mercredi 5 octobre 2011

Babu est mort, et je ne suis pas Babu


Vous en avez peut-être entendu parler: Rajinder Sing dit  " Babu " est mort, dans le métro, pour avoir pris la défense d'une personne que l'on agressait. Même Vallenain, même les ministres Mariani et Mitterrand en ont entendu parler. Le premier en a fait un billet hommage, les 2 autres en allant mettre des fleurs à l'endroit où...

En écoutant cette histoire, je me suis demandé si Babu n'avait pas été inconscient de réagir ainsi, courageux, téméraire ? S'il n'était pas intervenu, la jeune fille n'aurait plus de téléphone, pas grave, et Babu serait encore là. A-t-il eu raison d'intervenir? Sans doute. Et avec courage. Il est intervenu, peut-être n'a-t-il même pas réfléchi, peut-être s'est-il dit tout simplement: "J'y vais, merde, y en a marre de se laisser emmerder ".

Est-ce que cela en valait la peine ? Pour un téléphone ? La raison, la morale, l'altruisme, je ne sais, me disent que oui. La futilité de l'objet convoité me dit le contraire. Il est intervenu, seul, et il est mort. Le mec ordinaire est devenu un héros extraordinaire. Des témoignages de sympathie arrivent de partout. L'émotion se diffuse, compréhensible. Son acte ne nous dédouane-t-il pas de nos lâchetés passagères?

Peut-être bien que si les gens intervenaient plus souvent, les méchants seraient-ils découragés ou bien réfléchiraient-ils plus avant de commettre pareille connerie. Le problème, c'est que la réaction de Babu est tellement extraordinaire, au sens premier du mot, tellement rare qu'elle déclenche émotion et empathie. Nous n'intervenons jamais. Cela aussi est compréhensible: la peur, le pas de couilles, pas d'embrouilles, le manque de courage, pas envie d'y laisser la peau...

A y réfléchir, l'histoire de Babu me met mal à l'aise pour 2 raisons: il est mort. Pour un téléphone. Et je ne sais absolument pas comment j'aurai réagi en pareille situation.

Ou plutôt si. Je crains même de trop bien le savoir. Sans doute aurai-je regardé ailleurs. Comme la majorité d'entre nous, rajouterai-je, histoire de me dire que je ne suis pas le seul.

Folie passagère 856.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

19 commentaires:

  1. En même temps, mon cher Corto, sans vouloir minimiser en quoi que ce soit l'acte courageux de cet homme, il faut reconnaître qu'il a manqué de chance. Ce qui aurait pu n'être qu'un simple bagarre - son agresseur n'étant pas armé - lui a valu la mort car il a eu le malheur de tomber sur les rails et d'être électrocuté.
    Et quant à savoir ce que vous auriez fait en son lieu et place, nul ne peut le dire.
    Mais ce que je sais c'est que les gens qui interviennent dans ce genre de situations le font, pour la plupart, malgré eux et sans réfléchir du tout aux conséquences.

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  2. si les gens ne tournaient pas la tête, les voyous auraient moins de prises !! moi, dernièrement, j'ai failli casser la gueule à une voleuse, elle a eu peur, elle s'est taillée, en général, ils sont pas très courageux et s'il y a de la résistance, ils se barrent, mais les gens ne se rebellent pas, ils ont peur de se méler de ce qui ne les regardent pas, jusqu'au jour où c'est eux qui sont concernés..et là, ils trouvent que l'entourage est lâche...

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  3. Qu' aurais je fais ?

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  4. Si l'on suit ton raisonnement, cela signifie que les pickpocket peuvent continuer à voler des téléphones portables sans s'inquiéter car intervenir pour si peu n'en vaut pas la peine...
    Cela étant dit, je ne sais pas moi non plus comment j'aurais réagi à sa place.

    Par ailleurs, cette affaire pose une autre question qui n'est pas très débattue : celle de la sécurisation des quais ! Mourir électrocuté en tombant sur des rails, mais on se croirait dans les années 50 ma parole ! Si l'incident était arrivé sur la 13 où sont testées les portes palières, Babu serait certainement encore en vie...

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  5. @marianne: sans doute a -t-il agi par reflexe ou sans réagir mais il n a ni hésité, ni regardé ailleurs. ce que nous faisons quasiment tous.

    @boutfil: tu as raison... jusqu au jour où..;

    @grandpas: rien ou tout, comme moi ou comme lui.

    @Tambour major: Ce n est pas ce que je dis, je pose juste la question, j aimerai savoir ce que j aurai fait "pour si peu "
    Pour la sécuristaion, tu es a Toulouse ou personne ne peut se faire electrocuté compte tenu du système installé abvec les portes palières. A Paris, c'est autre chose, imagine le cout !! J ai lu qu il y avait "seulemen" une trentaine de personnes à mourir ainsi ds le metro parisien, electrocutées. pas suffisant, qui plus est vu le nombre de voyageur, pour faire les travaux d'aménagement.

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  6. Mais j'imagine parfaitement le coût : environ très beaucoup, voire faramineux ! Mais qu'on me dise alors quel est le prix d'une vie humaine...

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  7. @tambour major: Pour moi aucun prix ! Pour les tribunaux, ça se chiffre en fonction du boulot que tu as , des sous que tu n'aura pas gagné parce que entre temps t'es mort,le nombre d'enfants, ton niveau d'étude etc, etc, etc... Un barême existe et c'est sur sa base qu on établit par exemple les indemnités pour quelqu'un emprisonné à tort, ou pour dédommager une épouse ( ou un mari) lorsqu'il décède par la faute d'autrui: son employeur par exemple.

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  8. Deux lignes sont équipés de barrière avec portes, la 14 et la 1.

    Il y a des stations plus dangereuses que d'autres comme La Motte Piquet Grenelle correspondance entre la 8 et la 10, le quai est très étroit.

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  9. Est-il vrai que la femme agressée et défendue par cet homme courageux n'a pas daigné rester sur place et témoigner ?
    Si c'est vrai, c'est la dernière des dernières.

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  10. @carine: je n en sais strictement rien et n ai rien lu de tel. Si c'était le cas, oui en effet, ce serait lamentable.

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  11. Nul ne sait comment il réagirait en pareilles circonstances. Inutile de se torturer avec ça.

    Paix à son âme.

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  12. Disons que si c'était l'autre qui était mort sur la voie à l'issue de cette altercation, Babu serait en prison ; vivant mais en prison.

    Intervenir est extrêmement risqué dans ce genre de situation. On ne sait jamais comment cela peut tourner et il faut garder à l'esprit que l'on risque être obligé de faire des trucs répréhensibles.

    Ce qui m'étonne toujours dans ces faits divers c'est le manque de solidarité. Si trois ou quatre types (ou toute une rame le cas échéant) avaient bougés au-lieu d'un seul, le mec se serait tiré en quatrième vitesse sans demander son reste ; fin de l'histoire.

    Perso, je ne pense pas que je serais intervenu, sauf peut-être si le voleur avait commencé à malmener physiquement sa proie. Et encore, en situation on a plus d'éléments, il y a cinquante-mille façons de faire suivant les circonstances, comme tirer tout connement l'alarme par exemple si ça dégénère...

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  13. Le jour du quatorze juillet, je reste dans mon lit douillet..., il y est également question de voleur de pomme. Oups, c'était pas le moment ! Aïe, pas la tête !

    Amicalement.
    Al.

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  14. @ Didier
    Je ne pense pas qu'il faille attendre qu'un voleur commence à malmener sa proie pour intervenir.
    Je pense que dans le métro on doit intervenir à tout bout de champ, dès que quelque chose paraît anormal.
    Ainsi je me souviens de ces quelques jeunes gens assis, dont l'un avait les pieds sur la banquette.
    Je m'assois à côté de lui. Je lui tapote sur le soulier et je lui dis : "Est-ce que chez votre maman, vous mettez ainsi les pieds sur le canapé ?
    - Non, me répond-il.
    Et les autres :
    -Si, si, madame, il les met !"
    A partir de là, on a discuté, on s'est bien amusés... le jeune homme a enlevé les pieds de la banquette, il en a même essuyé la poussière, et le voyage a paru très court.
    Tout cela pour dire que je pense que dans le métro, les gens ne sont pas suffisamment attentifs à ce qui se passe autour d'eux.
    Si c'était le cas, bien des voyous hésiteraient à passer à l'acte.

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  15. @lo: nul ne sait effectivement mais j aimerai bien savoir...

    @didier: pour la prison, c'est possible en effet. Après, le manque de solidarité est à la hauteur de la peur que l on a de ne pas avoir d'embrouilles ou de ne pas prendre un coup. C'est ainsi.

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  16. @marianne: vous êtes tombés sur des gentils ! et heureusement, tant mieux pour la suite de ce voyage devenu agréable. Pas attentifs ? au contraire, je crois que les gens sont très attentifs ds le métro, en tout cas parisien. Et en cas d'incident, tt le monde aux abris, trop rares sont ceux qui interviennent.

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  17. Sachez, mon cher Corto, que cela fait des années que je me mêle de ce qui ne me regarde pas.
    On m'a promis vingt fois qu'un de ces jours il allait m'arriver malheur.
    Conclusion : ou bien je tombe toujours sur des gentils - ce dont je doute - ou bien j'ai la manière, ce qu'il me plaît de croire.
    Vous voulez un autre exemple, entre mille ?
    Un jour devant mon magasin une "bande de jeunes" se battait à coups de poing et coups de pied.
    Plus aucune cliente n'entrait dans le magasin.
    Ma vendeuse avait déjà décroché le téléphone pour appeler la police.
    Je lui dis d'attendre. Je sors, je vais vers eux, et je leur dis : "Dites donc, les enfants, vous ne pourriez pas aller jouer un peu plus loin parce que là, vous nous empêchez de travailler !"
    Ils se sont arrêtés net, m'ont regardée et sont partis se battre plus loin.

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  18. @marianne: Sachez , chère Marianne, que si vous vous mêlâtes (?) moins de ce qui ne vous regarde pas, vous seriez nettement moins intéressante.:)

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L’église byzantine Saint-Louis de Paimbœuf, en Loire-Atlantique