il lui était reproché de dire ce qu’il pensait." (http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/12/05/torture-pendant-la-guerre-d-algerie-la-ligne-rouge-c-est-pou-887273.html). Quoiqu'on puisse penser de l'action du Gal Aussarès, je ne crois pas qu'il ait obéi de bon cœur aux ordres du politique et je reste persuadé que si des circonstances identiques se représentaient, on glisserait rapidement, pour le bien ou le mal, vers des politiques identiques (l'actualité nationale nous offre des exemples en permanence au point d'en dégoûter certains agents des forces de l'ordre ou de la sphère judiciaire). Les ordres qui ont été donnés pour Serval ne soulèvent à ce sujet aucune ambiguïté, le chef de l'état ayant employé le terme de "destruction" de l'ennemi dans son ordre initial.
    A noter, pour ceux qui ne liront pas le billet, que la CEDH a condamné la France dans ce dossier.
    Sinon, sur cette hypocrisie institutionnelle, qu'attendre de mieux d'un pays qui, par exemple, a placé à sa tête pendant 14 ans un titulaire de la Francisque. Nos Tartuffe officiels avaient baissé pudiquement les yeux à l'époque et ce n'est là que l'exemple le plus flagrant.

    Bonne journée

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @H: "il lui était reproché de dire ce qu’il pensait" ou comme l a très bien dit Collard : " "On lui a remis la Légion d Honneur parce qu il avait fait ce qu on lui demandait de faire, on la lui a retiré parce qu il a dit ce qu il avait fait "

      Bonne journée

      Supprimer
    2. Remarque fort juste. Et qui dépeint bien la "moralité" de nos polytocards. Tous bords confondus !

      Supprimer
    3. Non, le soldat vu sur l'image fixe présentant la vidéo n'est Hélie de Saint Marc. Il s'agit d'un médecin militaire, du 1er ou 2ème BEP. Je ne me souviens plus de sons nom.

      Popeye

      Supprimer
  11. A lire:http://www.bvoltaire.fr/guillaumezeller/paul-aussaresses-aurait-pu-etre-un-heros-national,43501

    RépondreSupprimer
  12. Ces mémoires vivantes sont toujours émouvantes en ce qu' elles disent l' Histoire qu' on a l' habitude de lire.
    Je me souviens de mon voisin centenaire qui me racontait avoir vu défiler en 1917 un régiment d' écossais sur la Canebière, de retour des Dardanelles, et avant d' aller se faire casser la gueule dans les tranchées ... C' était la première fois qu' il voyait des hommes en jupe !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @lenonce: oui, et bien ces mémoires vivantes ne sont plus très nombreuses. Dans 20 ans, elles nous raconteront le Mali ou le Centrafrique.

      Supprimer
  13. Très beau texte, Corto!
    Il faut inlassablement rappeler ce que fut notre passé, contre les trucages et mensonges imposés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Michel Degranges: merci. Bien sur sauf que vient un jour où il n y a plus de vivants pour raconter les faits alors on se contentera de les interpréter et c'est là, généralement, que commencent les mensonges et les trucages.

      Supprimer

Les commentaires " anonyme " seront systématiquement rejetés. La modération des commentaires étant activée, leur parution peut prendre quelques temps. Les commentaires hors-sujet ne seront pas validés.

Vivre en Européen