vendredi 14 octobre 2011

Catéchisme et homophobie


Pour souhaiter la bienvenue à Luc Ferry dans ma blogroll, je vais faire un honteux copié-collé du dernier billet écrit par icelui dans son blog tout beau, tout neuf. Et cela tombe bien, il parle de catéchisme, d'homosexualité, d'homophobie et de cette fameuse théorie du genre.

" Mercredi 12 octobre, je suis invité par mon amie, la députée Marie-Jo Zimmermann qui préside la commission du droit des femmes de l’Assemblée nationale, à m’exprimer sur la polémique soulevée par les manuels scolaires qui évoquaient une différence entre le « sexe biologique » et « l’orientation sexuelle »: en clair, on peut être homme et aimer les hommes, femme et aimer les femmes. Une pétition signée par quatre-vingt députés et largement inspirée par les associations catholiques a été adressée au ministre Chatel. Pour la comprendre en profondeur, il n’est pas inutile de lire ce que le Catéchisme officiel (§ 2357, éditions Centurion, l998) écrit sur l’homosexualité : « S’appuyant sur la Sainte Ecriture qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que ‘les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés’. Ils sont contraires à la loi naturelle…Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présentent des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils ne choisissent pas leur condition homosexuelle… On évitera à leur égard toute discrimination injuste…Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. »

L’idée qui domine la doctrine de l’Eglise, c’est qu’il existe un ordre naturel – ce que les Grecs nommaient un « cosmos » – une organisation harmonieuse et bonne de la création dans son ensemble. Tout ce qui vient troubler ce bel agencement, donc tout ce qui est contraire à la « loi naturelle » et relève du « désordre », est mauvais. En quoi la nature n’est pas seulement considérée ici comme une donnée de fait, mais comme une norme morale. Or il faut bien noter que, par delà même l’homophobie manifeste qu’implique cette vision du monde, toute la pensée démocratique s’est construite à l’opposé de ce naturalisme. Ce qui marque la naissance de l’humanisme moderne, c’est justement la conviction que la nature est tout sauf une norme morale, que l’éthique et la politique républicaines, comme du reste la médecine, se constituent justement dans une lutte acharnée contre la logique brutale qui règne dans la nature. Rien de plus naturel que la sélection des plus faibles, rien de plus naturel qu’un virus mortel ou un tsunami et, pourtant, quoi de plus détestable ? "

Le naturalisme et l'homophobie, par Luc Ferry.

J'aime bien Luc Ferry. Il est plein de bon sens. Et ça nous change de ces primaires citoyennes socialistes. N'est-il pas ?

Folie passagère 872.

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

18 commentaires:

  1. Vous avez raison, mon cher Corto, de revenir à votre "coeur de cible".
    On en avait tout à fait assez des deux impétrants.
    J'avais lu ce billet de Luc Ferry qui se réfère à un catéchisme déjà vieux.
    Je dis cela parce qu'à l'occasion du carême à Notre-Dame j'avais entendu une homélie concernant l'homosexualité et l'attitude que l'Eglise prônait face aux homosexuels qui n'avait rien à voir avec les préconisations du catéchisme de Rome.

    RépondreSupprimer
  2. @marianne: vieux ce catechisme ? 1998 ? la dernière version n aurait guère évolué selon un ami.
    Je ne sais pas ce que prone l 'eglise ( quelle différence avec Rome ? ) ce que je sais c'est l'interprétation ou l'acquisition qu'en font les cathos qu'il m ait donné de cotoyer. Et je peux vous garantir qu'ils n ont pas évolué question homosexualité. Position que je pourrai résumé à: "ce sont nos frères, ils vivent ds le pêché et dans l'a-normalité, seuls leurs actes et leurs pratiques sont condamnables. Qu'ils soient homos, okay, mais pas touche au sexe,etc... " et encore je ne cite pas tout

    RépondreSupprimer
  3. Luc Ferry ne dit pas que des conneries.

    Pour l'homophobie, elle est présent partout même là où on ne pense pas la voir.

    RépondreSupprimer
  4. Oui, ce genre de raisonnement existe et existera toujours, mon cher Corto.
    Mais il y a d'autres religieux qui se penchent sur le problème et ont un regard différent. J'en suis certaine. C'est de ceux-là qu'il faut parler et non des autres.

    RépondreSupprimer
  5. @grandpas: je sais même d'expérience que l 'homophobie habite même des gens qui se croient non-homophobes. On le découvre en fouillant, en cherchant, en les faisant discuter. Et pis, paf, tu découvres que cette homophobie se loge "partout même là où on ne pense pas la voir. "

    @marianne: qu'il y ait des religieux plus "ouvert" , possible mais où sont-ils ? quel poids ont-ils ? pour le moment, aucun

    RépondreSupprimer
  6. Bonsoir au Maître des Clés,
    Bonsoir à toutes et à tous,

    Il est difficile de s’opposer frontalement à Monsieur Ferry dans sa dénonciation du naturalisme catholique. Tout au plus, pourrait-on lui rappeler qu’il s’agit davantage d’un prédéterminisme et que celui-ci est loin d’être l’exclusivité de l’Eglise.

    Monsieur Ferry affirme finalement que l’Homme est un être moral avant tout et que, partant, il se construit selon ses choix et son histoire, non en fonction de sa seule physiologie.
    Mais Monsieur Ferry affirme aussi la dualité incontournable de l’être humain. Naissant imaginatif et fusionnel, il se découvre consensuel et bien plus individualiste à mesure que les détenteurs de l’autorité qui l’entourent lui apprennent que l’autre est là, que la nature est là. Il en déduit cette dualité de l’homme qui ne peut que s’opposer, homme contre nature ou encore raison contre religion.

    Pourtant, il existe un vivre ensemble sans dualité. Il est possible de vivre selon une éthique, un choix, sans jamais se soumettre à une morale, un dogme, et l’on aurait envie de lui dire que la spiritualité laïque n’est pas un oxymore.

    Mettre ainsi en avant la dualité est très occidental et Monsieur Ferry n’échappe pas à cette distorsion de la définition du vivre ensemble. La recherche et l’accomplissement dans la lutte envers l’ennemi commun fluctuant selon les âges n’est pas une fin. Il est possible d’être non-dual et simplement d’insérer sa singularité au centre de celle des autres.

    L’exemple est ici la religion catholique et le dogme de la perfection chrétienne ne parvient pas à s’accommoder de la singularité.

    Personnellement je ne cherche pas à devenir plus libre et, moins encore, plus tolérant. Je me contente de me dire chaque matin que tout être humain est singulier et que c’est très bien ainsi.

    Bien à vous.

    RépondreSupprimer
  7. Vive l'insomnie mais ça fatigue au bout d'un moment.

    Good morning Corto,

    Excellent commentaire de LoC (le Cerbère de la Porte).

    Au sujet de l'homophobie, elle a ses strates comme ce que l'on nomme le racisme.

    Combine de personnes ne se disent pas racistes mais font la gueule quand leur enfant arrive une personne au teint foncé voit très noir.

    je me souviens de ma mère quand je suis venu avec une amie qui n'était point européenne; dans ce cas une japonaise.On ne peut pas dire qu'elle sauta de joie au plafond mais ne lui fit pas le gueule non plus mais demanda si je comptais l'épouser.

    Elle s'habitua à mes goûts exotiques en matière de dame, se fit elle une raison , je ne pense pas car la seule demoiselle que était une fille bien de chez nous, elle la détesta.

    Je pense que les personnes ne se disant pas homophobes, ne serait peut être joyeux si l'un de leur enfant vivait avec un personne du même sexe.

    Quant à moi, je t'ai évoqué le cas de l'amie de ma fille qu'elle voit toujours, je l'ai laissée choisir.

    Pour les autres enfants, aurais je la même réaction, je dois avouer que je n'en sais rien, j'agirais selon ma conscience du moment peut être qu'avec l'âge on devient moins tolérant.

    Les homosexuels souvent des hommes que j'ai rencontrés, ne désiraient qu'une seule chose: vivre en paix comme tout à chacun.

    Petite anecdote, un de mes témoins pour mon mariage était homosexuel, c'était mon meilleur pote.Il vivait avec un bel homme et m'invita chez lui avec madame et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

    Il sépara quelques temps plus tard de son chéri: comme dans tous les couples,un jour il m'annonça qu'il allait se marier malgré mon avis sur le mariage gay, je lui proposait d' être son témoin (c'était mon pote) même si l'union devait se faire à l'étranger.

    Il y eut un silence de sa part et ensuite me répondit que l'élu était une dame.

    J' ai failli avoir une attaque et ma réponse fut à la hauteur de mon étonnement et certainement très conne: "Merde mais pourquoi une femme";je ne fus point invité aux noces et la dame lui interdit de continuer à me voir.

    Décidément, on ne peut faire confiance à personne.

    Pour terminer, je vis l'élue un jour par hasard, mon Dieu qu'elle était moche et vieille, je n'ai toujours pas compris ce virage à 360°.

    Je pense que tu vas regarder le match, moi j’amène le petiot(Etienne) chez le toubib.

    Bonne journée.

    RépondreSupprimer
  8. @loc: quel com !
    "il se construit selon ses choix et son histoire" si par là tu inclus la pression sociale et familiale, je suis d'accord.

    "il se découvre consensuel et bien plus individualiste " n'est-ce pas paradoxal ?

    "Raison contre religion", ce pourrait sauf que le croyant te dira qu'il a raison, qu'il détient la Vérité ( cf: en verité je vous le dis...), et "l'infidèle" aura toutes les raisons du monde pour dénier à la religion ses supposées vérités.

    "sans jamais se soumettre à une morale" cela me semble impossible, dès lors que l'on appartient à un groupe, une idéologie ou une spiritualité, on épouse forcément la "morale " qui va avec, non ?

    Si l'on parle dans le cas de l'homosexualité de singularité, n'est-ce pas reconnaitre d'office que celle-ci n'est pas "normale" puisque singulière. On justifierait ainsi la position de l'Eglise

    Donc ton com est excellent, comme d'hab, je le reconnais sauf qu'il soulève plus de question qu'il n'en résout :)
    Bon week end a toi!

    RépondreSupprimer
  9. @grandpas, Ave !

    Dès lors qu'il s'agit d'intimité et à fortiori de sexualité, je ne fais confiance à personne. L'intimité n'est pas "digne" de confiance tant elle est le lieu de nos émotions, de nos sentiments, de nos contradictions, de nos engagements. Selon moi, ce qui se passe dans l'intimité ne peut etre rationnelle car ce qui s'y passe est par trop soumis aux sentiments. Tu me suis ?

    que le p'tit Etienne se porte bien !
    bonne journée

    RépondreSupprimer
  10. Corto,

    Je te suis parfaitement, feu ma mère me disait:" Là où l'amour se pose la merde ressemble à de la rose"; mais des fois quand même!

    Le petiot va bien et si tu as du pot-au-feu qui te reste sur les bras, pas de problème la bestiole le mangera et te videra ton frigo plus vite que tu ne le rempli.

    A 15 ans l'animal mesure près 1m90 et pèse 115 kgs , c'est simple quand je le dispute, je en suis plus crédible.

    RépondreSupprimer
  11. Cher Maître des Clés,

    Ne soyez pas surpris, qu'en parlant de construction de soi, je ne donne aucune réponse. La raison en est simple : je n'en ai pas. Elles appartiennent à chacun.

    Le voyage importe bien souvent davantage que la destination.

    Bien à vous et excellent week end également

    RépondreSupprimer
  12. @ Corto : "ce pourrait sauf que le croyant te dira qu'il a raison, qu'il détient la Vérité ( cf: en verité je vous le dis...)", je suis assez d'accord. Mais comme le suggère Marianne, l'Église évolue je crois, sur le terrain probablement davantage qu'au sommet -mais c'est là le "problème" de l'Église elle-même, avec son hégémonisme et sa construction pyramidale.

    Pour en revenir aux Écritures, certes l'Église les a toujours étudiées sous un certain angle, il est possible qu'elle continue ainsi, longtemps, mais je vous paye mon billet qu'Elles n'ont pas fini de nous révéler leur infinie modernité. Et Dieu ne nous a pas envoyé Son Fils pour nous apprendre à marcher droit. Cela, ce sont les frileux dont la foi est si fragile qu'elle a besoin de règles pour s'assurer d'être dans le droit chemin qui le disent. Le pasteur laisse son troupeau pour aller chercher la brebis égarée. Il ne l'abandonne pas. Le père accueille l'enfant prodigue, heureux de le retrouver. Il ne le juge pas.

    Merci pour ce billet, cependant.

    Amicalement.
    Al.

    RépondreSupprimer
  13. @al west: tu me permettras de ne pas être d'accord avec toi :) quant à la modernité des Ecritures, j'entends souvent cela mais ne peux consentir. Il y a un tel décalage entre les écritures, les croyants ( religieux ou laïcs ) et l'évolution de la société. Et j'ai comme l'impression, je ne suis pas spécialiste, d'assister à un repli de l'Eglise sur ses traditions plutot qu une ouverture à la modernité.

    RépondreSupprimer
  14. Tu quoque Corto74 !

    Non que l'espace manque ici, mais je crains que l'interface doigt(s ?)/clavier ne me permette pas sur le champ et à brûle-pourpoint de maintenir la controverse. Mais je rêve d'une vraie rencontre, à l'west ou ailleurs, pour te dire le contraire.

    Bien amicalement.
    Al.

    RépondreSupprimer
  15. J'aime bien ces discussions qui ne mènent à rien. :D

    Plus sérieusement, pour ne serait-ce que comprendre les différents point de vue, tous respectables, il faut admettre chaque cheminement spécifique. Mais qui a envie de s'embarrasser des pensées des autres alors qu'il a déjà tant de mal a organiser la sienne?

    Chaque forme de pouvoir essaie d'imposer une sorte d'uniformité pour son propre confort. Le problème est qu'elle passe systématiquement par la case dominant/dominé. Imposer une idée dominante crée automatiquement la discorde, quoi de plus facile que d'arriver alors en sauveur de cette triste humanité. Rien n'est ainsi résolu sinon quelque ego.

    L'humain naît seulement mécaniquement opérationnel. Après on y met dedans ce que l'on veut... :)

    RépondreSupprimer
  16. @didier: "L'humain naît seulement mécaniquement opérationnel. Après on y met dedans ce que l'on veut." Ce pourrait presque être une excellente introduction de la théorie du genre !

    RépondreSupprimer
  17. Corto,
    c'est exactement ça. Ou du-moins on en est là des connaissances. C'est-à-dire pas très loin. Après, faut aller chercher du côté des théologiens et des saintes écritures. Du côté de ceux qui sont capables de faire avaler tout et n'importe-quoi à un maximum de gens en ne prenant aucun risque qu'ils réclament de quelconques preuves. Et si ils font des réclamations, on leur sort St Thomas et le problème est réglé.

    Luc Ferry est un philosophe bien dans son temps, particulier mais aux idées très contemporaines. Ils sont nombreux aujourd'hui à vouloir sortir la philo de son carcan pour la rendre conséquente, active et utile. On ne sait plus trop si c'est de la philo ou de la sociologie ni de la théologie ou de la psychologie mais bon, pourquoi-pas.
    De plus, l'intellectualisation accrue ces dernières décennies rend les gens plus perméables à ces mécanismes de la pensée, certainement un excellent fond de commerce et surtout un moyen de ne pas laisser sombrer les esprits dans l'obscurantisme du fait religieux ou autres communautarismes. On comprend ainsi mieux la façon pour Luc Ferry de ménager la chèvre et le chou dans cet article sur ce sujet épineux.

    Parce-que le fond de la question est de savoir si la religion catholique est non-seulement homophobe mais propage également l'homophobie en prodiguant un enseignement récriminateur. Il nous explique le pourquoi du comment certains pensent (ou devraient penser) autrement, en particulier les chrétiens et à-fortiori les catholiques. Le hic est que les cathos sont finalement bien plus tolérants et beaucoup moins homophobes que d'autres, dogmatisés ou non, malgré cette éducation que certains trouvent trop orientée.

    Je veux bien croire que cette théorie du genre pose un problème puisqu'elle vient en parallèle de l'éducation religieuse qui, elle, était enseignée bien avant. On comprend qu'un gamin qui suivrait aussi assidûment le catéchisme que ses cours de SVT finirait par ne plus trop savoir à quel saint se vouer. Mais je ne crois pas une seconde que la théorie de M. Ferry puisse l'aider à y voir plus clair... :)

    RépondreSupprimer
  18. @didier; ton com est quasi parfait. Je reviens sur un point sur lequel j ai quelque avis "autorisé".
    tu écris : "la question est de savoir si la religion catholique est non-seulement homophobe mais propage également l'homophobie" Selon le curé du coin et des pros de la chose religieuse (cathos) de ma connaissance, l'Eglise catholique ne condamne nullement l'homosexualité. les homos sont leurs "frères en Jésus Christ ( belle hypocrisie), simplement égarés dans une a-normalité, et à ce titre, ils se doivent de les accepter. Cependant, leurs comportements (sous entendu sexuels) sont à l'opposé de la volonté divine puisque non naturels et non destinés à la "reproduction", ils sont donc condamnables car non-conformes, par faiblesse, aux desseins de Dieu.

    Tu noteras donc le truc: frères en JC mais condamnables... Il est donc recommandé à ces brebis égarées de faire abstinence, ils prouveront par la même leur volonté de ne pas céder à la tentation de la chair.

    Bref,ce que disent les cathos de l homosexualité est conforme à l'enseignement de JC, donc l 4eglise et ses fidèles ne peuvent être homophobes et ne peuvent donc pas participer à un prosélytisme anti-homo !

    Si c'est pas machiavelique et hypocrite !

    RépondreSupprimer

Les commentaires " anonyme " seront systématiquement rejetés. La modération des commentaires étant activée, leur parution peut prendre quelques temps. Les commentaires hors-sujet ne seront pas validés.

Les larmes du drapeau - FTP