mercredi 26 octobre 2011

L'Euro, c'est la guerre !


" Dans l’Histoire, deux fédérations ont réussi à imposer une monnaie unique à des Etats : L’Allemagne de Bismarck (avec le reichmark) et les États-Unis (le dollar). Ces fédérations affichaient une volonté implacable de protéger leurs frontières économiques pour consolider leur monnaie. Et elles y sont parvenues par la guerre : la bataille de Sadowa contre l’Autriche en 1866 puis la victoire contre la France en 1870 pour l’Allemagne, la guerre de Sécession (1860-1865) pour les USA. Remarquons dans ce dernier cas que ce qui opposait avant tout les Etats du nord aux confédérés du sud était bien plus la question du protectionnisme que celle de l’esclavage. Au terme du conflit entre le nord protectionniste et le sud libre-échangiste, le premier imposa sa vision des choses par les armes.

Ce qui se joue aujourd’hui avec l’euro devrait nous rappeler ces événements. Or, la monnaie unique européenne est-elle attachée à un Etat fort comme pouvaient l’être l’Allemagne de Bismarck ou les USA de Lincoln ? A l’évidence non. La zone euro ne possède aucune des prérogatives d’un Etat, pas même le contrôle de sa banque centrale. L’Euroland protège-t-il son marché intérieur comme le faisaient l’Allemagne ou les USA au XIXe siècle ? Encore moins. On peut même avancer sans coup férir que l’euro est une construction politique complètement dédiée à l’idéologie libérale libre-échangiste. Plus qu’une monnaie, l’euro est une idéologie. L’euroland n’est pas plus en mesure d’harmoniser la fiscalité et le développement économique d’États complètement hétérogènes.

L’euro a-t-il une chance de se maintenir ? Sur ses bases actuelles, certainement pas. Sa fin est consommée. Sur d’autres fondements, peut-être. Lesquels ? Un gouvernement fédéral de l’Europe considérablement renforcé dans toutes ses prérogatives, y compris fiscales, et une volonté farouche de réindustrialiser l’Euroland en protégeant ses frontières externes. Au passage, rappelons que 80 % des exportations allemandes qu’on nous vante tant s’effectuent à l’intérieur de la zone euro et que si la France redressait sa balance commerciale comme le fait l’Allemagne, il lui faudrait trouver des débouchés pour ses exportations car tout le monde ne peut pas être unilatéralement exportateur ! Cela serait sans doute possible par l’imposition d’un régime d’autorité technocratique au mépris de la souveraineté des peuples européens. La BCE + l’OTAN, en quelque sorte.

Un jour prochain, on verra peut-être des chars de l’Otan entrer dans Athènes, Lisbonne… ou Paris pour réprimer les soulèvements populaires contre les mesures imposées par Francfort. La zone rouble s’est ainsi maintenue pendant 70 ans grâce à l’appui des chars du pacte de Varsovie qui faisaient régner l’ordre à Prague ou à Budapest.

Il y a cinquante ans, on nous promettait l’Europe pour qu’il n’y ait plus la guerre entre les peuples. Demain, on fera peut-être la guerre aux peuples pour leur imposer l’euro. Et il est malheureusement probable que l’Allemagne y joue encore un rôle encore central et funeste. "

Xavier Théry pour Causeur (octobre 2011), " Le Reichmark nouveau est arrivé ! ".


D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

23 commentaires:

  1. @bembelly: crois-tu ? je trouve ce texte au contraire très intelligent, très réaliste. L'Histoire, toujours se remémorer l'Histoire

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  2. Que de lucidité dans ce texte plein de bon sens.
    J'espère que l'euro sombrera avant que les chars de l'OTAN ou d'ailleurs ne viennent nous écraser.

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  3. @elie marie: moi, je vois les choses différemment mais avec embarras. Je sais l euro être devenu indispensable mais ce qu il faudrait faire pour le rendre solide, incontournable et compétitif, outil de développement plutôt que de contraintes ne me convient pas du tout du tout. Le fédéralisme nécessaire à la survie de l euro , c’est la mort de chaque identité nationale, de chaque souveraineté. Et là je coince

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  4. C'est du joli ! alors que votre champion s'est
    décarcassé toute la journée avec Mme Merkel pour
    conserver à la France son tiple A, voilà que vous faites paraitre le texte d'un Eurosceptique que
    n'oserait même pas produire Mr Mélenchon. En tout
    cas, s'il venait ici tenir de tels propos, j'ai
    comme dans l'idée qu'il se ferait sortir à coups
    de manches à balais.
    Bon ben il vous reste plus qu'à voter Marine
    puisque vous avez bobo à votre identité nationale. Olive

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  5. @olive: mais ce texte n a rien avoir avec les élucubrations de la Méluche ! Et ou est le rapport avec la Marine, je ne vois pas. Non , sur ce coup ma , loupé Olive , ça ne marche pas.

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  6. ZOT trop bouffé de champignons :-D
    A tout bientot
    JC

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  7. Cela va être dur, mon cher Corto, de soigner mon insomnie avec ce texte, qui, hélas, sonne juste.

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  8. Rien à voir ?
    Mélenchon évoque de façon répétitive de la brutalité
    et des ravages de l'Europe du libre-échange ou
    chaque pays peut venir spéculer comme il l'entend.
    Mais lui ne se contente pas de constats larmoyants,
    il propose des solutions.
    Après, qu'on soit pas d'accord, c'est autre chose
    et je respecte.

    Ce qu'on est entrain de nous faire vivre chaque
    heure avec cette communication obsessionnelle
    sur la crise, la dette, l'obligation de tailler
    dans les budgets publics, c'est pour moi ni plus
    ni moins que la stratégie du choc. Et ne venez pas medire que j'évoque un quelconque complot, les
    faits parlent d'eux-même . Ce matin, j'apprends
    qu'une augmentation de la TVA est prévue.

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  9. Quand je disais que l' €uro nous amènerait que des ennuis, je me faisais traiter de nationaliste réactionnaire.

    Apparemment, je n'étais pas loin du résultat pour un nationaliste réactionnaire bas de plafond, je n'étais pas si mauvais.

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  10. @Jean charles rey: des hallus ?

    @marianne: c'est au moins un mal dont je ne souffre pas :)

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  11. "ce qui nous arrive n'est jamais ce que l'on attend ni ce que l'on espère.... l’histoire se répète-t-elle ? Jamais sous la même forme. Quand au nationalisme exacerbé par la (les) crises qui sous tend ce billet, je n'en parlerai pas pour ne pas être désagréable. je ne voudrais pas de nouveau te blesser dans tes croyances...

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  12. @grandpas: bien sur que tout cela était finalement prévisible (et pas tt a fait d accord avec toi, l 'euro n a pas apporté que des ennuis). Mais maintenant on fait quoi ?

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  13. @GDC: Je vais essayer de te rassurer: je n ai rien d un nationaliste, ça c'est de la lutte d'arrière -garde. Ce texte ne fait que constater la difficulté ds laquelle nous nous sommes mis tout seul. De grandes ambitions sans les moyens de la réussite. L'euro s'est fait sans un veritable assentiment des peuples. maintenat il est là, faut faire avec et ce serait Mélanchonnades ou Marinades que de croire que l on peut revenir en arrière

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  14. Il me semble, mon cher Corto, qu'il serait grand temps que les peuples d'Europe soient consultés, tous ensemble et le même jour, pour qu'enfin on en ait le coeur net, et qu'on sache à quelle sauce ils choisissent d'être mangés.

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  15. @marianne: pkoi pas mais pour leur demander quoi aux peuples ? S'ils veulent plus de fédéralisme ? Plus de centralisation tehnocratique à Bruxellles ? etc... Il y a fort a parier qu'une consultation par les temps qui courent serait vouée à un résulta evident: un rejet franc et massif du Machin. Et là, bonjour les dégats !
    Donc, il n y aura pas de consultation, il est trop tard pour cela.

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  16. "Réindustrialiser en protégeant les frontières
    externes". Ce n'est pas moi qui le dit c'est l'auteur de ce texte.
    Et à cet égard, j'ai été très impressionné par
    la prise de position d'Arnaud Montebourg, le seul
    qui pendant les primaires socialistes qui a fait
    entendre autre chose que des petits accommodements
    avec le système en place.

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  17. De quelques bouts que je le prenne, ce texte c'est n'importe quoi. C'est pour ça que j'étais très soulagé de constater qu'il était tiré d'un autre site.

    Pour commencer, l'analyse historique est fausse. Ensuite, ce n'est pas parce que quelque chose n'a encore jamais eu lieu que c'est forcément impossible. Tout le monde ne peut pas être exportateur, mais l'auteur semble ignorer la possibilité qu'il puisse exister un certain équilibre des balances commerciales. Quant à la menace militaire, on sombre dans le ridicule. Le pompon étant évidemment l'attaque finale contre l'Allemagne, dont on sent tout le caractère instinctif.

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  18. @xerbias: je crois que tu le prend un peu au pied de la lettre. "Tout le monde ne peut pas être exportateur, mais l'auteur semble ignorer la possibilité qu'il puisse exister un certain équilibre des balances " Ce qu il dit ( ou alors je n ai rien compris) c'est qu il n est pas possible de booster son commerce exterieur dans une Europe protectionniste. Le marché européen a beau etre gros, il n est pas suffisant selon lui pour que chaque pays soit, dans le perimètre UE, excedentaire.

    La menace militaire est une métaphore mais la guerre est d ores et déjà bien réelle: c'est une guerre économique et pour l instant et à mon avis pour un moment, il n y a qu'un seul et unique favori quant à une éventuelle issu du conflit: c'est l 'Allemagne.

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  19. En toute naïveté, mon cher Corto, il me semble que si on est sûr que les peuples européens ne veulent pas d'une Europe fédérale, je me demande bien au nom de quoi on s'autoriserait à la leur imposer ?
    Au nom du fric et du business ?
    Après les printemps arabes voudrait-on voir des printemps européens ?

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  20. Marianne,

    On leur imposera cette Europe Fédérale avec la même
    brutalité qu'on leur a imposé le Traite de Lisbonne.
    On travaille jour après jour à nous convaincre qu'il
    n'y a pas d'autre choix car il faut sauver l'euro.
    Et pourquoi il faut sauver l'euro ? Vous l'avez dit :
    au nom du fric et du business. Les peuples, franchementqui s'en soucie ? Olive

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  21. @marianne: on s'autorise à leur imposer mais uniquement parce que l'on est incapable aujourd'hui, je crois meme que cela serait suicidaire, de revenir en arrière. Fric et business, sans doute en partie mais pas uniquement.

    @olive: "les peuples qui s'en soucie ?" j'adore cette phrase que l on entend souvent. Elle est pour moi le summum en matière de démagogie tant elle est simpliste et popu.

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  22. "Les peuples, qui s'en soucie ?"
    Effectivement ! Quand on voit à quoi en est réduit le peuple grec et que dans le même temps on peut lire :
    "Rien qu'en Suisse, estime le secrétaire d'Etat au ministère grec des finances, Dimitris Kouselas, nos concitoyens ont ces dernières années, déposé 280 milliards d'euros.Les montants sont énormes : ils représentent pas moins de 120% de notre PIB."
    La vérité c'est que la dette grecque est dans les coffres des banques suisses grâce à l'évasion fiscale.
    Je ne crois pas que de le dire soit de la démagogie.

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L’église byzantine Saint-Louis de Paimbœuf, en Loire-Atlantique